Avant d'écouter votre histoire, je dois vous parler d'un endroit mémorable.
Imaginez.
Une maison cachée au cœur d'une forêt de pain, où les branches murmurent des secrets
au vent.
La plage semble s'étendre jusqu'au bout du monde, et des sentiers mystérieux serpentent
entre forêts et océans promettant mis la aventure à pied ou à vélo.
Cet endroit rêvait, c'est Seigneus, et j'ai pu y s'yjourner en réservant sur
AirBnB.
J'y ai passé d'incroyables vacances avec ma compagne, mes enfants et leurs meilleurs
amis.
Chacun avait son petit royaume, sa chambre.
Notre cuisine était comme une grande table de banquets où tout le monde se retrouvait.
Et, se riz sur le gâteau, on avait un jardin parfait pour papoter jusqu'au bout de la
nuit.
C'était un endroit idéal pour déconnecter et construire de super souvenirs pendant les
grandes vacances.
D'ailleurs, si on a fait un aussi bon choix, c'est grâce aux coutures voyageurs sur AirBnB,
qui nous ont permis de piocher parmi les logements que d'autres voyageurs avaient adorés.
Et maintenant, placez à votre petite histoire.
Une vie sans jouets, vous pouvez imaginer ça ? Moi pas.
Maman est menuisère et béniste, et pas un jour on ne passe sans qu'elle n'en fabrique
un.
Pour elle, un jouet s'amène du soleil dans le cœur des gens.
Et quand on vit dans un royaume recouvert de neiges éternelles, c'est important.
On était en train d'en préparer plein pour Hul, la fête du solstice d'hiver.
Le trattelier en débordait.
Je dis notre, parce que maman dit que je l'aide depuis toujours.
Mon premier jouet, je l'ai fabriqué à deux ans.
Et maintenant, du haut de mes sept ans, j'en ai déjà 71 à mon actif.
D'après maman, j'ai un don, mais je ne lui arrive pas à lâcher vie.
Elle est si douée que parfois ses créations sont demandées par des gens qui ne sont pas
du village, alors qu'on vit loin de tout, à l'extrême nord du royaume, dans un coin
si calme qu'on a l'impression d'être à l'abri de tout.
Ce matin-là, des coups de masse se sont abattus sur la porte.
Si fort que j'ai eu l'impression que la maison allait s'y couler.
Maman s'est précipité pour ouvrir.
Quand elle a découvert un gare de royal, elle est restée comme sonné.
Il lui attend une lettre et s'en est allée sans rien dire.
Elle l'allue, et ça fait ça.
Qu'est-ce qu'il y a, maman ?
On ne fabriquera plus de jouets.
Quoi ?
Noël, tu sais que notre royaume est coupé du monde depuis toujours ?
Oui, à cause des montagnes qui sont infranchissables.
Notre souveraine bien aimée, elle a seule à détenir le pouvoir de les franchir.
Depuis qu'elle est partie explorer ce qui s'y trouve, le Seigneur Régent X pense que notre
royaume doit se préparer au pire.
Mais pourquoi ce serait une raison pour arrêter de fabriquer des jouets ?
C'est bientôt yule !
Le royaume a besoin de tous ses artisans pour préparer la guerre.
Pour la première fois de ma vie, je vis le visage de maman s'éteindre.
Sans réfléchir, j'ai foncé dehors pour hurler aux gardes que c'était n'importe quoi ce truc,
sauf que j'ai percuté quelqu'un, et je me suis retrouvé les fesses dans la neige.
Eh bien, eh bien, mon garçon, pressé d'aller à l'école ?
Ça tombe bien, j'y vais aussi.
Accompagne-moi, veux-tu ?
Ce petit bonhomme roudouillard avec sa bedaine qui dépassait de son pantalon
ne pouvait pas être un garde.
Il portait une broche en forme de flocon, l'emblème royal.
Un sourire souligné par deux petits yeux noirs m'ordonnait de le suivre.
Arrivé dans la cour, j'ai découvert les copains terrifiés.
Un soldat détruisé à coups de hache notre air de jeu.
On s'est regardé, perdu.
L'un de nous s'est avancé, fin, athlétique, le torse bombé, le visage pâle et fermé,
mon exact opposé.
Je ne l'avais jamais vu.
Suivez l'exemple d'Okiho, mon fils.
L'un à côté de l'autre au garde à vous.
On s'exécuta.
Puis, les mains dans le dos, l'homme au flocon passa lentement devant chacun de nous.
Il était plus impressionnant qu'un loup des glaces.
Je vais peut-être pouvoir faire quelque chose de vous.
Pourquoi, monsieur ?
Maitre Aupia ne reviendra pas ?
Qui t'a donné la parole ?
Dix tours de cour.
Mais...
Vingt tours.
Par ordre du Seigneur Régent, Maitre Aupia a rejoint la capitale.
Je serai votre instructeur, Maitre Palu.
Je vais vous apprendre à servir le royaume.
Pauvre Léna, elle ne méritait pas d'être punie.
Et puis, ce leçon était bizarre.
Du calcul à la lecture, tout tournait autour de la guerre.
Et il valait mieux ne poser aucune question et avoir tout bon.
Sinon, vous étiez partis pour des tours de cour.
Okiho, lui, était un élève modèle.
Il se tenait droit, attentif, avec toujours la bonne réponse.
Et pendant la récré, il restait en classe, le nez plongé dans son cahier d'exercice.
À l'heure du déjeuner, on a tous poussé un ouve de soulagement.
On pu rentrer chez nous.
Mais aucune trace des parents.
Vos parents reviendront à la nuit, tombés soyez sages et responsables.
Voilà ce que nous a répondu le Maitre Instructeur quand on est allé le voir paniquer.
Mais plutôt que de pleurer et de le traiter d'horrie, blugnou, baveux,
j'ai invité tous les copains à manger le ragout de maman.
Ça a été un sacré bazar de servir tout ce monde.
Mais un petit bol a suffi à leur redonner le sourire.
Après ça, retour à l'école pour ouvrir un chapitre des aventures de la cour.
Notre jeu du midi où nos jouets vivent des histoires incroyables.
Sauf qu'à peine arrivé, T'as eu à bondir de la classe comme un démon.
Où vous croyez-vous ?
En un clin d'oeil, nos jouets étaient saisis et jetés sur l'air de jeu réduit en miette.
L'instructeur sorti de sa besace un petit globe en verre
qu'il jeta violemment sur le tas de bois.
Un liquide poisseux se répandit.
Puis il craqua une allumette.
Les jouets sont interdits.
Des sanglots se mêlent au crépitement des flammes.
Je fixais le brasier et la colère empêchait mes larmes de couler.
Tu as quelque chose à dire, Noël ?
Il posa ses horribles petits yeux sur moi.
Je sentis ma poitrine se serrer comme si une main de géant me pressait.
J'ai baissé le regard.
J'aime bien ça.
Maintenant, rentrez.
L'après-midi fut épouvantable.
On était condamnés à écouter pas eu en contemplant la danse des flammes.
Mais le pire arriva à la récré de l'après-midi.
Des soldats débarquèrent.
Les bras chargés de sacs déportant de jouets.
Trop choqués pour réagir,
on les a regardés les jeter dans le feu.
Derrière la fenêtre de la classe,
l'instructeur est un sleu de malveillance.
Il venait de brûler une part de nous.
Et comme pour éviter qu'elle ne disparaisse trop vite,
on s'est tous regroupés autour du bûcher.
Après la classe, on est rentrés chez nous.
Desespéré dans un village sans vie.
Par habitude, je suis passé par l'atelier de maman.
Une tornade avait emporté toutes nos créations.
Et puis je les ai vus.
Deux soldats de bois rescapés de la rafle des jouets.
Le premier, face contre terre, avait les jambes coupés.
Le second, le crainte fondu,
était appuyé contre la boîte à outils de maman.
Je n'en revenais pas.
Avec eux, je pouvais recréer le duout de chevalier préféré de Léna.
Avec eux, je pouvais recréer le duut de chevalier préféré de Léna.
Je m'appliquais trop à les réparer pour voir le temps passer
et entendre maman entrer.
Noël, qu'est-ce que tu fais ?
Je prépare un super cadeau pour Léna.
Tu te rends compte de ce qui pourrait être arrivé ?
Mais le nouveau maître a brûlé nos jouets.
Je sais.
Tu sais ? Et ça ne te fait rien ?
Bien sûr que si, mais ce qui se passe est compliqué.
Ah bon ? Tu te rends compte de ce qu'on a perdu ?
