(Re)découvrez : Louison et le démon

Durée: 15m0s

Date de sortie: 27/04/2021

Louison n’aime pas sa nouvelle maison. Et encore moins sa nouvelle chambre. Tout y prend des airs menaçants. Et puis, tapie dans un coin, il y a une ombre, comme une silhouette avec des cornes et des mains griffues qui n'a rien à faire là...


Crédits : cette p'tite histoire a été écrite par Taous Merakchi. Racontée par Karine Texier et Arnaud Guillou. Mix: Celsian. Générique et création musicale : Léa Chevirer. Illustration : Olivier Danchin.


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Les petites histoires de Tellming
Coucou les enfants, aujourd'hui on ne fabrique pas d'histoire, mais j'ai quelque chose
à vous proposer.
En lisant toutes vos propositions, j'ai l'impression que vous avez envie de frissonner.
Alors, exceptionnellement, je vous propose d'écouter ou de réécouter l'une de mes
histoires préférées.
Elle s'intitule « Louison et le Démon » écrite par Taos Merakshi et magistralement
mise en musique et en bruitage par Léa.
Bonne écoute.
Louison n'aimait pas sa nouvelle maison.
Elle n'aurait jamais dû quitter sa ville natale, son petit appartement qui donnait
sur une avenue pleine de klaxonnes, de sirènes et de gens qui parlent fort.
Toute cette agitation l'a bercée et lui donnait l'impression que rien ne pouvait
lui arriver.
Mais ses parents avaient décrété que la ville n'était plus un bon environnement
pour Louison, qu'une enfant devait grandir au milieu de la nature, loin des pots d'échappement.
D'un coup, leur appartement fut rangé dans des cartons, direction Grand Souppin.
Un village bien trop petit, perdu au milieu d'une immense forêt et silencieux comme
la mort.
Leur nouvelle demeure se trouvait au bout d'une route à peine plus large que leur
voiture.
Elle était plantée là, au milieu d'un vaste jardin, peuplé d'herbes bien trop hautes
pour ne pas cacher d'horrible bestiole.
Rien n'allait dans cette maison.
Les portes grinsaient, le plancher craquait, les volets claquaient.
Les fenêtres s'ouvraient toutes seules.
Le sol était si froid que Louison ne pouvait plus marcher piné.
En plus, les couloirs lui jouaient des tours et s'amusaient à changer de place pour
qu'elles se perdent.
Ça l'énervait beaucoup, surtout quand elle avait une envie pressante.
Mais le pire de tout, c'était la nuit.
Le moindre objet se transformait et prenait des herbes menaçants.
Son porte-manteau sortait ses grilles.
Son placard devenait un repère de monstres à tentacules.
Ses vêtements se mettaient à ramper vers son lit.
Et puis, tapis dans un coin, il y avait ses tombres.
Comme une silhouette avec des cornes et des magrées fues, elle n'aurait jamais dû
être là.
Dans ce coin, il n'y avait rien.
Plus inquiétant encore, elle n'était pas là tout le temps.
Elle semblait aller et venir.
Chaque soir, elle redoutait que l'ombre ne l'attaque.
Mais au lieu de se cacher derrière ses doudous, Louison surveillait le coin en mitouflé dans
sa couette.
Elle dormait si peu que ses cernes lui donnaient des airs de panda.
Un soir, Louison en eu marre.
Marre d'observer, marre de ne pas dormir, marre d'avoir peur.
Au fond d'elle, elle savait que c'était son imagination qui lui jouait des tours.
Cette ombre ne pouvait être qu'une ombre.
Même si elle n'avait rien à faire là, même si elle bougeait, même si elle ressemblait
à un cauchemar.
Décidé à en finir, Louison rassemble à tout son courage, jute à sa couette, bondie de
son lit, les sourcils foncés, les bras croisés, traite à affronter l'ombre.
Je vous vois, hein ?
La silhouette sur Sota, Louison fremmit.
Cette ombre n'aurait pas pu être juste une ombre.
Je vous ai vue bouger.
Je sais que vous m'entendez.
Répondez-moi, vous êtes dans ma chambre.
Aucune réponse.
Pas un mouvement.
