Avant d'écouter votre histoire, je dois vous parler d'un endroit mémorable.
Imaginez.
Une maison cachée au cœur d'une forêt de pain, où les branches murmurent des secrets
au vent.
La plage semble s'étendre jusqu'au bout du monde, et des sentiers mystérieux serpentent
entre forêts et océans promettant mis la aventure à pied ou à vélo.
Cet endroit rêvait c'est Seigneus, et j'ai pu y s'yjourner en réservant sur
AirBnB.
J'y ai passé d'incroyables vacances avec ma compagne, mes enfants et leurs meilleurs
amis.
Chacun avait son petit royaume, sa chambre.
Notre cuisine était comme une grande table de banquets où tout le monde se retrouvait.
Et, se riz sur le gâteau, on avait un jardin parfait pour papoter jusqu'au bout de la
nuit.
C'était un endroit idéal pour déconnecter et construire de super souvenirs pendant les
grandes vacances.
D'ailleurs, si on a fait un aussi bon choix, c'est grâce aux coutures voyageurs sur AirBnB,
qui nous ont permis de piocher parmi les logements que d'autres voyageurs avaient adorés.
Et maintenant, placez à votre petite histoire.
Les petites histoires de Tellming.
Aujourd'hui, Carine Arnaud vont vous raconter une dernière danse, une histoire imaginée
par Verocazo.
Pauline ouvre grand les fenêtres et les volets durent être chaussés.
Des nuages de poussière se mettent assintillés dans le salon.
La maison n'avait pas pris l'air ni vu le jour depuis la mort de sa grand-mère
l'hiver dernier.
L'espace d'une seconde, Pauline croit voir la vieillidame dans le fauteuil où elle
lisait ses revues de voyages et de cuisine.
Il y en a à des piles gigantesques, de quoi faire plusieurs fois le tour du monde et
cuisiner pour un bon millier d'années.
Le père de Pauline se retrousse les manches, comme pour chasser l'amoureuse et l'ambiente.
Commençons par mettre tout ce bazar dans des cartons, puis on ira trier la bibliothèque.
On est vraiment obligés de vendre la maison.
On pourrait continuer à venir pour les vacances.
Une maison a besoin d'une présence toute l'année, sinon elle se renferme et décrépit
très vite.
Pauline s'assombrit.
Comme mamie.
Commença mamie.
Ta grand-mère n'était pas seule et encore moins renfermée.
Pauline n'est pas convaincue.
En dehors du chien et de quelques souris, elle n'avait jamais vu personne dans cette
maison même quand elle y restait quelques jours à Noël ou en été.
Elle était sûre que sa grand-mère s'ennuiaient à mourir dès qu'elle l'a quittée.
Une fois s'élève au deuxième étage.
Pauline ! Tu peux monter s'il te plaît ?
J'arrive.
Pauline quitte ses chaussures pour monter à l'étage et entre dans la chambre de sa grand-mère,
le coeur serré.
C'est ici qu'elle l'a vu, la toute dernière fois, les yeux fermés, déjà plus vraiment là.
Elle sèche une larme et sourit en regardant sa mère empilée plusieurs chapeaux sur sa tête.
Regarde si tu veux garder quelque chose en souvenir.
C'est quoi toutes ces robes et ces chapeaux ?
Ça me rappelle pas du tout mamie.
Je l'ai jamais vu porter autre chose que cette jean et ses vieux tricots.
Ah oui !
Qu'est-ce qui se passe ?
Pauline vient de recevoir un coup sur le pied.
Elle regarde sous le lit et trouve une paire de chaussures rouges à talons.
Est-ce l'une d'elle qui vient de lui donner un coup ?
Impossible.
Elles sont jolies ces chaussures.
Oui mais je pense qu'elles sont trop grandes pour toi.
Pauline les essaye.
Ces pieds nagent un peu à l'intérieur mais après avoir fermé la bride et fait quelques pas,
elle découvre que les chaussures sont pile à sa pointure,
sans bien savoir si elles ont rétrécis d'un coup
ou si ce sont ces pieds qui vont soudain grandir.
Et quand elle commence à tournoyer dans la pièce en dansant,
elle est incapable de savoir si c'est elle ou les chaussures
qui en ont eu envie.
Tu peux t'arrêter de danser et m'aider à trier s'il te plaît ?
Non.
Apparemment Pauline ne peut pas s'arrêter de danser.
Elle a l'étrange impression que les chaussures de sa grand-mère n'en font qu'à leur tête
et ont pris le contrôle de ses pieds.
Pardon maman mais je peux pas m'en empêcher.
J'apprécie ta bonne humeur hein,
mais il nous reste encore beaucoup de rangements à faire
et ah ah tu me donnes le tournis.
Pauline tente de s'asseoir sur le lit pour retirer les chaussures
mais celle-ci l'entraîne dans une pirouette arrière
et se mette à trotter vers la sortie.
