Écoutez l'histoire préférée de Karine : une bulle de tranquillité.

Durée: 15m33s

Date de sortie: 15/06/2021

Lorsque j'ai demandé à Karine quelle histoire elle avait aimé enregistrer cette année, elle m'a aussitôt dit "Une bulle de tranquillité". Une histoire écrite par Thomas, qui parle merveilleusement bien de la gestion des émotions.


Crédits : cette p'tite histoire a été écrite par Thomas Le Petit-Corps. Racontée par Karine Texier et Arnaud Guillou. Mix: Celsian. Générique : Léa Chevrier. Illustration : Camille Sainson.


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Les petites histoires de Tellming
Coucou les enfants, comme tous les mardi du mois de juin, je vous propose de découvrir l'une des histoires préférées d'un des membres de l'équipe.
Aujourd'hui, c'est autour de celle de Karine, une bulle de tranquillité.
Bonne écoute.
Tous les matins, après que Léana et ses camarades se soient assis en classe, la maîtresse démarrait la ronde des émotions.
Du haut de son estrade, madame Violette les interrogait un par un.
Cédric, comment ça va aujourd'hui ?
Je me peux fétiller, mais je suis content d'être ici.
Bien, prends le temps de te réveiller alors.
Et toi, Céane ?
Super, ce soir je suis à nouveau à mon conc de théâtre, oui, j'ai trop hâte !
Donc on peut dire que tu es enthousiaste.
Et toi, Léana, comment te sens-tu aujourd'hui ?
La fillette aux yeux verts se fija sur sa chaise.
Cette question la terrorisait.
Elle avait beau se concentrer, elle était incapable de savoir comment elle allait réellement.
Cédric, lui, semblait toujours détachée.
Océane, elle, paraissait en permanence enjouée.
Mais chez Léana, les émotions changaient à toute vitesse.
À tel point qu'il lui était impossible de savoir ce qu'elle éprouvait.
Et ça, ça lui faisait peur.
Et cette peur faisait grossir ce qu'elle avait pris l'habitude d'appeler, sa boule de noirceur.
Elle logeait au creux de son estomac.
Le matin, elle était toute petite.
Mais dès que Léana était contrariée ou angoissée, elle gonflait,
encore et encore et encore, elle gonflait jusqu'à se répandre dans tout son corps.
Et lorsque cela arrivait, Léana perdait le contrôle de ses faits et gestes,
comme si elle devenait quelqu'un d'autre.
Tu es plutôt heureuse, triste, fâchée, détendu peut-être ?
Euh... contente ? Je suis contente ?
La maîtresse n'eut pas l'air convaincue mais ne dit rien.
La ronde des émotions se poursuivit,
puis Mme Violette débuta une leçon de mathématiques.
Léana détestait cette matière.
Cette infinité de nombres lui donnait le tournis
et elle avait l'impression d'être la plus nulle de la classe.
En écoutant les consignes, son cœur s'emballa
et sa boule de noirceur enfla légèrement.
Elle respira profondément, tenta de se calmer,
mais au fur et à mesure qu'elle essayait de résoudre l'exercice,
son ventre se nouait.
Léana ferme à les yeux et prie une grande inspiration.
Elle crue alors voir les autres élèves se moquer d'elle.
Boom ! Sa boule de noirceur grossit d'un coup.
Léana allait perdre le contrôle quand la sonnerie retentit.
La boule de noirceur se dégonfla aussitôt, sauvée par la récré.
Léana sortit la dernière.
Dehors, le ciel était bleu et l'air glacial.
Ces camarades disputaient déjà un poule-renard vipère.
Bien sûr, ils ne l'avaient pas attendu.
Ils se méfiaient d'elle à cause de ces sautes d'humeur.
Léana ne pouvait pas vraiment leur en vouloir.
Le seul qui continuait de lui parler, c'était Vincenzo.
Un garçon haut comme trois pommes,
qui portait des lunettes démesurés, lui donnant toujours un air étonné.
Vincenzo était un vrai moulin parole.
Il parlait de tout et de rien, sans jamais s'arrêter.
Cette manie avait tendance à crisper Léana.
Et manque de chance, Vincenzo avait l'air de la considérer comme sa meilleure amie.
Alors, dès qu'elle posa un pied dans la cour,
Vincenzo demanda une pause
