Les Primaires - Intégrale

Durée: 46m58s

Date de sortie: 04/03/2022

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Une histoire écrite par Raphaël Peltier, racontée par Céline Kallmann, réalisation et musiques Alexandre Ferreira, production Benjamin Muller.

Générique : Vlad Gluschenko - Time 

Remix 8bit du thème de la Smich par Nicolas Slimani!

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Bonjour à tous, bonjour les enfants, j'espère que vous allez bien.
Aujourd'hui, je vais vous raconter une histoire en intégralité,
l'histoire des primaires écrite par Raphaël Pelletier,
avec la participation exceptionnelle de...
Lola, Nino, Lily, Samuel, Romeo, Auguste, Alex, Lucie et Sarah.
Et la très bonne nouvelle, c'est que cette histoire vient de sortir en livre,
vous pouvez la commander dès maintenant sur Amazon,
et si vous êtes libraire, n'hésitez pas à nous contacter sur notre compte Instagram.
Bonne écoute les enfants !
Les primaires envahissent la cour de l'école, c'est l'heure de la récré.
Jolene, Thomas et Clément, 3 amis de la classe de CE2 de l'école Jules Ferry,
se retrouvent tous les jours en dessous du petit platane, tout au fond de la cour de récréation.
Hé, les mecs, les mecs !
Clément, tout excité, a cours vers Thomas et Jolene.
Il semble avoir quelque chose de très important à leur dire.
Hé, Clément, je te signale que je suis là.
Lui répond Jolene, agacé par cette façon d'appeler le groupe.
Bah, je t'ai vu, hein. Et bah, je suis pas un mec.
Dis Jolene, alors que Thomas ricane discrètement de la situation.
Et c'est pas marrant, Thomas.
Ajoute-t-elle.
Thomas, impressionné, reprend immédiatement son sérieux et Clément poursuit.
Bon, désolé Jolene, j'ai trouvé autre chose pour la prochaine fois.
En attendant demain à 15h sur Fortnit,
il y a la bonne annonce de la saison 3 du monde de Longroupillon,
qui va passer en direct.
Ça va être trop cool !
On sait, hein. Et demain à 15h, on sera mardi.
Donc on sera ici, on pourra pas la voir.
Répondent Thomas, désabusé.
En plus, faut une console pour Fortnit.
Moi, j'ai dû regarder les vidéos du concert d'Aiana Grande sur YouTube.
J'aurais tellement aimé la grande directe,
on pouvait voler et danser à côté d'elle.
Justement, Thomas, ton grand frère, il a une smiche, non ?
On lui en prend le pour demain.
Comme ça, on la ramène à l'école.
Et on regarde la bonne annonce du monde de Longroupillon.
Mais il voudra jamais de nous l'apprêter.
Les collégiens, ça apprête rien. Il veut jamais me laisser jouer.
Et puis c'est interdit d'amener une smiche à l'école.
Ça gaste, Thomas.
Rien de t'oblige, j'ai lui demandé, hein.
Bien vu, Jolene. C'est exactement où je voulais en venir.
On lui prend sa smiche, et à 15h, on se planque sous le toboggan des maternelles
pour regarder la bonne annonce du monde de Longroupillon.
Et comment je sensait lui prendre sa smiche sans qu'il s'en rend compte ?
Questionne, Thomas.
Ben, tu rentres dans sa chambre et tu prends la smiche, hein.
Réponds, Jolene.
Un silence s'installe.
Thomas est dubitatif.
Et Clément précise.
Tu rentres dans sa chambre et tu prends sa smiche, quoi.
Ok, ouais, ça paraît simple, en fait.
Il suffit que je prenne la smiche.
Le lendemain matin, il est 8h,
Thomas rejoint Jolene et Clément dans la cour de récréation,
juste avant le début de l'école.
Les gars, les gars !
Thomas remarque Jolene, qui fronce les sourcils,
et lui adresse un regard presque noir.
Désolé, Jolene, on va trouver, je te promets.
Dis Thomas en en trouverant son sac à dos,
laissant apparaître la smiche de son grand frère Armand.
Jolene et Clément laissent exploser leur joie.
Ouais, t'assures-toi.
Comment t'as fait pour la prendre à ton frère,
sans qu'il s'en rende compte ?
Demande Clément.
Bah, je suis entrée dans la chambre et j'ai pris la smiche,
comme vous me l'aviez dit.
Ah oui, c'est vrai.
Et Armand, il a rien vu ?
S'interroge Jolene.
Bah non, il était sous la douche.
Réponds Thomas d'un rire malicieux,
qui entraîne ses amis dans une belle rigolade,
pleine de forêt.
Alors que la petite bande ricane de concert
en savouant d'avance leur rendez-vous de 15h
sur Fortnit,
les yeux au loin les observent.
Ce sont les CM2,
mais pas n'importe lesquels.
Kilian Bruchon,
Arnold Foisard
et leur chef Tony Furman,
déjà 1m60 pour 70kg.
Une montagne.
Les deux autres sont eux aussi plus grands que la moyenne,
moins imposants que Tony,
mais tout aussi inquiétant.
Ces trois-là ont déjà 12 ans.
Ils devraient être au collège depuis longtemps,
mais il semblerait que l'école ne soit pas leur fort.
Les maths, le français, l'histoire,
c'est pas leur truc.
Eux, ceux qu'ils aiment,
se le foutent,
les jeux vidéo et la bagarre.
Ils aiment beaucoup la bagarre.
Quand dans la cour, on entend des élèves alertés en cœur,
« PASTSON ! »
comme on annonce un spectacle à ne pas manquer,
alors vous pouvez être sûr qu'un de ces 3 oseaux en fait partie.
Ils provoquent tout le monde.
Facile quand on a au moins 2 ans de plus que tous les élèves.