En plus, Léna, elle adore l'army royal.
Il devrait être content ces cliches en flogon.
Noël, le Seigneur Région a interdit les jouets.
On ne peut rien faire.
Il faisait nuit depuis longtemps.
J'étais allongé sur mon lit, le cerveau en ébullition,
lorsqu'on toqua.
J'ai grogné.
On s'éloigna.
Après cinq bonnes minutes, j'ai entré vers la porte.
Le duo de soldats m'attendait, comme neuf,
au garde-à-vous sur du papier accompagné
d'une fine cordelette.
Je suis sorti, en prétextant à aller chercher de l'eau au puits,
l'air faussement triste,
le paquet caché sous ma cap.
Je me suis faux-filé jusqu'à la fenêtre de Léna.
J'ai déposé le paquet sur le rebord,
étoqué et me suis éclipsé.
Le lendemain,
tout le monde était éteint sauf au Kyo.
En même temps,
il n'avait rien perdu, lui.
Pendant un instant,
j'ai eu peur que Léna
n'ait pas trouvé son cadeau.
Et puis j'ai croisé son regard.
Tout au fond,
une petite flamme y brillait.
Si Paï et son fils ne remarquaient rien,
tous les copains s'en aperçurent.
Si bien qu'elle a récré,
on est tous allés la voir.
Qu'est-ce qui t'arrive, Léna ?
Eh ben, en fait...
Eh, on est tous dans la même galère, tu sais.
Bon, hier,
j'étais dans ma chambre à dessiner
mes soldats de glace pour ne pas les oublier.
Et puis, on n'a tout qu'à ma fenêtre.
Quand j'ai regardé, j'ai vu un paquet.
Et dedans, il y avait
mon duo de soldats.
Comment c'est possible ?
Mais je ne sais pas.
Mais ça veut peut-être dire que si on pense fort à nos jouets,
l'esprit de Yule nous entend ?
Une vague d'espoir défaire là
dans les yeux des copains.
Toute la journée, il leur souhaitait ma compagniaire.
Je pensais aux chevaux de bois du l'Ric,
aux gardiens des forêts de Sigrine,
aux focons de Tobias,
aux dragons flamboyants d'Anya,
aux chevaliers de Magnus et à tous les autres.
Ça faisait plus de 30 jouets à fabriquer.
Je n'étais pas aussi rapide que maman,
mais j'étais déterminé.
Alors, après m'être assuré qu'elles ont flotté
paisiblement, je me suis fofillé
dans son atelier,
travaillant le plus silencieusement possible.
Deux jours plus tard,
Sigrid murmura qu'elle avait reçu un paquet.
Puis ce fut une tour, du l'Ric,
d'Anya, de Tobias et de Magnus.
Les copains retrouvaient le sourire,
les autres gardaient espoir.
Pas eu ne se doutait de rien.
Mais plus le temps passait, plus Okyo m'intriguait.
Il était toujours à l'écart fermé.
Alors à la récré du matin,
comme il ne restait plus que nous deux,
j'ai osé lui parler.
Ça te dirait de venir avec nous pour une fois?
J'ai pas le temps pour les distractions,
je dois étudier.
Bah tu sais, on fait que parler et qu'on ne peut plus jouer.
Ça me manque, moi. Pas toi?
Je suis le futur du royaume
et les jouets ne vont pas m'aider.
D'accord.
Moi j'aimais bien ma marionnette Yeti, c'était le meilleur jouet.
Pas autant que mon Rossignol en bois,
il sifflait et évolait, on aurait dit un vrai.
Bah quoi?
Rien. En fait, t'es comme nous.
Okyo Rujii
Rujii
Rujii
Le problème,
c'est que je n'avais jamais vu de Rossignol.
Maman connaissait du tas de choses
et avait déjà fait des centaines de jouets oiseaux.
Pour ne pas éveiller ses soupçons,
j'ai agi alors que j'ai plu chez les neve et pour le ragout.
Tu as déjà vu un Rossignol?
Oui, pourquoi?
Comme ça. Okyo m'en a parlé.
Okyo? Oui, le fils du maître instructeur.
Tiens, tiens.
Mais il est toujours seul dans son coin
à travailler, même pendant la récré.
J'ai rien fait de mal.
Et tu crois qu'un dessin lui ferait plaisir?
Trop.
Pendant que le diner miso-tait,
maman dessina.
Avec un sourire que je n'avais pas vu depuis longtemps.
En rien de temps,
l'oiseau fut terminé,
me donnant l'impression qu'il pouvait s'envoler à tout moment.
Lorsque maman fut endormie,
je me suis glissé dans l'atelier.
A l'aide de son dessin,
je n'ai aucun mal à fabriquer le cadeau d'Okyo.
Deux nuits plus tard,
j'avais une réplique parfaite de l'œuvre de maman.
J'aurais tellement aimé lui montrer.
Le lendemain,
à peine réveillée, je n'avais qu'une envie.
Que la nuit arrive.
Je n'ai pas vu la journée passer.
Mais la nuit venue, seul dans les rues du village,
le cadeau caché sous ma cap,
le doute ne me fera pas.
Je savais où habiter Okyo, mais je ne savais pas
où il dormait. Et si je me trompais de chambre?
Et si son père me découvrait?
Et si la maison était gardée?
Et s'il y avait un molosse capable de me traquer?
Heureusement pour moi,
il n'y avait aucun garde, encore moins de molosse.
Mieux encore, la chambre d'Okyo était allumée.
Malgré leur tardive,
il travaillait encore.
Alors que son père dormait,
il méritait vraiment ce cadeau.
Je me suis couché le coeur léger.
Le lendemain, au petit déjeuner,
notre porte d'entrée explosa.
Pas eu entra flanquer le 3 gardes armées.
Il pointe un index rageur sur maman.
Laja,
vous êtes accusé de haute trahison.
Comment? Mais je n'ai rien fait.
Je travaille sans relâche au chantier.
Visiblement, vous trouvez le temps pour faire ça.
Pas eu, je t'ai assipi les restes du Rossinol Dokyo.
C'est moi le responsable.
Noël, tais-toi.
Ne sois pas ridicule, petit, seul, ta mère est capable
de créer une telle horreur.
Mais c'est vrai. Noël. Plus un mot au gamin
où tu vas le regretter. Emmener là.
Je me suis interposé, mais l'un des gardes me jiffla.
J'ai volé à l'autre bout de la pièce.
Ma tête percuta violemment le mur
avant que je ne tombe comme un vieux sac.
J'ai essayé de me relever,
mais mes jambes ne m'apportaient plus.
Tout devenait flou.
Et puis, j'ai senti maman se jeter
sur moi, me prendre dans ses bras
et me murmurer avant que je ne sombre.
Je suis si fière.
N'abandonne pas.
Après
189 ans
à arpenter les terres du
royaume de neige éternelle,
j'avais senti les choses venir.
Cette fichure humeur
sur le danger à nos frontières,
elle rendait les gens anxieux.
Mais c'était pas bon. Avec ça,
le mal avait ce qu'il faut
pour prendre racine.
Les fils du destin étaient si emmêlés
que je pouvais plus voir ce qui allait se passer.
Alors j'ai fait comme avec une pelote
pleine de nœuds. J'ai tiré un fil
et je l'ai suivi,
espérant trouver une solution.
Suici m'amena tout au nord du royaume
dans un village loin de tout.
Un garde royal barré l'entrée.
Face à cette montagne de muscles,
à l'armure impeccable,
j'avais l'air d'une vieille chouette
fléterie mal fagotée.
Altela. Laissez-moi entrer s'il vous plaît.
Personne n'entre
ni ne sort sur l'autorisation
du maître instructeur. Oh, je suis froid
au zoo. C'est pas mon problème.
Je vais ici, vous savez, je suis la chamanne
du village. Je vous ai jamais vu.
C'est que je reviens d'une longue retraite dans la vallée.
Je ne peux pas vous laisser. Mais que fait-vous ?
Ce qu'il aime.
Donnez.
Du pain d'épices. Pour qui me prenez-vous ?
Pour un garde qui mérite une récompense.
Vous êtes seul à braver le froid
et protéger les miens.
Oui, mais euh...
Vous méritez ce gâteau.
Et en plus, ça ferait plaisir à une vieille
dame qui a fait une longue route pour revenir au bercail.
Bien.
Quel délice.
Je ne l'ai jamais mangé ruyant le doux fluvant.
Tant mieux.
Dites, je peux entrer maintenant.
J'ai si froid.
Mais bien sûr, je vous accompagne.