La jeune fille n'a d'autre choix que de les suivre
et de dévaler les escaliers avec elle.
Euh je vais prendre l'air maman je reviens.
D'accord, va te dégourir les jambes, on se débrouillera sans toi.
Pauline se retient à tout ce qu'elle peut
pour reprendre le contrôle de ses pieds et de la situation.
Mais les chaussures continuent de l'attirer dehors avec détermination.
Elle préverse le jardin,
passe le portillon puis tourne les talons
en direction de la maison voisine.
Un adolescent de son âge cueille des cerises dans la cour.
Oh salut Pauline, tu viens d'arriver ?
Tu restes combien de temps ?
Tu veux des frises ?
Pauline Rougis c'est bien sa veine de croiser Basile pile
quand elle ne peut pas s'arrêter.
Salut Basile, oh merci mais je suis pressé.
Le jeune garçon est vexé
et un peu surpris de l'avoir passé son chemin.
Où est-ce que tu cours comme ça ?
Je sais pas.
Tu sais pas où tu vas mais tu peux pas t'arrêter de diminuer
pour discuter sympa.
Pardon Basile, j'adorerais parler avec toi
mais ce sont mes chaussures que je porte au pied.
Elles veulent pas s'arrêter.
Très drôle, c'est bien la pire excuse qu'on a inventé pour m'éviter.
Je n'évite rien et je n'invente rien.
Suis-moi si tu veux, je t'expliquerai.
Basile commence à la suivre en pressant le pas.
J'ai trouvé ses chaussures dans la chambre de mamie.
J'ai voulu les essayer
et depuis je n'ai plus le contrôle de mes pieds.
Je crois qu'elles veulent aller quelque part alors je les suis.
Alors tu crois qu'elles sont hantées ?
Je sais pas.
Ou peut-être qu'elles ont juste la boujotte
mais en tout cas elles savent où elles vont.
Et bah dans ce cas, allons voir où ça nous mène.
Tu me prends pas pour une folle.
Ah si, mais je m'en voudrais te laisser
seul avec des chaussures hantées.
C'est gentil.
Basile, Pauline et les chaussures rouges
traversent la chambre.
Les chaussures s'arrêtent au galop les rues du village.
Pas facile de courir avec des petits talons sur les pavés.
Ça résonne, comme les sables d'un cheval
et Pauline manque de se tordre la cheville
plus d'une fois.
Et puis soudain, les chaussures s'arrêtent
en frais dans six beaux skements
que Pauline tombe à la renverse
dans les bras de Basile.
Pardon, merci Basile.
Un vieux monsieur très élégant
passe à côté d'eux
et remarque les chaussures de Pauline.
Jolies chaussures.
Dépêchez-vous l'entrée
et dans la petite impasse de notre côté.
Bonne chance.
D'un coup de talon, les chaussures
ainsi que Pauline et Basile
se remettent à courir dans la direction
indiquée par le vieil homme
jusqu'à l'impasse qui mène
au grand gymnase.
Une jeune femme
hache-fal sur la ponctualité
les accueille d'un air légèrement agacé.
Allez vite vous inscrire, on allait fermer le guichet.
C'est inscrire pourquoi exactement ?
Pauline est prête à faire demi-tour.
Mais les chaussures sont déjà au pied du guichet.
On prend vite les noms
des deux retardataires, on leur colle un numéro
24 sur la poitrine et hop !
On les pousse sur la piste.
Autour d'eux,
une bonne quarantaine de personnes
habillées comme pour aller au bal sont en train de s'échauffer
et de réviser leur patte dense.
Ils portent tous des numéros
sur la poitrine à l'endu 1
ou 23.
Et ils ont tous l'âge de nos grands-parents.
Qu'est-ce qu'on fait là, Pauline ?
T'as vu ?
Les dames, elles portent toutes des chaussures rouges.
Et c'est tout ce que tu remarques.
Ils sont en train de se préparer à...
Basile devient
tout rouge.
Dis, t'as inventé cette histoire de chaussures
pour me trader jusqu'ici.
C'est quoi ce rac-mar ? Je sais pas danser, moi.
Hé, oh !
Je te promets que je suis pour rien.
Moi non plus, je sais pas danser et j'en ai aucune envie.
Une musique entraînante démarre.
La lumière devient plus forte.
Et tout le monde se met à danser.
En panique totale,
Pauline attrape la main de Basile.
Vite, partons d'ici.
Naturellement,
les chaussures ne leur laissent pas le choix.
Elles connaissent les pas à la perfection
et commencent à mener la danse.
Basile tient toujours la main de Pauline
et sent, comme un petit courant,
le traverser du bout des doigts jusqu'au pied.
La magie des chaussures
s'empare du jeune garçon
qui se met à danser avec Pauline avec beaucoup d'entrains.