Du coup, on évite de les regarder,
on les ignore,
et on espère juste ne pas devenir leur futur cible.
Malheureusement pour notre petite bande de CE2,
aujourd'hui les 3 prix Nobel de l'idiotie les ont dans le viseur.
Et plus précisément, la smiche que le gros Tony a aperçu au loin.
« Les mecs, vous voyez ce que je vois ?
Les murs sont ramenés une smiche à l'école. »
dit Tony d'une voix d'adolescent,
balançant du grave à l'aigu.
« Oh la chance ! Tu crois qu'ils peuvent nous l'apprêter ? »
répond un herbette Arnold,
qui parle toujours en ravalant sa bave.
« Bien sûr, Arnold. On est adorés dans cette école,
ils vont nous la donner aussi. »
ironie Tony.
« Nous offrir leur smiche, sérieux ? »
demande Killian tout excité.
« Mais non bande d'idiot, on nous déteste ici,
et on doit rester détestables. On va leur piquer leur smiche. »
dit Tony.
« Ah ouais ! »
répond diaboliquement Killian et Arnold,
qui comprennent enfin les intentions de leur chef.
Pendant ce temps-là,
Jolene, Clément et Thomas ne se doutent de rien.
Il est 8h25,
la sonnerie retentit.
Les CE2 se dirigent vers leur salle de classe.
« Eh venez, on prend la smiche à la récré,
on fait une partie de fournite. »
propose Thomas enthousiaste.
« Mais carrément ! » répond Clément.
« Et piret le cheval, tu l'as pas ? On peut pas jouer à piret ? »
demande Jolene à Thomas.
« Ah non mais Jolene, ça craint piret. »
Soudain, Mme Robert, la maîtresse,
interrompt le brouhaha qui règne dans les couloirs.
« Chut ! Mettez-vous en rente de part deux, je veux le silence.
Vous rentrerez quand je vous le dirai. Chut ! »
Il est 10h25, c'est la récré.
Nos CE2 se dépêchent de sortir du bâtiment
pour rejoindre au plus vite la cour
en slallant entre tous les écoliers.
« Allez go go go, autobogon des maternelles, on sera tranquilles ! »
crie Thomas à Jolene et Clément.
L'école Jules Ferry accueille des enfants de la maternelle au collège.
La cour de récréation des maternelles et des primaires est commune.
Elle est simplement délimitée par une ligne blanche.
Notre bande de CE2 se fossile discrètement jusqu'au autobogon
tout au fond de la cour des maternelles
et se cachant de saut pour pouvoir jouer à la smiche.
« C'est bon, personne nous a vu. »
Félicite Clément.
« Vas-y Thomas, sort la smiche ! »
Thomas s'empresse de retirer le sac de son dos,
l'ouvre est constate avec effroi.
« La smiche, la smiche, mais où elle est ? »
Thomas fouille de fonte en comble son petit sac à dos.
Mais de toute évidence, la smiche n'y est plus.
Thomas pousse alors un cri de désespoir qui résonne dans tout le quartier.
« Naaaaaaaaa... »
« Quoi, tu rigoles ? » demande Jolene.
« Mais non, elle y est plus, je ne sais pas où elle est ! »
dit Thomas paniquait les larmes aux yeux et la voix tremblante.
Clément est lui aussi sous le choc, décevré.
« Mais comment c'est possible ?
Elle était dans ton sac pendant la classe, non ? »
« Oui, elle y était ! » répond Thomas, en pleurs.
« Mes parents vont me plier à vie, et mon frère va me tuer. »
« On verra jamais l'abandonnance du monde douzouron. »
Ajoute Clément, qui se met lui aussi à pleurer.
Alors que nos trois CE2 désemparer réalisent le drame qu'ils sont en train de vivre,
Charlie, le petit frère de Jolene,
alerté par le cri de détresse de Thomas, s'avance vers eux.
« Et vous là, qu'est-ce que vous faites ici ?
C'est Montaubogon, vous dégazer. »
« Oh non, pas lui ! » constate Fébrile Montoma.
Charlie n'a que quatre ans.
Il est en maternelle, mais il est étonnamment intelligent pour son âge.
Il a un léger côté autoritaire et mégaloman.
Heureusement, son osotment adorable vient parfois adoucir la rudesse de son caractère,
et fait de lui un petit enfant, finalement très charmant.
Dans la cour des maternelles, c'est lui qui fait la pluie et le beau temps.
« Charlie, laisse-nous tranquille » demande Thomas.
« Et toi, Charlie, c'est dans l'intimité, ok ?
Ici, on m'appelle Boss, parce que... suis le Boss.
Donc tu m'appelles Boss ? »
« Ouais, c'est ça. Quand tu feras plus d'un mètre, on en reparlera. »
répond Clément.
« Hé toi, tu me parles pas comme ça, sinon on se met... »
« Attends, attends, Charlie, attends ! »
Jolene intervient pour calmer la situation.
Elle compte profiter de l'intelligence de son petit frère pour les aider.
« Zolin, non, ici, c'est Boss. Charlie, c'est à la maison. »
« Ok, Boss, ok. »
« Voilà, c'est mieux. »
Charlie sourit, puis reprend sa posture autoritaire.
« Qu'est-ce que tu veux, Zolin ? »
« Thomas vient de perdre la smiche de son frère.
Elle était dans son sac il y a encore dix minutes.
On comprend pas ce qu'il y a pu se passer.
T'as une idée pour qu'on la retrouve ? »
« Et qu'est-ce que Zigan vous aidez ? »
« Euh, des bons, hein ? »
« Lequel ? »
« Euh, des tronches cramées ? »
répond Thomas.
« Et des glaces ? »
ajoute Clément.
« Elles sont à quoi, les glaces ? »
question Charlie.
