Avant d'écouter votre histoire, je dois vous parler d'un endroit mémorable.
Imaginez.
Une maison cachée au cœur d'une forêt de pain, où les branches murmurent des secrets
au vent.
La plage semble s'étendre jusqu'au bout du monde, et des sentiers mystérieux serpentent
entre forêts et océans promettant mis la aventure à pied ou à vélo.
Cet endroit rêvait, c'est Seigneus, et j'ai pu y s'yjourner en réservant sur
AirBnB.
J'y ai passé d'incroyables vacances avec ma compagne, mes enfants et leurs meilleurs
amis.
Chacun avait son petit royaume, sa chambre.
Notre cuisine était comme une grande table de banquets où tout le monde se retrouvait.
Et, se riz sur le gâteau, on avait un jardin parfait pour papoter jusqu'au bout de la
nuit.
C'était un endroit idéal pour déconnecter et construire de super souvenirs pendant les
grandes vacances.
D'ailleurs, si on a fait un aussi bon choix, c'est grâce aux coutures voyageurs sur AirBnB,
qui nous ont permis de piocher parmi les logements que d'autres voyageurs avaient adorés.
Et maintenant, placez à votre petite histoire.
Coucou les enfants, aujourd'hui, on ne construit pas d'histoire.
Mais ne vous en faites pas, dès jeudi prochain, après la diffusion du nouvel épisode des
aventures de Zélie et sa mamie, vous pourrez m'aider à écrire la suite.
En attendant, je vous propose de redécouvrir une histoire qui parle de l'incroyable pouvoir
de l'imagination, et qui s'intitule « L'enfant masqué ».
Bonne écoute.
Depuis que je suis tout petit, je sais que tout est possible.
C'est grâce aux masques qui tapissent les murs de ma chambre.
C'est mon papa qui les fabrique, avec du papier ou du carton, qu'il plie des coupes
et scultes.
Avec ces masques, mon papa voyage partout dans le monde.
Il les vend même dans des galeries.
Pas celles qui sont sous terre, mais ces sortes de magasins très chiques, presque vides ou
des gens sérieux des ambules avec des yeux de poissons morts.
Alors, quand ils regardent les créations de mon papa, leurs yeux, blasés de tout,
se remplissent à nouveau de lumière et d'étoiles.
Mon premier masque, je l'ai reçu pour mon troisième anniversaire.
C'était un dimanche très triste de mois de juin.
Il pleuvait fort et faisait si gris qu'on avait l'impression qu'on était la nuit.
Papa m'a donné une grosse boitron dans laquelle reposait un masque merveilleux.
Avec ça, tu seras un vrai chevalier.
Papa avait raison.
Dès que je l'ai enfilé, tout a changé.
Mon crayon est devenu une épée, la feuille sur laquelle je gribouillais un bouclier,
mon bureau, un château fort, ma chaise, une tour de gai.
Le plancher de ma chambre s'était transformé en une vaste plaine
accueillant un village de chaussures.
Ma coëtte était devenue un volcan au sommet duquel un monstre de feu menaçait toute la vallée.
Je me suis lancé dans un combat épique, mais la bataille a pris brusquement fin
quand je me suis emmêlé les pieds et que le masque s'est déchiré dans ma chute.
D'un coup, tout est redevenu normal. Papa m'a regardé avec un grand sourire.
Alors, c'est pas génial ?
Trop, mais le masque est tout. Je suis désolé.
Pas grave, je vais le réparer.
Et puis, ça te dirait d'en avoir plein d'autres ?
Depuis ce jour, chaque semaine j'en ai eu un nouveau.
J'avais institué un rituel. Avant d'aller à l'école, j'en choisis c'est un.
À la maternelle, tout le monde voulait jouer avec moi pour me suivre dans mes aventures.
C'est là que j'ai connu Simon, mon meilleur copain.
Le seul à qui je prêtais mes masques, ensemble, on était les rois.
Pour le premier jour du CP, j'avais choisi mon plus beau masque, celui du dragon ninja.
Dans la cour, j'ai entendu des murs murs et des rires étouffés.
Je n'ai pas vu Simon. En même temps, il y avait plein de monde.
En classe, personne n'a voulu être mon voisin.
À l'arrêcret, j'ai enfilé mon masque pour aller combattre des ombres maléfiques.
On m'a bousculé, je me suis arrêté.
Je me suis fait encercler par cinq garçons.
Parmi eux, il y avait Simon.
T'es bizarre avec ton masque, faut grandir.
