Les grands sans cervelle

Durée: 13m57s

Date de sortie: 29/04/2021

En rentrant en classe, Romane et ses copains ont un souci, un gros souci même : leur maîtresse est plantée sur l’estrade, les bras ballants, la bouche ouverte avec un filet de bave pendouillant à la commissure des lèvres.


Crédits : cette p'tite histoire a été écrite par Mathieu Genelle grâce à Romane, une fidèle auditrice du podcast. Racontée par Karine Texier et Arnaud Guillou. Mix: Celsian. Générique : Léa Chevirer. Illustration : Quentin Laville.


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Avant d'écouter votre histoire, je dois vous parler d'un endroit mémorable.
Imaginez.
Une maison cachée au cœur d'une forêt de pain, où les branches murmurent des secrets
au vent.
La plage semble s'étendre jusqu'au bout du monde, et des sentiers mystérieux serpentent
entre forêts et océans promettant mis la aventure à pied ou à vélo.
Cet endroit rêvait, c'est Seigneus, et j'ai pu y s'yjourner en réservant sur
AirBnB.
J'y ai passé d'incroyables vacances avec ma compagne, mes enfants et leurs meilleurs
amis.
Chacun avait son petit royaume, sa chambre.
Notre cuisine était comme une grande table de banquets où tout le monde se retrouvait.
Et, se riz sur le gâteau, on avait un jardin parfait pour papoter jusqu'au bout de la
nuit.
C'était un endroit idéal pour déconnecter et construire de super souvenirs pendant les
grandes vacances.
D'ailleurs, si on a fait un aussi bon choix, c'est grâce aux coutures voyageurs sur AirBnB,
qui nous ont permis de piocher parmi les logements que d'autres voyageurs avaient adorés.
Et maintenant, placez à votre petite histoire.
Les petites histoires, les petites histoires, les petites histoires de Tellming.
Coucou les enfants, aujourd'hui, Karine Arnaud vous vous racontez, les grands sans cervelle,
une histoire que j'ai eu la chance d'écrire avec Roman, une fidèle auditrice des petites
histoires.
Ben écoute.
C'est une journée d'école comme les autres.
Leçon, récréation, atelier, pause du midi, à nouveau des leçons, une récréation,
et puis un souci, un gros souci même.
En rentrant en classe, Roman et ses copains découvrent leur maîtresse plantée sur les
strades, les bras ballants, la bouche ouverte avec un filet de bafes pendouillant à la
commissure de ses lèvres.
Madame Foucaigne, vous allez bien ?
T'es vraiment le roi des saucisses, Eddène.
Elle a l'air d'aller bien.
Sous le regard auri de ses camarades, Roman s'approche de sa maîtresse qui ne bronche
pas.
La jeune fille tire une chaise, grimpe dessus et agit sa main devant son visage.
Aucune réaction.
Il n'y a plus personne là-dedans.
Roman, les gars, je crois que ce n'est pas la seule.
Dans les autres classes, personne n'ose entrer.
Les regards inquiets se croisent, ponctués de reniflements, de bouches qui tremblent
et de chouinement.
On devrait prévenir la police.
Pour leur dire que notre maîtresse est devenue un zombie.
Pas seulement elle, tous les profs de l'école.
Mais n'importe quoi, ils vont croirent une blague.
Pas si on y va tous, ils seront obligés de venir.
Un grognement de vieux buffles, suivi d'une quinte de tout sonore, fait sursauter tout
le monde.
C'est Gontran, le vieux gardien qui sent le cendrier.
C'est pas vrai, il suit aussi.
Ramenez-vous dehors, les loupios.
Sans un mot, peu nôt, tous les enfants sortent dans la cour, où ils retrouvent le vieux
Gontran, au côté de Gertrude, la dame de l'accueil.
Faut n'en faire rien et c'est une chance pour vous.
Vos maîtres et vos maîtresses, en revanche, semblent victimes d'un mal étrange.
Comment ça se fait que vous soyez pas zombifiés ?
Peut-être parce qu'ils sont vieux.
