Avant d'écouter votre histoire, je dois vous parler d'un endroit mémorable.
Imaginez.
Une maison cachée au cœur d'une forêt de pain, où les branches murmurent des secrets
au vent.
La plage semble s'étendre jusqu'au bout du monde, et des sentiers mystérieux serpentent
entre forêts et océans promettant mis la aventure à pied ou à vélo.
Cet endroit rêvait, c'est Seigneus, et j'ai pu y s'yjourner en réservant sur
AirBnB.
J'y ai passé d'incroyables vacances avec ma compagne, mes enfants et leurs meilleurs
amis.
Chacun avait son petit royaume, sa chambre.
Notre cuisine était comme une grande table de banquets où tout le monde se retrouvait.
Et, se riz sur le gâteau, on avait un jardin parfait pour papoter jusqu'au bout de la
nuit.
C'était un endroit idéal pour déconnecter et construire de super souvenirs pendant les
grandes vacances.
D'ailleurs, si on a fait un aussi bon choix, c'est grâce aux coutures voyageurs sur AirBnB,
qui nous ont permis de piocher parmi les logements que d'autres voyageurs avaient adorés.
Et maintenant, placez à votre petite histoire.
Les petites histoires de Tellming.
Aujourd'hui, Karine Arnaud vont vous raconter, et Zélie est le ninja végétal.
Une histoire que j'ai écrite grâce au mystère envoyé par Ella et Alban.
Merci à eux.
Quelle ne fut pas la surprise des ouvriers lorsqu'ils ont découvert l'entrée du chantier
de l'extension de la décharge bloquée par un gigantesque pôde fleur, planté dedans
deux buissons fleuris représentant notre bon vieux maire serrant la main à monsieur
Le Poulèbe, le propriétaire de la décharge.
Aucun désintéressé n'a répondu à nos appels pour commenter la situation.
Les parents se lancent dans un grand débat, décharge plus grande contre réduction des
déchets.
Zélie elle baille, tout en enfournant sa dernière cuillère de céréales.
Elle glisse mollement de sa chaise, débarrasse son bol de petit-déjeuner et file se préparer
loin de la discussion enflammée.
10 minutes plus tard, la voilà prête à partir.
Bonne journée ma chérie, et ne tricote pas sur la route.
J'ai tellement de commandes qu'il faut que j'utilise chaque minute tricotable dans
ma journée.
Et puis t'inquiète, je suis devenue une experte.
Une virtuose désigui y même.
Le nez fourré dans son ouvrage, Zélie arrive désormais à éviter chaque obstacle, à
détecter la couleur du petit bonhomme sans même y jeter un œil en biais.
À l'école, Zélie la tricoteuse fait désormais partie du décor.
Plus personne ne la regarde.
Elle peut donc écouter à loisir tout ce qui se dit.
Déclaration d'amour, trahison, espoir sur le menu du midi, plainte à propos de Mme
Doux-Samer, rien ne lui échappe.
Ce matin-là, au milieu du vacarme de la cour, c'est la voix de Timmy qui l'attire.
Il est en pleine discussion avec Archie, l'un de ses copains.
C'est le vieux qui a coté de chez moi.
Son jardin, c'est un dépotoir plein de férailles qu'il utilise pour faire ses sculptures.
Et ben, ce matin, en ouvrant mes volets, c'est pas ce que j'ai vu.
Un énorme buisson fleurie taillée comme une statue de lui, plantée dans un gros pot et tout.
Peut-être qu'il s'est reconverti.
Je sais pas.
C'est ça ce trouve.
C'est lui qui a posé les sculptures buissonnesses comme à de ses mois.
En descendant ce matin, j'ai cru que les trois squateurs du banc s'étaient déguisés.
Mais non, c'était des statues buissons.
Le vieux ferraillant ne sait faire que des statues métales, alors ça m'étonnerait que ce soit lui.
Pas de doute.
Pour Zellie, cette histoire sent le mystère à plein nez.
Toute la journée, elle la tourne et retourne dans tous les sens.
Elle est même obligée de griffonner dans les marges de son cahier d'exercice pour y voir plus clair.
Tout doit être lié.
Les statues buissons du maire et de monsieur le poulaire sont peut-être un signe de protestation.
L'extension de la décharge empiète sur un bout de forêt.
Ça avait déclenché une sacrée manifestation.
Maman y avait participé, mais ça avait rien donné.
Le jardin du voisin d'Archi est un dépôt toire plein de ferrailles.