et la rejoignit sous les regards accusateurs de ses camarades.
Hé Léana, ça va ? Tu veux venir jouer avec nous ?
On a déjà commencé, mais tu peux venir dans mon équipe si tu veux.
Merci, mais je n'ai pas trop envie là.
Ah bon ? Pourquoi ? T'es pas en forme ?
Ça cause de l'exercice de Matt ?
T'inquiète pas, moi aussi je l'ai trouvé difficile,
mais je peux t'expliquer si tu veux.
Léana reponsa à ce fichu problème
et sa boule de noirceur se réveilla.
En fait, c'est simple.
Tu arrives à la boulangerie et tu as 20 euros.
Tu dois acheter une baguette, un pape au chocolat et 3 croissants.
Plus il parlait, plus Léana avait du mal à respirer.
Ces tempes bourdonnaient.
La baguette coûte 1,30 euros.
Le pape au chocolat 1,20 euros et du croissant de 90 centimes.
La jeune fille avait de plus en plus chaud.
Son ventre se contractait comme une bouteille plastique que l'on écrase.
Vincenzo, arrête s'il te plaît.
Voilà, c'est l'inverse.
C'est le croissant qui coûte à 20 euros ?
Bah c'est pas logique,
il y a même pas de chocolat dans un croissant,
donc c'est bien 80 centimes.
Bref, on te demande combien doit te rendre la boulangerre sur un billet de 20 euros ?
Trop tard.
La boule de noirceur n'avait jamais été aussi grosse.
Léana a semis t'être tremblée.
Elle bouillait de l'intérieur.
Une véritable cocotte minute prête à exploser.
Vincenzo continuait de la noyer sous un torrent de mots.
T'es toi !
Dans la cour, il n'y eut plus de bruit.
Tous les yeux étaient tournés vers Léana.
Sans s'en rendre compte,
elle avait poussé Vincenzo et talé sur le sol.
À peur et le garçon observa les paumes de ses mains
écorchées par le bitume.
Léana voulait s'excuser,
mais Vincenzo pleura.
Les autres enfants se précipitèrent vers eux,
cris et réprimantes fusaires.
Et puis, il eut des regards.
Des regards qui piquaient et qui pincaient.
Madame Violette ordonna aux autres enfants de retourner jouer.
Elle prit soin de Vincenzo et par là, à Léana.
La pauvre n'arrivait pas à la comprendre.
Elle avait le tourni et se sentait vidé,
comme à chaque fois que sa boule de noirceur gagnait la partie.
Elle passe à le restant de sa journée dans un épais brouillard.
Là, sans vraiment y être.
Lorsque la fin des cours arriva,
l'institutrice va voir Léana et Vincenzo.
Vincenzo, tes parents ont été prévenus de l'incident de ce matin.
Ils sont avec le directeur.
Léana, ta grand-mère est là aussi.
Ils vous attendent.
Les deux enfants se dirigeèrent vers le bureau.
Je suis vraiment désolée pour tout à l'heure.
Seriez-vous à Léana ?
La prochaine fois, je ne te parlais pas de maths pendant la création.
La bienveillance de Vincenzo ne fit qu'accroître la culpabilité de la fillette.
Arrivé au bout d'un long couloir,
le mini garçon ne frappa à la porte.
La voix grave du proviseur leur indica d'entrée.
Debout contre le mur du fond,
celui-ci affichait une mine soucieuse.
Devant lui, la grand-mère de Léana et les parents de Vincenzo,
un homme et une femme élégamment habillés,
occupaient trois petits sièges en cuir.
Il semblait plus inquiet que furieux.
La mère de Vincenzo se leva.
Ça va, mon chéri ?
Oui, non. C'est qu'un tout petit beau beau de rien du tout.
Léana, peut-tu nous expliquer ce qu'il s'est passé ce matin ?
Sa gorge était si serrée qu'aucun son ne réussit à sortir.
D'un signe de tête discret,
sa mami l'encouragera.
Je... Je sais pas.
Quand je panique, je vois tout noir et mon corps ne m'obéit plus.
Comme si j'étais plus moi-même.
Un long silence s'installa dans la pièce.
Le père de Vincenzo est mifin.
Bon, si, ça m'arrive.
Parfois, j'ai des idées tellement embrouillées que je fais n'importe quoi.
Pourtant, vous êtes un adulte ?
Oh, ça veut rien dire.
Beaucoup d'adultes sont comme ça.
Mais j'ai quelque chose qui pourrait être quelque chose que j'utilise pour me calmer.
Je la ferai parvenir demain à Mme Violette,
si M. le directeur est d'accord, évidemment.
