Avant d'écouter votre histoire, je dois vous parler d'un endroit mémorable.
Imaginez.
Une maison cachée au cœur d'une forêt de pain, où les branches murmurent des secrets
au vent.
La plage semble s'étendre jusqu'au bout du monde, et des sentiers mystérieux serpentent
entre forêts et océans promettant mis la aventure à pied ou à vélo.
Cet endroit rêvait, c'est Seigneus, et j'ai pu y s'yjourner en réservant sur
AirBnB.
J'y ai passé d'incroyables vacances avec ma compagne, mes enfants et leurs meilleurs
amis.
Chacun avait son petit royaume, sa chambre.
Notre cuisine était comme une grande table de banquets où tout le monde se retrouvait.
Et, se riz sur le gâteau, on avait un jardin parfait pour papoter jusqu'au bout de la
nuit.
C'était un endroit idéal pour déconnecter et construire de super souvenirs pendant les
grandes vacances.
D'ailleurs, si on a fait un aussi bon choix, c'est grâce aux coutures voyageurs sur AirBnB,
qui nous ont permis de piocher parmi les logements que d'autres voyageurs avaient adorés.
Et maintenant, placez à votre petite histoire.
Aujourd'hui, Karine Arnaud vont vous raconter Grismine et Tête en bas.
Une histoire que j'ai écrite sur une idée de Thomas.
Bonne écoute.
Grismine, le petit déj'est servi.
Grismine.
Mais où est-ce que t'as encore passé la nuit ?
Grismine, c'est mon chat.
Ne croyais pas que c'est parce qu'il fait tout le temps la tête que je l'ai appelée
comme ça, non ?
C'est à cause de son pelage.
Il est blanc, sauf sur sa tête où il est gris comme un jour de pluie.
Avec sa bouille, il est tellement chaud qu'on ne peut pas lui résister.
Et il en joue.
Il charme tout ce qui passe à la maison.
Résultat, il a toujours un petit quelque chose à se mettre sous la dent.
C'est fascinant de le voir faire.
C'est un véritable expert.
Il faut dire qu'il a le terrain de jeu rêvé pour parfaire son art.
On habite dans une vieille ferme que Maman a transformée en maison d'hôte.
Ça veut dire qu'on accueille des gens pour dormir.
La plupart viennent pour s'entraîner dans la forêt des sans-bosses qui bordent notre
terrain.
Un paradis pour les randonneurs, les coureurs ou les vététistes de l'extrême.
Il y a toujours du monde à la maison et Grismine en profite.
Pour s'assurer à un petit déjeuner royal, il va même jusqu'à s'incruster dans la
chambre d'un hôte pour la nuit.
Et comme aucun d'eux ne s'est encore levé, c'est la seule raison qui explique pourquoi
mon chat ne s'est pas jeté sur son bol de croquettes.
Sauf que les clients ne tardent pas à défiler, puis la maison se vide, sans que mon chat
ne pointe ses moustaches.
Ce glouton ne rate jamais un petit déjeuner.
L'un de nos hôtes doit être un lève tard.
Anxieux, je consulte le registre et pousse un ouf de soulagement.
Un client ne s'est pas présenté ce matin, un certain Vlad tête en bas.
Que fais-tu, mon chat ?
Je cherche Grismine.
Dans le registre ?
Je l'ai pas vu ce matin.
Ah bah s'il avec monsieur tête en bas, t'es pas près de le revoir.
Hein ?
T'as besoin de te mettre dans tous tes états.
Monsieur tête en bas travaille de nuit.
Ça se peut pas ! La nuit, tout est désert par ici.
C'est quoi son métier ?
Il ne s'est pas étendu sur le sujet, mais il a demandé à ce qu'on ne le dérange sous aucun prétexte
lorsqu'il se repose.
Ces nuits ont l'air très chargés.
Mais l'urgence alors ! Grismine n'a jamais sauté un repas.
Si ça se trouve, il va devenir infernal et lui ruiner sa nuit.
Enfin, sa journée.
Enfin, tu vois quoi ?
Tu sais ce que veut dire sous aucun prétexte ?
Oui, non.
Bien.
Et puis rien ne dit que Grismine soit avec lui.
Peut-être qu'il est dehors.
T'es allé voir ?
Ça, c'est ce qu'on appelle une question rétorique.
Ma mère n'attend pas de réponse.
