Mon grand moi

Durée: 15m42s

Date de sortie: 13/04/2023

Comment les parents de Roméo peuvent-ils lui faire ça ? Il a dix ans ! Et il devrait se faire garder par une baby-sitter alors qu'ils sortent s'amuser ?! N'importe quoi ! Il est bien assez grand pour se garder tout seul ! Si seulement ils arrêtaient de le prendre pour un enfant !


Crédits : cette p'tite histoire a été écrite par Vero Cazot. Racontée par Karine Texier et Arnaud Guillou. Mix: Studio Module. Générique : Léa Chevrier. Illustration : Anthony Martin.

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Avant d'écouter votre histoire, je dois vous parler d'un endroit mémorable.
Imaginez.
Une maison cachée au cœur d'une forêt de pain, où les branches murmurent des secrets
au vent.
La plage semble s'étendre jusqu'au bout du monde, et des sentiers mystérieux serpentent
entre forêts et océans promettant mis la aventure à pied ou à vélo.
Cet endroit rêvait, c'est Seigneus, et j'ai pu y s'yjourner en réservant sur
AirBnB.
J'y ai passé d'incroyables vacances avec ma compagne, mes enfants et leurs meilleurs
amis.
Chacun avait son petit royaume, sa chambre.
Notre cuisine était comme une grande table de banquets où tout le monde se retrouvait.
Et, se riz sur le gâteau, on avait un jardin parfait pour papoter jusqu'au bout de la
nuit.
C'était un endroit idéal pour déconnecter et construire de super souvenirs pendant les
grandes vacances.
D'ailleurs, si on a fait un aussi bon choix, c'est grâce aux coutures voyageurs sur AirBnB,
qui nous ont permis de piocher parmi les logements que d'autres voyageurs avaient adorés.
Et maintenant, placez à votre petite histoire.
Les petites histoires de Tellming.
Aujourd'hui, Karine Arnaud vous vous raconter, mon grand moi, une histoire écrite par Vero
Caso.
Je n'en reviens pas que vous ayez fait ça.
Romeo, perle sèche, regarde ses parents comme s'ils étaient coupables de la plus
grande trahison.
Me faire garder par une babisiteur à mon âge.
Tu n'as que dix ans, Romeo.
Et tu es encore trop contagieux pour aller dormir chez tes amis.
Mais je vais bien.
Et je peux quand même me débrouiller tout seul pendant une soirée.
Bien sûr que tu peux.
Mais ce n'est pas parce que tu en es capable que nous pouvons te laisser seul à la maison.
Ah, vous préférez me laisser seul avec une parfaite inconnue ? Et qui vous dit qu'elle
ne va pas me torturer toute la soirée ou m'enfermer dans ma chambre pour faire la
fête et saccager la maison ?
Madame perle sèche regarde d'un air mi méfiant, mi embarrassé, la jeune femme qui
se tient debout dans l'entrée et qui assiste sans rien dire à la conversation.
Mademoiselle de Bonhtor a de très bonnes références.
Je suis sûr que tu t'entendras bien avec elle.
Romeo lève les yeux au ciel.
Ah, c'est son vrai nom ? Ça m'étonnerait.
Madame perle sèche attrape son manteau et le bras de son amoureux pour l'entraîner
vers la sortie.
Bon, oui, bien imposu, la question, nous on file.
On est en retard.
Amuse-toi bien.
Et qu'il ne se couche pas trop tard, mademoiselle.
La porte claque joyeusement et jette un froid dans le salon.
Romeo est rouge de honte et de colère, outré par la dernière remarque de sa mère.
Mademoiselle de Bonhtor sourit à Romeo et pose son énorme sac sur le canapé.
Merci de m'accueillir chez toi, Romeo.
Tu peux m'appeler Melina.
Elle fouille son sac d'un air concentré et en sort toute sorte d'objet qu'elle
éparpille autour d'elle.
Voyons, voyons, avec quoi préfères-tu être torturé ?
Un jeu de fléchettes, une corde à sursauter, des balles de jonglerir, des chaussons de
danse volcomique, oh je sais, des boules de pétanque puante.
Faites ce que vous voulez, je vais me reposer dans ma chambre.
Mais tu n'as pas peur que je sacage la maison en ton absence ?
Romeo hausse les épaules et commence à monter les escaliers.
Attends, il n'y a vraiment rien qui pourrait te faire plaisir.
Fais un vœu à n'importe lequel et je le réaliserai.
Romeo se retourne, exaspéré de voir Melina brandir une fausse baguette magique de son
sac.
Être grand pour faire ce que je veux et être enfin pris au sérieux.
La jeune femme pointe sa baguette magique dans différentes directions.
Grand comment ? Jusqu'aux toits de la maison ? Ou jusqu'aux figuets du jardin peut-être ?
Ah non, je sais, jusqu'à la lune.
