Lila et les sales gosses - épisode 4 - L'examinateur

Durée: 13m10s

Date de sortie: 08/06/2023

Voici le quatrième épisode de Lila et les sales gosses : notre nouvelle série imaginée par Thomas Le Petit-Corps.


Comme tous les jours depuis deux semaines, je suis rentrée du collège et je me suis enfermée dans ma chambre. Pour jouer en cachette à des jeux vidéos ? Pour me plonger dans un livre trop cool ? Pour commencer la bande dessinée que je veux faire depuis des années ? Même pas…


Crédits : cette p'tite histoire a été écrite par Thomas Le Petit-Corps. Racontée par Karine Texier et Arnaud Guillou. Mix: Celsian. Générique : Léa Chevrier. Illustration : Zaza la Colombienne.

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Avant d'écouter votre histoire, je dois vous parler d'un endroit mémorable.
Imaginez.
Une maison cachée au cœur d'une forêt de pain, où les branches murmurent des secrets
au vent.
La plage semble s'étendre jusqu'au bout du monde, et des sentiers mystérieux serpentent
entre forêts et océans promettant mis la aventure à pied ou à vélo.
Cet endroit rêvait, c'est Seigneus, et j'ai pu y s'yjourner en réservant sur
AirBnB.
J'y ai passé d'incroyables vacances avec ma compagne, mes enfants et leurs meilleurs
amis.
Chacun avait son petit royaume, sa chambre.
Notre cuisine était comme une grande table de banquets où tout le monde se retrouvait.
Et, se riz sur le gâteau, on avait un jardin parfait pour papoter jusqu'au bout de la
nuit.
C'était un endroit idéal pour déconnecter et construire de super souvenirs pendant les
grandes vacances.
D'ailleurs, si on a fait un aussi bon choix, c'est grâce aux coutures voyageurs sur AirBnB,
qui nous ont permis de piocher parmi les logements que d'autres voyageurs avaient adorés.
Et maintenant, placez à votre petite histoire.
Aujourd'hui, Karine Arnaud vont vous raconter le quatrième épisode de Lila et les Salsgosses,
la série imaginée par Thomas Le Petit-Cor.
Il s'intitule « L'examinateur ».
Comme tous les jours depuis deux semaines, je suis rentrée du collège et je me suis enfermée
dans ma chambre.
Pour jouer en cachette à des jeux vidéo, pour me plonger dans un livre trop cool,
pour commencer la bande dessinée que je veux faire depuis des années, même pas.
Je suis restée juste allongée sur mon lit à fixer le plafond en repensant à la manière
dont Samuel mignore depuis qu'elle a découvert mon secret.
Oui, mon père, c'est le directeur de l'usine à Salsgosses.
Et alors ?
Bon, c'est vrai que j'aurais dû le dire depuis le début.
Mais c'est pas la peine d'en faire tout un pâtaquès.
À cause de ça, plus personne ne me parle au collège.
A part Bernard.
Le côté positif, c'est qu'à force de ne causer qu'avec lui, je vais devenir incollable
sur tous les modèles de tracteur.
Tiens, papa et maman rentrent du travail.
Ah, c'est marrant, ils discutent à voix basse.
Hmm, c'est louche.
J'ai trop envie de savoir ce qu'ils disent maintenant.
Je quitte mon lit et j'en trouverai la porte de ma chambre.
Calme-toi.
Mais tu te rends pas compte, hein ?
Quand il va voir toutes les sautises que sont capables d'inventer nos élèves,
il va devenir fou !
Et alors, c'est pas si grave.
Monsieur Thériine est l'examinateur le plus sévère de l'académie.
Si un établissement ne respecte pas ses règles, il le ferme.
Et ça pourrait très bien arriver à notre collège.
Fermez l'usine à Salsgosses, mais il a pas le droit.
Et tu devrais voir l'ambiance en salle des profs depuis qu'ils ont appris qu'il arrivait demain.
Ils ont tous le moral dans les chaussettes.
C'est vrai que depuis quelque temps, Monsieur Loufette, historien passionné, se trompe dans les dates.
