Écoutez l'histoire préférée d'Arnaud : Monsieur École

Durée: 16m20s

Date de sortie: 22/06/2021

Lorsque j'ai demandé à Arnaud quelle histoire il avait aimé enregistrer cette année, il m'a aussitôt parlé de la nouvelle version de Monsieur École, une histoire que j'ai réécrite et qui s'avère être l'une des premières histoires que l'on a enregistrée ensemble.


Crédits : cette p'tite histoire a été écrite par Mathieu Genelle. Racontée par Karine Texier et Arnaud Guillou. Mix : Celsian. Générique : Benoît Nass. Illustration : Camille Sainson.


Pour profiter pleinement des P'tites Histoires abonnez-vous : https://plus.acast.com/s/les-ptites-histoires.


----------:----------

Become a member at https://plus.acast.com/s/les-ptites-histoires.



Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Les petites histoires, ces histoires, les petites histoires, les petites histoires de Tellming.
Coucou les enfants, comme tous les mardi du mois de juin, je vous propose de découvrir l'une des histoires préférées d'un des membres de l'équipe.
Aujourd'hui, c'est celle d'Arnaud, Monsieur École.
Bougainville est un petit village de montagne.
Bien qu'il compte une majorité de vieilles personnes passant leur journée à jouer au boule, au domino et aux dames, la bourgade abrite une école.
Autrefois, à fier et pleine de vie, elle n'accueille aujourd'hui plus qu'une seule classe où tous les niveaux se mélangent.
Un joli bazar, habilement dirigé par la vénérable Josiane Frolin.
Malgré son dos voûté, son visage chiffonné de ride et ses lunettes à triple foyer, qui lui donnent un air de hibou perdu,
la vieille maîtresse déborde d'énergie.
Ces cours sont de vrais spectacles que les enfants ne rattraient pour rien au monde.
Sauf quand ils ont une envie pressante comme un haïs.
Pour ne manquer aucune miette de la leçon sur la première guerre mondiale, sa période préférée, la fillette se tortille pour se retenir.
En vain.
Alors, pour éviter une catastrophe technique, elle se ruit aux toilettes.
Mais lorsqu'elle ouvre la porte, la poignée lui reste dans les mains.
C'est si triste de finir ainsi.
Enfin, j'aurais eu une vie bien remplie.
La stupeur fait s'envoler l'envie pipi d'Anaïs.
Il y a quelqu'un dans les toilettes.
Un vieux du village se serait perdu.
Il ne manque pas de toupets.
En plus, ces toilettes-là sont réservées aux filles.
Sentant son envie pipi revenir au triple galop, Anaïs prend son courage à deux mains et toque, enfonçant fort les sourcils.
Monsieur, faut sortir. C'est pas vos toilettes.
J'ai très, très envie de faire pipi.
Pas de réponse.
Perplexe, Anaïs colle son oreille à la porte.
Elle n'entend rien.
Sentant qu'elle ne peut plus se retenir, elle s'empresse de remettre en place la poignée, ouvre la porte et pousse un ouf de soulagement.
Non, elles sont libres.
Est-ce possible d'avoir des hallucinations quand on a une grosse envie ?
La question occupe Anaïs jusqu'à ce qu'elle revienne en classe et se replonge dans la formidable leçon d'histoire.
Mais soudain, Madame Frelin annonce que...
C'est l'heure de la récréation. Suites d'un L sont dans 15 minutes.
Les enfants sortent mollement.
Mais lorsque l'un de parles de reprendre leur compétition d'élastique entamée la veille, tout le monde s'excite.
Anaïs retourne en classe chercher le carnet d'escores, un cahier,
où sont consignés les résultats de tous les tournois que les enfants imaginent depuis le début de l'année.
Mais dans le couloir, elle surprend Madame Frelin qui marmonne.
Allons, ressaisis-toi Josiane.
Tes élèves ont besoin de toi.
Tout aventure à une fin.
À toi de la rendre mémorable.
La porte de la salle de classe est ouverte.
Anaïs hésite.
Peut-être devrait-elle laisser sa maîtresse tranquille.
En même temps, les enfants ont vraiment besoin du carnet.
Alors, un peu gêné, elle entre.
