Bonjour à toutes et à tous ! Aujourd'hui, vous allez découvrir l'épisode 3 de Paula
et l'album oublié. Comme tu as pu l'entendre dans le dernier épisode, écrire à ses grands-parents
c'est un peu magique. Avec Névéo, tu pourras même envoyer un journal tous les mois avec
des photos que tu auras toi-même sélectionnée. C'est très facile à faire et ton grand-parents
le recevra directement dans sa boîte aux lettres. Pour Noël, vous pouvez aussi offrir le coffret
cadeau qui a un superbe moyen de commencer l'aventure épistolaire. Ce coffret contient
une boîte de rangement que les grands-parents conservent pour églisser ensuite tout leur
journaux, la clé d'activation pour la famille, un exemple de journal pour mieux se rendre compte
de ce que c'est et plusieurs fiches explicatives. Pour découvrir ce coffret cadeau, rendez-vous
sur nevéo.io. Allez maintenant, on retourne à notre aventure avec Paula. Bonne écoute !
Il y a des souvenirs tellement bien cachés que tout le monde les a oubliés. Certains dorment dans le
recouin d'une boîte, d'autres attendent qu'on les regarde collés dans un album. Mais si tu
t'en l'aurais, tu pourras peut-être entendre tout au fond d'un grenier la drôle de riz tournel
des années passées. Un léger courant d'air fait bruisser les rideaux de la cuisine de Suzette.
Paula lève les yeux de l'album. Elle a la tête qui tourne et l'impression d'avoir perdu la notion
du temps. Du demain distrait, celle qu'araisse le gros chacosmos qui est affalée sur la chaise
d'à côté. Alban est assis en face d'elle à la vieille table en forni-carose de la cuisine.
Il se froide les yeux. Autour d'eux, la maison de Suzette est plongée dans le silence. Paula et
Alban ont insisté pour rester, ont traîné au moment du départ et finalement le train est parti sans
eux en direction de la ville. Suzette leur a installé des matelas dans le salon et Lisa dort sur le
canapé. « Il est tard, il devrait peut-être aller se coucher. » Sugérera Alban en étouffant un
baillement. « Oui, tu as raison. » acquiesce Paula. « Si l'impression qu'on ne trouvera rien de plus
ce soir de toute façon. » Mais aucun des deux enfants ne se lève. Il regarde les photos en noir et
blanc qui s'étalent devant eux. Sur chaque photo, la même petite fille avec ses boucles brunes et
les moules, elle pense qu'elle était enfant. Paula et Alban ont passé des heures à trier ces
photos. Un détail les intrigue. Sur chacune des photos, Suzette porte une médaille. À première
vue, on pourrait penser que cette médaille est toujours la même. Mais ce n'est pas le cas. Selon les
photos, elles changent. Parfois, c'est une ébellule, d'autrefois, un papillon. Paula passe sa main sur
les photos. « Ça n'a pas de sens. » Que Suzette porte la médaille papillon. C'est logique. Son initial, en S,
est gravé derrière. Mais pourquoi est-ce que sur ces quatre photos, elle porte la médaille avec
la libélule, alors que c'est un E qui est gravé derrière ? La porte de la cuisine s'ouvre et la
silhouette d'Alphonse se dessine dans l'entrebaillement. Il semble flotter dans un grand pyjama à
rio rose. « Bah alors, les petits touts, vous n'êtes pas au lit ? » On n'arrivait pas à dormir. « Ah,
c'est cette histoire d'album. Moi aussi, ça me tape sur le coco. Il y a un truc qui cloche. « Oui,
on a fait l'inventaire de toutes les photos. Il y en a quatre sur lequel Suzette ne porte pas la
bonne médaille. « Bon, je vais nous faire un petit lécho. On va regarder ça. » Alphonse verse du lait et une
grosse cuillère de miel dans une casserole et jette un coudœil aux photos. « Il y a quelque chose d'intrigant.