Un autre morceau démarre,
puis un autre,
et encore un autre,
membo, étango, vals et salsa.
Les chaussures connaissent toutes les danses.
Les deux amis n'ont qu'à suivre le rythme
et se laisser porter.
Pauline ne s'est jamais sentie aussi légère.
Elle croit même entendre
un instant le rire de sa grand-mère.
Elle pourrait s'envoler
si Basile ne lui tenait pas les mains.
Lui aussi a l'air de bien s'amuser.
Ils n'ont pas du tout vu
le temps passé quand la musique s'arrête pour debout.
Ils lâchent leurs mains.
De nouveau, un peu gênés.
Tandis que les participants se précipitent vers le buffet
pour boire des litres d'eau
et ce gavite petit gâteau.
Un pote-diom est installé sur la piste
et un homme au moustache argenté
tapote sur son micro
qui se met à siffler
et à casser les oreilles de toute l'assemblée.
Pauline et Basile sont encore sonnés
et sur un petit nuage
cours d'animateur appellent les concurrents sur le podium.
Ils voient un premier duo
monter sur la troisième marche
puis un second monter sur la deuxième
et puis l'homme moustachu
invite le numéro 24
à les rejoindre.
Pauline vérifie le numéro
à graffer sur la chemise de Basile
sans trop y croire.
On a gagné !
Basile blémit, tandis que tous les regards
se tournent vers eux.
Vas-y tout seul, moi j'ai rien fait moi.
Pauline donne malgré elle
un petit coup de pied à Basile.
Pardon mais les chaussures ne sont pas d'accord.
Fouillez-les ensemble.
Les deux jeunes vainqueurs montent
sur la première marche du podium
sous les applaudissements des uns
et l'indignation des autres.
Certains concurrents
sont furieux que deux gamins leur évolaient la vedette.
D'autres sont plutôt contents
de voir un peu de 109 dans leur compétition.
Ils remportent une médaille dorée
et un énorme bouquet de fleurs.
Le vieil homme élégant
rencontré dans la rue
est parmi les spectateurs
et vient les féliciter.
Ces yeux pétillants surit à Pauline.
Tu es la petite fille de Lucette, n'est-ce pas ?
Vous me connaissez ?
Elle m'a souvent parlé de toi
et tu danses comme elle.
Vous êtes un amie de ma grand-mère ?
Oui
et son partenaire de danse.
On est montés sur ce podium
ensemble, c'est dit,
les dernières années.
Pauline allait l'arme aux yeux.
Je savais pas que Mamy dansait si bien.
C'était
la meilleure
et tu es sa dignité.
Les yeux pétillants du vieil homme se tournent vers Basile.
Toi aussi, jeune homme,
tu m'as impressionné.
Oh, j'y suis pour rien, monsieur.
J'ai fait que suivre ma partenaire.
Pauline se confie
d'un air embarrassé au vieil homme.
En fait, il faut qu'on vous dise,
en réalité, ce sont les chaussures de Mamy
qui ont gagné.
Le vieil homme se met à rire avec tendresse.
Oh, oh, oh, oh, je veux bien croire
que l'esprit de Lucette
soit passé par là.
Mais
les chaussures n'auraient rien fait sans vous.
Ah oui, vous croyez ?
J'en suis sûr.
Sur le chemin du retour,
Pauline réalise que les chaussures rouges
sont redevenues calmes
et dociles, comme une paire
de chaussures ordinaires.
Elle est à la fois soulagée
et un peu déçue.
Je crois que Mamy
est parti pour de bon.
Tu pourrais peut-être la refaire danser
l'année prochaine.
Pauline sourit à cette idée.
Mais si les chaussures ne mettent plus ?
Mais t'entends Lucette en amie ?
Je crois que ta grand-mère t'a transmis son talent.
Le talent ne suffit pas.
Il me faut de l'entraînement et
un bon partenaire.
Tu veux bien t'entraîner avec moi ?
Ouais, même sans chaussures, t'as été super.
Je pourrais pas remporter ce concours
sans toi.
Tu crois ?
Alors euh...
d'accord, on s'entraînera à distance ?
Ouais, et je pourrais peut-être
venir te voir pendant les vacances ?
Basile à pièce avec un large sourire.
Je vous ai pas te le demander.
Pauline sent
comme un petit frisson dans les pieds.
Dis, ça t'embête
de faire un détour par le cimetière ?
J'aimerais déposer ces fleurs à m'amie avant de rentrer.
Excellent idée.
Je crois qu'elle les a bien méritées.
Voilà, l'histoire est finie.
Avec l'équipe, on aimerait beaucoup
que vous nous disiez ce que vous avez pensé de cette histoire.
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Merci d'avance.
Je vous embrasse et je vous dis à bientôt.
Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org