Radio classique présente des histoires en musique avec Elodie Fondacci.
Té Zétoire, té Zétoire, té Zétoire, est-ce que je peux avoir une histoire s'il te plait ?
Tu me racontes une histoire ?
Encore une histoire ? Vous avez été sage, vous êtes sûre ?
Bon d'accord. Je vais vous raconter l'histoire des deux bossus et des corrigants.
Vous êtes prêts ? Vous êtes bien installés ?
Alors, chuuut, plus de bruit, parce que l'histoire va commencer.
Chapitre 1 La Ronde
Il était une fois, dans un petit village de Bretagne, deux tailleurs, qui étaient aussi bossus l'un que l'autre,
ce qui leur valait d'être l'ariser de tous leurs voisins.
Mais le premier bossu, qui s'appelait Pierre, était d'un heureux tempérament.
Il ne se fâchait pas quand on se moquait de lui. Il riait même de bon cœur avec les plaisantins.
Il était toujours gay et il passait ses journées à manier son aiguille, en sifflantant avec entrain.
L'autre bossu, en revanche, qui portait le nom de Banéade, était continuellement renfrogné.
Il se portait mal l'hémocrie et il était d'un caractère higri et sournoi.
Ajoutons qu'il aimait l'argent et que lorsqu'il pouvait voler son prochain, il n'en laissait jamais passer l'occasion.
Un soir que Pierre rentrait au village, par un sentier bordé d'ajons qui serpentait dans la lande,
il fut surpris par la nuit. Il atta le pas pour rentrer chez lui.
Quand soudain, il crut en tendre de la musique dans le lointain.
Le cœur battant, il tendit l'oreille.
Le bruit lui arrivait maintenant de plus en plus distinctement.
C'était des petites voix fluettes qui chantaient.
Pierre s'approchait tout doucement.
Retena son souffle, il aperçut des dizaines de petits lutins qui dansaient la ronde au clair de lune.
Les corrigants tournaient en rond encore et encore et ils chantaient à tuit tête.
« Lundi, mardi, mercredi, lundi, mardi, mercredi » en s'interrompant toujours au même endroit.
Pierre fit prudemment demi-tour.
Il n'était pas craintif, mais il savait que les corrigants pouvaient entraîner dans leur ronde les voyageurs imprudents.
Mais il eut beau marcher sur la pointe des pieds.
Les corrigants l'entendirent.
Ils s'arrêtent en tête et ils se ruèrent sur lui en piaillant.
« Viens danser avec nous, viens danser avec nous »
Pierre compris qu'il ne valait mieux pas les contrariés, aussi entra-t-il dans la danse.
« Lundi, mardi, mercredi, lundi, mardi, mercredi »
Au bout de quelques minutes, de ronde infernale, le bossu commença à être tout essoufflé.
Pour gagner un peu de temps, il lança.
« Pardon messieurs, mais votre chanson me paraît un peu courte, il serait temps de chanter la suite. »
Les corrigants s'arrêtèrent et ils le regardèrent d'un air perplexe.
« Ce qu'il n'y a pas de suite ? »
Dire-t-il.
« Comment ça pas de suite ? » dit Pierre.
« Mais je la connais, moi, la suite.
« Vraiment, vraiment ? Tu connais la suite ? Alors, dis-la nous ! »
dire les corrigants.
« Mais attention, si ce que tu nous promènes n'est pas à la hauteur de nos souhaits,
tu seras sévèrement puni de ton audace. »
Mais le bossu se mit à chanter.
« Lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi. »
« Oura, oura, oura, oura ! »
crièrent les corrigants, si contents qu'ils se mirent à cabrioler sous la lune.
« Tu connais vraiment la suite, tu mérites une récompense. »
Le bossu se gratte à la tête.
« Une récompense ? »
« Et puis je ne cherchais pas une récompense ? »
« Ne discute pas, » dire les corrigants.
« Tu maris toute récompense. »
« Que veux-tu, Pierre ? »
« De l'argent ? La beauté ? »
Pierre demeurat son jeu.
« De l'argent, ce n'aurait pas été si mal, car sa bourse était bien souvent vide.
Mais il y avait cette boss qui pesait bien lourd dans son dos.
« Sera-t-il possible ? » demanda Pierre timidement.
« Que je devienne bien droit ? »
« Tu veux qu'on t'enlève ta bosse ? »
psaillère les corrigants.
« Eh bien, ma foi... »
« Oui ? »
« Alors viens avec nous ! »
Et les corrigants entraîner Pierre dans une ronde si foule, si rapide,
que ses pieds ne touchaient même plus le sol.
Quand la danse s'arrêta enfin, la tête lui tournait et il ne savait plus où il était.
Mais il était droit comme un i.
Pierre se mit à rire de bonheur, mais quand il voulait remercier les corrigants,
il s'avait disparu.
« Tu veux connaître la suite de l'histoire ? »
« Je te la raconterai plus tard tes promis. À bientôt ! »
C'était « Les deux bossus et les corrigants ».
Une légende Bretonne racontée par Elodie Fondacci
sur la musique de Joseph Helmesberger et des traditionnels irlandais.
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