Non, non, merci mon petit Saïra.
Je n'avais jamais vu
un village aussi désert.
L'ambiance de mort y donnait l'impression
que d'horrible monstre se cachait dans l'ombre
prêt à bandir.
Mais j'étais trop vieille pour avoir peur.
Et surtout trop concentré à suivre
ce fichu fil du destin.
Il m'amena à une petite maison
avec une porte défoncée.
J'ai passé la tête dans l'encadrement
et j'ai découvert un jeune garçon
étalé par terre,
une flacque de sang autour de la tête.
Je me suis précipité aussi vite
que mes vieux muscles me le permettaient.
Mon ongande fleur d'Oito
referma sa plaie,
mais il demeurait inconscient.
Et j'avais Paul luxe d'attendre qui recouvre ses esprits.
Alors j'ai sorti un remède
de choc de mon sac à malice,
une fiol remplie de bouss de yétis
mélangé à de l'urine de troll
et je l'ai ouvert sous son nez.
Mais c'est là, tranquille !
Calme, mon garçon,
tu as reçu un vin à coup.
Maman, il l'a emmenu.
Elle n'avait rien fait.
Le pauvre petit qui s'appelait Noël
me raconta ce qui s'était passé.
Aucun mot ne le consolait.
Alors, je me suis dit
que je lui offris un morceau de pain d'épices
qu'il dévora en une bouchée.
Le torrent de pleurs se tarit.
Noël retrouve à quelques couleurs,
me sourit et s'écroule à de fatigue.
Je somme nolé au chevet de Noël
quand des enfants déboulèrent comme un troupeau de gnous.
Ils me dévisagèrent dans un concerto
de cris puis fixèrent en silence
leur amialité.
Avec tout ce ramdame, Noël ouvrit un œil.
Noël va bien,
ne vous inquiétez pas les enfants.
Pourquoi t'es là, Okyo ?
Un silence glassa l'atmosphère.
Ben... comme les autres.
Je m'inquiétais.
Vraiment ? Dis plutôt que tu voulais voir si tu avais réussi ton coup.
Mais non, je te jure. Quand j'ai ouvert le paquet,
l'oiseau s'est mis à chanter.
Papa a débarqué comme une furie.
Il l'a mis en pièce et puis il a claqué la porte si fort
que toute ma chambre a tremblé.
Et depuis,
il ne m'a pas adressé un mot.
Désolé.
C'est vrai que c'est un moment qu'il a fabriqué nos jouets ?
Mais non, comment l'aurais pu...
Ah, ma tête...
Faut que Noël se repose.
Filet déjeuner, je m'occupe de lui.
Vous êtes qui d'ailleurs ?
Une personne qui est arrivée au bon moment.
Maintenant, Oost.
La tornade d'enfants repartit.
Noël s'assit sur son lit et me fixa.
Un sourcil levé.
C'est vrai ça ? Vous êtes qui ?
Je suis Nora,
une chamanne qui parcourt nos terres
depuis fort longtemps.
Comment il doit arriver ici ?
Grâce au destin, il m'a amené à toi parce que...
T'as un truc...
Pour causer les soucis ?
Pour créer de l'espoir.
Et croit moi, on va en avoir besoin.
Pourquoi ça ?
Parce que le mal prend racine dans le cœur des gens.
Mais il est pas trop tard.
Et c'est peut-être bien toi qui va nous sauver.
Moi ? Avec des jouets ?
Avec des jouets.
T'as vu les faits qu'ils ont eu sur tes amis ?
Tu m'en souviens plus ?
Comment récupérer les souhaits
sans attirer l'attention de cette infame paue
et de ces boricots de soldats ?
Pas à l'école ou dans la rue ?
Peut-être que...
Léna !
Elle a dit que c'est en dessinant
qu'elle a reçu son cadeau.
Ça me rappelle quand j'étais ptiote.
Pour envoyer nos prières aux esprits,
on les écrivait sur un papier
et on les envoyait vers les cieux.
Par notre cheminée.
L'idée redonna toute son énergie à Noël
qui se ruit à dehors pour rejoindre ses camarades.
Après l'école,
il rentra fier d'avoir rempli sa mission.
Il les avait convaincus que sa mère n'y était pour rien
et que l'esprit d'Iule veillait sur leurs souhaits.
Et il leur a suggéré de les envoyer par écrit.
Cette nuit-là,
des dizaines de papiers selvers décheminés.
A l'aide d'une légère brise nocturne,
je peux les récolter sans effort.
En contemplant notre moisson,
un problème surgit immédiatement.
Il y avait trop de souhaits à satisfaire.
Noël n'y arriverait jamais seul.
Sauf si les esprits des glaces voulaient l'aider,
mais...
il n'y avait pas plus bruit que eux.
Ils en faisaient qu'à leur tête.
Heureusement, j'avais ce qu'il fallait pour attirer leur attention.
Du bois zu malla.
Quand il brûle,
il dégage un halo de chaleur
qui forme une porte vers le monde des esprits.
La chaleur monte à très, très vite.
Le passage s'ouvrit,
proche dans le lumière multicolore dans toute la maison.
Noël reste à boucher.
Des ombres pas à la barure.
Elles murmurèrent des paroles inaudibles
avant de se pencher sur le petit gars.
Deux signes se dessinèrent dans l'air.
Bonjo et Jebo.
Les runes de la joie et du don.
Elles irradièrent la pièce.
D'un coup, nous étions à nouveau dans le vrai monde.
Noël était au réollé de lumière.
Ses yeux étenslaient comme des diamants.
Sans un mot,
il se leva et se dirigea vers son atelier.
Je voulais le suivre,
mais une enclume de fatigue me tomba dessus.
Peut-être valait-il mieux que je me repose
juste un instant.
Noël ?
Vous devez voir ça ?
Par les esprits.
Ils faisaient grand jour.
La pièce était remplie d'une dizaine de jouets colorés.
Je crois qu'on va offrir à ton village
la plus fabuleuse des livraisons.
Pendant que Noël était à l'école,
je me suis claque-murée toute la journée
pour emballer ses créations
et les ranger dans deux gros sacs en toile.
Lorsqu'il est rentré, je lui proposais mon aide.
Je n'étais plus de première fraîcheur
ni très veloce, mais...
je savais me faire plus discrète qu'un murmure.
Noël accepta avec joie
ne nous répartime les livraisons et puis...
nous vous la partie.
Ma distribution touchait à sa fin
lorsqu'un garde donna l'alerte.
Dans la grande rue,
j'aperçus Noël en train de distancer un colosse armé.
Je m'empressais de tracer un symbole au sol
en récitant une courte prière.
Un arbre sortit une racine
qui fit trébucher le soldat.
On s'est faux filé à la maison.
Mais à peine on s'était glissé dans nos lits
que des soldats, fireruptions,
nous saumant de nous rendre sur la place du village.
Les habitants étaient saisis par la peur
et par le froid.
Paus tenait devant un bûcher, chargé de jouets,
une torche enflammée à la main,
une veine de colère palpité sur son front.
Qui a distribué ses horreurs ?
Un souffle glacial lui répondit.
Qui ? Pas maman en tout cas, libérez-la !
Ta mère a trahi les ordres du Seigneur Régent.
Mais maître Paï, c'est l'esprit de Yul !
Petit filiate !
Tu crois que c'est variable ?
Et que fera-t-il si je fais ça ?
Il a bâti sa torche.
Le bûcher s'embrasa.
Les pauvres enfants essayèrent en bien que mal de retenir leurs larmes.
Et pour la première fois, dans le regard des adultes,
la peur lessa de la place pour la colère.
Arrivé à la maison, le pauvre Noël enfonce ça à les mains dans ses poches
et regarde à loin par la fenêtre.
On doit continuer.
Ça risque d'être compliqué avec les patrouilles nocturnes.
Parlez-toi !
On va livrer les jouets et parler cheminés.
Et t'as déjà sauté de toi en toi ?
Non, mais j'étais le champion de l'air de jeu.
Et puis vous pouvez m'aider, non ?
Hum, je dois pouvoir faire quelque chose.
Des nuits durant, aidés de la bénédiction des esprits,
Noël fabrique des jouets.
Tellement que j'ai bien du mal à trouver ou les cacher.
Tout ce temps, les souhaits affluaient,
demandant le plus souvent le retour au calme d'antan.
Quand Noël voulu passer à l'action,
sorti de mon vieux sac magique a un charme de chance
pour qu'il ne trébuche jamais.
Puis je récité une prière,
afin qu'une brise glacial lui donne plus d'élan.
