Zeffira & Jim, les folles galeries du Duc Paline

Durée: 13m23s

Date de sortie: 17/06/2021

Après avoir vaincu le terrible Faucon Noir, Jim accompagne Zeffira sur les traces de son passé. Ensemble, ils traversent des marais de l’Ourikou et sauvent Crabuffle qui leur indique deux chemins à suivre pour continuer leur quête. Nos deux écureuils décident d'emprunter les folles galeries du Duc Paline.


Crédits : cette p'tite histoire a été écrite par Thomas Le Petit-Corps. Racontée par Karine Texier et Arnaud Guillou. Mix: Celsian. Générique : Léa Chevirer. Illustration : Camille Epplin.


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Les petites histoires de Tellming.
Coucou les enfants, aujourd'hui,
car Rhyna et Arnaud vont vous raconter une nouvelle histoire de Zéphira et Jim,
les deux écureuils imaginés par Thomas.
Elle s'intitule « Les folles galeries du Duc Palin ».
Bonne écoute.
Derrière nos deux écureuils,
la forêt de Loricou ne forme plus qu'une grande tâche sombre.
Un sourire se dessine sur le visage de Zéphira,
trop heureuse de se rapprocher de son village.
Celui des écureuils volants.
Jim paraissait, comme à son habitude,
nettement plus soucieux.
Zéph, t'es sûr que c'est le meilleur chemin ?
Mais oui, je préfère passer par les souterrains de ce Duc Palin,
plutôt que par tes montagnes remplies de rapaces au bec assérés.
Ouais, enfin, ce Duc Palin, il a quand même une sac à répétation.
Quoi ? Le fait qu'il soit un peu fêlé du casque,
on ne va quand même pas s'inquiéter pour un lapin un peu taré.
Un lapin qui lie sous terre depuis des années,
en ayant creusé des galeries immenses,
ça ne me rassure pas plus que ça.
Ne t'inquiète pas, Jim.
Ça va bien se passer.
Mais ça ne rassure pas du tout son ami.
Depuis toujours, il a une peur bleue des espaces clos.
Mais hors de question de laisser ses angoisses le ridiculiser devant Zéphira.
Dix arbres, quatorze fourrées et cent soixante-huit pas plus tard,
les deux amis arrivent à l'endroit indiqué par Krabuffle.
Entre les racines nues d'un vieux chêne,
il y a un trou tout juste assez large pour qu'il puisse passer.
Zéphira remarque la grimace de Jim,
persuadée de ne pas pouvoir passer par cette ouverture si étroite.
La jeune écureuille volante recule de quelques mètres,
décoche un clin d'œil malicieux à son compère
et, sans prévenir, s'élance en direction du terrier.
Alors qu'elle allait buter contre les racines,
elle plonge en avant, les deux pattes tendues devant elle,
et pouf, elle disparaît dans la brèche.
La bouche entre ouverte et les bras balan.
Jim met une poignée de seconde à réagir.
Zéph, Zéph, ça va ?
Tout roule, Jim.
Passe-moi ton sac à dos et rejoins-moi.
L'écureuille à lunettes s'exécute, lui passe son bardat,
puis prend une grande bouche et d'air frais et passe une jambe dans le trou.
De façon bien moins gracieuse que sa collègue,
Jim pénètre dans l'entre du duc Paline,
en dévalant une pantapique sur les fesses.
Après un roulet-boulet chaotique et hilarant,
il prend la main tendue de Zéphira qui l'aide à se relever.
Sur ses lèvres flottent un rictus légèrement moqueur
que Jim préfère ignorer.
Débarasser du nuage de poussière qui recouvrait son pelage,
il sort sa lampe à vers luisant.
La lumière leur révèle un décor auquel personne ne pouvait s'attendre.
Devant eux, des dizaines de couloirs partent dans toutes les directions.
Mais le plus surprenant, c'est que chacun d'entre eux
est décoré de manière complètement loufoque.
Des tableaux de brindilles, des dessins de feuilles mortes
et des sculptures en écorce ornent les parois sur toute leur longueur,
donnant au lieu un aspect bigarré
qui en dit long sur la personnalité de celui qui l'habite.
Bon, bon, bon.
Quel chemin va-t-on prendre ?
Je... Je suis de moins en moins sûr que ce soit une bonne idée.
Ne t'inquiète pas.
On va prendre ce couloir et au fur et à mesure qu'on avancera,
on laissera de petits cailloux derrière nous.
J'ai lu ça dans un livre avant de partir de ton village.
Ça nous permettra de retrouver notre chemin si on se perd.
Hein, c'est du le dit.
Les deux écureuils pénètrent dans le couloir situé le plus à gauche.