Derrière son bureau, Madame Frelin semble tout ratatiner.
Mais dès qu'elle voit Anaïs, elle se redresse autant que le lui permet son dos voûté.
Elle sourit.
Que puis-je pour toi Anaïs ?
Je voulais pas vous déranger Madame.
On a oublié de prendre le carnet des scores pour la compétition de saut à l'élastique.
Oh, mais tu ne me déranges pas.
Tiens, prends-le.
J'ai hâte de vous remettre toutes les médailles de vos championnats, tu sais.
Ça va être un grand moment, ça, oui.
Anaïs voit bien que Madame Frelin n'est pas dans son assiette.
Mais elle n'a pas le temps de se poser de questions.
La récréation ne veut pas durer mille ans et la compétition ne peut pas commencer sans le cahier.
Bon, sans surprise, Anaïs termine bonne dernière, elle s'emmelle toujours les pieds.
La classe reprend avec une Madame Frelin pleine d'entrain.
Anaïs n'avait pas à s'en faire, sa maîtresse a sans doute eu un coup de fatigue.
Après tout, assurer un tel spectacle tous les jours de la semaine,
ça doit être fatigant, surtout pour une si vieille personne.
Arrive la pause de midi, tout le monde rentre chez lui déjeuner.
Anaïs revient la première.
Elle voit Monsieur Boulou, le maire du village, sortir de l'école en bougnant.
Madame Frelin surgit à sa suite.
Mais enfin Maurice, il doit bien y avoir une solution.
Cette école, c'est l'âme du village.
Comme si j'y pouvais quelque chose, Josiane.
L'école fermera quand tu partiras à la retraite, à point c'est tout.
Le cœur d'Anaïs se sert et un petit cri d'effroi s'échappe de sa bouche.
La maîtresse et le maire s'arrêtent, la fixe et se trouvent bien bêtes.
Le malaise est instantanément balayé par une tornade d'enfants.
Le midi est le moment de leur traditionnel parti de Cache Cache.
Anaïs est la grande championne.
Personne n'arrive jamais à lui mettre la main dessus.
Alors aujourd'hui, il y a une règle spéciale.
Elle sera la seule à se cacher.
Et si personne ne la trouve, elle sera déclarée grande vainqueur de l'année.
L'enjeu éclipse la triste nouvelle.
Anaïs a une minute pour se cacher.
C'est largement assez.
Car cette cachette-là, elle y pense depuis longtemps.
Et c'est la manche idéale pour l'essayer.
Un vieux tonneau en bois,
oublié derrière l'école, couvert de mousse et moucheté de champignon peu ragoûtant.
Un paradis pour insectes grouillants.
Personne ne pensera qu'elle s'y a glissé.
D'autant plus qu'elle prend soin de ne laisser aucune trace.
Cache ou pas, on a malgré.
Et cette fois, on va te trouver.
Anaïs les entend se ruer aux quatre coins de la cour de récréation.
Elle en est sûre.
Dans moins de dix minutes, ils abandonneront.
Tout ce qu'elle a à faire, c'est attendre.
Sauf qu'elle a sous-estimé l'inconfort de sa position
et les insectes qui commencent à la châtrouiller.
Mais son envie de gagner est plus forte.
Elle tient bon.
Jusqu'à ce qu'elle entend des bruits de pas à proximité du tonneau.
Anaïs retient son souffle.
Elle ne peut pas bouger d'un pouce.
Malheureusement, une bestiole ne tarde pas à lui châtouiller le nez
et lui donner envie d'éternuer.
Paniqué, Anaïs se pince le nez, ferme la bouche
et les yeux avant de lâcher un éternument parfaitement silencieux.
Elle tend l'oreille.
Plus personne ne farfouille.
Sûre de gagner, Anaïs se détend et attend patiemment.
Sauf qu'après quelques secondes, la cour lui semble trop silencieuse.
Ces camarades auraient-ils déjà abandonné ?
Avec la plus grande précaution, elle soulève le couvercle.
Personne à l'horizon, mais surtout pas le moindre bruit.
Un frisson d'angoisse la parcours.
Un bruit de trompette fatigué retentit.
Anaïs bondit.
Le tonneau tangue tombe et la recrache en même temps qu'une joyeuse bande
de cloporte gluant.
Elle n'ose pas bouger.
Son cœur bat si fort que toute la montagne doit l'entendre.
Des pleurs étouffées lui barviennent de l'autre côté du bâtiment.
D'un bon, Anaïs se redresse, s'y précipite et se fige.