Sur le chemin du retour,
Léana se demandait de quoi il pouvait bien s'agir.
Une balle anti-stresse ?
Ça avait jamais marché.
Une méthode de méditation ?
C'est impossible de rester là sans rien faire.
Une radio qui chanteonne des berceuses ?
Bon, ça va, c'était pas un bébé non plus.
Non, décidément, elle ne voyait pas.
Le lendemain, quand les élèves entraient en classe,
ils découvrirent un objet inattendu.
Dans un coin de la pièce, trônait une chaise étonnante.
D'un rouge brillant, elle était constituée d'un pied central,
maintenu par un socle en acier.
Mais le plus surprenant, c'était la scise.
Elle faisait penser à une coquille d'œuf coupée en deux.
En repliant ses jambes, on pouvait y tenir tout entier.
Je vois que la bulle de tranquillité vous intrigue.
C'est le père de Vinchenzo qui nous l'a offert.
Et ça sert à quoi ?
Va t'asseoir dedans, Océane, je vais te montrer.
La petite fille ne se fit pas prier et grimpe à l'intérieur.
Bah, c'est juste une chaise, quoi.
Oui, mais regarde.
Mme Violette a baissé à une membrane en toile dissimulée dans le dossier.
Aussitôt, la coquille d'œuf se referma sur Océane.
Wow, mais c'est génial ! J'ai l'impression d'être un poussin.
À chaque fois que l'un d'entre vous aura besoin de calme,
il pourra s'installer dans cette bulle de tranquillité.
C'est un espace où vous êtes en sécurité et où personne ne viendra vous déranger.
Allez, à vos places, maintenant.
Alors, c'était ça l'invention révolutionnaire du père de Vinchenzo ?
Il s'était bien moqué d'elle.
Comment pouvait-il penser que s'enfermer dans un ange un pareil
l'aiderait à vaincre la boule qu'il habitait ?
Ça la rendait folle qu'on ne prenne pas son problème au sérieux.
Bien, sortez votre cahier de mathématiques.
Nous allons corriger le problème d'hier.
Qui veut commencer ?
Le bras d'Océane fusa dans les airs.
Non, Céane. Pour une fois, je vais interroger quelqu'un d'autre.
Alors, personne ?
Tiens, Léana, dis-nous ce que tu as mis.
Le nez sur son cahier, la jeune fille était tétanisée.
Dans son ventre, quelque chose se mit à bondir, de plus en plus fort.
Allez, je suis sûre que tu n'as fait qu'une bouchée de cet exercice.
Elle était incapable de répondre, trop concentrée à se battre contre sa boule de noirceur.
Ses mains tremblèrent. Sa boule de noirceur enfla à une vitesse aurissante, noircissante, tout sur son passage.
Léana, ça va ? Tu veux essayer la boule de tranquillité ?
Léana leva les yeux de son cahier.
Tous les regards étaient braqués sur elle.
Tellement de regards, Léana a le thé.
Vincenzo posa une main sur son épaule pour la soutenir.
Léana bondit de surprise.
Des sourires moqueurs fleurir.
C'est tout ce qu'il savait faire, se moquer d'elle, dire du mal et avoir peur de ses réactions.
Même la maîtresse.
Alors aller dans la boule de tranquillité pour qu'il batve dans son dos, hors de question.
Sa boule de noirceur était aussi grosse qu'une mongole fier prête à exploser.
Léana...
Laissez-moi ! Je n'allierai dans cette stupide boule ! Je n'en ai !
Elle fit tomber sa chaise en se levant d'un bon.
Tout le monde s'écarta comme si elle avait la peste.
Un masque de peur recouvrait les visages.
Mme Violette semblait perdue.
Léana se rue à horde la classe en pleurant.
Elle avait encore perdu face à sa boule de noirceur.
Elle se détestait.
Pourquoi elle agissait comme ça ?
Pourquoi elle était si horrible ?
Pourquoi elle-même avait du mal à se supporter ?
Mme Violette la rattrape pas et sans un mot la serra contre elle.
Petit à petit, sa boule de noirceur dégonfla.
Lorsque Léana retourna en classe, le silence était aussi pesant qu'une tartiflette.
Personne n'osait la regarder et tout le monde restait muet comme une carpe.
Même une chenzo.
Mme Violette remonte sur son estrade et tenta de reprendre son cours comme si de rien n'était.
A la récréation, Léana alla s'asseoir sur un banc à l'écart.