Il s'éclipse à dans la nuit,
portant un sac deux fois plus gros que lui.
Et lorsque la lumière s'étira apparaisseusement dans le ciel,
décrit de joie éclatère.
En ouvrant la porte,
je suis tombée sur Noël et merveillée.
Les rues étaient inondées de jouets et d'enfants joyeux.
Leurs parents, déboussolés,
les regardaient avec un léger sourire timide.
Païs débarqua, ulcéré, entouré de ses gardes.
Vous connaissez la règle.
Mais maître Païs, on ne peut pas faire ça.
C'est un miracle de l'esprit de Yule.
Il n'existe pas,
et ceux qui ne suivent pas mes ordres seront chatiés.
Païs, fendit la marée d'enfants,
arrachant leurs jouets.
Ils étaient aidés par une poignée de soldats.
Les autres les regardaient désemparés.
Vous devriez arrêter ça.
Je suis maître de ce village.
Vous êtes le maître de rien du tout, mon petit.
Vous avez défié l'esprit de Yule et vous l'avez sa réponse.
Tout le village s'était regroupé autour de nous.
La garde rapprochée du maître instructeur n'emmenait pas large.
Mais ta vie que vous serez toujours perdant.
Espèce de vieille corneille.
Garde, c'est ici.
Les soldats ne bougèrent pas d'un cile.
Le pauvre Okiyo s'approcha, l'air triste.
Il prit la main de son père pour l'entraîner loin de nous.
Ces gardes les plus fidèles de suivre.
Vous le regretterez.
Quand le Seigneur régent l'apprendra,
il déchina sa colère sur votre village ridicule.
Les autres soldats restèrent là les bras ballants.
La maître de Noël apparue au loin.
Le visage ravagé par la fatigue et la faim.
Sa tunique était dans un triste état.
Noël se précipita vers elle en pleurs.
Le reste de la journée fut d'une incroyable légèreté.
La nuit venue, des centaines de mots selvers dans le ciel,
comme autant de remerciements adressés à l'esprit d'Iyul.
Noël raconte à tout à sa mère qui rayonnait de fierté.
Ils continuèrent à fabriquer des jouets ensemble.
Et lorsque l'aurâtelier déborda,
les soldats qui étaient restés
proposèrent de les acheminer dans les villages à l'entour.
Ils disaient qu'avec leurs uniformes,
ils passeraient inaperçus.
Quand ils partirent, le village entier les acclama.
Si les fils du destin étaient toujours emmêlés,
celui que j'avais tiré avait dénoué un premier nœud.
Bientôt, les vents nous apportèrent des souhaits provenant d'autres villages.
Mais l'un d'eux venait d'encore bien plus loin.
On tenait notre nouveau fil attiré.
Chers esprits de Yul, je m'appelle Imie,
et je suis un membre du petit peuple de la forêt de Yuli.
J'espère que vous lirez mon souhait très particulier.
Toute ma tribu a été kidnappée par des humains,
et je suis tout seul maintenant.
Je souhaiterais simplement qu'on soit à nouveau tous réunis.
Aidez-moi, je vous en supplie.
Yul, je vous en supplie.
On nous appelle le petit peuple de Yuli, la forêt sacrée du Nord.
On est à peine plus grand qu'un brin d'herbe.
Enfin, moi, je suis encore plus minus, parce que je suis un enfant.
Le seul de ma tribu.
On vit caché au cœur de la forêt, niché au sommet des plus haus arbres.
Nos maisons y sont accrochées comme des décorations.
Des tas de passerelles les relient, et pour descendre,
on emprunte des escaliers qui courent le long des troncs.
Personne ne peut nous voir, sauf si on est d'accord.
Mais ceux qui savaient coûter peuvent entendre nos champs,
des airs magiques capables de soigner et d'apaiser toute la flore de la forêt.
Cette nuit-là, une mélodie lugubre me réveilla en sursaut.
Je vis mes parents sortir de la maison.
Je me suis levée pour leur demander ce qui se passait.
Ils ne répondirent pas.
J'ai saisi la main de papa.
Ils continuaient d'avancer sans réagir.
J'ai suppli ma main de s'arrêter, elle m'ignorera.
Et puis j'ai croisé leur regard.
Il n'était pas les sans-âmes.
J'ai regardé autour de moi et je fus foudroyé des froids.
Tout le village était dehors.
Tout le monde descendait, calmement,
pour rejoindre un joueur de flûte en capuchonnée.
Il se tenait immobile, au pied de nos arbres.
Des fumoroles verdâtre s'échappaient en rythme de son instrument.
Impuissant, je vis ma tribu, quitter le village,
suivant bien docilement l'horrible musicien.
Je me retrouvais seul, entouré d'arbres tristes,
me demandant pourquoi moi j'avais été épargné.
Devant demain, alors que je se mets des larmes
sur les passerelles du village,
la vue des traces laissées par le flutiste démoniaque
chassa mon chagrin.
J'avais une chance de les retrouver.
Je suivais la piste prudemment,
quand un champ lointain résonna.
C'était ma tribu qui chantait à l'unition.
Conflé d'espoir, je me suis précipité.
Devant moi, cinq arbres millénerges y étaient au sol,
acheuvés à coups de hache.
La forêt pleurait, mais ne pouvait rien faire.
Notre champ l'entravait.
Mais pourquoi les miens chantaient-ils ?
Je me réponds sans les apercevants
enchaînés à un impose en piquet.
Trois molosses leur tournaient autour.
Papa s'arrêta de chanter épuisé.
Les chiens aboyèrent, les babines retroussées.
J'ai hurlé de terreur.
Les chiens s'arrêtaient.
Le petit zoreil pointu, frémissé.
Il ne m'en valait plus pour détaler.
Porté par la peur, je me suis retrouvé
au bord du chemin qui permettait de traverser
la forêt sans se perdre.
Une cariolpe à ça.
Un père et son fils se chamaillaient.
À propos d'un esprit qui offrait des cadeaux aux enfants.
D'après le garçon, il suffisait de lui écrire.
Sauf que son père le lui interdisait formellement.
Envoyer une lettre à un esprit ?
Quel idée bizarre.
Mais après tout, ça valait peut-être le coup d'essayer ?
Ma lettre partie, j'attendis dans le froid de mon village désert.
Chaque nuit, je me réveillais en sueur,
me croyant pour chasser par d'horribles bêtes
tout droit sortis de l'enfer.
J'étais plus perdu qu'un bébé reine sur un lac gelé.
Mon dernier flocon d'espoir,
allait s'évaporer lorsque j'entendis des pas.
Deux voix m'appelaient.
Cette fois, je ne me suis pas précipité.
J'ai regardé discrètement par la fenêtre.
Un petit garçon rondouillard,
en mitouflé dans une écharpe et une femme,
plus ridée que l'écorse d'un arbre,
me cherchait, le nélevé.
Yémy, on a reçu ta lettre.
On est là pour t'aider.
Il agitait ma lettre.
Jamais je n'avais descendu les escaliers aussi vite.
Dès que j'eus posé le pied à terre,
les mots et les larmes j'allèrent en cascades.
Ils écoutèrent mon histoire sans dire un mot.
Je fus un peu déçu d'apprendre que l'esprit de Yule n'existait pas.
Mais quand ils m'expliquèrent ce qu'ils avaient fait,
mon cœur s'apaisa un peu.
Avec vos jouets, on pourrait faire fuir les soldats ?
Non, ils ne servent pas à faire la guerre,
mais à l'empêcher.
Et puis la violence, c'est un cycle sans fin, mon garçon.
Mieux vous le briser.
Alors peut-être qu'on pourrait le refrir des cadeaux ?
En voulant, une bonne idée.
Comment ça ?
Allez voir les gardes et leur apporter du pain d'épices.
Du pain d'épices ?
Oui, le mien a douci les gens,
juste le temps qu'il faut pour libérer tes amis.
Vraiment ?
Vraiment.
Elle farfouille à dans son sac et sortit tout un tas de petits flacons d'épices,
ainsi que deux énormes pots de farine et de sucre.
Elle y replonge à la main, fouille à un moment l'air contrarié.
Sa perlotte, j'ai plus de miel.
Hum, vous en auriez pas ici ?
Si, on adore ça, mais ce sont des petits pots, enfin pour des humains.
Et tu saurais où en trouver ?
Non, mais Pépévania a écrit des tas de choses sur la forêt.
En poussant la porte de sa maison, je fus accueilli par des piles de livres.
Une agréable odeur de café et de noisette s'en dégagait.
Par chance, le premier livre que j'ouvris me donna la réponse.