« À la fraise. »
« Ok, ça marche.
Est-ce que le sac était bien fermé lorsque vous vous êtes aperçu de la disparition de la smiche ? »
« Il était bien fermé et elle était dans juste avant d'aller en récré.
Quand j'ai ouvert le sac en arrivant ici, la smiche était plus. »
répond Thomas.
« Ok, c'est un vol, c'est évident. »
« Un vol ? »
demande Clément stupéfait.
« Mais tu n'aurais plus la volée. Et comment ? »
s'interroge Zolin.
Charlie plie ça leur les yeux.
Comment ça réfléchir en se caressant le menton de la main droite ?
Puis ils montent sur les marches du toboggan pour prendre de la hauteur et s'adresser au CE2.
« Ok, je suppose que vous êtes sortis de la classe en vous précipitant dans les couloirs bondés des colliers.
C'est à ce moment précis qu'un esprit mal intentionné a pu se placer derrière toi,
ouvrir ton sac à dos et prendre la smiche.
Thomas, tu me jures à videuil, 1,31 m.
Le zip de ton sac à dos doit se situer à peu près à 1,10 m du sol.
Ce qui veut dire qu'un enfant de moins d'un mètre aurait eu beaucoup de mal à ouvrir ton sac à dos,
ce qui écarte les maternelles de nos potentiels suspects.
« Ah, super, ça nous avance beaucoup, hein, boss ? »
hironise Clément.
« Attendez ! Attendez, c'est pas fini ! »
Pour y arriver aussi facilement et rapidement, notre copain doit forcément être au moins aussi grand que vous trois.
Et si ce n'est pas un mètre ou une maîtresse ?
Hum...
Non, non, je sais.
Qui est grand et a très mauvaise réputation dans cette école ?
« Monsieur Leblanc, Monsieur Leblanc, le maître des CSM,
à ce qu'il paraît, il pète en classe et il accuse ses élèves. »
répond Clément.
« Mais non, les trois CSM2 à moitié débiles,
foivards, broussons et furmanes ! »
Les enfants dirigent alors leur regard vers le fond de la cour des primaires,
juste à côté de l'entrée des toilettes.
Effectivement, les trois grands CSM2 étaient attroupés autour de ce qui semblait être une smiche.
Clément, Thomas et Jolene se décomposent.
Ils voudront jamais nous la rendre.
On va louper le monde au long rayon sur Fortnit.
C'est sûr.
Dis Clément désespéré.
Je vais le dire à mes parents.
Non, Thomas, on ne fera ni appel à vos parents, ni appel à ton grand frère,
et surtout pas à Mme Robert.
Sinon, on va tous se faire punir et on va tout louper.
On doit absolument récupérer la smiche de ton frère.
Nous-mêmes.
Et avant 15h, moi aussi, je veux le voir, le monde au long rayon.
Alors, hors de question de louper ça.
Mais comment tu veux faire, Jolene ?
T'as vu la montagne que c'est l'autre Tony ?
Avec ses deux bras droits ?
Rale Thomas.
Moi, je ne veux pas me battre avec eux, hein.
C'est pas du tout équilibré.
Ajoute Clément appauré.
Jolene se retourne à nouveau vers son petit frère.
Bah, sauf.
T'as pas un plan pour nous ?
Moi, ça va bien vous aider.
Mais va falloir aller enver les bonbons.
Répond Charlie, en attendant que les enchères montent.
Ok, ok, ok, ok.
Euh, je te donne mon dessert au repas ce soir,
et tu pourras mettre que des épisodes de la pâte patrouille
à la prochaine sur la film, ok ?
Propose Jolene à mère.
Hé, Jolene,
vous êtes désins en détails de troncs scrammés
et d'une glace à la fraise.
N'essayez pas de me la mettre à l'envers.
Ous balance tout à maman, ok ?
Bon, faut qu'on retourne en classe.
Vous allez réfléchir à plusieurs plans.
On se retrouve ici à Midi-Pétante, avant d'aller m'enver.
Déclar Charlie, inspiré par le défi.
C'est déjà la fin de la récréation.
Les enfants regagnent leur classe.
Abandonnant leurs derniers espoirs,
osent idées parfois machiavéliques et bizarres,
dont Charlie a le secret.
Ça y est, il est Midi.
Jolene, Clément et Thomas rejoignent Charlie et Toboggan.
Comme à son habitude, Charlie monte sur les marchés du Toboggan
pour exposer son plan à nos trois CE2.
Bon, c'est un plan, mais ça va me coûter pas mal.
Donc ça va vous coûter à vous aussi un petit peu plus.
Jolene, se vaut la main sur les deux soirées films
et se veut que tu manges mes légumes pendant une semaine, ok ?
Euh... Mon accord, vas-y explique-nous.
Réponds Jolene à résigner.
Alors c'est simple.
Les CM2 ont cassé la smisse derrière le Seine
au fond de la cour juste à côté des toilettes.
Je vais m'occuper de les faire dégarpir
et hop, vous allez récupérer la smisse.
D'accord, mais comment tu comptes les éloigner du chaîne ?
Demande Thomas Perplex.
Justement.
À la cantine, dans cinq minutes, je vais avoir besoin de votre aide.
Apportez-moi la table des maternelles tout ce qui pourra mettre utile.
Soudre Bruxelles, souffleurs, oignons, oeufs, flasolets.
Tout ce qui peut constituer une arme symique ultra-odorante.
Je me sers du reste.
Arrivé à la cantine, Jolene, Thomas et Clément
ont la joie de découvrir le menu du jour.
En entrée, oeufs durs à la mayonnaise.
En plat, chocrot de garnis.
Le repas idéal.
Même s'ils ont encore des doutes.
Quant au plan de Charlie...