Sur les murs, ils voient des portraits de lapins
faits de pommes de pain et de fougères,
des peintures réalisées grâce à la sève des arbres
ou encore des motifs étranges creusés à même la terre.
Ce du paline est peut-être frappadingue,
mais c'est un sacré artiste.
Tout en se ment des pierres à chaque intersection,
Zephira et Jim poursuivent leur route.
Après avoir tourné encore et encore,
les deux amis se rendent à l'évidence.
Ce chemin n'était pas le bon.
Pas de problème, on va revenir sur nos pas et prendre un autre tunnel.
Oh non.
Mais si, tu vas voir, ça va bien se passer.
Mais non, Zeph.
Les cailloux ont disparu.
Quoi ?
Mais qui a pu faire ça ?
Sans qu'on s'en rende compte en plus ?
Oh non, non, non, non, non, non, non, non, c'est le duke panine, c'est sûr, c'est lui.
On raconte qu'il est si rapide qu'on le voit à peine quand il se met à courir.
On est perdu à tout jamais dans celui-là birrante de l'enfer.
Jim, calme-toi, on va trouver une solution.
Mais comment tu veux que je me calme ?
On est perdu, on t'est révivant avec un lapin sanguinaire qui va nous dévorer comme une carotte bien cuite.
Ah attends !
Mais comment fais-tu que j'attends ? C'est la fin des noisettes, on va y passer !
Je sens quelque chose.
Zephira a les yeux fermés, son museau remut à toute vitesse.
Puis, d'un coup, elle file comme une flèche.
Surpris, Jim essaie de la suivre tant bien que mal.
Guidée par son flair, elle tourne à droite, puis à gauche, puis trois fois à droite, avant de foncer dans un nouveau tunnel.
Soudain, Zephira pile.
Jim ne ralentit pas et la dépasse comme un éclair, avant de finir deux mètres plus bas, dans une salle immense et entièrement recouverte de mosaïque.
Prudente, Zephira rejoint son camarade sur la pointe des pattes.
Au centre de la pièce, un lapin portant un monocle et un haut de forme, danse avec une poupée de chiffon, comme si de rien n'était.
À côté de lui, un transistor bricolé de briques et de brocs diffuse de la musique classique.
Estomacé par ce spectacle, Zephira et Jim le contemple un instant, avant de s'avancer pour le saluer.
Le duc Paline s'arrête et pose sa poupée sur une chaise.
Oh, des nouveaux venus !
Bonjour à vous étrangers, quel bon vent vous amène dans les entrées de mon terrier ?
Quelqu'un nous a volé les cailloux, servant à nous repérer. Et quelque chose me dit que c'est vous.
Oh, là là là là là, toutes mes excuses.
Ce doit d'être encore un coup de l'olà.
Hum, l'olà ?
Discrètement, le duc pointe du doigt la poupée assise sur la chaise.
Dès que je la laisse toute seule, elle chipe tout ce qu'elle peut.
Mais vous vous moquez de moi, cet serpillère est incapable de poser un pied devant l'autre.
Chut ! Vous vous allez la vexer ?
Veuillez pardonner mon ami, mais comprenez-nous, Zephira et moi sommes perdus.
Pourriez-vous, au grand duc, nous indiquez la sortie.
D'accord, mais à une condition, que vous répondiez à trois de mes énigmes.
Si vous y arrivez, je vous indique le chemin.
On n'a pas le temps pour ces enfautillages, du...
Zephira bondit en avant pour attraper le duc.
Malgré sa rigidité, le lapin l'esquive sans difficulté.
La jeune écureuil n'avait jamais vu quelqu'un bouger aussi vite.
Elle retente l'expérience une fois, deux fois, trois fois.
Mais à chaque essai, elle n'attrape que du vent.
Bon, c'est bon, allez-y, posez vos questions.
Parfait.
Alors, alors, vous commencez, je porte des lunettes, mais je n'y vois rien.
Qui suis-je ?
Comment voulez-vous qu'on réponde à une question si absurde ?
L'année.
Quoi ?
Bon, ben bon, bravo. Petit écureuil, savant.
C'est bien cela.
Le l'année porte les lunettes, pourtant, il n'y voit rien.
Prochaine question, prochain question.
Combien de carottes peut-on mettre dans une d'un siète vide ?
Je crois que j'ai une idée.
Ah, ah, attention.
Si vous vous vous rentroupez, je vous indiquerai jamais la sortie.
Je pense qu'on ne peut mettre qu'une carotte dans une assiette vide.
Mais elle est minuscule ton assiette.
Bravo, petit écureur et intelligents, mais lorsqu'on a mis une carotte dans l'assiette,