Si vous ne me répondez pas dans cinq secondes, je vais hurler si fort que tout le village
va se réveiller.
Rien.
Ok.
Vous la recherchez, hein ?
Cinq.
Quatre.
Trois.
Deux.
Un.
Dans le coin obscur, deux yeux rouges s'ouvrir.
Louison se pétrifiait d'horreur.
Une silhouette brumeuse se détache à du mur et s'approche à d'elle.
Elle grandit, grandit, grandit, jusqu'à ce que ses cornes se plantent dans le plafond.
Un monstre entouré d'une volute de fumée apparue.
Ses bras semblent capables de vendre une montagne.
Louison n'aurait pas dû provoquer l'ombre.
Elle voulait hurler, mais elle n'était pas capable d'émettre ne serait-ce qu'un quinement.
Le démon souris, laissant apparaître des dents tranchantes comme des rasoirs.
Louison ferme à les yeux, certaines d'être dévorées.
Bonsoir, Louison.
Alors, tu as perdu ta langue, jeune fille ?
Tu voulais me voir, non ? Et bien, me voilà.
Si tu ne répond pas dans cinq secondes, je vais...
Vous allez faire quoi ?
Eh bien, je ne sais pas.
Mais ta technique a fonctionné sur moi, alors je me suis dit que ça valait le coup d'essayer.
Et ça vous amuse ?
Un peu, il faut dire.
Vous allez me manger ?
Non, écoute.
Me mot dire ou me lancer un sort ?
Non.
Alors, vous êtes quoi au juste ?
Je suis un démon.
Du genre super vieux ?
Je vis depuis des millénaires.
Et comment vous vous appelez ?
Pardon ?
Eh bien, vous avez un prénom, non ?
Vous connaissez le mien, j'ai le droit de connaître le vôtre.
Faut se présenter avant de parler aux gens.
Hum... Balthazar.
Et qu'est-ce que vous fichez dans ma chambre, Balthazar ?
Eh bien, Louison, techniquement, c'est aussi ma chambre.
N'importe quoi.
Mes parents ont acheté cette maison et cette chambre, c'est la mienne.
Elle peut pas être à vous.
Tu crois vraiment qu'un démon suit les mêmes lois que les humains ?
Eh bien, je sais pas moi. Ça se peut, non ?
Non.
Non ?
Et pourquoi ça ?
Parce que nous sommes des esprits, des êtres surnaturels.
Comme le génie d'Aladin.
Euh, si tu veux, oui.
Trop bien, j'ai le droit d'éveu, alors.
Non, mais je...
Alors, vous faites quoi dans ma chambre ?
Eh bien, je te parle.
Très drôle. Je veux dire pourquoi vous êtes là, quoi.
Parce que tu m'as appelé et ce n'est pas normal du tout.
Alors, j'ai des pouvoirs.
Et je n'en sais rien.
C'est bien la première fois qu'un humain m'interpelle.
Et pour me crier dessus, en plus.
Bah, il fallait pas me faire peur, c'est tout.
Ma mère me dit toujours qu'il faut jamais se laisser faire.
Alors, je me suis pas laissé faire.
Sauf que je ne t'ai rien fait.
Bah, si, vous étiez sur le mur à bouger, à disparaître.
Et ?
C'est tout.
Voilà.
J'avais vivé tranquillement dans mon coin.
Et puis tu m'as appelé.
Tu m'as déranger dans mon travail.
Tu t'imagines bien que si j'avais voulu te faire du mal,
je leur ai fait.
Surtout qu'une créature aussi fragile que toi n'aurait rien fait.
Louison, ultime mouvement de recul, est très bûchade en sa couette.
Sa témérité fut emportée sous un torrent de larmes.
Je suis...
Je suis désolée.
Je voulais pas vous déranger.
Ne faites pas de mal, s'il vous plaît.
Je voulais pas venir dans cette maison nul.
C'est la faute des parents.
Ils sont venus dans ce trou perdu en disant que c'était mieux pour moi.
Sauf que c'était pour eux.
Ils en avaient marre de la ville et du bruit.
Et maintenant, se les faire du mal.
Ce n'est pas ce que j'ai dit.
Si.
Je te demande pardon.
Pour de vrai ?
Pour de vrai.
Je suis un démon, mais je ne suis pas méchant.
Pourquoi vous faites aussi peur, alors ?
Je suis né comme ça.
Mais crois-moi, il y a des démons bien plus effrayants.
Non pas, je vous fais vraiment très peur.
Balthazar ferme à les yeux.
Ce pinceau l'arrête du nez et soupira.
Et d'un coup, rapetissage jusqu'à n'être pas plus grand qu'un labrador.
C'est mieux comme ça ?