Sur les photos où elle porte le médaillon, il y a la libélule, Suzette n'a jamais plus de quatre
ou cinq ans. « Ah oui, c'est vrai. Peut-être que les annotations pourront nous aider. » Paula et
l'album fécouaient l'album pour retrouver les annotations correspondant aux photos. « Là,
celle-ci, c'est automne 1959, balade au bord du lac de... le reste est impossible à lire. L'encre a
la date. » « Celle-là, avril 1958. Enfin, je crois. La date est un peu effacée. » « Et celle-là est
pratiquement églisible. E, au mariage de cousin quelque chose, cousin Jean peut-être. Et la date
hôte 1959. » « Alors ça, c'est bizarre. T'es sûre que c'est écrit E ? Parce que c'est bien
Suzette avec ses bouclettes brunes sur la photo ? » « C'est peut-être un S. On ne voit pas vraiment
très bien. Non, quand même, ça ressemble à un E. » « Mais qui c'est E ? On en revient toujours au même point. »
Alphonse sert le lécho dans trois tas à fleurs. Cosmos lave une moustache et se glisse sur les genoux
de Paula pour venir renifler la tasse. « Bon, l'impression quand on tourne en rond les pittous. Et dans ce
cas-là, il faut sortir les grands moyens. Attendez-moi, je reviens. » Annonce Alphonse en sortant de la
cuisine. Paula et Alban se regardent et se demandent bien à quel moyen pense Alphonse. Celui-ci ne tarde
pas à revenir avec une petite mallette noire sous le bras. Il la pose sur la table et ajuste sur
son nez de petites lunettes à écaillidorer. « On dirait une mallette de gangster. » « C'est pas loin, c'est presque ça. »
Sourit Alphonse d'un air malicieux. « Ah mais il n'y a rien de dangereux au moins là-dedans. » S'inquiète
Alban. « Pour nous, non, bien sûr. Mais certaines personnes n'aiment pas ces genres de mallettes. » Alphonse
l'ouvre en composant un code et en sort un petit ordinateur noir. « Ouh, oui ben, juste un ordinateur en fait. »
Sous flalban soulagé. « Oui, c'est mon idée. Je l'ai surnommé comme ça et il peut faire de grandes choses. »
Paula regarde les doigts d'Alphonse qui pianote à toute vitesse sur le clavier. Des chiffres, des lettres et de
drôles de signe se reflètent sur les verres de ses lunettes. Une idée trotte dans la tête de Paula.
« Hé, dis Alphonse, qu'est-ce que tu faisais comme métier ? Elle y était cuisinier, mais toi tu nous as pas parlé de
ta vie d'avant. » « T'es une petite futée toi. » Sourit Alphonse en plongeant ses yeux gris dans ceux de Paula.
« Disons que j'ai fait pleine boulot dans l'informatique. J'ai travaillé un peu pour l'État, un peu pour des journaux,
un peu pour moi. » « Mais attends, t'étais pas un pterrate par hasard ? » Alphonse sourit.
« C'est un peu plus compliqué que ça. Il y a plusieurs formes de pirotage informatique. Moi, je n'ai jamais rien volé à personne.
J'étais plutôt ce qu'on appelle un lanceur d'alerte. Ce que je faisais, c'était d'enquêter sur les entreprises ou les personnes
qui sont de vrais bandits. Et ensuite, je laissais fuiter ces informations pour que les coupables se fassent pincer. Il y a eu
une ou trois scandales sur des entreprises ou des banques qui sont l'oeuvre de ma personne. Et je n'en suis pas peu fier.
« Ah ouais ! En fait, c'était une sorte de robin des bois des ordinateurs, quoi ! » « Ah ah ah ! Oui, on peut dire ça. Ah voilà,
j'ai trouvé ce qu'on cherche. Venez voir. » Fait Alphonse en tournant son ordinateur pour que les deux enfants puissent voir l'écran.
« Ce sont les actes de naissance de toutes les personnes de la famille de Suzette. Bon, normalement, il faut faire la demande aux archives pour les avoir.
Moi, j'ai pris un raccourci. »
Souris Alphonse avec Malis. Paula parcourt des yeux la liste de noms devant elle.
« Charlotte et Auguste, c'était ses parents. Mais il y a grand-parents donc. C'était écrit ici qu'ils ont eu une fille.
Oui, tu as raison. Suzette apparaît bien ici. »
« Si on remonte un peu plus haut, les parents de Charlotte s'appelaient Charles et Madeleine. C'était donc tes arrières arrière-grand-parents.
Et ils ont eu deux filles. Charlotte et... » « Et ? »
« Alors ça, c'est fichement bizarre. Son acte de naissance a été effacé. Il y a juste la date ici. 12 février 1922.
Mais c'est la même date de naissance que Charlotte. » « C'est vrai ça, alors. Elles étaient jumelles. »
Paula sent comme un brouillard dans sa tête. Elle a besoin de s'éclaircir les idées.
Elle prend une feuille et commence à tracer son arbre gêné à l'olique.
« Attendez, je résume. Mes arrières, arrières, grands-parents s'appelaient Charles et Madeleine.
Ils ont eu des jumelles. Mon arrière-grand-mère Charlotte et une autre, mais on ne connaît pas son nom.
Charlotte a ensuite donné naissance à ma grand-mère Suisette, qui a eu ma maman Lisa, qui m'a eu moi.