Ne vous frottez jamais aux rues de Yulis.
Les abeilles attaquent à vue.
Leur d'art vous transpercera et leur poison vous achèvera.
Si vous voulez du miel, il vaut mieux vous tourner vers la grotte du Jala,
un terrible troll des forêts.
Ils collectionnent le miel comme les humains amassent de l'or.
Le danger sera grand, mais vous aurez une chance d'en échapper.
Ça va pas être de la tarte, Tistoire.
Pourquoi ça ?
Un troll des forêts a de l'âge lait dans le cibouleau.
Il n'y voit rien et son odorat ne lui permet pas de faire la différence entre un gnu et une patate.
Le seul truc qui marche chez lui, c'est son ouï.
Il passe son temps à guetter le moindre bruit et pour lui, bruit et galviendre.
Or, ces montagnes surpâtes se déplacent sans qu'on les entende.
À leurs yeux, on est des proies.
Si tu te fous pas dans le décor, t'es mort.
C'est pour ça que Noël ne pourra pas venir.
On ira tous les deux, pendant que lui, il est recherché des œufs dans le village voisin.
Je lui ai un peu de mal à croire que Nora puisse être furtive avec ses airs de vieilles chouettes et bourriffées.
Et quand on est sortis du village, je me suis senti bien bête.
Elle était vraiment plus discrète qu'un mur en mur.
C'est bien que parfois, j'avais l'impression qu'elle disparaissait.
On arriva dans un sous-bois vrombissant.
Perchés très haut, les abeilles œuvraient dans leur ruche.
On croisât des tas d'arbres en souffrance.
Leurs troncs semblaient avoir été défoncés par des coups de poing géant.
Ça me fendait le cœur de ne pas pouvoir les soigner.
À leur pied, des traces de pages gigantesques me faire frissonner.
À mesure qu'on les suivait, l'obscurité grandissait accompagnée d'une légère odeur de miel.
On ne voyait plus grand chose.
Je senti Nora se figer, je limiter.
Un faible rayon de lumière traversa les hautes branches.
Juste devant nous, Ujala se tenait assis.
Une montagne de pierres recouverte de mousse, de fleurs et de lières.
J'étais glacé jusqu'à la moelle.
Le troll était immobile, ormis son énorme tête qui l'inclinait légèrement.
Il tendait l'oreille.
Elle a fut du moindre bruit.
Il semblait si attentif que j'eus peur qu'il n'entende mon cœur qui s'affolait.
Le temps passait.
Impossible à mesurer.
Nora a été comme une statue de pierre.
Un moment, je fus pris d'un sous-brosseau.
Le troll se levaille se mit en mouvement.
Est-ce qu'il m'avait entendu ?
Non, je ne voulais pas finir déchiqueter.
Par bonheur, il s'éloigna.
En suivant l'odeur de miel, la caverne nous a paru.
C'est gigantesque que j'avais l'impression d'être une vulgaire poussière.
Sur les parois, de gros champignons luminescents nous permitent d'y voir un peu.
On ne tarda pas à déboucher dans une salle gigantesque.
Une montagne de ruches cassées saufrait à nous.
Sans perdre un instant, Nora a sorti un sac en toile qu'on se dépêche à remplir.
Alors qu'on rentrait au village, un hurlement épouvantable fit trembler la forêt.
Ça ressemblait à une plainte furieuse.
Ujala n'avait pas dû apprécier notre visite.
Nora déposa le sac et vacilla.
Elle s'épuya contre un arbre essoufflé.
Fais pas cette tête, mon petit.
C'est juste un problème de vieillerie.
C'est plus de mon âge de gambader comme ça dans la forêt.
Je dois juste faire un petit somme.
Qui dura plus d'une journée.
Quand elle fut réveillée, on pressa les rayons des ruches pour en extraire le miel.
On terminait notre récolte lorsque Noël revint avec les œufs.
Nora sortit de son incroyable sac.
Tous les ustensiles et les ingrédients nécessaires à la préparation des pains d'épices.
Il ne nous manquait que de quoi les faire cuire.
Alors Nora trace à au sol un grand cercle par ce mydomodif.
Elle recita une prière, le cercle si lumina et sous nos yeux ébaillit,
la terre se mordela en un four.
Bientôt, 20 pains d'épices fumants luisaient comme des lingots.
Nora et Noël les emballèrent avec soin.
Avant de partir sauver ma tribu, on prit le temps de réviser notre stratégie.
Un spectacle de désolations sauf Réano.
La forêt donnait l'impression d'avoir été arrachée par un géant.
La nature bouillonnette colère mais le champ de ma tribu l'empêchait toujours d'exploser.
Nous voyons approcher un homme mince,
le visage usé, les cheveux en bataille, trottina jusqu'à nous.
Un lourd trousseau de clé à sa ceinture battait la mesure.
Vous n'avez rien à faire ici, dégagez.
Le Seigneur Région nous a envoyé pour vous offrir ces gâteaux.
Bollyvern.
Et pourquoi ça ?
Notre Seigneur Région n'est pas du genre à faire des cadeaux.
Alors que vous fournissez un bois aussi précieux,
alors que sans vous nous perdrions un précieux avantage.
Notre Seigneur Région est dur, mais juste.
Ce petit, c'est l'espoir d'un grand pâtissier du château.
Il a travaillé dur pour vous offrir son meilleur pain d'épices.
Qui me dit qu'ils ne sont pas empoisonnés ?
Comment oser-vous ?
Si vous le souhaitez, je peux l'égoutter.
Faites.
Voilà.
Bien.
Donnez-moi un morceau.
Call Delice ?
J'ai jamais rien mangé d'aussi bon.
Les gars, faites donc une pause.
Venez déguster ce que notre Seigneur Région nous a fait
pour nous récompenser de nos efforts.
Nora s'utilisa la plus petite clé du trou saut du chef
et me la passa discrètement.
Tous les gardes se pressaient autour de mes compagnons,
impatients de goûter le pain d'épices.
J'étais à deux mètres du pic retenant ma tribu.
Lorsque l'un des molosses arrête à sa ronde,
Renifle la l'air et tourna son horrible gueule vers moi.
Il bondit sur moi sans que je puisse réagir.
Je me retrouvais né à truffe avec le serbert.
Il bavait tellement qu'il me couvrait des cumes.
Mon corps était aux abonnés absents.
J'allais finir dévoré.
Et puis je vimais par an, pleurant toutes les larmes de leur corps,
tout en continuant à chanter.
Une décheur de colère me permit de saisir
un minuscule flacon que Nora m'avait donné avant de partir.
Je le jotaie.
Il se brisa sur le museau du dogle
qui respirait un petit nuage de fumée blanche.
Il s'effondra, endormie.
Je paralysais les deux autres molosses de la même façon.
Le chant s'arrêta.
Des dizaines de perdues étaient braquées sur moi et merveillées.
Je me suis précipité pour les libérer.
La terre frémie, la forêt gronda,
un râle de colère tona,
les humains paniquaires,
et là, le plus imposant des sapins s'anima lentement.
Un ancien s'éveillait,
les yeux brillants de fureur.
Des racines et des ronces jaillir,
entre avant les humains en un riem-tant,
Nora et Noël comprit.
Alors que ma tribu fuyait, je me mis à chanter.
Mi ma voix était trop faible pour arrêter l'ancien.
Le géant des corse arma son point,
prêt à aplatir les humains qui avaient massacré ses enfants.
Mes parents se joignirent à moi.
Le point s'abattit.
Tous les autres nous rejoignirent et notre chant touche à l'ancien.
Son point s'arrêta à quelques centimètres des humains.
Pourquoi m'empêchez-vous de les punir ?
Vous alliez écraser mes amis, alors qu'ils vous ont sauvés.
Et les autres ?
Ils n'améritent pas ça.
Les racines et les ronces relâchèrent leurs étrintes.
Les humains s'effondraient.
Vous nous avez sauvés.
On est désolé, on n'avait pas le choix.
On a toujours le choix, mon petit.
Suffit juste d'ouvrir les yeux.
Le chef et ses hommes échangèrent des regards de poulet
auxquels on aurait demandé de faire une addition.
Et puis comme un seul homme, ils décidèrent de rester.
Mon peuple et les humains travaillaient main dans la main.
En quelques jours, à la place de la trosse chantier
de jeunes arbres poussaires,
ainsi qu'un atelier fabuleux
dans lequel Noël pouvait créer des tas de jouets magiques.
Nous étions à pied-d'œuvre, à assembler et en pactez des cadeaux
lorsqu'on frappa à la porte de l'atelier.