Honteuse, elle fixait le bout de ses pieds.
Léana ?
La jeune fille le va les yeux.
Vincenzo était accompagné de tous leurs camarades de classe.
On a demandé à la maîtresse si on pouvait faire un cache-cache géant.
Elle est d'accord, mais il faut que tout le monde participe. Tu veux bien ?
Non, non, je risque de faire encore mal à quelqu'un.
C'est un accident, Léana ! Ça arrive à tout le monde !
Un accident, ça arrive pas tous les jours.
Et alors ? Tu veux pas exprès ? Donc, c'est un accident.
Si tu veux, on peut aller chercher un dictionnaire ou demander à la maîtresse.
N'empêche, j'ai pas envie de vous faire mal.
Alors, ça n'arrivera pas !
Bon, si on commence pas maintenant, on pourra pas jouer. Tu viens ?
Hum... Bon, d'accord.
Décrit de joie accueillir sa décision.
Cédric commença à compter pendant que les élèves se dépêchaient de se cacher.
Léana regarda partout, mais elle est meilleure plan qui était déjà occupée.
Vite ! Cédric avait bientôt terminé.
D'un signe discret, Vincenzo lui indica la salle de classe.
Mais oui ! Léana le remercia et courut si réfugiée.
Où pouvait-elle aller ? Sous un bureau trop facile.
Dans un placard, trop dangereux.
Derrière la bibliothèque ? Pas à cette place.
La salle de classe n'avait aucune bonne cachette.
Dehors, Cédric débusca les autres un par un.
Sa boule de noir surfit un bon.
Léana a laissant fuir quand elle remarqua la boule de tranquillité.
Rouge et étince lente.
La cachette idéale !
Jamais Cédric ne penserait à la chercher.
Mais hors de question d'y aller, pas après ce qui s'était passé.
Et puis, si enfermé lui faisait peur, que se passerait-il une fois dedans ?
Dans la cour des applaudissements retentir.
Léana se précipita à la fenêtre.
Cédric venait de trouver Océane.
Il ne restait plus qu'elle.
Le garçon regarda vers la salle de classe et aperçut Léana.
Aussitôt, il se mit en chasse.
Léana s'en voulait, il allait la trouver sans soucis.
Elle n'avait plus le choix.
Elle courut vers la boule et tira la toile sur elle.
Une seconde plus tard, Cédric entraît dans la classe.
Filtré par la boule, les rayons du soleil créaient une ambiance chaleureuse.
Le coussin de la scie était si moelleux que Léana avait la sensation d'être dans son lit.
Elle entendit Cédric farfouiller dans la pièce.
Il se rapprochait, il était tout prêt, il allait la trouver.
Et c'est à ce moment que Léana s'aperçut d'une chose incroyable.
Sa boule de noirceur s'était volatilisée.
C'était comme si elle avait laissé toutes ses peurs et ses angoisses à l'entrée de la bulle.
Comme lorsqu'on retire ses chaussures en arrivant chez quelqu'un.
Ça faisait un bien fou.
Elle était dans son coco de silence, heureuse et apaisée.
Cédric quitte à la pièce, mais Léana elle ne bougea pas.
Peut le donner dans sa bulle tel un chat sur un coussin.
Les minutes s'écoulèrent et quand elle entendit ses camarades entrer dans la classe en la plaçant,
elle émergea tout doucement, comme lorsqu'on se réveille d'un doux rêve.
Alors sous les yeux stupéfaits de sa classe,
elle sortit de son havre de paix, un sourire jusqu'aux oreilles.
Voilà les enfants, j'espère que l'histoire vous a plu.
N'oubliez pas de nous mettre plein d'étoiles sur votre application de podcast
et de nous envoyer des messages sur les réseaux sociaux ou par mail.
Ça nous donne plein de force pour la suite.
N'hésitez pas non plus à parler des petites histoires à vos copines, à vos copains
et pourquoi pas à votre maîtresse ou à votre maître pour occuper les temps calmes.
Je vous embrasse et je vous dis à bientôt.

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Crédits : cette p'tite histoire a été écrite par Mathieu Genelle. Racontée par Karine Texier et Arnaud Guillou. Mix: Celsian. Générique : Léa Chevrier. Illustration : Remi Leblond.

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