Tiens Charlie, je te donne mes oeufs et ma chocroute.
Et Clément, tu m'appelles Boss, ok ?
C'est une réputation à tenir ici.
Ok, désolé Boss.
Il te faut autre chose ou ça va aller ?
Jolene et Thomas déposent aussi leur récolte
dans le plateau de Charlie qui se retrouve avec huit oeufs durs en mayonnaise
et un bon kilogramme de chocroute dans son assiette.
Non, ça me paraît bien.
On se retrouve au toboggan dans 20 minutes.
Répond Charlie, déjà concentré sur l'énorme quantité de nourriture
qu'il s'apprête à engloutir.
Peu après, les enfants retrouvent Charlie au toboggan.
Il est en pleine séance de squats.
Je nous fléchis, le dos bien droit
et les bras tendus vers l'avant.
Mais tu fais quoi Boss ?
C'est 9 Thomas.
Vous accélère mon transport d'un test final.
Laissez-moi encore une minute
et on va la récupérer votre fils Smith.
Désupe-toi, il nous reste à peine une heure avant de retourner en classe.
Une, deux, trois...
Charlie termine sa séance par une dizaine de flexions extension.
Il semble à deux doigts d'exploser.
Le visage rouge et transpire en défaut.
Il s'arrête alors à bout de force.
Incapable d'aller jusqu'à 10.
Euuuh, je crois que c'est bon.
On y va !
Déclare-t-il fédériquement, en commençant à se diriger vers les CM2
qui gardent l'accès au chaine
où se trouve la console tant convoitée.
Charlie s'avance jusqu'au 3 terribles qui le regardent arriver
et se placer à 2 mètres d'eux.
Dans le même temps, Jolene, Clément et Thomas
se postent discrètement à 15 mètres de la Seine.
Ne sachant pas trop ce qui va se passer.
Mais prêt à bandir à tout moment pour récupérer la smiche.
Foisards, furman et bruchons sont tous les trois alignés devant l'arbre
et font face à Charlie.
La tension est palpable,
comme dans un western holléoudien.
A tel point que l'ensemble de la cour
comprend tout de suite qu'une confrontation va avoir lieu.
Un silence s'installe.
On n'entend plus que les pigeons recoulés au loin.
Furman prend alors la parole.
Hé, qu'est-ce qu'il veut, le rasmoket ?
Charlie ne répond pas.
Il plie alors ses jambes à 45°
et pose ses mains sur ses genoux.
Son visage commence alors à se fermer
et ses yeux se plissent très fort
au point qu'une veine se mette à apparaître sur son front.
Il faut quoi là, le petit ?
S'interroge Foisards,
qui est tout de suite interrompu
par un interminable pétiflan de 4 secondes
provenant du petit élève de maternelle.
Les 3 CM2 se mettent à rire en rayant Charlie,
qui redouble d'efforts
et propose alors une nouvelle flexion,
extension sur ses genoux,
propulsant un nouveau pê long et magistral.
Ce second tir est ponctué par un bruit
beaucoup plus profond et gras,
rappelant ses flans à qui on retire la languette
pour qu'il se dépose dans notre assiette.
Le petit short de Charlie
semble avoir accueilli une haute
qui ne laissera personne indifférent.
Ah, il vient de faire caca !
Remarque bruchon,
un crédule des moqueurs.
Les CM2 entrent alors dans un fourrier
qui entraîne toute la cour des plumères.
Charlie, impassible,
reste tout à fait sûr de lui.
Les rires ne l'affectent pas.
Ils regardent ses adversaires et leur disent,
« Hé les grosses fesses, sentez-moi ça ! »
Charlie se met alors à tournoyer sur lui-même
tel un danseur folklorique irlandais,
diffusant une odeur pestilentielle
dans un rayon de 10 mètres.
Un parfum d'œuf pourri sur son lit
de choucroute fermantée
règne dans l'air.
L'atmosphère nozéabonde créée par Bosse
atteint enfin les narines des gardiens de la smiche.
Foisards et bruchons sont alors pris de nozés
et ne peuvent que fuir devant la menace.
Mais Furman reste de marbre.
L'arme chimique semble inoffensive pour lui.
« Mais comment c'est possible ? »
se dit Charlie, stupéfait.
« Ok petit, je sais pourquoi t'es là.
Pas de bol pour toi, j'ai chopé le Covid il y a 3 mois.
J'ai toujours pas récupéré le goût et l'odorat.
Alors qu'est-ce que tu vas faire maintenant ?
Changer de pantalon ? »
Dès lors, Charlie comprend que son plan est un échec.
Mais il reste digne et garde son calme malgré la situation.
Il réfléchit déjà à un nouveau plan
alors qu'il retourne vers sa sœur et ses amis.
Joline, Thomas et Clément
mettent tout de suite leurs t-shirts sur leur nez
afin d'éviter une perte de connaissance.
« Joline est curée, » dit-alors.
« Ah ! Mais il va te changer Charlie, c'est horrible ! »
« Vous avez dit que ça allait me coûter.
Bon, c'est pas grave.
Le temps qu'on me sense mon pantalon
je vous propose d'escalader le mur au fond de la cour
qui donne sur celle des grands du Colèze.
Charlie se tourne alors vers Clément.
« Voilà ! On arrivera jamais à bouser le gros surmane nous-mêmes.
Va cercer ton grand-frère.
C'est un troisième.
Il ne devrait pas avoir de mal à les dégager de leur arbre.
» Clément n'a pas le temps de répondre
que Charlie, un brun incommendé par sa création collante,
se met à crier.
« Maîtresse ! Maîtresse !
Pantalon ! J'ai fait caca ! Maîtresse !
Maîtresse ! »
Et Mme Bunnel, la maîtresse de Charlie,
arrive se bouche en nez pour se retenir de vomir
à l'approche du petit maternel.