Je vois que certains arrivent à garder leur humour et c'est une bonne chose.
C'était pas une blague.
Mon père est médecin et il m'a appris que les jeunes et les vieux ne réagissent pas
pareil au maladie.
Par exemple la griffe.
Merci, Eden.
Mais je ne crois pas que ce soit le bon moment.
Bien, Gontran et moi allons prévenir vos parents pour qu'ils viennent vous chercher.
En attendant, amusez-vous !
Impossible !
Les enfants restent plantés là.
Le beau temps et les gaisouillements des oiseaux n'arrivent pas à détendre l'atmosphère.
Le temps s'égraîne lentement, si lentement que ça n'est presque une torture.
Heureusement que Gontran et Gertrude reviennent très rapidement.
Roman, Hanuk, Manon, Mila, Aurélie, Kimani, Nina, Theo, Ella, Alice, Marta, vos parents
ne peuvent pas se libérer.
Vous allez rester ici.
Les autres, allez vous préparer.
Alors que les autres retrouvent leur sourire et s'empressent de quitter l'école, les
condamnés déchantent.
Et puis timidement, Eden propose.
Une balle aux prisonniers, ça nous changerait les idées, non ?
Mais carrément, je vais demander une balle.
Roman fonce à travers la cour pour rejoindre le vieux Gontran et Mme Gertrude dans le
hall d'entrée des airs.
La dame de l'accueil, agité, semble passer scénère sur le vieux gardien qui affiche
malgré tout une mine radieuse.
La scène surprend tellement Roman qu'elle s'approche d'eux, en plissant des yeux.
En la voyant arriver, Gertrude retrouve le sourire.
Y a quelque chose qui ne fait pas, Roman ?
Hein ? Quoi ? Non, non, non, non.
On aurait besoin d'une balle pour jouer.
Je vais te chercher ça.
Roman retourne dans la cour au ralenti.
Il s'est passé quelque chose ?
Mme Gertrude disputait le vieux Gontran.
C'est normal ça.
Maman m'a expliqué que parfois dans les situations stressantes, nos émotions débordent.
Sauf que lorsque je suis arrivée, elle a retrouvé le sourire.
Ben oui, c'est pour te rassurer.
C'est un truc d'adulte de cacher ses émotions.
Ce serait pour nous protéger du souci.
Tu crois qu'on devrait aller les voir ?
Non, non.
La meilleure chose, c'est de faire comme si on n'avait rien vu.
Sinon, Mme Gertrude risque d'être encore plus inquiète.
La partie de balle aux prisonniers démarre.
Les soucis s'envolent.
Fouttes, caches, tomates et perviés, les jeux se multiplient jusqu'à ce que les parents arrivent.
Ça va, ma chérie ? Tu n'as pas eu trop peur ?
Non, mais j'espère que la maîtresse va aller mieux.
Ben oui, je suis sûr qu'elle joue la comédie.
Tu vas voir que c'est encore une de leurs idées pour faire parler d'eux afin de dénoncer
les orribles conditions de travail des enseignants.
J'aurais préféré une bonne grève, au moins ils préviennent.
Mais tout fiche le camp, ma chérie, de nos jours, les gens sont prêts à tout.
Le lendemain, sans message de la directrice,
les parents sont persuadés que la classe va avoir lieu comme d'habitude.
Ils amènent même Roman en avance.
Un petit attroupement se forme devant la porte de l'école.
Tout le monde semble persuader que les professeurs ont fait une mauvaise blague.
L'ambiance est détendue.
Puis la cloche sonne, la porte s'ouvre, et d'un coup,
tous les adultes se figent, les bras ballons, la bouche en trouverte.
Papa, maman ?
Ils sont zombies, fiers.
Rentrez-vous mettre à la brille !
Une maraîdent fend paniquer en porte roman et hédène à l'intérieur.
Perdu, ils suivent les directives de Gertrud,
qui leur demandent d'aller dans leur classe.
Sauf qu'ils retrouvent leur maîtresse, plantées au même endroit,
toute bavante et maintenant puante.
Maintenant j'en suis certaine, impossible que ce soit de la comédie.
Mais pourquoi Mme Gertrud nous a dit d'aller en classe ?