celle-ci n'est plus vide à une seule, est donc la bonne réponse. Bon, ma dernière
énigume, ce sera la plus compliquée de toutes. Cela m'étonnerait que vous trouviez la réponse
si facilement. Je suis Madame Zephira, mais je ne suis pas Madame Zephira. Mais alors,
qui suis-je ?
Jim et Zephira se regardent avec des yeux grands comme des sous-coupes.
Jim, ce lapin se moque de nous. Cette question n'a ni que ni tête.
Je suis Madame Zephira, mais je ne suis pas Madame Zephira.
Partons Jim, même toi tu ne pourras pas trouver.
Qu'est-ce que tu viens de dire ?
Qu'il fait les compartes.
Non, juste après.
Que même toi ?
Mais oui, voilà, c'est ça, c'est moi la réponse.
Jim, t'es venue aussi marteau que ce lapin.
Mais non, écoute, je suis Madame Zephira, c'est vrai que je te suis partout où tu vas, je te suis.
Mais par contre, je ne suis pas Madame Zephira parce que tu es unique.
Donc, qu'est-ce qui te suit, mais qui n'est pas toi ?
Et ben c'est moi.
Le petit curieux malin a trouvé.
Oh wow Jim, t'es incroyable.
Bien, guidé-nous vers la sortie maintenant, je n'en peux plus d'être ici.
Et bien, bien, c'est-à-dire que... je ne sais pas vraiment où ils se trouvent.
Voyez-vous, moi-même, je suis perdu depuis des années.
Dans mes propres galeries.
À nourrir de verre de terre et de racine d'ortie qui pique la langue.
Espèce de sale petit menteur.
Désolé, je ne pensais pas que vous trouvriez.
Mais maintenant, nous sommes tous des quatre avec Lola.
Nous allons nous amuser comme des fous.
C'est terrible, c'est terrible, c'est terrible.
Jim, calme-toi, ça va bien se passer.
On va passer la fin de nos jours enfermés ici.
Zephira ne sait pas comment réconforter son ami.
Lui qui avait toujours été là pour elle,
lui qui se démène pour l'accompagner dans cette aventure,
il faut qu'elle fasse quelque chose.
D'instinct, elle sait qu'elle doit poser sa main sur le mur à côté d'elle.
Entre ses griffes, elle sent la terre des galeries du Duc.
Machinalement, elle la porte à son museau.
Cette odeur, cette odeur lui rappelle quelque chose.
Elle longe le mur tout en le reniflant.
Des flashs lui reviennent en tête.
Des couleurs, des bribes de souvenirs,
des sensations qui avaient disparu depuis longtemps.
En faisant appel à ses cinq sens,
Zephira se laisse guider par ses fragments de mémoire qui surgissent à nouveau.
Intrigué par le comportement de Zephira,
Jim sort de sa torpeur et suit son ami.
Le Duc paline les accompagne, l'eau là sous le bras.
Pendant près d'une heure, Zephira hume,
observe, palpe et écoute les couloirs qu'il traverse.
Quand soudain, il aperçoive une lumière blanche
qui ne peut être que celle du soleil.
Sans se précipiter, il sort des galeries.
La clarté du jour leur pique les yeux.
Ils sont libres.
Jim se retourne et remarque alors que le Duc paline
n'ose pas quitter son terrier.
Duc, venez.
Vous êtes avec nous, vous ne risquez rien.
Je crois que je suis trop vieux pour affronter ce monde,
que j'ai quitté depuis si longtemps.
Le vieux lapin lui adresse un sourire triste
avant de retourner se perdre dans son terrier.
En compagnie de sa poupée.
Jim ?
Oui.
Je me souviens de tout.
C'était une nuit sans lune.
Tout le village était endormi quand ils ont attaqué.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Les renards déglacent.
Nos ennemis de toujours.
On m'a envoyé chercher de l'aide.
J'étais presque arrivé à ton village quand une tempête s'est levée.
Une bourrasque m'a projeté contre un arbre
et quand je me suis réveillé, j'étais chez vous.
Mon peuple court un grand danger, Jim.
Allons-y !
Zephira et Jim se mettent à courir entre les arbres calcinés
en direction du village en ruine qui se dresse devant eux.
Voilà les enfants.
J'espère que l'histoire vous a plu.
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Ça nous donne plein de force pour la suite.
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Crédits : cette p'tite histoire a été écrite par Mathieu Genelle. Racontée par Karine Texier et Arnaud Guillou. Mix: Celsian. Générique : Léa Chevrier. Illustration : Remi Leblond.

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