Tout le monde se fija, la poignée tourna.
Oncle X est le plus grand terru d'idées royaumes.
Il avait pour réputation d'être aussi chaleureux qu'un pain de glace.
Et sa dégaine d'asperges rigide
pourvu de cerne plus noir que du charbon n'arrangeait rien.
Mais il conseillait mère avec intelligence.
C'est donc tout naturellement qu'il fut nommé Réjant en son absence.
Dès qu'il fut assis sur le trône, il changea.
Il s'empresse à de répandre une drôle de rumeur.
Nous devions nous préparer au pire,
à cause des nations qui se trouvaient de l'autre côté des montagnes.
Comment quelqu'un d'aussi savant pouvait penser cela ?
Personne ne pouvait savoir ce qui se tramait hors de notre royaume.
Mère était la première et la seule à pouvoir explorer l'inconnu.
Un soir, Jéhose le lui dire.
Il entra dans une colère noire si soudaine
que j'ai l'impression de voir son ombre s'étendre dans toute la pièce.
Je fus tellement stupéfette que j'ai oublié tout ce qu'il m'a dit.
En revanche, le lendemain, pour moi et les enfants du royaume,
tout fut différent.
Nos leçons avaient pour seul sujet la guerre.
Les divertissements furent proscrits, les jouets confisqués.
Ils finirent entassés dans la salle du trône,
comme le trésor d'un dragon s'empitier.
La peur de la guerre était sur toutes les lèvres.
Les gens étaient terrorisés.
Oncle X, lui, rayonnait de noirceur.
En un rien de temps, le royaume devint plus sinistre
qu'un cimetière par une nuit de décembre sans lune.
Un matin, je surpris une discussion dans la salle du trône.
Si...R...P...U...
Expliquez-moi comment un petit village,
perdu à l'extrême-nord du royaume, échappe à notre contrôle.
Il est protégé par un puissant esprit.
Un esprit ?
C'est l'esprit d'Yule, S. Réjean !
Son brideo...
Yule n'est qu'une fête.
Je vous garantis que c'est aussi un esprit qui apporte des jouets aux enfants.
Arrêtez de vous moquer de moi !
Jamais je n'oserai, S. Réjean, mais plus on embrûlait, plus il y en avait.
Et vous allez me faire croire que c'est avec ces jouets qu'il vous a chassé.
Non, bien sûr.
Mais ça a donné du courage et de la force au vie de la joie,
et il fait déserté certains de nos hommes.
On a dû battre en retraite.
Mais je leur ai dit de craindre votre courrou.
Vous avez bien fait.
Je vais écraser cette rebellion,
pendant que vous moisirez au cachot.
Le cerveau de mon oncle ne tournait vraiment plus rond.
Ça ne servait à rien de lui parler.
Je devais passer à l'action.
L'avantage d'un château à Britann à Tyran,
c'est que les gens sont tellement occupés à guetter son arrivée,
qu'ils ne font pas attention au reste.
Je n'eus donc aucun mal à descendre en cachette aux écuries,
chargés de mon sac de voyage.
Je sifflais mon reine,
Niout-Niout arriva en brahmant de plaisir.
Il frétilla alors que je grimpais sur son dos.
L'instant d'après, on filait comme l'éclair vers le Grand Nord.
Après deux heures de course, la route s'effaça.
La végétation disparue pour ne laisser place qu'à des dunes de neige
qui se répétaient à l'infini.
J'appris à mes dépens que dans un désert,
tous les pas se confondent.
Résultat, plus on avance, plus la notion de temps vous échappe.
On progresse silenciement que son est désespérant.
Un homme croisa notre chemin.
Il montait un ours blanc, chargé de sacs, qui lui battait les flans.
Il portait un lourd manteau en peau,
le visage dissimulé par un masque et d'énormes lunettes au verre bleuté.
Il me salua d'un hauchement de tête.
Je me suis empressée de savoir s'il allait au Nord,
mais le froid me brûla la gorge.
L'homme le va un pouce en l'air.
J'allais lui demander si je pouvais venir avec lui,
mais il me sauma de me taire un index devant la bouche.
Puis il m'invita le suivre.
Jamais il ne dit un mot,
même lors de nos pauses sous l'attente.
Pire, il restait impassible, même à mes meilleures blagues.
On navigua pendant ce qui me semblait être une éternité.
Finalement, mon ami silencieux pointa l'horizon.
Une forêt s'y dressait
et j'aperçus de minuscules maisons dont on devinait les fenêtres éclairées.
Je voulais partager ma surprise et ma joie avec mon sauveur,
mais une bourrasque de neige l'enveloppât
et il s'évapora dans un souffle.
Le village ne comptait que quelques maisons.
Il n'y avait que des personnes âgées.
J'étais si heureuse de parler à nouveau qu'un flot de questions défaire là.
Malheureusement, ce n'était pas le village que je cherchais.
Pour m'y rendre, je devais passer par la forêt enchantée de Yuli.
Le moyen le plus sûr était d'emprunter la route toute proche qu'il a traversée.
Un léger tremblement de terre, comme un grondement sourd, me fit sursauter.
Tous les habitants s'amassèrent à l'entrée du village.
Au loin, une vingtaine de reines royaux s'approchaient.
Les soldats m'avaient rattrapées.
Je n'eus pas d'autre choix que de prendre la voie la plus rapide
et la moins sûre en coupant droit à travers la forêt.
Malgré ces imposants sapins, la forêt n'avait rien défrayant.
Le sous-bois était baigné d'une douce lumière habitée par le champ des oiseaux.
Newt Newt fonçait, mais s'arrêta brusquement lorsqu'il découvrit une clairière improbable.
Un champ de terre labourré, parsemée de jeunes arbustes, au milieu duquel tronnait une drôle de bâtisse,
s'y imposant qu'on aurait dit une immense grange biscornu.
Des rires mêlés à des bruits de labeur s'en échappaient.
Je mis un pied à terre.
Un rô signauil va s'opposer sur les bois de Newt Newt.
En regardant son merveilleux plumage, je fus soufflé.
Ces plumes étaient en bois.
Ces toiseaux étaient un jouet animé plus vrai que nature.
Il s'envola et alla se poser sur le toit de l'étrange bâtiment.
J'avancais jusqu'à la porte d'entrée, pris une grande inspiration et toquait.
Le tumulte à l'intérieur s'arrêta.
Je frappais à nouveau, rien.
J'ouvris quand même la porte.
Devant moi, des dizaines de soldats, des petits êtres,
à peine plus grands que des brins d'herbes,
me fixaient aussi médusés que moi.
Des centaines de jouets gambadés,
pendant que d'autres attendaient d'être assemblés ou emballés.
Au centre, un petit garçon rond ouillard s'affairait à fabriquer des jouets.
Une vieille dame aux allures de chouette,
plus frippée qu'un vieux parchemin, lui donna un coup de coude.
Il s'arrêta, leva la tête, et s'avance à vers moi,
un soleil accroché au visage.
Bienvenue chez nous. Je m'appelle Noël, et toi ?
Mérie.
Princesse Mérie, oh, qu'a fait-t-vous ici ?
Je l'aurais tout expliqué.
Les soldats étaient subitement mal à l'aise,
et le petit peuple totalement effrayé.
La vieille femme ne bronchât pas, tandis que Noël bouillait.
Il faut partir, tout de suite.
Sauf qu'on est à plusieurs jours de marche de ton village.
Si on avait un traîneau, Newt Newt pourrait nous y amener.
Malheur bien, jeune Votrene.
Il m'a aidé à traverser le désert de glace. Rien ne lui résiste.
Mais vous avez un plan ?
On n'arrête pas une horde de soldats comme ça.
Je suis la princesse. Ils seront obligés de m'écouter.
Et s'ils ne vous écoutent pas ?
L'esprit de Yule leur fichera la frousse de leur vie.
Avec des jouets ?
Non, mais je pense qu'ils vont attaquer de nuit,
et ça pourrait bien jouer en notre faveur.
Suffit juste d'être préparé.
Pour la première fois, je vis Noël à l'œuvre.
Au réholé de lumière,
les yeux brillent comme des diamants.
Ces doigts dansaient sur le bois
au rythme de coup précis et délicat.
On n'a rien de temps. Il donna vie à un traîneau.
Si léger qu'il avait l'air de flotter.
Noël bricola également des sortes de fer-ache-fall en bois enchanté,
qui permis Yurtanyoute Newt de voler.