« Ah mon Dieu ! C'est atroce !
Mais qu'est-ce que tu as mangé, Charlie ? »
Elle prend Charlie sous son bras
et l'emmène aux toilettes pour le changer.
Sur le chemin, elle s'adresse à Mme Robert
en passant devant elle.
« Corinne ! »
Elle tousse en se retenant de vomir.
« T'as déjà senti un truc pareil ?
Oh ! Oh ma zette ! Mais qu'est-ce que c'est que ça ?
Oh ! »
Répond Mme Robert, prise de convulsion
et tentant elle aussi de retenir son repas
fraîchement avaler.
« Ah, Jolene, ton frère est dégueu ! »
Répondent demain, encore chamboulée par la scène
qui vient de se dérouler sous ses yeux.
« Euh ouais, grave.
Je me demande s'ils ne se sont pas trompés
quand ils ont diagnostiqué surdoui. »
Dis Jolene, désolé.
« Alors c'est juste un génie du tché-té qui pue,
parce que j'ai jamais senti un truc aussi puant.
»
Nos trois CE2 se dirigent maintenant vers le mur
qui sépare leur cours de celles du collège.
« Waouh ! C'est très haut quand même ! »
Remarquent Clément,
qui a bien compris qu'il allait devoir s'y coller.
« Ouais, ça doit faire deux mètres.
On va te faire la courte échelle. »
dit Thomas en préparant ses mains au pied du mur.
Jolene se place à ses côtés
et prépare elle aussi ses mains
afin que Clément puisse grimper au mur.
Mais il excite.
« Mais pourquoi ce serait moi d'abord ?
Thomas, t'as qu'à aller demander à ton frère,
c'est à lui la smiche. »
« Si on demande à mon frère,
il va me tuer et au final il la reprendra.
Elle tient 15h pas de smiche,
pas de fournite et pas de monde au l'orient.
« Ah ouais ? Et pourquoi mon frère
accepterait de venir nous aider ? »
Rétorque Clément.
« Bah t'as qu'à lui dire que les CE2
viennent de le filmer en train d'embrasser sa chérie
et qui vont mettre sa surpique-poque. »
Répond Jolene, bien inspirée.
« Ah ouais, parfait, il va devenir fou ! »
dit Clément avec enthousiasme.
Vaillant et motivé comme jamais,
il prend son pied gauche,
le pose dans les mains de Thomas,
puis son pied droit dans les mains de Jolene.
Et il se voit directement propulsé
sur le haut du mur
et peut ainsi se mettre à cheval
pour observer la cour des collégiens
et appeler son frère.
Mais soudain,
il se met à pousser
un long cri des froids.
« Ah ! »
Les collégiens se retournent vers lui
et tels des bêtes,
ils se mettent à crier sur Clément
pour alerter les surveillants de la cour.
« Hey, Madame !
Y'a une gueule que tu crées,
qu'est-ce qu'elle a de l'mur ?
Allez, dégueule, je me loge ! »
Effraigné,
Clément saute pour revenir au plus vite
auprès de Jolene et Thomas.
Il s'assoit contre le mur
alors que les hurlements des collégiens
s'atténuent.
Il a le visage blême
comme s'il avait vu un fantôme.
Il raconte alors à Jolene et Thomas
ce qu'il a vu.
Il est traumatisé.
« J'aurais jamais dû voir ce que j'ai vu.
Des centaines d'adolescents,
tous là,
à me regarder comme une proie sans défense.
Ils avaient tous des boutons
plein leur tête,
des rouges et des blancs
prêts à m'exploser au visage.
Certains avaient même un début de moustache.
C'était frayant.
On aurait dit des adultes avec une tête d'enfant.
Trop bizarre.
Des enfultes en fait.
Ouais, ou des al dents ?
Propose Thomas et Clément reprend.
Le pire, c'est leur appareil en métal dans la bouche.
Quand ils me criaient dessus,
je voyais des gros fils de baves partout,
collés sur leur vieille lèvre à moitié sèche.
Dégueu !
Mais non !
Le pire,
l'horreur suprême.
C'est ce que j'ai vu s'embrasser.
Avec leur appareil, c'était comme deux pièges à loups,
plein de boutons qui se font des bisous.
Et là,
il y a deux grosses lentes qui sortent de leur bouche,
pleines de baves pour se toucher
et se tourner autour.
Berc !
Comprend pas trop tout ce que j'ai vu.
Mais je crois que j'aurais pas dû.
Joline et Thomas sont deux aussi choqués
et dégoutés par le récit de Clément.
Berc !
Berc !
Berc !
Thomas ajoute alors fatalisme.
Ouais, mon frère, en pleine transformation lui aussi.
Et du coup, c'est ce qui nous attend tous d'ici quelques temps.
J'ai pas envie de grandir, moi.
Ah, foutu puberté.
Berc ! Berc ! Berc !
Thomas, ton frère s'en remela ça ou quoi ?
Clément, exténué sous le choc, s'excuse.
Je suis désolée, je peux pas y aller.
De l'autre côté, c'est le côté obscur.
Aucun enfant en reviendrait un d'aime.
Joline et Thomas s'assoient autour de Clément.
L'espoir de voir la bande annonce de la saison 3 du monde en l'Orient
paraît s'envoler à jamais.
Mais alors qu'ils sont tout trois à la tête dans leur genou,
un petit bonhomme tout frais fait son retour.
C'est boss comme il exige qu'on l'appelle.
Et vous, là ?
J'imagine que c'est toujours pas réglé votre affaire.
Les enfants ne répondent même plus.
Alors, j'ai peut-être un dernier plan pour vous, les gars.
Et toi, là ? Tu m'as vu, hein ?
Réponds, Joline. Fatigué.
Oui, Joline.