Il aurait reçu sa statue parce qu'il ne prend pas soin de son carré de verdure.
Mais alors pourquoi les squateurs auraient été sculptés sur leur banc ?
Ultime sonnerie de la journée.
L'heure de rentrer, mais pas pour Zellie.
Elle veut en savoir plus sur ce banc végétalisé.
Malgré sa planque, au pied de chez Timmy, pendant l'épisode des chapatoises,
Zellie n'est pas vraiment sûr du chemin à emprunter depuis l'école.
Alors, pour ne pas éveiller les soupçons de son ami, elle le prend en filature.
Sauf que Timmy est une vraie toupie quand il marche.
Et forcément, il ne tarde pas à la percevoir en train de tricoter à bonne distance.
Il a court.
Zellie ne sait plus où se mettre.
Euh... Zellie, c'est pas du tout le semen de ta maison ?
Ah mais quel truffe ! Ça m'arrive tout le temps quand je tricote en marchant.
La dernière fois, je suis allée jusqu'au son de commercial.
Mais il est super loin ?
Ouais hein.
Quand je suis rentrée, mes parents étaient paniqués.
Zellie, tu dois pas tricoter en marchant !
Enfin bref.
Dis, on est encore loin de chez toi.
Plus trop, non ? Pourquoi ?
J'ai toujours voulu savoir où tu habitais.
Bah euh... Alors c'est que...
La maison est un peu en bas de var.
Pas besoin de rentrer hein !
C'est juste pour voir les alentours et surtout le chemin.
Comme ça le jour où t'es malade, je pourrais te t'apporter tes devoirs.
Timmy détourne le regard les jours rosies par l'attention de Zellie.
D'accord.
Timmy n'ose plus décrocher un mot.
Jusqu'à ce qu'une barre d'immeuble ne se dresse devant eux.
Voilà, c'est l'exabit, au 15e état.
Avec ses teintes marron orangées et ses murs craclés par endroit,
la construction semble venir tout droit du passé.
Le petit parc est à son image, fatigué.
Les buissons sont malingres.
Les arbres perdent leur écorce et les dalles du chemin, menant à l'entrée,
sont grignotées par les mauvaises herbes.
Et puis il y a le fameux banc, décoré de trois statues verdoyantes,
criantes de réalisme.
Chacune représente un jeune ensuite.
Il semble en pleine discussion.
Canette, Mego et Paquet gisent autour d'eux.
Je comprends pas pourquoi ils célèbrent trois d'infreux comme eux.
Et si c'était pour dénoncer leur comportement ?
Hein ?
On aurait planté ces magnifiques sculptures buissonnestes pour dire
« Oh là là, c'est pas bien de saloper le parc ».
C'est vrai que ça n'a pas de sens.
À moins que...
Mais oui, c'est forcément ça.
Oh là, j'avais pas vu le rin, il faut que je rentre.
À demain, Timmy.
Sauf que Zélie ne rentre pas chez elle, mais chez sa mamie.
Elle déboule comme une furie.
Mamie !
C'est un rôle de sculpture qui fleurisse un peu partout.
Oui, je suis même allée voir parce que je trouvais ça bizarre.
Tu as déjà intégré le premier réflexe d'une bonne tricoteuse.
Toujours vérifier une rumeur en allant voir par soi-même.
J'espère que tu vas pas me prendre pour une folle.
Oh, c'est peu probable.
Ces statues, elles ont l'air plus vraies que nature.
Je crois que ce sont des vrais gens qui ont été transformés en buisson fleurie.
Un peu comme Médusa qui transforme en pierre tous ceux qui croient son regard.
L'une des ficelles de notre métier, c'est d'étudier chaque piste.
Hein, tu peux examiner les plantes et leurs environs.
Oh non, j'étais avec Timmy et dès que j'ai eu l'idée, j'ai couru ici.
Alors on y retourne.
Cinq minutes plus tard, le tac aux pétardons de Mamie arrive au pied de l'immeuble de Timmy.
Le parc est désert, les deux tricoteuses s'approchent du banc foisonnant.
Oh Mazette, c'est vrai qu'elles sont magnifiques ces statues.
Par contre, tout autour, c'est un vrai dépotoir.
Je crois que c'est ça le lien entre toutes les sculptures.
Les victimes se fichent de la nature.
Si ces trois gugus ont bien été changés en buisson sculpté,
leur tête me laisse à penser qu'ils n'ont pas été surpris.
Alors c'est quelqu'un qu'il connaissait qui a fait le coup ?