Yurtanyoute Newt
Newt Newt galopait à travers les cieux,
aussi naturellement que s'il était sur la terre ferme.
Le traîneau ne semblait pas lui peser.
Son premier atterrissage fut, en revanche, quelque peu chaotique.
Emporté par les lents, on manqua de s'encastrer
dans l'atelier de la mer de Noël.
Notre arrivée fut un véritable rodéo d'émotion
pour les habitants du village.
Les merveillements devant le traîneau enchanté
tiraient par un reine volant.
La peur panique, à l'annonce de l'arrivée d'une orde de soldats,
l'espoir quand ils apprirent que j'étais la princesse
et que Noël avait été béni par les esprits des glaces.
À la nuit tombée, nous étions prêts à accueillir nos assaillants.
Des dizaines de torches ne tardèrent pas à flotter au loin.
Lorsqu'elles furent assez proches, j'allais à leur rencontre en chevauchant Newt Newt.
Je vous ordonne de laisser ces gens tranquilles.
Ah ouais ? Et tes qui ?
Mairie, la princesse du royaume, fille de roi,
grande souveraine des neiges éternelles,
fille de tulis, le vénérable, le ventre...
Ah blabla, ça vaut, m'incompris.
Pour la peine de nous casser les pieds.
Vous devez donc m'écouter.
Vous avez entendu, les gars ?
La mioche dit que je dois l'écouter.
Vous êtes tenus de m'obéir.
On est des mercenaires, ma petite.
On obéit qu'à celui qui paie.
Et notre patron, en ce moment, c'est le Seigneur Enrêlgent.
Je vous paierai plus.
Avec quel argent, ma jolie ?
Quand maire rentrera, elle sera se montrer généreuse.
Et tu crois qu'on a le temps d'attendre ?
L'espoir, paye pas.
Et en plus, je suis sûr que si on tramait nos Seigneurs Rêgents,
il nous filera une prime.
Il s'élance à vers moi,
tandis l'une de ses grosses mains pour me saisir,
mais je réussis à esquiver de justesse.
Newt Newt, fille volt face et fonça vers le village.
Mais qu'est-ce que vous fichez, Banda Brutti ?
Attrapez-moi cette princesse !
Une nuée de mercenaires beuglant me poursuivit.
Mais juste avant qu'ils n'attaignent l'entrée du village,
un éclair claqua dans le ciel nocturne.
Le vent se leva, porteur de mûres-mûres inquiétants.
Les reines se cabraient, projetant au sol leur cavalier affolé.
Enlevez-vous, gande de gnous.
Tranchez-moi le premier truc qui se pointe !
Et là, une silhouette gigantesque s'éleva derrière le village.
On aurait dit un géant des temps anciens,
les mercenaires détalèrent, abandonnant leur chef.
Si seulement ils avaient su que ce n'était qu'un pantin recouvert de neige,
leur escapé de la peur fulmina, déterminé à mener à bien sa mission.
Devant lui, le village se dressa comme un seul homme.
Et face à cet ultime défi,
le courageux chef des mercenaires dégarpit,
sans demander son reste.
Tout le monde explosa de joie.
Mais la triste réalité ne me fera pas.
On venait de repousser une attaque,
mais mon oncle n'en resterait pas là.
On doit stopper cette folie !
Et je crois bien qu'on peut y arriver, Altesse.
Si toute la capitale reprend espoir d'un coup,
votre oncle pourrait bien se retrouver affaibli,
et on a tous les cadeaux qu'il faut à l'atelier.
Vous croyez qu'on peut vraiment en livrer autant à nous quatre ?
Non, mais avec l'aide de tous ceux qui nous ont rejoint,
ça me semble possible.
Surtout s'il n'aura les aides comme elle l'a fait avec moi
lors de la première livraison.
Pas de problème, mon petit.
Mais je suis pas sûre que ce soit suffisant.
Comment ça ?
Il y a toujours des têtes de bûche dans le lot.
Faudrait utiliser un autre truc.
Un symbole qui rappellerait à tout le monde ce qu'est Yule.
Un truc qui leur montrerait à quel point ce qui vive n'a pas de sens.
Le grand sapin de la grand place.
Tout le monde s'y pressait les soirs de fête.
Mais depuis que mon oncle est au pouvoir, il dépérit.
Vous pouvez le compter sur moi.
Le petit peuple va le soigner en n'a que l'un d'oeil.
Oh ! Et on pourrait utiliser les feux d'artifices du château
pour montrer au royaume tout entier que la capitale reprend espoir.
Porté par notre enthousiasme,
on retourna à l'atelier de la forêt de Yuli.
Noël y fabrique d'autres traîneaux
pour amener notre équipe au grand complet.
Bientôt, un escadron fendit le ciel étoilé
avant de se poser silencieusement dans la capitale endormie.
Sans perdre une minute,
Yumi et sa tribu font serre vers le grand sapin.
Chaque soldat passa devant Nora
pour recevoir prière et protection
avant de saisir un sac rempli de cadeaux
et de s'éclipser par les toits.
Avec Noël, on se faux-fila dans la cour du château
pour nous glisser jusqu'à l'entrepôt
où étaient rangés les feux d'artifices.
Seul et drapé de silence,
on a pris tout ce qui nous passait sous la main.
C'était presque trop facile.
On a rejoint Nora et Yumi sur la grand place.
Le petit peuple avait redonné toute sa splandeur au sapin.
Il me semblait encore plus majestueux que dans mes souvenirs.
Lorsque les soldats revinrent de leur tournée,
le grand conifère s'illumina et le feu d'artifice démarra.
Partout dans la cité des sourires fleurir.
Les portes et les fenêtres s'ouvrir sont des visages émerveillés.
La joie submergea toute la capitale.
Soudain, un hurlement de douleur déchira l'atmosphère.
Un frisson parcouru la ville.
Pendant une seconde, le silence fut roi.
Et puis, le palais se fissura avec fracas.
Une ombre titanesque en émergea.
Elle déploya deux ailes immenses qui projeterrent le rôbre sur tout le royaume.
Un colosse à la peau plus noir que la nuit se dressait devant nous,
les bras croisés.
Derrière ces traits démoniaques, on devinait ceux de l'oncle de mairie.
Ils jetent à un regard incandescent sur la ville.
Une légère brume se leva.
Brusquement, tout le monde fut pris de panique, comme faisant face à son pire cauchemar.
Impuissant, je vis immis, se recrognevillé, grolotant, terrorisé.
Mérif fondit en larmes et se mit à courir après un fantôme qu'elle ne rattraperait jamais.
Nora s'écroula, ses mains serrantes à poitrine.
Je me suis précipité vers elle.
Elle trouve assez d'énergie pour me rassurer d'un mur-mur avant de fermer les yeux.
La colère m'envahit.
Je me détestais de ne pouvoir rien faire.
Je maudis les esprits des glaces de m'avoir donné un pouvoir qui n'avait servi à rien.
Il se passa alors quelque chose d'étrange.
Une porte se découpe pas dans l'air, juste devant moi.
Une porte toute bête, en bois, aussi modeste que celle de ma maison.
J'ai jeté un coup d'œil autour de moi, le caout redoublait.
Le titan cauchemardesque contemplait son œuvre satisfait.
Je suis coiffé pour tout arranger.
J'ouvris la porte.
Une lumière froide comme la mort m'aveugla.
Je fermais les yeux et passais le seuil.
La porte se referma toute seule.
J'étais dans un tunnel qui ressemblait au couloir souterrain d'un château.
En dehors du crépitement des torches, dans les flammes, l'échelle et les vieux murs,
le silence était total.
Je n'entendais même pas le bruit de mes pas.
J'étais seul, parfaitement seul dans ce couloir si long que je me demandais s'il avait une fin.
Le doute s'insinua dans mon esprit.
Comment avais-je pu penser tout arranger en passant cette porte ?
Et si c'était mon cauchemar, un piège qui me condamnait à marcher pour l'éternité ?
Je me mets à pleurer et à chaud de larmes, mais aucun son ne sortait de ma bouche.
Le désespoir s'emparade moi.
Je les méfondrais lorsque je vis, surgis des ombres.
La silhouette de Nora s'avancée vers moi.
Arrivé à ma hauteur, je tendis, ne me reverrai-le.
Quand mes doigts touchèrent les cieux, l'image se brouilla comme la surface d'un lac.
Elle me sourit, sans rien dire, et me fixigne de la suivre.
On avançait en silence.
Par instant, mon ami tournait la tête pour s'assurer que j'étais toujours là.
Ce maudit tunnel avait une fin, une porte similaire à celle que j'avais ouverte pour arriver ici.