Mme Fuzin, l'enseignante d'art plastique, ne peint plus que des tableaux noirs.
Et Monsieur Clopio, notre prof de sport, est encore plus fainéant que d'habitude.
Non, cette fois c'est vraiment risqué.
Le collège pourrait bien fermer ses portes pour de bon.
Quand j'entends la voix de mon père trembler comme si elle avait froid,
je sais que je dois lui filer un coup de pouce.
Mais en repensant au Salsgosses et à leur désir de faire n'importe quoi,
je vois mal comment m'y prendre.
Le lendemain, je retrouve Bernard dans la cour.
Comme d'habitude, Samuel est là, mais elle fait comme si je n'existais pas.
Remarque, je crois que je préfère ça que les regards noirs que me jettent les autres élèves,
parce que je suis la fille du directeur.
Je leur raconte ce que j'ai appris hier, et Bernard écarquille les yeux.
M. Pâté veut fermer Lucine ?
Mais s'il fait ça, on sera séparés à tout jamais ?
M. Terrine, mais ouais, il y a des chances.
C'est horrible ! Sam, t'entends ce que dit Lila ?
Hein ? C'est qui Lila ?
Ah mais vous êtes pénibles, à plus vous adressez la parole !
Hé, j'y suis pour rien moi.
Tu sais Bernard, dès que je m'aperçois que quelqu'un est une menteuse,
je l'oublie instantanément.
Ah, c'est pas de ma faute, hein, c'est mon cerveau qui est comme ça.
Il faut bien qu'il serve à quelque chose, ton cerveau.
Bon, puisque vous êtes deux grosses têtes de mûle,
incapables de prendre une décision ensemble,
on a qu'à réunir les chefs de clan.
Ha ! Chaque fois qu'ils discutent d'un problème, la situation ça grave.
De quoi vous parlez ?
De... Ah, non, j'ai rien entendu.
Ah là, vous commencez à me courir sur le haricot.
Dans l'usine Asselgoss, il existe quatre clans.
Les plus connus, ce sont les Cador, les Caïdes du Collège.
Mais il y a aussi les fabricants qui regroupent les élèves
qui construisent des cartables double fonds,
des lance-chataines et des claques-d'oie feux d'artifice.
Il y a les tricheurs qui inventent des tas de façons
de ne pas apprendre leurs cours, et le dernier,
euh, mince, comment on les appelle déjà ?
Je sais pas à qui tu parles, hein.
Mais le dernier clan, c'est celui des dispensés.
Eux, ils passent plus de temps à l'infirmerie qu'en cours.
Bon, vu la situation, on tente le coup.
Bernard m'emmène jusqu'à un garçon aux allures de sorciers des campagnes
qui se trouvent près du grand sapin qui domine la cour.
Après lui avoir expliqué ce que nous voulons faire,
il hoche la tête et porte ses mains à sa bouche.
Un curieux sifflement s'échappe.
C'est le signal d'oraliment des clans.
Une minute plus tard, Big Ben, le chef des Cador,
clara la futée, la bosse des fabricants,
Jimmy Roulard, le meneur des tricheurs,
et Dorianne Tamalou, la patronne des dispensés, nous rejoignent.
À moi de jouer.
Si nous vous avons réuni, c'est parce qu'aujourd'hui,
un examinateur, M. Terrine, va venir dans l'usine à Salgos.
Et si on fait n'importe quoi, il peut fermer notre collège.
Jimmy Roulard est le premier à prendre la parole.
On aura mais plus besoin de tricher comme ça.
Puis c'est Clara, l'ingénieur en chef qui surenchérie.
On pourrait passer notre temps à fabriquer tous les gadgets qu'on veut, le pied.
Avant d'être suivi par Dorianne.
On aurait même plus besoin de trouver des excuses pour louper les cours.
C'est mortel.
Non, si Terrine ferme l'usine, tout ce qu'on va gagner,
c'est de se retrouver dans des collèges créniauses
qui seront beaucoup moins sympa qu'ici.
Big Ben me dévisage de la tête au pied.
Je crois surtout que ton plan,
c'est un moyen que ton directeur de père a trouvé pour qu'on se tienne à carreau.