Un peu.
Ça existe, les gentils démons ?
Oui, j'en suis la preuve.
Mais il y en a aussi des mauvais.
Tout dépend de notre fonction.
Hein ?
Et de notre métier, si tu préfères.
Et c'est quoi votre métier ?
Je suis le gardien de cette vallée.
Comme un chevalier ?
Si tu veux, je veille sur ce village, sur la forêt et tous leurs habitants, qu'ils soient humains ou non.
Même les animaux ?
Oui, mais aussi les créatures magiques.
Et crois-moi, il y en a tout un tas dans le coin.
Vraiment ? Mais c'est génial !
Vous pourrez me les présenter ?
Une minuscule bulle de lumière élée, passa au travers de la fenêtre et volta jusqu'à Balthazar qui tendit l'oreille.
Je dois y aller.
Quoi ? Maintenant ?
Oui, on a besoin de moi.
Je viens avec vous.
Hors de question.
Balthazar, grandidon.
Louison sur Sota, mais ne se laisse à pas démonter.
Vous me devez bien ça. Vous m'avez fait pleurer, je vous signale.
Pas de ça avec moi, jeune fille. Il est tard, tu ferais mieux de dormir.
Non, je viens avec vous.
Tu es... trop petite. Ce serait trop dangereux.
Je ne suis pas petite.
Nous continuerons cette discussion demain.
Maintenant, au lit.
C'est pas juste.
La mine renfrognée, Louison grimpe dans son nom.
Balthazar saisit sa couette et l'aborde d'a mal adroitement.
Faites beau rêve, Louison.
Après que Balthazar se soit glissé par la fenêtre, tel un filet de fumée,
la chambre de Louison redevint une grande pièce froide et pas agréable pour un sous.
Elle se retourna une bonne dizaine de fois dans sa couette avant de la jeter à terre en grognant.
Il y a quelques secondes, elle aurait tout donné pour que l'ombre du coin ne soit rien d'autre que l'ombre.
Mais voilà que Balthazar lui manquait.
Elle se rua à sa fenêtre, l'ouvrit et poussa son volet le plus discret en possible.
Louison se fija.
Au fond de son jardin, elle aperçut la bulle de lumière qui s'enfonçait dans la forêt au côté de Balthazar.
Sans l'équité des yeux, elle sauta dans ses bottes fourrées en fil à le premier manteau à portée de main et engea sa fenêtre.
Elle tendit le bras pour atteindre la gouttière juste à côté.
Elle s'agrippe à la colonne comme un koala et les yeux fermés glissa comme un pompier sur sa rompe.
Elle atterrit, les fesses les premiers en étouffant un cri de surprise.
La lueur disparaissait, elle se releva d'un bon et se lancera à leur poursuite.
Arrivé à l'orée du bois, elle était à bout de souffle.
Un instant, elle pensait les avoir perdu, elle plissait les yeux et distingua une faible lueur au loin, volant entre les arbres.
La forêt n'avait rien défrayant.
Malgré ses arbres gigantesques, elle n'était ni épaisse ni trop sombre.
Les rayons de la Lune y pénétraient et tombaient en cascade sur le sol jonché de feuilles.
Trop concentrée à suivre la lueur, elle ne se rendit pas compte que la lumière faiblissait et qu'un froid humide l'enveloppait.
La bu de lumière finit par se rapprocher.
Luison avance ça en veillant à ne faire aucun bruit.
Elle découvrit avec effroi que la lueur était celle de Luciole, prise de panique, elle s'englota.
La Luciole s'envola, laissant la jeune fille seule dans des ténèbres glacées.
Le cœur de Luison s'en bala si fort qu'elle eut l'impression qu'il résonnait dans toute la forêt.
Malthazar ? Oui, y a quelqu'un ?
Un réquadement éclata au lois. Luison arrêta de respirer, des rires retentir plus près cette fois.
N'écoutant que sa peur, Luison détala.
Elle courut et tribucha sur une racine, les rires rebondir, Luison accédera.
Les arbres craquaient, des rictus rouges voyant se dessiner sur leurs trous.
Leur branche lui écorchait le visage, les bras, les jambes, Luison ravala sa douleur.
Les rires redoubler jusqu'à lui donner le tournis.
Il luisant pas si gape, vite info pas, où la parterre est dévala une pente.