Ou quelqu'un qu'ils n'ont pas vu venir,
ou qu'il les a approchés sans qu'il ne se doute de rien.
Regarde, il y a comme une couche de poussière verte sur le banc et le sol.
Ni touche surtout pas.
Zélie ?
Timmy ? Oh ben ça alors, peut-être pas chez toi ?
Non, j'ai dû descendre, cercer des oignons, c'est un sable épicier.
Mais vous, qu'est-ce que vous faites là ?
Voix-tu, je suis une fan de composition florale.
Alors lorsque Zélie m'a parlé de ce banc, j'ai tout de suite voulu l'étudier.
Mamie examine d'un œil les alentours.
Vous cerfez quelque chose, Mme Mdane ?
Si quelqu'un a pu voir qui est venu déposer ses œuvres d'art ?
Je crois pas.
Y a personne dans cette appartée, la maison d'en face, elle est abandonnée depuis mille ans.
Hum, hum, hum.
Dis-moi mon garçon, pourrais-tu aider Zélie à soulever légèrement l'un de ses peaux
pour que je regarde s'il y a la signature du créateur ?
Vous êtes aussi fan des peaux en terre ?
On ne peut rien de cacher.
Les enfants s'exécutent, puis empoignent le bord du peau.
À trois !
Un, deux, trois !
Timmy et Zélie donnent tout.
Le peau se soulève de 5 bon centimètres.
Mamie glisse son téléphone, flash !
Le dessous du peau est dans la boîte.
Mamie examine la photo, à un sourire satisfait en coin.
Merci ton aide, Timmy.
Oh, de rien, Mdane.
Bon, je crois que j'ai tout ce qu'il me faut.
Allez, il est temps de rentrer, Zélie.
Les deux tricoteuses remontent dans la voiture.
Tu penses que le fabricant du peau est le coupable ?
Pour le savoir, rendons-nous à la poterie du Brelan, d'où viennent ses peaux.
Une charmante maison, à l'extérieur de la ville,
accolée à une gigantesque grange autour desquelles
s'étale toute sorte de peau en terre cuite.
Avant de descendre, Mamie appuie sur sa montre.
Ses habits se détricotent pour se transformer en uniforme de policier.
Je ferai mieux de t'attendre ici.
Mais non, viens donc et prends un de la graine.
Zélie n'ose pas lui dire qu'une vieille policière accompagnée d'une enfant
ça risque de faire bizarre.
Mais elle doit lui faire confiance.
Alors qu'elle arrive à proximité de la grange,
un solide gaillard en sort.
Tu as plus pour vous, Mdane ?
Gérard du Brelan.
Lui-même.
Je ne vais pas y aller par quatre chemins, M. du Brelan.
Vos créations sont directement liées à des actes de vandalisme.
Le pauvre bonhomme se décompose.
Mais je n'ai rien fait !
Ce sont tous mes ports responsables de ce que les gens font de mes pots.
Ce n'est pas moi qui fait la loi mon bon monsieur.
Je veux pas d'ennui.
Que voulez-vous ?
Inspectez mon Roger de Comma ?
Mamie sourit.
10 minutes plus tard, Zélie et sa mamie reviennent à leur voiture.
Une fois l'intérieur, la vieille tricoteuse appuie de nouveau sur sa montre et retrouve son
apparence de grand-mère.
« J'en reviens pas qu'il ait trouvé normal que je sois là.
Il avait d'autres choses à penser.
Tu as trouvé quelque chose ? »
« Tout à fait.
Du brelant à livrer des dizaines de pots XXL à la villa La Forêt.
»
Ce n'est pas devant une grande maison, mais un domaine grand comme deux pâtés de maison
que nos deux tricoteuses arrivent.
Le mur d'enceinte protège une nature que l'on devine, foisonnante, comme si on avait
laissé d'amnature faire son œuvre des années durant.
Ce l'accès au domaine, un portail, forgé de manière à ce que chaque barreau ressemble
à des tiges d'acier fleuries.
Derrière, un tunnel végétal percé de lumière mène jusqu'à une porte.
« Il va falloir ouvrir ce gros cadenas.
À toi de jouer, ma chérie.
Doudouvre-tout ! »
Sur leur garde, Zélie et sa mamie avancent, dans un silence tout juste perturbé par
les bourdonnements des insectes et le champ des oiseaux.
La porte est immense, magnifiquement sculptée, si impressionnante que Zélie imagine qu'elle
mène au palais de dame nature, puis elle s'aperçoit qu'elle est en trebaillée.