Mais on n'est pas complètement idiot, hein.
Et je vois Clare dans ton jeu.
Hors de question pour moi de tomber dans ton panneau.
Hein ? Mais non !
C'est pas ça du tout, ça...
Je n'ai pas le temps de continuer
que déjà les quatre chefs de clan me tournent le dos et s'en vont.
Dépité, je m'assois par terre à côté du garçon Chaman
qui médite les yeux fermés.
Même Samuel semble désolé pour moi.
Et pour couronner le tout,
j'entends la voix de mon père dans les haut-parleurs installés dans la cour.
Mes chers élèves,
Monsieur Terrine, l'examinateur de l'académie vient d'arriver dans notre beau collège.
Toute la journée, il passera de classe en classe pour s'assurer que tout va bien.
Je vous prie de lui réserver le meilleur accueil qui soit.
En termes d'accueil, les salles gosses s'affairent.
Comme les chefs de clan ne m'ont pas cru,
ils décident de faire tout l'inverse
et de mettre les bouches et doubles en matière d'idiotie.
Courses de chariot de self, concours de tir de lance boulette,
record de monde à l'infirmerie,
bouchage de toilettes en salle des profs,
et pour couronner le tout, grève générale de l'apprentissage,
ce qui ne change pas vraiment grand chose à l'attitude des élèves en classe.
Toute la matinée, peu importe où Terrine pose les yeux,
une bêtise est faite.
L'examinateur, grand, mince et chauffe comme un genou,
note tout ce qu'il voit dans son carnet.
Il est tellement furax, sa mâchoire est si crispée
qu'il n'arrive plus à parler.
C'est la giga kata !
Sur la pause du midi, alors que les salles gosses fiers d'eux
se dirigent vers le selfe,
j'aperçois Terrine et nos professeurs entrer dans le bureau de mon père.
Discrètement, je les suis pour écouter leur conversation
par la porte restée entre ouvertes.
Je n'ai jamais vu un gentil pareil.
Ce ne sont pas des élèves que vous avez, mais des sauvages.
Même dans un cirque, il n'en voudrait pas.
De toute ma carrière,
c'est la première fois que j'assiste un tel désastre.
Mais, ce qui est bien,
c'est qu'avec tout ce que j'ai vu ce matin,
je vais, enfin, pouvoir fermer ce toddy que vous appelez collège
et ces mauvaises graines ne perturberont plus l'éducation nationale
et finiront en prison.
De toute façon, c'est là qu'ils ont leur place.
Ah, j'y crois pas.
Ce type est vraiment aussi affreux que ce qu'il y paraît.
Si seulement les salles gosses pouvaient entendre ça,
peut-être qu'ils m'écouteraient à la fin.
Hé, mais c'est une idée, ça.
Je jette un coup d'œil autour de moi.
Près de l'entrée du hall, je vois Clara la futée,
la chef des fabricants.
Je fonce vers elle.
Clara, t'as une sable à canne à me prêter ?
Euh... si, c'est pour que tu me balance à ton père, je crois pas, non ?
Ah, mais arrêtez un peu, je suis pas une fille fille à mon papa qui va tout répéter.
Bon, tu me passes une sable à canne
et en échange, je te donne accès à la réserve de fournitures du collège.
Quoi ?
Tu veux dire là où on trouve les marqueurs indélébiles,
les peaux de blanco, de 2 litres et les tubes de col géant ?
Oui, c'est ça.
Ah, vendu !
J'attrape l'invention de Clara et je retourne devant le bureau de mon père
où Terrine n'en finit plus d'engueurlandais nos profs.
Sarbac en embouche, je vise, j'ajuste et...
le projectile s'envole, travers toute la pièce et Bingo !
Il vient se cogner contre le bouton qui allume le micro.
Celui que papa utilise pour faire les annonces dans tout le collège.
Sans que Terrine et mon père s'en rendent compte,
leur conversation est diffusée dans tout l'établissement.
Et fou !
Band capable, vous vous prétendez enseignant.
Mais vous n'êtes que des larves à la merci de ces sauvageons.