Pendant si longtemps, qu'elle eut l'impression de se cogner cent fois.
Elle termina sa course dans un énorme tas de feuilles qui explosa son impact.
Veignant la mort, elle écouta.
Au-dessus, les rires s'estompèrent.
Péniblement, elle roula hors du buisson de feuilles sur un sol plat, sans mousse ni branche.
Un chemin, atatant elle le suivit.
L'éco-lointain de la voix de Baltazar chassa sa douleur. Elle l'avait retrouvée.
Son enthousiasme fut de courte durée.
Autour de la voix de Baltazar, d'autres voix semblaient se disputer.
Prudemment, elle s'approcha pour arriver en lisière d'une clérière éclairée par une myriade de bulles et lait.
Luison n'enclut pas ses yeux. Il n'y avait pas un, mais deux Baltazar,
entravés par des filets crépitants, tenus fermement par une sorte de cyclope potelée court sur patte.
De Canine sortait de sa bouche, ça lui donnait un air plus nier que menaçant.
Mais puisque je vous dis que c'est moi, Baltazar,
Manfred, n'écoutez pas cet imposteur. C'est lui, l'imposteur.
Mais comment m'ouest-il fait ?
Interrogez-nous. Baliverne, écoutez votre cœur, Manfred.
Le petit monstre semblait paralysé par les options qui s'offraient à lui.
Quelque chose gênait Louison. Intrigué, elle plissa les yeux et d'un coup, la peau du Baltazar de droite vibra.
Elle s'avança dans la clairière, fixant plus intensément le démon.
Soudain, il rapetit ça. Sa peau noire, enveloppée d'un nuage de fumée,
lait sa place à une pouverte et cailleuse et visqueuse.
Ses yeux rouges virèrent à l'orange.
C'est lui, l'imposteur.
Les regards se braquèrent sur Louison dans un silence de plomb.
Louison ? Moi, un imposteur.
Qui t'est-oué ?
Louison est une connaissance, mais tu connais la loi. Aucun humain n'a le droit d'être ici.
Manfred, je vous ordonne de la laisser tranquille.
Manfred donnait l'impression qu'il allait faire un malaise.
Oui, il doit faire quoi ?
M'écoutez, Manfred. Ce Baltazar-là est un faux. Il est vert et visqueux avec des petits yeux orange tournois.
Samael !
Une colonne nombre s'éleva autour du faux Baltazar.
Surpris, Manfred relège à sa prise et libéra ses prisonniers.
Samael révèle à sa vraie nature.
Il tente à le décomper, mais un énorme filet l'en empêchant.
Personne ne peut échapper à mouer.
Ramenez-le au cavoût des Danais. Quand t'as toi, jeune fille ?
Baltazar, toi et Zell, Louison, les bras croisés. Elle n'osait pipémo.
Tu m'as désobéie. Tu as été inconsciente. Tu t'es mise en danger.
Et tu m'as sauvée.
Pour de vrai ?
Oui. Personne n'avait jamais vu au travers des illusions de Samael. Comment tu fais ?
Je sais pas. Je l'ai regardé.
Regardé ?
Bah oui. Je l'ai juste bien regardé. J'ai plissé les yeux, et puis j'ai vu son horrible tête avec ses petits yeux.
En voilà un pouvoir intéressant. Il pourrait s'avérer utile dans bien des situations.
Ça veut dire que je vais pouvoir venir avec vous, maintenant ?
Oh là, doucement. On va d'abord retourner chez toi et tu vas dormir.
On discutera de tout cela plus tard, d'accord ?
Ça, ça veut dire oui.
Voilà les enfants. J'espère que l'histoire vous a plu.
N'oubliez pas de nous mettre plein d'étoiles sur votre application de podcast,
et de nous envoyer des messages sur les réseaux sociaux, ou par mail. Ça nous donne plein de force pour la suite.
N'hésitez pas non plus à parler des petites histoires à vos copines, à vos copains,
et pourquoi pas à votre maîtresse ou à votre maître pour occuper les temps calmes.
Je vous embrasse, et je vous dis à bientôt.

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Crédits : cette p'tite histoire a été écrite par Mathieu Genelle. Racontée par Karine Texier et Arnaud Guillou. Mix: Celsian. Générique : Léa Chevrier. Illustration : Remi Leblond.

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