Des murmures inquièmes et les deux peurs s'élèvent.
Roman ne tient plus.
Où est-ce que tu vas ?
Voir Mme Gertrud et le vieux Gontran.
Mais ils nous ont dit de rester ici !
Et moi je vais pas laisser mes parents zombifier dehors, et toi ?
Bien sûr que non.
Avec stupeur, ils découvrent leur hall d'entrée remplie
par les parents zombifiés, immobiles et bavants.
Aucune trace de Gertrud et Gontran.
Intrigué, ils se faux-filent dans la forêt d'adulte jusqu'au bureau d'accueil.
Regarde-moi ce bazar, pire que ma chambre !
Et Mme Gertrud est plutôt du genre maniaque.
C'est quoi cette plaque au sol ?
On dirait comme une bouche d'égout, carré.
Je l'avais jamais remarqué.
Oh ! Il y a une sorte de bouton juste là.
Comme un papillon attiré par la lumière, Roman le presse.
Au citau, la plaque se déverrouille,
avant qu'un insenseur ne surgisse dans un nuage de vapeur et de poussière.
Je savais que c'était louche, mais alors là ?
On devrait prévenir la police.
Roman roule des yeux et tire son ami par la manche pour l'entraîner à l'intérieur.
La porte se ferme au citau.
Des sangles leur arrivent les pieds au sol.
L'ascenseur chute comme une tour infernale avant d'enchaîner mille et un looping.
Les enfants hurlent à plein poumon en se cramponnant l'un à l'autre.
Et puis tout s'arrête.
La porte s'ouvre sans un bruit sur un paysage spectaculaire.
Une grotte immense, criblée de cristaux géants d'un blanc immaculé.
Des pierres de lune !
Quoi ? On est sur la lune ?
Mais non ! C'est le nom des cristaux.
J'ai regardé un reportage avec papa.
Ils doivent faire au moins 10 mètres de haut.
C'est fou !
On doit être les premiers enfants au monde à en voir des vrais.
Mais on n'est pas seuls.
Regarde, des traces de pas.
Je suis sûr que c'est Guertrude et Contrant.
Mais qu'est-ce qu'il ferait là ?
Il n'y a qu'un seul moyen de le savoir.
Les enfants remontent la piste, intimidée par la forêt de cristaux gigantesque.
Ils finissent par déboucher sur une vaste clérière boueuse
éclairée par un énorme puits de lumière dans lequel le vent s'engouffre.
Les enfants s'arrêtent et se tomâquaient.
Alors, Madame Guertrude et le vieux Contrant sont des extraterrestres ?
Mais non ! Ils étaient déjà là quand papa et maman étaient en maternelle.
Ça prouve quoi ?
Bah si c'était les extraterrestres depuis tout ce temps, on l'aurait découvert.
Qu'est-ce que t'en sais ?
Bah je sais pas. Des aliens, ça se remarque au bout d'un moment, non ?
Pas si, ils se sont déguisés en humain et qu'ils nous ont bien étudiés.
Et on n'est pas dans ton film préféré, là, comment il s'appelle déjà le...
Ah oui, les hommes en noir, on est dans la vraie vie.
Roman ?
Reviens !
Évidemment, elles font se tête baisser.
Les enfants entrent dans le vaisseau, sur la pointe des pieds, et pénètrent dans un couloir
au bout duquel s'échappe une lumière violacée, d'où s'étirent deux ombres monstrueuses.
Roman et Hedaine se précipitent dans un renfoncement et se recroquent villes les mains sur la bouche.
Je t'ai l'avait bien dit. La batterie de cette baguette n'est pas assez puissante.
À ce rythme-là, voler tous les cerveaux de cette planète va prendre une éternité.
Moi je dis qu'on pourrait se contenter des meilleurs.
Jamais. Tu m'entends, jamais. J'ai une réputation à tenir, ils me les font tous.
C'est toi la boss, boss.
Bon, enfilons nos costumes et retronons à la surface, nous occuper des enfants.
Roman et Hedaine retiennent leur souffle, terrifiés.
Après une longue minute de silence, ils osent bouger.
J'y crois pas. T'avais raison.
On doit trouver cette collection de cerveaux.
Ils se rient au fond du couloir jusqu'à une salle gigantesque baignée d'une horrible couleur violette.