En jetant un œil, elle ne voit qu'un eau le baignet de lumière et est colonisée
par la végétation.
M'a mis tant l'oreille, puis fait un signe de la tête à Zélie pour entrer.
Si l'entrée est aussi lumineuse, c'est parce qu'elle est surmontée par une immense
verrière.
Au milieu de la pièce, une table, une carte de la ville y était pinglée, de nombreux
endroits sont entourés au marqueur noir.
Plusieurs sont barrés d'une croix rouge.
« Ceux qui sont derrière ça ont programmé une action d'ampleur.
Comme si j'avais besoin d'aide pour mettre mon plan à exécution.
Les deux tricoteuses font voltfaces.
Une grande tige affublée d'un costume de ninja fleuri se tient dans l'encadrement
de la porte d'entrée, un drôle de pistolet pointé sur elle.
« Bang ! »
M'a mis à juste le temps de pousser Zélie avant qu'une bille s'écrase sur sa poitrine.
Un nuage verdâtre l'enveloppe.
En l'un d'un instant, elle se transforme en un splendide buisson sculpté.
« M'a mis ! »
« Cesse donc de chindre.
C'est le sort que mérite les salphouineuses dans votre genre.
»
Zélie ravale sa peur, plonge au son regard triste dans celui haineux de son agresseur
pour lui lancer un mensonge magistral.
« La maison s'en plaît abandonnée, on a voulu l'explorer.
»
« Oh, alors c'est ça.
On voit un domaine, envahie par la végétation.
Alors on se dit que c'est forcément abandonné, triste, monde, tragique.
« Ouh ! »
« Peut-être que la nature reprend ses droits.
On ne trouve pas ça naturel.
« Oh, je suis désolé.
« Pas en tant que moi.
« Ouh ! »
« Ouh ! »
« Déja née, que j'avertis, j'alerte et yaïen ! »
« Et c'est un bêtis de mer.
Pire que l'ancien avec ses grands projets pour développer la práctivité de la vie.
»
« Il n'a eu que ce qu'il méritait.
« Vous vous êtes vengés ?
« J'ai rendu justice, oui.
« Je trouve même qu'il m'aime meilleur mille transformés en puissons.
« Comme ce sale vioque et ses morveux pollueurs.
« Avec ma géniale invention, ceux qui se fichent de la nature subissent le courou du ninja végétal.
« En fait, vous n'êtes pas un vrai méchant.
« Te dis ?
« Vous êtes frustrés, un peu givrées, mais pas méchants.
« Je...
« Dites, monsieur...
« Green.
« Alphonse Green.
« Dites, monsieur Green.
« Pourquoi ne m'avez-vous pas essayé de sensibiliser les habitants de la ville ?
« Je...
« J'ai jamais été à l'aise en public.
« Si mamie était là, je suis sûre qu'elle pourrait vous aider.
« À prendre la parole en public.
« À vous faire entendre.
« Les épaules d'Alphonse se détendent.
« Ils rangent son pistolet puis s'approchent de la vieille tricoteuse pour y verser le contenu d'un flacon.
« Un liquide blôté et visqueux se répand.
« Le buisson fan.
« Mamie recouvre ses esprits et en une fraction le seconde met Alphonse à terre.
« Maudit ! Mamie !
« Après avoir entendu les explications d'Eusélie,
« la vieille tricoteuse libère un Alphonse tout en dolorie.
« Vous devez une fierchandelle à Zélie.
« Je vous rappelle que je vous ai transformé en sculpture végétalée que votre petite fille aurait pu subir le même sort.
« Sauf qu'avec votre absence de talent pour camoufler votre trace,
« vous auriez été derrière les barreaux en arriant de temps et ça aurait été un vrai gâchis.
« Vraiment ?
« N'allez pas croire que je cautionne vos méthodes.
« D'ailleurs, vous allez devoir payer pour vous me faire.
« Oh, je vois.
« Vous allez écoper d'une condamnation à vie,
« éduquer les gens dans cette ville et partout ailleurs.
« Mais personne ne m'a jamais écouté. Je vois pas pourquoi ça changerait.
« Disons que j'ai des amis experts en tirage de ficelle.
Alors qu'Alphonse se demande ce qu'elle a bien pu vouloir dire,
Zélie se rend compte qu'elle a appris une autre leçon.
« En apprendre plus sur les motivations des méchants,
« peu souvent vous donnez la solution.
»