Et justement, on va avoir besoin de toi.
Est-ce que c'est l'arzant qui fait tourner le monde ?
Oui, c'est l'arzant.
À la surprise des CO2,
Charlie entame un dialogue avec lui-même
pour exposer sa pensée.
Est-ce qu'on a de l'arzant ?
Non, on n'a pas d'arzant.
Amance alors ! Comment on va faire ?
Mais c'est quoi d'autre qui fait tourner le monde ?
Hein ? C'est quoi ?
C'est l'amour.
C'est l'amour ?
Mais oui, c'est ça ! C'est l'amour !
Et le tonnis journal.
Il est amoureux de qui ?
Hein ? Tiens.
Il est amoureux de qui, Tony Furman ?
C'est pas moi !
Un petit silence s'installe
et Charlie reprend en s'adressant à sa sœur.
Zoline, il est amoureux de qui, Furman ?
À mon avis, il est amoureux de Louis Péché,
comme 100% des garçons de l'école.
Réponds, Joline. Un brin jalous.
Louis Péché.
C'est vrai qu'elle est zolie.
Par contre, va falloir graisser la pâte à quelqu'un
qui est dans sa classe.
Graisser la pâte, je montre pour ce que ça veut dire.
Réponds, Thomas.
Ça veut dire payer quelqu'un pour qu'il nous aide.
Vous connaissez un CM2 dans la classe de Louis Péché ?
Bah, il y a mon cousin. Il est bête comme ses pieds.
On n'aura même pas besoin de le payer.
Réponds, Clément.
Parfait. C'est l'allié idéal.
Reponds, Charlie. Concentré sur son stratagème.
Alors, ça va être plutôt simple.
Il est 13h30.
Notre objectif est d'éloigner le colosse Furman de l'Arbre
où se trouve la Smith.
Zoline, tu vas user de ta plus belle écriture
et noter sur des petits morceaux de papier
une fausse conversation entre Louis Péché et sa meilleure amie.
Le zore de petits mots qu'on s'envoie en classe
quand l'on la mettra à salle de tournée.
Allez, Zoline. Dessertes des petits morceaux de papier.
Zoline comprend ou veut en venir Charlie et s'exécute.
Elle sort de son petit sac à dos une feuille,
en déchire quelques morceaux et s'arme de deux stylos différents.
Un servira pour émiter l'écriture de Louise,
l'autre pour celle de sa supposée meilleure amie.
Et Bosse donne les conseils.
Sur le premier petit mot, tu vas écrire
Tony Furman et Sibbo.
J'aimerais tellement aller lui dire que je l'aime,
mais je n'ose pas.
J'ai peur de ne pas lui plaire.
Et sur le second, tu écris en s'envant ton écriture.
Mais vas-y Louise, tu es la plus belle de toute l'école.
C'est impossible qu'il ne t'aime pas lui aussi.
Et un dernier mot, tu reprends l'écriture de Louise
et tu mets, non, j'ai trop peur qu'il me rejette.
J'aimerais tellement qu'il vienne me voir à la rétrée de 14h45 tout à l'heure.
Je n'en peux plus d'attendre.
Je l'aime trop.
Et t'azoutes un petit cœur.
Clément, tu prends les mots et tu vas les donner à ton cousin.
Pourquoi mon cousin, tu ne comprends pas ?
Demande Clément d'hubitatif.
Tu vas dire à ton cousin d'aller voir Furman à la rétrée et de lui dire
« Hé Tony, j'ai saupé dans la poubelle les petits mots que les filles s'envoyant en classe tout à l'heure.
Regarde ! »
Et là, ton cousin lui donne les petits mots qu'on vient d'écrire.
Là, le gros Furman va s'enflammer d'amour,
oubliant totalement la Smith et se précipitera vers Louise Pécée.
Je me sars des deux autres zigothos et la Smith est à vous.
Jolene, ton frère est dingue, mais c'est un génie.
Déclarent Thomas, surpris par une telle idée maciavélique.
Allez, ça sonne dans deux minutes.
Lid, Clément, va voir ton cousin.
dit Thomas en reprenant espoir.
Ça y est, il est l'heure.
Les primaires élématernelles envahissent la cour de récréation.
Les trois mots d'ICM2, Furman, Fouazard et Bruxon, sont devant le grand chien.
Jolene, Thomas et Clément observent la scène,
tandis que Charlie, du haut de son toboggan,
voit arriver au loin le cousin de Clément,
qui s'approche de Tony Furman pour lui donner les petits mots.
« Eh, Tony ! » dit Evan, le cousin de Clément.
« Qu'est-ce qui a tête de neuf ? » répond sèchement Furman.
« Tiens, faut que tu regardes.
J'ai vu les filles qui s'envoyaient des mots tout à l'heure en classe.
Je les ai récupérées les mots dans la poubelle.
Eh, faut que tu les lises ! »
Furman déplie les boulettes de papier froissées
et se met à les lire, non sans difficulté,
à haute voix devant Fouazard et Bruxon.
« Tony Furman est si beau.
J'aimerais tellement aller lui dire que je l'aime,
mais je n'ose pas. J'ai peur de ne pas lui plaire.
« Wouah ! Louis, pêchez, amoureuse de toi, Tony ! La chance ! »
s'exclame Fouazard, surexcité par la révélation.
« La fin, Fouazard, on a deux autres. »
Et Tony continue la lecture des mots.
« Mais vas-y, Louis, tu es la plus belle de toute l'école.
C'est impossible qu'il ne t'aime pas lui aussi.
Non, j'ai trop peur qu'il me rejette.
J'aimerais tellement qu'il vienne me voir à la récré
de 14h45 tout à l'heure.
Je n'en peux plus d'attendre. Je l'aime trop.