C'est une manière de clore le sujet et de se remettre au travail.
Inutile de continuer à discuter.
Alors je lâche un « non, j'y vais ».
Chargé de déception.
En faisant le tour de la maison, je gris bouille dans ma tête un tableau avec des centaines d'hypothèses.
Et à chaque fois, j'arrive à la même conclusion.
Si je n'ai pas vu Grismine, c'est qu'il est coincé avec ce drôle de type.
J'en suis sûr.
J'abandonne mes recherches et je rentre.
Maman range la salle à manger.
C'est parfait.
Tel un ninja, je me faux-fil jusqu'au comptoir d'accueil.
Discrètement, je rouvre le registre pour savoir où l'oge se tait en bas.
La suite des combles.
On peut illoger dix personnes.
Pourquoi un homme seul aurait besoin de temps d'espace ?
C'est vraiment louche.
Sans perdre une seconde, j'appuie sur un bouton caché dans un petit renfoncement.
Bon, un tiroir pas si secret s'ouvre.
Maman ne sait pas que je sais, mais je connais absolument toutes les cachettes de la maison.
Je subtilise le passe-partout et je file à l'étage.
Un long couloir flanqué d'une série de portes fermées s'ouvre devant moi.
Au bout, un escalier en bois s'élève vers la suite des combles.
En bas, j'entends maman s'afférer dans la buandrie.
Elle ne va pas tarder à monter.
Cet escalier, c'est un sacré défi.
Il grince tellement qu'on a l'impression d'être dans une maison hantée.
Mais moi, je le connais sur le bout des doigts de pied.
Je sais où il faut passer pour monter en silence.
J'atteins la porte sans quidement.
J'y colle mon oreille et distingue un légère rond-flemant.
Daire moi, j'entends maman chanter dans le couloir et ouvrir la première chambre.
Je tourne tout doucement le passe-partout.
La serrure se débloque sans un bruit.
J'entreouvre la porte lentement, pensant que mon chave a en profité pour s'échapper.
Mais non, il est peut-être terrorisé.
« Grismine, viens mon chat. »
Le grognement de quelqu'un que l'on dérange pendant son sommeil me répond.
Il vient du centre de la pièce.
« Étonnés, je plisse les yeux.
Puis j'étouffe un cri d'horreur.
Une silhouette est suspendue par les pieds à la poutre centrale.
« Encore une minute.
S'il te plait, maman.
C'est déjà nuit. »
Je referme la porte, saisis le passe-partout, recule,
et patâtra je dégringole les marches dans un rouleau boulet magistral
et métal de tout moulon au bas de l'escalier.
Mon cœur bat à mille à l'heure.
Je fixe l'escalier, paniqué.
Personne ne descend.
Maman chantonne.
Elle doit avoir son casque sur les oreilles et n'a rien entendu.
« Sauvez. »
Alors que je descends remettre le passe-partout à sa place,
une déferlante de questions me donne le tournis.
« Qu'est-ce que j'ai vu au juste ?
Il n'y a que les chauves souris qui dorment la tête en bas.
Tête en bas.
Non ! Notre haute serait un...
Vampire !
Mais que fait-il ici ?
Va-t-il transformer notre maison en garde-manger ?
Et qu'est-il fait à Grismine ?
Maman ne me croira jamais ni personne, d'ailleurs,
sauf si je récolte des preuves.
Mais il va falloir que j'attende que cette offreute
tête en bas s'en aille...
Travailler.
Je n'ai pas le choix.
Je dois attendre que la nuit tombe.
Ce soir-là, j'ai l'impression qu'elle prend son temps.
Je trépine.
Comme le veut la tradition,
tout le monde se réunit dans la salle à manger.
Ça partage des photos, des anecdotes,
des découvertes, des circuits et des exploits.
Pour une fois, j'écoute d'une oreille distraite,
trop concentrée à épier la porte d'entrée,
pour voir partir tête en bas.
Des éclats de rire me font sursauter.
Je regarde nos hautes l'air aurée,
les rires redoubles.
Je grogne.
La porte d'entrée se referme.
J'ai manqué ma cible, mais c'est le moment d'agir.
Je prétexte une envie de pipi et monte à l'étage.
Le couloir est silencieux, presque trop.
J'avance à pas de loup, les oreilles tendues.
Pour la première fois,
l'escalier me semble un obstacle insurmontable.