Ses amis ne sont pas là.
Assez sur le banc, près de la porte d'entrée,
un vieil homme en chapeau haute forme et costume bleue,
feuillette avec tristesse le plus brouh aux albums photos
qu'Anaïs n'a jamais vu.
Qui êtes-vous, monsieur ? Où sont les autres ?
Le vieil homme lève la tête, sa grise mine-sile lumine.
Anaïs, c'est bien toi. T'as venu me réchauffer l'âme.
La dernière personne à m'avoir rendu visite,
c'était ton père, lorsqu'il était dans CM2.
Mais vous êtes le monsieur des toilettes ?
C'est quoi cette histoire avec papa ?
Il ne m'a jamais parlé de vous.
Oh ! Il m'a sans doute oublié.
Les humains oublient toujours avec le temps,
alors que moi, je me souviens de tout.
Ton papa adorait grimper sur cet arbre-là.
C'était un grand champion de maraîles,
mais le pire joueur de football.
Il n'a jamais marqué de but.
Je me souviens aussi du jour
où ils se sont embrassés avec ta maman sur ce banc.
Comment vous pouvez savoir tout ça ?
Grâce à mon album, ils renferment tous mes souvenirs.
Je l'ai ressortie pour me rappeler les bons moments vécus avec les enfants.
Viens t'asseoir, je vais te montrer.
Anaïs s'approche timidement.
Tout a commencé, il y a 250 ans.
Anaïs ouvre des yeux tourront. 250 ans ?
Ce vieux monsieur a de la compote à la place du ciboulot, c'est impossible.
Au début, j'étais à peine plus grand que ta salle de classe.
Anaïs a envie de lui dire d'arrêter ses salades,
mais ils rayonnent tellement qu'il semble y croire.
Et puis, les premières pages de l'album l'intrigue.
En noir et blanc, les bords légèrement jaunis par le temps,
elles montrent toutes les étapes de la construction d'une petite maison.
C'est grâce aux mères que je suis né.
Ils croyaient durs comme fer à l'importance de l'éducation,
même pour un minuscule village comme Bougainville.
Et tu sais quoi ?
Ça a attiré plein de monde, le village a grandi, et moi avec.
En moins de temps qu'il ne faut pour le dire,
j'étais devenu une grande et belle bâtisse pleine de vie.
Anaïs en est sûr, il se moque d'elle.
Mais cette certitude vole en éclat lorsque le vieil homme s'arrête
sur une collection de photos en couleur de deux enfants qu'elle reconnaît aussitôt.
C'est papa et maman ?
Oui ! Et tu vois, comme je te le disais,
ici, c'est la photo de leur premier misé.
J'ai su, à ce moment, qu'il ne se quitterait plus.
Mais ça se peut pas, qui a pris ces photos ?
Personne ! Ce sont mes souvenirs, Anaïs. Regarde !
Nouvelles volets de pages qui s'arrêtent sur un feuillet
recouverts d'instantanés de tous les exploits et les bêtises qu'a pu faire Anaïs.
Mais cette photo, c'est quand je me suis cachée dans le tonneau tout à l'heure ?
Et oui, un souvenir mémorable.
Tu as trouvé la meilleure cachette de toute mon histoire.
Wow ! Alors, vous êtes un genre de monsieur-école,
comme le père Noël ou la petite souris ?
Si on veut. Mais je ne suis pas n'importe quel monsieur-école.
Je suis l'école de Bougainville.
C'est grâce à tous les enfants qui sont passés entre mes murs
que j'ai la chance d'exister.
Alors, c'est pour ça que vous êtes triste, parce que l'école va fermer ?
Eh oui, madame Frolin part à la retraite à la fin de l'année.
Il n'y a personne pour la remplacer.
En plus, une école toute neuva a été construite dans le village voisin.
Mais le bâtiment, il sera toujours là.
Monsieur Boulou, il n'y a pas de projet pour moi.
Je coûte trop cher à rénover ou même à détruire.
Alors, on va m'abandonner et m'oublier.
Je ne suis pas d'accord, c'est pas juste.
Cette nouvelle école, c'est une bonne chose pour vous.
Il y aura plein d'autres enfants, des maîtresses et des maîtres extraints.
Je m'en fiche de l'école. Je veux pas que vous disparaissiez.
Mais je suis tout décrépit.
Un coup de peinture et hop, vous serez comme neuf.
Je défiche sûr partout.
Ça se rebouge ça.
Je ne suis pas sûr que ça vaille le coup.
