Radio classique présente des histoires en musique avec Elodie Fondacci.
Taises-e toi ! Taises-e toi ! Taises-e toi !
Est-ce que je peux avoir une histoire, Phil, que tu me racontes une histoire ?
Encore une histoire ?
Bon d'accord.
Tu te souviens que Pierre Le Bossu avait croisé les corégants qui dansaient sous la lune ?
Ils avaient terminé leur chanson et pour le remercier, les lutins avaient supprimé sa bosse.
Et bien, voici ce qui arriva.
Chapitre 2 Le Bossu
Quand Pierre arriva au village, il faisait presque jour.
Il s'apprêtait à rentrer dans son échop, quand soudain, il aperçut son voisin,
Banéade, qui le regardait, a demis dissimulé derrière son rideau, bouche B.
Banéade, comme nous l'avons déjà dit, était bossu comme Pierre, mais c'était là la seule ressemblance.
Il était avare et sournoi et toujours de mauvaises humeurs.
Il sortit de sa maison, s'arrêta devant Pierre et se frotta les yeux.
Ce n'est pas possible, c'est toi, Pierre.
Pierre lui fit un grand sourire.
Comme tu le vois, camarade, c'est moi et nul autre.
Ma parole, mais quand tu fais de ta bosse, cromme la Banéade, il y a quelque sorcellerie là-dessous.
Pierre avait bon coeur.
Il raconta à Banéade ce qui lui était arrivé, sans au maître aucun détail.
Ce père l'est propète, se dit Banéade.
Il faut absolument que jaille-moi aussi la nuit prochaine faire un tour dans la lande.
Mais je ne serai pas aussi sourd que Pierre.
Ce que je choisirais, ce sera le sac plein d'or et plein d'argent.
Dès que la Lune se leva, Banéade se mit en route.
Une pluie fine tombait.
Mais le bossus en moquait.
Il espérait simplement que les Corrigans se rétourent des vaux.
Lorsqu'il les aperçut, qui dansait en rond sous la Lune,
il se frotta les mains et il s'avance à ardiment vers eux.
Hé toi, viens danser avec nous puisque tu es là.
Lui criait les Corrigans quand il l'aperçut.
Alors Banéade pénétra dans le cercle.
Aussitôt, les Corrigans se mirent à chanter.
Lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi.
À ce moment-là, Banéade ajouta d'une voix forte.
Lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi, et dimanche aussi.
Oh, aura, aura!
Crièrent les Corrigans.
Notre chanson est finie.
Tu mérites une récompense Banéade.
Banéade, putain sourire malin.
Hier, dit-il, vous avez proposé à Pierre la richesse ou la beauté.
Eh bien, moi, je vais prendre ce qu'il a laissé.
Aussitôt, les Corrigans l'attraper par la main
et ils se mirent à tourner tellement vite que Banéade vit 36 chandelles.
Quand il retomba, tout est tourni sur ses deux pieds.
Il avait deux bosses, la sienne, mais aussi celles de pied.
C'était les deux bossus et les Corrigans.
Une légende Bretonne racontée par Elodie Fondacci
sur la musique de Joseph Helmesberger et des traditionnels irlandais.
Retrouvez les plus belles histoires en musique
en livres cédés, aux éditions Gauthier Langroup
et tous les comptes d'Elodie Fondacci
en podcast sur radioclassique.fr
Radioclassique des histoires aux musiques.