Une fois que j'aurais rédigé mon rapport,
vous ne trouverez plus jamais de travail.
C'est compris ?
Quand je me retourne, je vois tous les salles gosses
la tête levée vers les haut-parleurs du hall.
Mais c'est qui ce fou ?
C'est de nous dont il parle comme ça.
Y a que nous qui avons le droit de dire à nos profs qui sont nuls.
Les élèves hochent la tête.
Eh, on va lui montrer à ce monsieur Terrine
qu'on n'est pas des tracteurs bons à mettre à la casse.
Sans être sûr de comprendre sa métaphore,
nos camarades applaudissent Bernard.
Et pour ça, on va être exemplaires.
L'enthousiasme se dégonfle comme un ballon.
Les collégiens ne sont pas convaincus.
Bernard a raison.
Et je dis pas ça parce que je suis la fille du directeur, d'accord ?
Mais on l'aime bien ce collège dans le fond, non ?
Donc on s'y intranquille une fois, et demain on pourra commencer à faire comme avant.
Big Ben s'avance vers moi.
Oh, qu'est-ce qui va encore me dire celui-là ?
Je baisse les yeux, et je vois qu'il me tend la main.
Ouf !
L'après-midi arrive, et Terrine continue sa tournée des classes,
un sourire mauvais accroché au lèvres.
Sauf que cette fois, il n'y a pas un bruit.
Les élèves écoutent, ils répondent aux questions s'entricher,
ils ne courent pas dans les couloirs,
et les dispensés vont même en cours de sport, du jamais vu.
Et ben moi, je suis trop contente.
Par contre, Terrine, lui, il commence à bouillir comme une cocotte minute.
À la fin de la journée, il n'a presque rien gribouillé dans son carnet tellement on a été sage.
C'était plus ennuyeux que d'habitude, mais ça valait le coup.
Avant de quitter l'usine à Salgos, je le vois parler avec mon père et nos profs.
Je ne sais pas comment vous avez fait pour transformer ces barbares en premier de classe.
Mais ce qui est sûr, c'est que je n'ai pas dit mon dernier mot.
Avec ce que j'ai noté ce matin, je vais revenir très bientôt.
Moi, ça me fait bien rire, car au moment où il prononce sa menace,
Brillac, le farceur en chef, se fouffile derrière lui et lui chappart de son calpain.
Et d'ailleurs, je crois que mon père le voit faire aussi.
Mais il se garde bien de le dire.
Avec un grand sourire, toute l'usine à Salgos salue Terrine de la main en leur gardant partir.
Quand sa voiture disparaît au loin, une explosion de joie retentie dans la cour.
Professeurs et élèves se prennent dans les bras, imitent l'examinateur
ou tirent la langue dans sa direction.
J'admire ce spectacle lorsque Samuel s'approche de moi.
C'est pas mal ce que t'as réussi à faire.
Pardon, qui me parle, j'entends comme un bourdonnement, mais je vois personne.
Ha ha ha, très drôle.
Alors, on fait la paix ?
Ouais, ça me va, mais à une condition.
Je t'écoute.
Plus de cachotterie.
Oui, ça marche. Plus de cachotterie entre meilleurs amis.
Bernard nous rejoint et tous les trois, on s'en presse de se mêler à la fête qui s'organise dans la cour.
Décidément, on a vraiment de la chance d'être des salgos.
Voilà, l'histoire est finie.
Avec l'équipe, on aimerait beaucoup que vous nous disiez ce que vous avez pensé de cette histoire.
Dites-le-nous par mail à l'adresse eloarobase-telming.com, sur Instagram,
ou pour celles et ceux qui nous écoutent sur Spotify en cliquant sur le bouton Répondre situé sur la page de l'épisode.
Merci d'avance, je vous embrasse et je vous dis à bientôt.

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Crédits : cette p'tite histoire a été écrite par Mathieu Genelle. Racontée par Karine Texier et Arnaud Guillou. Mix: Celsian. Générique : Léa Chevrier. Illustration : Remi Leblond.

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