Je pense à mon chat et mon appréhension s'envole.
Je connais parfaitement la danse à exécuter
et arrivant haut, sans quinement.
Et s'en passe partout.
Quel truffe !
La porte s'entrebaille toute seule, sans un bruit.
Je frissonne.
Sous la lumière blafarde de la lune,
la suite décomble à des fausaires de cimetières.
J'ose quand même m'y aventurer.
Grismine !
Grismine !
Des lames en chat !
Silence.
Sur d'être seul, j'allume la lumière.
Une cape, posée sur une chaise, m'attire.
Plus sombre qu'une ombre, elle est constellée de très fins,
gris et blanc.
Des poils de Grismine !
Chète ton l'air !
C'était en bas !
Je fonce me cacher dans le placard de l'entrée.
L'escalier grince furieusement puis tout s'arrête.
Il est sur le pas de la porte.
Je n'ose plus respirer.
Oh, je suis tellement perturbé par ce seumodil que se perd la tête.
J'ai allumé la lumière.
Une fantaisie.
Et j'ai oublié de fermer derrière moi.
Heureusement que c'est une maisonie pleine d'honnêtres.
Il s'avance ?
Puis s'arrête à nouveau ?
Je le sens, regardé autour de lui, mon ventre se noue.
Ah ! Te voilà !
Les nuits sont aussi fraîches par ici,
ce serait focheux d'attraper la mort.
Ha ha ha ha !
Je l'entends poser quelque chose à terre,
puis un tissu se froisser.
Il enfile sa cape.
Je serre la mâchoire pour ne pas claquer des dents.
Bon, cape, malette, poche de sang,
j'ai tout pour cette nuit qui s'annonce bien long.
J'espère que ce fils chuchat ne va pas m'occuper trop longtemps.
Et cette fois n'oublie pas de fermer la porte.
L'escalier grince horriblement, puis le silence revient.
Je bondis de ma cachette et me rue à la fenêtre.
Le vampire est déjà dehors et se dirige vers la forêt.
Je dois le suivre, c'est mon unique chance de sauver Grismine.
Je n'ai aucune idée de comment faire.
Je sais que je ne suis qu'un garçon,
passant un vampire, mais j'improviserai.
Prisonni de la suite des combles,
j'ouvre la fenêtre et je l'enjambe.
Il y a un buisson tout fût juste en bas.
Je ne suis pas si haut et je suis épais comme une brindille,
alors il devrait m'ortir ma chute.
Je compte, une, deux,
et pour chasser ma peur, je n'attends pas trois pour sauter.
Je m'écrase dans le buisson,
qui ne manque pas de m'écorcher pour se venger.
Je me relève non sans mal,
déchirant au passage mon pull et mon pantalon.
T'étend à s'enfonce dans la forêt.
Je me lance à sa poursuite.
Arrivé à l'horreur du bois,
je suis à bout de souffle.
Le chemin emprunté par le vampire est très, très sombre.
Les arbres qui le bordent
dessinent des formes inquiétantes,
mais je ne peux plus reculer.
J'y vois juste assez
pour ne pas trébucher sur une racine ou un caillou.
Après quelques mètres,
un froid humide me frigorifie,
à moins que ce soit la peur.
Autour de moi,
sa boïce, sa gratte et sa craque.
Pour me donner du courage,
je chantonne les génériques de mes dessins et mes préférés,
sauf que ça suffit pas.
Une désagréable sensation m'enveloppe
et me glace le sang.
Je n'ai rien à faire ici.
Quelque chose
grogne derrière moi.
Je détale, une bête me pourchasse,
la terreur me donne des ailes,
la bête est sur mes talons,
mes poumons et mes jambes sont en feu.
J'entends la mâchoire de la bête claquée,
elle va me croquer, mais l'ossole se dérobe.
Je dévalue une pente et métale
dans une minuscule clérière.
Ouskou, un humain !
Une petite femme, trapue,
couverte des cors et de lierre,
court se réfugier derrière un escargot géant
qui n'a pas les réfriers.
Au contraire, il braque ses yeux tentaculaires sur moi.
Ce ne te ressemble pas, Vlad.
Il s'adresse à un homme,
vêtue d'une capte plus sombre que nombre.
Son visage est plus pal' que la lune.
Ses yeux jaunes sont cerclés de noir.