Vous voyez, vous me traitez comme un gamin.
Romeo monte dans sa chambre en bouillonnant de colère et ferme la porte brouillamment.
En s'appuyant dos à la porte, il laisse échapper à un cri de douleur.
Quelque chose s'est écrasé sur son dos pile entre ses deux homoplates.
Il fouille dans sa capuche et trouve tout au fond une drôle de balle à poil long.
Décidément, il en a plein le dos de cette Melina.
Il jette la balle dans un coin de la pièce mais celle-ci rebondit sur l'armoire, puis
sur son bureau puis fonce sur le grand miroir avant d'atterrir sagement sur son lit.
Romeo regarde le miroir brisé et sa colère retombe d'un coup.
Il entend d'ici son père et ses superstitions.
« C'est temps de malheur, Romeo, vite, prends une pincée de sel et jette-la derrière ton
dos ! »
Et il imagine sa mère le regarder sans rien dire mais l'air de dire qu'elle lui avait
bien dit qu'on ne pouvait pas compter sur lui.
Romeo s'approche du grand miroir plus grand que lui.
L'impact au centre a formé une étoile d'araignée dont chaque branche coupe le miroir en tranches.
Il s'approche encore pour se regarder dans la glace et voit un homme en costume cravate
à sa place.
« Ah ! »
Romeo a reculé d'un pas en criant, l'autre a fait pareil.
Maintenant, chacun s'examine pour s'assurer qu'il est bien lui et non pas l'autre dans
le reflet du miroir.
L'homme en costume se met alors à rire, soulagé.
« Ha ! C'est toi ! J'avais complètement oublié ce souvenir ! »
Romeo ne comprend pas.
« Quel souvenir ! Ça vient juste d'arriver ? »
« Bah pour toi peut-être, mais pour moi, c'est arrivé il y a plus de vingt ans.
À l'époque, j'ai cru que j'avais rêvé.
« Vingt ans ? C'est encore une blague de cette babisiteur ? »
« Mais je t'assure que non.
Dans mon souvenir, ça ne dure pas très longtemps.
Alors, dépêche-en nous de parler.
« Je parle pas aux inconnus.
« Mais je suis pas un inconnus, je suis toi.
Je suis nous, quoi.
« Ha ! Ha ! Très drôle ! »
L'homme en costume approche sa tête du miroir pour montrer sa tignasse à Romeo.
« Regarde, on a le même épi sur la tête et la même mèche décolorée.
»
Il regarde l'autre de plus près, déformé et incomplé comme les pièces d'un puzzle qui aurait rétréci.
« T'es vraiment moi ?
Mais tu fais quoi dans ce costume ?
C'est pour un mariage ?
C'est pour un enterrement ?
C'est quand même pas ta tenue de travail ? »
« C'est pour !
Non pardon, je peux pas te le dire.
Je crois pas que ce soit une bonne idée de te prédire l'avenir.
« Bah qu'est-ce que tu fais là alors ?
Allez, quoi ?
Dis-moi ce qu'on est devenus.
T'es partie de la maison à quel âge ?
Tu vois où ? On a des chats, des chiens.
On fait quoi comme métier ?
Est-ce qu'on a continué de la guitare ?
Est-ce qu'on tient enfin deux beaux sur des skis ?
« Je peux pas te raconter ça.
Mais pourquoi ?
Si t'es moi, tu devrais faire ce que je veux.
Eh moi aussi, je fais ce que je veux.
Imagine que je te le dise.
T'aurais plus aucune surprise.
Tu devrais savoir que j'aime pas les surprises.
Crois-moi, je nous gâcherai la vie si je te l'apprédisais.
C'est ça qui est vertigineux, mais passionnant.
Tous les possibles que tu portes en toi.
Les possibles ?
Tu parles, j'ai le droit de rien faire.
Je crois que t'exagères.
Et toi ?
Il t'en reste encore des possibles ?
Peut-être un peu moins, mais oui, toujours.
On en a tant qu'on est vivants.
On peut toujours changer de vie à tout moment.
Apprendre de nouvelles choses, aimer de nouvelles personnes,
ou aimer mieux celles qu'on connaît déjà.
Eh, est-ce que je vois encore Violette et Momo ?
Tu as perdu de vue l'un des deux, mais tu l'as bien cherché.
Tu l'as complètement ignoré à ton arrivée au collège
parce que tu voulais pas te traîner avec des gamans.
Romeo voudrait protester, mais sans que le reflet dit la vérité.
Je suis désolé.
Et tu m'en veux de l'avoir fait ?
Un peu, mais j'aurais fait pareil à ta place.
L'homme pouve de rire.
Elle est pas mal cette blague, non ?
Tu devrais la noter pour plus tard.
Tu m'annonces que j'ai perdu un de mes deux meilleurs amis
et ça te fait rigoler.
Pardon, c'était y a longtemps, et c'est toi qui l'as voulu.
Et toi ?
Est-ce que tu as fait des mauvais choix aussi, parfois ?
Ça m'a arrivé, oui.
Mais est-ce que t'es heureux ?
Il y a des jours heureux et des jours tristes.
Des jours entre les deux.