« Wouah ! Mais c'est un truc de malade ! »
s'exclame Fouazard et Bruxon.
« Les mecs, elles m'aiment. Louis, pêchez, m'aiment. »
s'exclame alors Furman, d'un air haïurine.
« Je l'aime aussi. »
« Faut que t'ailles la voir, mec, faut que t'ailles la voir. »
dit Bruxon en sautillant d'excitation.
« Ouais, je vais. L'amour m'appelle des mecs.
« Wouah, il va empracer Louis Pêcher, j'allusine. La chance ! »
reprend Bruxon, électrisé.
Et Furman, plus abétique jamais,
foudroyé par l'amour,
le cœur à la fois palpitant et fragile,
comme celui d'un rongeur,
et léger, comme des oeufs battus en neige,
se met à marcher vers Louis.
Elle se trouve alors sous le préau
avec Coraline et Elisa, ses deux meilleurs amis.
Fouazard et Bruxon, au loin,
l'encourage avec entrins.
« Ouais, ouais, ouais, ouais, ouais, ouais, ouais ! »
Tony arrive devant Louis.
Il ne prend même pas la peine de demander à Louis
de venir lui parler discrètement
et se livre devant elle et ses deux amis.
« Louis ? »
« Euh, oui, Tony, tu veux quelque chose ? »
lui répond-t-elle, suspicious.
Tony n'adresse habituellement jamais la parole au fille,
et en général,
le contenu de ses propos se limite à la bagarre,
au foot et aux jeux vidéo.
« Louis, bah euh, voilà, je te déclare ma flamme,
mon système.
« MDR, mais qu'est-ce qu'il raconte ? »
se demande-t-elle en regardant Coraline et Elisa.
« Bah, j'ai vu les mots.
Je sais que tu m'aimes et t'avais peur de venir me voir.
Alors je suis là pour toi, ma princesse. Je t'aime aussi. »
Déclare Tony avec vigueur.
« Louis n'en croit pas ses oreilles.
Elle ne comprend vraiment pas ce qui se passe.
Elle regarde ses amis étonnés. »
« Mais what ? Attends, mais de quoi tu parles, quel mot ? »
s'interroge Louis.
« Bah, les mots que t'as écrit en cours,
le haut tu dis que tu m'aimes.
Mais MDR, j'ai jamais écrit mot comme ça à moi. »
Louis comprend alors
que Tony est victime d'un mauvais canular
et ne peut se retenir d'exploser de rire.
« Mais il est trop beau, toi ! »
Entraînant Elisa et Coraline dans un fourrière mythique.
L'énorme rigolade attire immédiatement
les regards de toute la cour vers le préau
où se trouvent les quatre élèves.
Tony réalise à son tour le ridicule de la situation.
Son visage devient rouge de honte.
Il transpire.
Les muscles de tout son corps s'affaissent d'un coup.
Et il s'effondre en pleurant comme un enfant de trois ans
qui fait une colère au sol.
Batant frénétiquement des pieds et des bras.
Il pleure tellement que son nez se met à couler.
Et plus il pleure, plus le fourrire se propage dans la cure
qui jubile de cette scène improbable.
Et plus les rires se propagent,
moins Tony arrive à calmer sa crise.
Il tente désespérément de garder un soupçon de dignité
en reniflant pour garder sa morce cachée dans ses arrêts.
Mais ses lèvres s'agit tellement à cause de ses semblots
et de la colère de la ongne
qu'il est contraint de ravaler par la bouche
des filets de crottes de nevisqueuses.
C'est l'humiliation ultime.
Pendant ce temps, Joline, Thomas et Clément
retiennent difficilement leurs sérieux,
mais restent concentrés sur leur mission.
Il est 14h50, la bande annonce du monde en l'Orient
est dans dix minutes à peine.
Il faut faire vite.
Il se tourne vers Charlie, qui est debout sur son toboccon.
Il ameute les maternelles autour de lui.
Ils sont 63 et l'écoutent avec beaucoup d'attention.
Et vous, là, n'êtes-vous pas lancée de ces adultes
qui décident pour vous ?
Ressentez cette colère qui depuis des années s'accumule
dans vos petits corps de maternelles
qui peut décider pour vous
si vous avez besoin ou non de ce bonbon succulent ?
Qui a le droit de vous priver de dessert ?
Parce que vous n'avez pas mangé vos brocolis
et vos sud-brusselles !
Souvenez-vous à Noël,
cette boîte de chocolat
qui trône sur un meubles depuis des jours
parce que vos parents ont décidé
qu'on ne mangeait qu'un chocolat ou deux à la fois.
Erezi, les amis,
tant qu'il y en a sous nos yeux,
on les manze jusqu'au dernier.
Une friandise,
tu la respectes,
tu l'aimes et tu la manges,
c'est tout !
Aujourd'hui est venu le jour
de l'opulence régalade
des bonbons par kilo
du chocolat en abondance.
Vous en rêvez ?
Eh bien les amis,
regardez au loin !
Charlie montre du doigt le chêne
où sont encore foieuses et bruchons,
embarrassés par leur ami Furman
qui jit toujours au sol.
120 huiles petits yeux déterminés
pointent vers le fond de la cour
dans la direction indiquée par Charlie.
Certains enlèvent même leur cachoy
pour mieux l'orner la scène.
Voyez ces deux idiots devant le grand arbre.
On dit qu'ils ont constitué
un véritable trésor de guerre
qu'ils cassent derrière cet énorme scène.
Une réserve de 40 paquets de sucettes,
2 kilos de langue de sain,
7 kilos de bandeau arc-en-ciel,
4 kilos de fil acid,
18 paquets de tronces cramées
et 29 boîtes de chocolat praliné.
Aujourd'hui mes amis,
nous n'aurons plus aucune limite.
Ce festin est à nous !