Nora passait au travers, je tournais la poignée et l'ouvris sur un monde de cauchemars.
Sous mes yeux, c'est allé un monde en ruine, recouvert de cendres plongés dans la paix nombre.
La porte se referma dans mon dos, obligant à mettre un pied sur cette étendue dévastée où rien ne vivait, pas même un brin d'herbe.
Nora s'éloignait, elle se retourna, et sa rétat souriante, je me précipitais pour la rejoindre.
Marcher me demandait un effort de tous les instants.
À chaque pas, je m'enfonçais dans la cendre, parfois jusqu'à m'immoler.
L'air était si sec que mes yeux me piquaient.
Pourquoi avais-je passé cette porte ?
Pour affronter l'inconnu, je n'avais rien d'autre que mon précieux couteau à bois.
Les ruines, laissèrent placer un terrain vague infini, pas un chemin à l'horizon pour me donner l'espoir d'arriver quelque part.
L'angoisse me tailladait l'estomac.
Une colline finit par se dresser au loin.
Une fine colonne de fumée noireâtre s'en élevait, se perdant dans le ciel nocturne.
Arrivé au pied de la colline, je le vis, plantée à son sommet, un arbre malfaisant.
C'est de lui qui manait la colonne de fumée.
Comme si ce n'était pas assez étrange, son tronc portait deux yeux qui me fixaient méchamment.
Un regard d'une noirceur absolue qui me rappela celui du démon.
Je n'entendais plus que les coups sourds de mon cœur embrasés de colère.
Un grognement furieux, vifrémire la colline, un énorme molosse surgit du sol pour me barrer le passage.
Sa gueule, débordée de dents aiguisées, ses yeux rouges brillaient d'une intelligence mauvaise.
Par réflexe, je sais si mon couteau, j'avais l'air si ridicule que je cru entendre le monstre lâcher un petit ricanement.
Je ne voulais pas finir dévoru, je n'avais pas fait tout ce chemin pour rien.
Alors j'ai hurlé avec tant de rage qu'un oursauré pris peur.
Mais le serbert bondit, la peur me pétrifia, c'était fini.
Alors une épée trancha le molosse qui s'évapora en une pluie de flocons.
Je fixais la lame blanche, puis j'ai remonté jusqu'à la main qu'il a tenée.
C'était la mienne, mon couteau s'était métamorphosé en épée.
Et cette épée avait guidé mon bras pour me sauver.
Je n'eus pas le temps de chercher à comprendre les branches de l'arbre s'agitère, menaçante et d'autres monstres jaillir et fondir sur moi.
Je n'eus qu'à tenir fermement mon épée, elle savait d'elle-même où frapper.
Lorsqu'un tapis de neige recouvrit le flanc de la colline, les attaques s'essèrent.
Les yeux de l'arbre redoublerent de haine, mais il était seul et ne pouvait plus rien faire.
Encore une fois, mon épée porta les coups d'elle-même.
Elle vint à bout des branches qui tentaient de me transpercer.
Les morceaux coupés se tordaient au sol comme des asticots.
L'arbre saignait une sève nose et abond des poisseuses.
Malgré cela, la colonne de Chumé ne vacillait pas.
Il me fallait trancher les racines pour que tout soit fini.
Comme s'il avait deviné, l'arbre se recrogue via.
Les racines étaient innombrables et s'enfonçaient si profondément que j'ai peur de ne jamais y arriver.
Mais tout comme les branches, elles se tordaient sur elles-mêmes,
creusant un peu plus le sol me facilitant la tâche.
Exténué, couvert de cendres et de sèves gluantes, mon épée trancha la dernière racine.
Le tronc fut paye de soubresseaux.
Des jets de fumée noire à troncs si flair, puis l'arbre explosa.
Libérons un torrent d'écumes visqueuses.
J'essayais de résister, mais j'étais à bout de force.
Je regardais la colonne noireâtre, elle se dissipait.
J'avais gagné.
Je pouvais me laisser emporter par cet océan répugnant.
Lors que je coulais, je me sentis envahie par une douce et chaude odeur de peintes d'épices.
Ait-est-ce que l'on ressentait quand on mourait ?
J'ouvris les yeux et je vis Nora qui m'enveloppait,
formant autour de moi une bulle protectrice contre les flots sombres.
Le déluge emporta tout sur son passage.
Quand il prit fin, la cendre avait laissé place à la neige.
Nora s'effondra.
Je voulais la prendre dans mes bras, mais mes mains passèrent au travers.
Son image se troublait et l'eût un sourire désolé.
Je suis heureuse que ça se finisse bien.
On est dans un saléta tous les deux.
Comment t'es venue d'ailleurs ?
Les esprits des glaces m'ont appelé alors que je partais.
Je suis si fatigué.
T'as pas le droit de me laisser.
Et ces esprits des glaces peuvent te ramener, non ?
J'ai bien peur que ce soit pas possible, mon petit.
Et l'énergie qui me reste va devoir te renvoyer dans notre joli royaume.
Je ne te ferai plus jamais ?
Qui sait ?
Peut-être que je serai autorisé à passer dans tes rêves.
Mais je veux rester avec toi.
Il te reste des tas de choses à faire, mon petit.
Tiens donc que je te fasse un dernier câlin.
Elle ouvrit les bras et m'enveloppât de toute sa douceur.
Je me suis mis à pleurer, pas de fatigue ou de tristesse, mais de tendresse.
Et puis elle rayonna si fort que j'en suis ébloui.
Quand je rouvris les yeux, je me tenais sur la grand place de la capitale du royaume.
La cité était éclatante de joie.
L'infame des mons avait disparu, laissant un trou béant dans le palais.
Mary et Amy me sautèrent dessus.
Tu nous as sauvés !
Avec Nora.
Il n'y avait plus que son sac à malice échoué par terre,
juste à l'endroit où elle s'était écroulée.
Je l'ai pris.
On eut pas besoin de moi.
On se sera très fort dans les bras.
Et...
Mon oncle, qu'est-il devenu ?
Il est peut-être dans la salle du Trône.
On s'y précipita pour arriver devant une pièce dévastée.
L'oncle de Mary était affalé près du Trône,
entouré des joies du royaume qu'il avait confisqué.
Une maige de cheveux tombait tristement sur son visage.
Même s'il suffoquait, à bout de force, les traits tirés,
son regard luisait de haine.
Maudis enfants, ils vont voir ce qu'ils vont voir.
Il essaya de se lever, mais c'est à là de tout son long.
Qu'est-ce qu'on fait ?
On l'arrête.
Non, regarde.
Les ombres de la salle se rassemblaient au centre pour former une porte.
Celle-ci n'avait rien de modeste.
Tout en cristal ciselée d'une myriade de détails,
elle était aussi imposante que la porte d'entrée d'un palais.
Une lumière bleue s'est répandie alors qu'elle s'ouvrit.
Des bruits de pas raisonnères.
Une grande silhouette blanche pénétra dans la salle,
baignée de volutes de fumée noireâtre.
Avec son ombre robe immaculée et sa large capuce qui lui masque le visage,
on aurait dit un moine.
La silhouette s'avança lentement vers le Seigneur Régent déçu,
qui se releva appéniblement.
Laissez-moi leur régler leur compte.
Elle posa sur son épaule une main pâle et délicate,
puis elle se pencha vers lui comme pour lui murmurer quelque chose.
Alors, tout est fini ?
Un nouveau murmure arrachait un sourire triste au pauvre ex.
Et il eut ce geste étrange.
Il prit la main de la silhouette comme un enfant prendrait la main de sa mère.
Sa peau devint pâle.
Ses yeux se tintèrent d'un bleu glaçant.
Il scruta la pièce en instant, l'air nostalgique.
Puis il passère la porte, qui se referma dans un bois sous et disparu.
Qu'est-ce qui vient de se passer ?
J'en ai pas la moindre idée.
Cette fois, c'est vraiment fini ?
Hmm, pas tout à fait.
Mon regard s'était posé sur le trésor du Seigneur Régent.
Tous ses jouets méritaient de retrouver leur propriétaire.
Je savais quoi faire.
J'ai ouvert le sac magique de Nora pour y fouer tous les jouets volés.
Comme s'il avait compris, Newt Newt nous attendait à Tléotrénot.
On passait le reste de la nuit à redistribuer tous les cadeaux.
Ce fut la plus belle fête de Yule que le royaume est jamais connu.
Un moment unique, où les enfants, comme les adultes, partagèrent cette joie toute simple du cadeau au pied de la cheminée.
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