Vous rigolez ou quoi ?
Papa et maman m'ont toujours dit qu'on avait de la chance de vous avoir.
Tous les gens du village ont des souvenirs avec vous.
Je suis sûre qu'on va trouver une solution.
Merci Yannice.
J'espère que tu vas y arriver.
Quand on veut, on peut.
Voilà ce que dit maman.
Mais bon, il faudrait que je puisse retourner auprès de mes copains.
Vous savez comment je peux faire ?
Rien de plus simple.
Il suffit d'un claquement de doigts.
M. Ecole disparaît.
Les bruits du village et de la cour d'école ont plus de nouveaux l'espace.
Yannice est toute seule assise sur le banc.
Elle se demande si l'esprit ne lui a pas joué un tour.
La fenêtre de la classe s'ouvre en grinçant.
Peux-tu m'expliquer ce que tu fais en cordon alors que tout le monde est à sa place ?
Euh... Non.
Enfin, si, madame.
J'arrive.
Yannice rentre en classe, se plante devant le tableau et explique tout.
Le départ a la retraite de M. Frelin, sa rencontre avec M. Ecole et sa fermeture prochaine.
M. Frelin reste sans voix.
Les autres élèves schouinent, reniflent avant de protester.
Yannice doit leur exposer son plan.
On ne doit pas abandonner M. Ecole parce qu'il est vieux et moche.
Si on se retrousse les manches, il aura une seconde vie.
On lui doit bien ça, non ?
Les enfants et M. Frelin répondent un oui franc et massif.
Alors ce soir, on va tous être gentils, même si on nous sert des brocolis.
Et puis, on parlera à nos parents de cette histoire.
Et demain, avant d'aller à l'école, on ira dire à M. Boulou pourquoi Bougainville ne doit pas abandonner M. Ecole.
D'accord ?
Une vague d'enthousiasme submerge la classe.
Mme Frelin est émue au larmes et pour la première fois de sa carrière, elle a bien du mal à donner sa leçon du jour.
Le lendemain, en voyant tout le village se presser devant sa maison, le pauvre maire est tout déboussolé.
Mais lorsqu'il écoute Yannice et voit que tout le monde la soutient,
un large sourire ponctué d'une petite larme éclaire son visage.
En voilà une drôle de chouette idée de rénover cette école tous ensemble.
Ça promet d'être un sacré projet.
Tout le village met la main à la pâte.
Si bien qu'au bout de plusieurs mois de sœurs et de rire, d'oralbol et d'entraide,
la bâtisse retrouve sa splendeur d'autrefois.
Pour qu'elle reste un lieu plein de vie, de partage et de créativité,
les villageois décident d'en faire une résidence d'artiste.
Quelques années plus tard, une certaine Yannice en prend la direction.
L'ancienne école est devenue l'endroit préféré des créateurs du monde entier,
pour le plus grand bonheur de M. École.
Voilà les enfants, j'espère que l'histoire vous a plu.
N'oubliez pas de nous mettre plein d'étoiles sur votre application de podcast
et de nous envoyer des messages sur les réseaux sociaux ou par mail.
Ça nous donne plein de force pour la suite.
N'hésitez pas non plus à parler des petites histoires à vos copines, à vos copains,
et pourquoi pas à votre maîtresse ou à votre maître pour occuper les temps calmes.
Je vous embrasse et je vous dis à bientôt.

Les infos glanées

Je suis une fonctionnalité encore en dévelopement

Signaler une erreur

LesPtitesHistoires+(Deuxhistoiresexclusiveschaquemois+zéropub.)

Imaginez que vous adorez lire, et que votre rêve est de devenir le plus grand monstrologue de tous les temps. Maintenant imaginez que vous tombiez sur Monstropedia, un livre monde peuplé de monstres rares. Oseriez-vous le lire, même si l'on dit qu'il est maudit ?


Crédits : cette p'tite histoire a été écrite par Mathieu Genelle. Racontée par Karine Texier et Arnaud Guillou. Mix: Celsian. Générique : Léa Chevrier. Illustration : Remi Leblond.

Tags
Card title

Lien du podcast

[{'term': 'Kids & Family', 'label': None, 'scheme': 'http://www.itunes.com/'}, {'term': 'Stories for Kids', 'label': None, 'scheme': 'http://www.itunes.com/'}]

Go somewhere