Posé sur une petite colonne tronon au centre de la pièce, une baguette clignote.
Rangée avec soin dans une infinité d'alcoves qui tapissent les murs, des boucaux dans lesquels flottent.
Des cerveaux ?
J'ai pas l'impression qu'elles soient trop humeurs.
Ils les collectionnent, tu crois ?
Seulement les meilleurs, les autres, je les vends. Certaines espèces en ravoient.
Ils paraissent qu'en les manchant, on peut accepter au souvenir de son propriétaire.
Les deux enfants se retournent et découvrent Gertrud et Gontran dans l'encadrement de la porte.
Leurs yeux fous et leurs sourires mauvaises ne laissent présager rien de bon.
Alors, c'est comme ça que vous avez pris la place de Gertrud et Gontran ?
Je vais cru qu'on était des sauvages.
Ces deux ancêtres roupis dans le costume au trou.
On a besoin d'eux en bon état sinon au pote d'Aeguismand.
Eh, croyez-moi, on fait peur à voir.
En revanche, je détiste les petits curieux.
Je suis trop jeune pour mourir.
Oh ben, il est tendant celui-là.
Et je dis que j'allais vous tuer ? Non.
Je vais même faire une exception.
Vois-tu, les cerveaux d'enfants n'ont aucune valeur.
Ils sont petits et trop vides, mais sans cerveau impossible pour vous de parler.
Vous pourriez au moins nous dire comment vous vous y êtes pris ?
Impossible de refuser sa dernière volonté à une condamnée.
Tu vois cette baguette-là ?
Oui ?
Eh bien, il suffit de la pointer sur ta cible, d'appuyer sur le bouton époufa.
Le cerveau se téléporte dans l'une de ses cuves.
Pas de formule ?
Pas de sécurité d'empreinte digitale ?
Juste un bouton oppressé ?
Évidemment.
Pourquoi s'empêter ?
C'est une bonne idée, je trouve.
Faudrait penser.
Trop tard.
Tu dis ?
Roman bondit sur la baguette.
Gertrude lâche un cri d'horreur.
Gontran se rue sur Roman, mais trop tard.
Elle pointe la baguette, appuie sur le bouton et slurpe.
Le voilà zombifié.
Tout le monde le regrettait.
Cose toujours.
D'un coup de baguette, le cerveau de Gertrude est expédié dans un bocal.
Tu sais, Eden, je comprendrai jamais pourquoi les méchants aiment autant dévoiler leur plan.
D'après maman, c'est pour montrer qu'ils sont supérieurs aux autres.
Et puis, ça nous permet de comprendre qu'il ne faut jamais crier victoire trop vite.
Ni sous-estimer ses adversaires.
Un peu comme le lièvre et la tortue, quoi.
Tout à fait.
Bon.
Comment va-t-on remettre tous ces cerveaux à leur place ?
Il y a peut-être une option marche arrière sur la baguette.
On va s'occuper de la suite, les enfants.
Trois hommes en costume et lunettes noires rentrent dans la pièce.
Deux d'entre eux s'occupent de passer les menottes à la fausse Gertrude et aux faux-gonterans.
Le troisième s'approche des enfants.
On vous doit, une fier chandelle.
Vous êtes de véritables hommes en noir ?
Comme dans ton film.
Hé hé hé, et oui.
Sauf que nous, nous nous occupons vraiment des menaces extraterrestres.
On cherchait ces deux-là depuis longtemps.
On a été alertés par l'apparition d'adultes zombifiés.
Mais vous avez été plus rapide que nous.
Alors, si vous êtes vraiment des hommes en noir et que ça se passe comme dans le film préféré de Roman,
ça veut dire que vous allez nous effacer la mémoire ?
Le protocole m'y obligerait, mais peut-être qu'on pourrait faire une exception.
Pas vrai les gars ?
Oui, bien sûr.
Mais vous devez me donner votre parole.
Personne ne doit savoir ce qu'il s'est passé ici.
Premier.
Et je vous dis à bientôt.

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Crédits : cette p'tite histoire a été écrite par Mathieu Genelle. Racontée par Karine Texier et Arnaud Guillou. Mix: Celsian. Générique : Léa Chevrier. Illustration : Remi Leblond.

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