« Oui, c'est ça. Mais ça ne nous dit toujours pas qui était eux. »
« C'est vrai. Ce qui est encore plus le bizarre, c'est que là que de naissance,
la sœur jumelle de Charlotte a disparu des archives. Il va falloir que j'aille plus loin dans mes recherches.
Allez, zoos ! Oli les petits-tous. Moi, je vais en avoir pour un moment avec des idées. »
Paula hoche la tête. Elles se sont fatiguées. Tout s'embrouit dans sa tête.
Elle prend cosmos dans ses bras et se faux-file jusqu'au salon. Alban la suit.
Elles se couchent sur le vieux matelas et se glissent sous la couette.
Des photos en noir et blanc défilent devant ses yeux, de vieux documents jaunis par les années.
Son arbre généalogique avec des noms manquants.
Une libellule d'or traverse.
Et le ronronnement du gros chat couché à côté d'elle finit par l'endormir.
Un soleil d'hiver vient chatouiller la joue de Paula.
Elle peine à ouvrir les yeux. C'est déjà le matin.
Une odeur de chocolat chaud et de croissant flotte jusqu'à elle.
Paula se tourne vers le canapé où sa mère a dormi. Il est vide.
L'eau coule dans la salle de bain au bout du couloir. Lisa doit sûrement être à la douche.
Conflouille le pichou. Vous avez bien joué.
Demande Suzette en ouvrant les rideaux.
Trop beaucoup passé.
Marmonne Albon en rabattant sa couette sur ses yeux. Paula se redresse.
On a fait des découvertes jusqu'à tard dans la nuit de ma misète.
Alphonse nous a aidés.
Je sais. Il m'a raconté ça ce matin.
Et c'est pas fini.
Fait la voix d'Alphonse depuis la cuisine. Paula saute de son matelas.
Comment ça c'est pas fini ?
Demande-t-elle en courant vers la cuisine. Son cœur bat à 100 à l'heure.
Ali et Alphonse sont passés devant un café et un croissant.
Un grand sourire éclaire le visage d'Alphonse.
J'ai trouvé qui était la sœur Jumel de Charles.
J'ai eu de bien du mal. Elle était bien cachée.
Et alors ?
C'est une certaine Louise. Et apparemment, elle est toujours vivante.
Paula regarde sa grand-mère. Suzette à les yeux de travers,
la robe de chambre toute chiffonnée, mais elle n'a jamais semblé aussi heureuse.
Tu te rends compte ? C'est ma tante. La sœur Jumel de ma mère.
Et je ne sais rien belle. Et elle est toujours vivante.
Mais elle est née en 1922 ? Elle a... 100 ans ?
Oui, c'est incroyable. Si ma chérie n'en faisait pas des siennes, je serai au plapon.
Vous savez, quand les gens sont vivants, on pense qu'ils le resteront toujours.
On ne leur pose pas trop de questions sur leur vie, sur le temps passé, sur une besancette.
On se dit qu'on a le temps et puis un jour, ils ne sont plus là.
Et on s'aperçoit qu'on a un milliard de questions et de choses qu'on aurait voulu savoir.
Alors là, avoir une tante de 100 ans qui est toujours vivante, c'est une chance immense.
Je veux leur rencontrer et je veux tout connaître de sa vie.
Mais oui, tu as raison. Moi aussi, je veux la connaître.
Et peut-être qu'elle pourra nous dire qu'il y a eux. Où est-ce qu'elle habite ?
C'est là que ça se complique l'éloustique. La dernière trace que j'ai d'elle, c'est au fin fond de l'Écosse.
A village nommé Plokton.
Eh ben, allons-y, qu'est-ce qu'on attend ?
Tu veux que je prenne des billets d'avion ?
Ah non, pas ce coup de la mort. Non, non, non.
J'ai ce qu'il faut dans mon jardin pour voyager tranquille.
Paula sent son coeur qui fait un bon dans sa poitrine.
Attends, mamisette. Tu veux dire qu'on va y aller dans ton bus ?
Et comment ?
Paula est tellement heureuse qu'elle préverse la cuisine, ouvre grand la porte et sort au courant dans le jardin.
Piennu dans l'herbe, elle jette les bras en l'air et crie.
Voyager dans le bus de sa grand-mère, c'est son rêve.
Elle le regarde, qui se tient devant elle avec sa peinture un peu écaillée et ses gros farjones.
Et elle s'imagine sillonner les routes de l'Écosse à la recherche de ses ancêtres.
Avec mamisette et moi, les secrets de famille n'ont qu'à bien se tenir.
Pense-t-elle le coeur en fait ?
...
Vous venez d'écouter une histoire d'envoler comptée, une création originale écrite par Lucille Petit.
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À très vite !