Des jours où j'aimerais redevenir enfant
et retrouver mon insouciance.
Alors là, tu rêves.
Je suis soucieux en permanence.
Oui, c'est vrai.
Je le suis un peu moins que toi finalement.
Mais surtout, j'ai arrêté de penser à plus tard.
Tout va tellement vite.
Tu te rends pas compte, mais tu grandis un peu chaque jour.
Bientôt, tu seras devenu adulte
et tu auras passé tellement de temps à vouloir grandir
que tu n'auras aucun souvenir de ton enfance.
Tu ne te reverras qu'entre un d'attendre,
attendre, attendre que passe l'enfance.
Mais c'est parfois tellement long.
Les choses arrivent pas plus vite en les attendant.
Crois-moi, c'est même tout le contraire.
Je ne m'en aperçois qu'aujourd'hui
en te voyant de ce côté du miroir.
Je ne me souviens absolument pas de ce que tu as vécu.
De quoi tu voudrais te souvenir ?
Je ne sais pas moi.
Mes amis ont plein de souvenirs de leur enfance.
Des jeux, des balades, des bêtises
qu'il faut encore sourire en y repensant.
Moi aussi, j'ai dû faire plein de choses.
Mais toujours en pensant à plus tard,
sans en profiter pleinement,
sans être pleinement là.
Du coup, je ne m'en souviens plus.
C'est un peu triste, tu ne trouves pas ?
Peut-être, oui.
Alors, voilà, j'ai moi été demandé un service.
Je crois que c'est pour ça que je suis là.
Dis toujours,
est-ce que tu veux bien
me construire des souvenirs pour plus tard ?
Des moments où tu as regardé le monde
avec tes yeux d'enfant
et que tu ne l'as trouvé chouette
ou drôle, ou bizarre, ou même effrayant,
mais que tu as pu en sourire plus tard ?
Nous construire des souvenirs...
Enfin, des souvenirs.
Je veux bien essayer, mais...
L'enfant sursaut en entendant frapper à la porte.
Tout va bien, Omeo ?
À qui tu parles ?
Et à personne.
Le dîner est prêt, et je déteste manger toute seule.
J'arrive, dans une minute.
Omeo,
regarde le miroir brisé et n'y trouve plus que lui,
un garçon de 10 ans
au reflet décomposé en 1000 morceaux.
Hé,
tu es encore là ?
L'homme en costume a bel et bien disparu.
Omeo sort de sa chambre
et rejoint son invité dans la salle à manger.
La table est mise
et les assiettes sont magnifiquement présentées.
Comme dans un restaurant étoilé.
Ce genre d'endroits où ses parents
sont en train de dîner ce soir.
Et où il n'a jamais le droit d'aller
parce que ce n'est pas de son âge.
Lui qui s'attendait à un repas de bébé
s'en trouve
très impressionné.
La jeune cuisinière retire sa toque
et son tablier pour se mettre à table.
Ça ne te plaît pas ?
Si, si.
Omeo prend timidement
une première bouchée et grimace
de surprise.
C'est étrangement bon
et totalement déroutant.
Il tente alors
avec curiosité d'autres couleurs
et d'autres textures dans son assiette.
C'est si surprenant
qu'il ne saurait pas dire
si c'est délicieux
ou pas.
Les carottrapés ont un goût de poulet grillé,
les champignons,
une saveur de soufflé au marron,
les tomates cerises,
un bon goût de cookie.
Rien ne ressemble
à ce qu'il semble.
Romeo passe d'une surprise à une autre
avec un immense plaisir.
Ça, c'est sûr. Ça va lui faire un sacré souvenir.
À qui, Romeo ?
Le garçon réalise qu'il a
pensé à haute voix.
À mon grand-moi. Plus tard,
je me souviendrai de surpas.
Mais l'innasaurie.
J'avoue qu'il n'est pas aussi mauvais que je le voulais.
On s'est complètement ratés.
Et donc, complètement réussi, non ?
Oui, tiens raison.
Romeo se lève de table et rougit un peu.
Soudain, intimidé.
Est-ce que je peux...
Retourner dans ta chambre ?
Oui, promis, je ne t'embêterai pas.
Non, non, non. Est-ce que je peux
apprendre à jonglerir
et la danse folcomique ?
Mélanissourie,
les yeux brillants.
Avec joie, mon grand.
Voilà,
l'histoire est finie.
Avec l'équipe, on aimerait beaucoup que vous nous disiez
ce que vous avez pensé de cette histoire.
Dites-le nous par mail, à l'adresse
Hello, à rebasetelming.com,
sur Instagram, ou pour celles et ceux qui nous écoutent
sur Spotify, en cliquant sur le bouton
« Répondre » situé sur la page de l'épisode.
Merci d'avance. Je vous embrasse
et je vous dis à bientôt.
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Crédits : cette p'tite histoire a été écrite par Mathieu Genelle. Racontée par Karine Texier et Arnaud Guillou. Mix: Celsian. Générique : Léa Chevrier. Illustration : Remi Leblond.

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