T'es juste jaloux parce que mes masques sont trop bien. Pas vrai Simon ?
Laisse Simon tranquille, le fou. Va pas le contaminer.
La brûte m'a poussé si brusquement que je suis tombé. Simon a tourné la tête.
Les moqueries ont fusé, puis la cloche a sonné.
Le reste de la journée, j'étais tout seul.
Mi de côté, iniorée, même quand je levais la main pour participer.
J'avais l'impression d'avoir attrapé un truc encore plus grave que la peste.
À la fin de l'école, je suis sorti de la classe avec un boulet dans le ventre.
Mais quand j'ai vu papa, j'ai ravalé ma tristesse
et je lui racontais que tout s'était trop bien passé.
Le lendemain, au saut du lit, j'ai contemplé toutes mes vies accrochées au mur.
J'ai senti les larmes monter.
Alors j'ai ouvert mes yeux en grand comme une chouette
et j'ai cligné très fort pour leur interdire de sortir.
Au petit déjeuner, papa a remarqué que je n'étais pas dans mon assiette.
J'ai descendu cuisse avec mon verre de jus de pomme pour me donner du courage.
Il a levé un sourcil.
Le cœur pincé, les yeux un peu mouillés, je lui annonçais la nouvelle.
Je crois que...
C'est mieux si les masques restent à la maison, non ?
On t'embêtait ?
Non, non, non. C'est juste qu'il faut que je grandisse.
Enfin, je crois.
Pendant une fraction de seconde, papa s'est figé.
Il souriait et m'il avait l'air triste.
Il a soufflé un grand coup avant de poser sur moi un regard tout doux.
Il m'a pris dans ses bras.
Ça m'a fait des frissons qui m'ont défoissé le cœur.
Les vrais grands savent rester des enfants, mon chéri.
Je laissé très fort juste avant de vider toutes mes larmes.
Je suis allé à l'école, sans masque, l'esprit léger.
D'un coup, je n'étais plus pestiféré.
A la récré du matin, j'ai pu y ciment avec les brutes.
Il avait l'air tout gris et tracassé.
Je suis allé le voir.
Même pas, tu lui parles.
Tu vas le contaminer.
Ça va. Je suis guéri, regarde.
Et puis, j'ai un truc à dire à ciment.
T'as oublié ton masque du jour.
Non, je l'ai laissé chez moi.
C'est fini, ça.
Mais enfin, fallait pas.
Comment tu vas faire pour vivre tes aventures maintenant ?
À la maison, t'as qu'à venir pour le goûter.
On pourra jouer à être qui on veut.
Vous aussi, si vous voulez.
Si moi, à retrouver ces couleurs et son sourire, les brutes, elles, ont pris un air
dégoûté, sauf le grand costaud qui, l'espace d'un instant, nous a regardé avec des yeux.
Plein d'envie.
Mais il n'a rien dit et il départit.
Après l'école, avec ciment, on a sorti nos yeux millions et nos plus belles dents
pour demander à nos parents de jouer ensemble.
Forcément, ça a marché.
Une fois chez moi, on a laissé les grands dans le salon et on s'est précipité dans ma chambre.
Ciment est resté planté devant mon mur d'aventure, comme si c'était la première fois qu'il le voyait.
Ses yeux pétillés d'envie.
J'ai enfilé un masque de robot chasseur de prime, lui, un masque de chevalier des
cauchemars.
Avec un tas de coussins et de livres, on a fabriqué des forteresses.
On n'a jamais pu savoir qu'elle est gagnée parce que les parents ont débarqué dans ma chambre
tout en bazar.
Le lendemain, devant l'école, alors qu'on parlait de notre combat épique, la plus grande
des brutes s'est plantée devant nous.
Il se trifouillait des cheveux et n'arrivait pas à sortir un mot.
Alors j'ai fait le premier pas.
Je lui ai proposé de venir chez moi avec ciment après l'école.
Un sourire timide a éluiner son visage et il l'a même réussi à articuler un
tout petit merci.
Papa acceptait avec joie notre petite bande.
En découvrant ma collection, notre nouveau compagnon a poussé un gris de surprise si
fort que les pigeons posés devant ma fenêtre se sont envolés scandalisés par le bruit.
Après cette aventure, ma chambre est devenue une attraction.
Tous les enfants voulaient contempler mon mur de possibilité, parcourir des contrées inexplorées.
Et peu de temps après, des masques se sont mis à fleurir sur les visages des enfants
du quartier.