Et Boss, comment on va faire ?
Demande une minuscule voix
en retirant sa tétine de la bouche.
Très bonne question, Timothée.
Voyez leurs leaders zémir au sol.
L'amontable sème de tout morveux.
Ils ne sont plus que deux.
Nous sommes 64.
Si nous attaquons d'un coup,
nous allons les surprendre
et les déborder.
Comme l'eau, nous infiltrerons le moindre espace.
Impossible d'arrêter 64 guerriers.
Si petit soit-il,
ils ne nous arrêteront jamais
et devront s'avouer vaincus.
Les amis, c'est maintenant qu'il faut y aller.
Alors sortez vos petits muscles,
sauvez vos petits molets.
Nous devons être rapides comme les clairs,
asiles comme un fluide.
La foule de maternelle est déchaînée,
galvanisé par le discours de Charlie.
Les maternels lèvent tous leur tétine au ciel et scandent.
Et la troupe de maternelle s'élance vers le grand chêne.
Bonne soirée, à nous !
Comme une horde de zombies assoiffée de sucrerie et déterminée jusqu'à la mort,
on peut lire la force et la rage dans leurs yeux rougis, émus et remplis d'espoir,
suite aux discours de Boss.
Le grondement de la vague de Razmoket arrive aux oreilles de foieurs et bruchons,
mais d'usées, les institutrices n'en croient pas leurs yeux elles non plus, et constatent et faraient.
« Oh bah, qu'est-ce qui leur arrive ? » déclare Madame Bunel, impuissante et bougebé.
La vague des ferle dans un fracas épique sur la cour des primaires,
renversant sur son passage, c'est P, C1, CO2, CM1 et CM2.
Voyant la puissance infernale du mouvement initié par Boss, foieurs et bruchons
n'ont d'autre choix que de décamper au plus vite,
et fils se mettent à l'abri dans les toilettes, juste à côté.
Thomas se précipite rapidement jusqu'au grand chêne avant que les maternelles n'arrivent à lui et s'emparent de la smiche.
Il prend alors ses jambes à son cou et ses cartes de l'arbre d'un saut latéral conclut par une jolie roulade,
évitant de justesse le radmarée des maternelles.
Il rejoint Jolie et Clément, qui exultent.
« Ouais ! Merci Boss, vite, il est 15h ! »
Presque Clément.
« Des mains fourtignites, Thomas ! »
Thomas, encore essoufflé de son effort héroïque, s'empresse d'allumer la smiche et lance fourtnite.
Mais soudain, le visage de nos trois CE2 se décompose.
« Pas de wifi ! Amin, c'est... On n'allait pas penser à ça. »
dit Jolie en regardant l'écran de la console,
comprenant que tous ses efforts n'ont finalement pas servi à grand chose.
« Bon, ben on regardera ce soir sur YouTube si nos parents sont d'accord. »
dit alors Clément.
Finalement, Jolie, Thomas et Clément n'ont pas l'air si déçu de louper la bande-annonce du monde dans l'Orient en direct.
Nos trois CE2 sont surtout soulagés que toutes ces péripéties finissent bien et surtout avec la smiche.
Et pendant qu'ils fêtent leur demi-victoire,
on peut apercevoir dans la cour Charly détalée comme un lapin,
essayant d'échapper à la horde de maternelle, furieux, qui se retourne contre lui.
« Où sont les bobons ? »
« Manteurs ! Où sont les bobons ? »
« Arrêtez ! C'est un mal entendu ! »
« Ouf ! Ils avaient des sources fures ! »
« Je vous dis ! »
« Ils l'aventissent ! Où sont les bobons ? »
« Les bobons ! »
« Les bobons ! »
« Les bobons ! »
« Les bobons ! »

« Les bobons ! »
« Les bobons ! »
« Les bobons ! »
Voilà ! C'était « Les primaires »
histoire écrite par Raphaël Peltier,
« Réalisation et musique » signé Alexandre Ferréra,
avec la participation exceptionnelle de…
« Samuel »
dans le rôle de Clément,
« Et dans le rôle de Joïne Lola,
dans le rôle de Thomas Romeo,
et dans le rôle de Tony Nino,
Augul dans le rôle d'Arnold,
et dans le rôle de Louise Lili,
Alex dans le rôle de Kilian,
Lucie dans le rôle de Madame Robert,
et Sarah dans le rôle de Madame Vinelle.
Encore une histoire est un podcast produit par Benjamin Muller
et interprété par Céline Calman.
Et la très bonne nouvelle, c'est que cette histoire vient de sortir en livre,
vous pouvez la commander dès maintenant sur Amazon.
Et si vous êtes libraire,
n'hésitez pas à nous contacter sur notre compte Instagram.
« Les primaires »
« Les primaires »



« Les primaires »
C'était trop cool les primaires,
même zadore.
Même si ce mi-fure-mal,
il fait un peu, un petit peu peur
et quand il se dit,
« Eh, le seul gars, casse le mouet ! »

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Encoreunehistoire

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"Encore une histoire" est le podcast numéro 1 des familles. Il est dédié aux enfants (et à tous ceux qui gardent une âme d'enfant) qui aiment se laisser emporter par de belles histoires.Chaque semaine, découvrez une nouvelle histoire adaptée d’un grand livre de littérature jeunesse ou une création originale. Ce podcast, produit par Benjamin Muller, interprété par Céline Kallmann et réalisé par Alexandre Ferreira, célèbre l’art de raconter des histoires.

Retrouvez des personnages emblématiques comme la Nat’Eliott le dinosaure, ou Tomy le mouton. Explorez nos grandes séries originales telles que "Les vacances extraordinaires""Les enfants naufragés" ou encore "La classe de neige infernale", des sagas captivantes qui passionnent petits et grands.

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