Il m'adresse un sourire révélant
deux horribles crots.
Je suis navré, Skog.
C'est le garçon de la maison d'hôte.
Cette histoire de chat me préoccupe tellement
que je ne l'ai pas senti me suivre.
Ne me mangez pas !
Tu nous as pris pour des monstres ?
Techniquement, c'est ce que nous sommes pour lui.
C'est bien triste.
Enfin, c'est une bonne chose que tu sois la mon garçon.
Comment pouvez-vous dire ça ?
Il va prévenir tout le monde !
Je ne pense pas s'il va.
Pas vraiment petit.
Oui, je ne dirais rien.
En plus, je crois que nous avons quelque chose
ou plutôt quelqu'un que tu cherches.
S'il va, peut-tu lui montrer ce qui nous réunit ?
La naine sort de ses cachettes.
Entre ses mains d'écorces potelées,
elle tient une statue de chat blanche et grise.
Grise mine !
Que je lui vous fais ?
Oh, mais rien du tout.
Ton champ m'a suivi la nuit dernière.
Je lui ai dit que la forêt était pleine de danger la nuit.
Mais il n'en a fait qu'à sa tête.
Les champs sont les pierres des têtes de mules,
si tu es vu, mon avis.
Et le pauvre s'est fait piquer par une lapisse aranéa.
C'est une araignée dont la mort surchange les victimes en pierre.
Alors, Grise mine ?
Vivant !
Figure-toi que j'ai appelé ces deux-là pour soigner ton champ.
J'avais besoin de la bave extra-fraiche d'un colosseum coqueléa.
C'est moi !
Et de pétales de Robours pays.
Une fleur très rare que les miens cultivent.
Mais comme Vlad prend soin des habitants de la forêt,
on ne pouvait pas lui refuser.
Vous allez vraiment le soigner ?
Bien sûr.
Jamais un médecin d'une de ce nom ne laisserait un patient de côté.
De tant plus que je me sens un peu coupable de pas avoir ramené ton chat.
Mais j'ai tellement de monde à voir et si peu de temps.
Cette révélation me coupe le sifflet.
Ce vampire est un médecin.
Il sois d'eux des monstres de la forêt et va sauver mon chat.
Et d'un coup, je me trouve bien bête d'avoir pensé au pire.
Mais en même temps, avec tout ce qu'on dit sur les monstres,
comment j'aurais pu savoir qu'il pouvait être gentil ?
Alors que je me perds dans mes pensées, les monstres s'affaire.
Silva arrache quelques morceaux de son écor et les disposataires.
D'un claquement de doigts, Vlad les embrase.
Il tire de sa capte un petit chaudron qu'il dépose sur le feu crépitant.
Skog y ajoute un filet de bave.
Silva les précieux pétales de Robours pays.
Vlad saupoudre le tout d'une demi-dousaine de pincées de poudre argentée.
Puis touille le tout avec une spatule en bois.
Le mélange blot blot, crash 1, 2, 5, 6 nuages violets, puis en septième,
si énorme qu'il recouvre toute la clairière et nous fait tousser.
Bien, il ne reste plus qu'à badigeer ton chat et tout rentrera dans l'ordre.
Mais plutôt que de sortir un pinceau,
Vlad diverse le coûte nu poisseux du chaudron sur mon chat.
La couche de pierre fume et se craquait elle.
Grismine s'anime et s'ébroue avant de lâcher un mulement étonné.
Je le prends dans mes bras et lui fait un énorme câlin.
Merci, merci beaucoup à tous les trois.
Vous êtes des monstres, enfin, des personnes, enfin, vous êtes trop géniaux quoi.
Mais pas un mot sur cette histoire, hein, ne veux pas avoir de soucis.
Promis.
J'espère que tu me permettras de rester chez vous.
Évidemment.
En parlant de ça et sans vouloir te blesser, petit, pourrais-tu rentrer chez toi ?
Les patients de Vlad ne vont pas tarder à arriver et certains sont terrifiés par les humains.
Ah, d'accord, je comprends.
Sauf que je suis bien incapable de savoir dans quelle direction aller.
Je vais t'ouvrir un chemin.
Et souviens-toi, motus et bouche-cousu.
Sylvain s'approche d'un arbre et lui marmonne quelque chose.
La forêt s'agit et petit à petit les arbres s'écartent
pour révéler le chemin qui me ramène chez moi.