
"Olga, le canard, et le petit garçon battu"
Durée: 12m37s
Date de sortie: 04/09/2018
durée : 00:12:37 - Une histoire et... Oli - Vous êtes fatigués de lire à vos enfants la même histoire tous les soirs ? Voici une solution. Elle s'appelle Oli. C'est une une série d'histoires audio proposée par France Inter. À écouter partout et tout le temps comme "Olga, le canard, et le petit garçon battu" racontée par Geneviève Brisac.
Je suis pas petit.
Bonjour, je suis Geneviève Brisac.
Je vais vous raconter l'histoire d'Olga, du canard et du petit garçon battu.
Chapitre 1
Où l'on rencontre sous un cerisier, une petite fille nommée Olga et un canard très énervé.
Le canard battait des ailes.
Il tournait sur lui-même en dévissant son cou et en agitant ses pattes palmées.
« Ah, canard fou, » se dit Olga, « mais le monde est fou.
Pourquoi le canard ne le saurait pas ? »
Olga était une fille de 8 ans qui réfléchissait énormément.
Donc elle lisait cet après-midi-là sous un grand cerisier.
C'était le début de l'été, le temps des cerises.
Elle avait tout son temps et son livre était passionnant.
Parfois, une cerise lui tombait, bloque, sur la tête, ou sur les genoux et elle la gobait.
Tout autour, sur la pelouse immense, des milliers de pâcrettes et de pieds sans lits se balançaient doucement.
Soudain, elle entendit une voix nazillarde.
« Faut te bouger, » disait la voix.
« Urgence, » disait la voix.
« Help, » disait la voix.
Olga regarda autour d'elle.
Le canard avait des larmes pleins ses yeux noirs de canard.
« Bah, je ne savais pas que les canards pleuraient, » se dit Olga.
Et puis, elle réfléchit.
La voix, le canard, bizarre.
Entre deux reniflements, le canard s'énerva.
« Tu n'as pas de coeur, ou tu es sourde, ou les deux ? » demanda la voix nazillarde entre deux gros soupirs et un énorme reniflement.
Olga dut admettre que ce canard fou parlait.
Elle ferma posément son livre génial.
« Tu es le canard qui parle ? » demanda-t-elle intéressée.
« Celui de l'histoire drôle ? »
« Je ne sais pas de quelle histoire drôle tu parles, » disait chement le canard en essuyant quelques larmes à l'aide de son aile droite.
« Tu es vraiment très mal élevée, en plus d'être sans peur.
Tu rencontres un canard qui pleure et c'est tout ce que tu trouves à lui dire. »
L'excès.
Olga se mordit la lèvre, ce qui lui fait mal.
Elle avait envie de protester, mais elle avait lu que les canards ont souvent très mauvais caractère et sont extrêmement rencunis.
D'un autre côté, elle se sentait un peu coupable et si ce canard disait vrai,
si elle était sans le savoir égoïste, indifférente et cruel comme dans les comptes,
si elle ne valait pas mieux qu'une méchante sœur de cendrillon, ce serait atroce.
« Tu veux des cerises ? » demanda-t-elle pour se faire pardonner.
« Plus tard, il canard, tu as entendu. J'ai crié « urgence, urgence ».
Tu ne connais pas ce mot et « help » j'ai crié « help, help » plusieurs fois.
Quand on crie « help », ça veut dire qu'on a besoin d'aide et même de l'aide d'une fille au cœur dur.
« Ok » dit Olga.
Elle pensait que normalement on insulte pas les gens à qui on demande de l'aide,
mais comment savoir comment l'on fait chez les canards ?
« Suis-moi » dit le canard qui avait visiblement un caractère autoritaire
et il s'ébranla en se dendinant vivement.
« Ok » dit Olga. Elle se leva et partit derrière le canard.
À sa grande surprise, des quatre coins de l'horizon arrivaient au même instant d'autres volatiles.
Plusieurs oies clacant du bec, un troupeau de seigne d'eau de l'huile en du col,
des flammes en rose qui étaient peut-être des ibises.
Car Olga ne savait pas la différence et moi non plus.
Et aussi des pieds et derrière cette foule une flopée de moineaux.
« C'est moi qui ai lancé la larme et je vous remercie tous et toutes d'être là
des canards en se balançant avec vanité et les oiseaux pousser des hurra, hurra, hurra !
Seule exception, une poule brune toute seule qui s'entraînait, je ne sais pourquoi,
à un marché un reculon en criant « Yopi ! Yopi ! »
C'était bizarre cette marée de plumes d'où s'élevait la clameur.
Et soudain Olga a compris où ils allaient tous.
Chapitre 2
Où l'on apprend, d'où venait le canard
et où l'on découvre ce qui se passe parfois quand nous avons le dos tourné.
Petit retour en arrière donc.
Ce matin-là, pendant qu'Olga s'installait sous son cerisier,
le canard avait décidé d'aller à la piscine.
Oui, vous dites que les canards vont à l'étang, remontent les rivières, fréquentent les lacs.
Oui, certains canards aiment surtout aller à la piscine et c'était le cas de notre canard,
qui s'appelait John.
Je sais, les canards, ce nommage général,
Oscar le canard, Balthazar le canard, ou César le canard.
Mais les parents de notre héros avaient trouvé la rime vulgaire
et souhaitaient qu'il a pris l'anglais qui convient mieux quand on parle du bec.
Puis ils étaient morts, tués par des chasseurs,
et le petit John avait été recueilli par un dindon, violent et brutal,
qui lui est l'empêché de nager et de marcher en canard,
trouvant, je ne sais pourquoi, qu'il est plus noble de fuir l'eau et d'avoir une démarche d'un don.
Donc John était devenu un ennemi de la violence,
même si parfois il n'était pas si aimable que cela, on l'a vu.
Il profita d'une distraction de la dame qui vendait l'étiquet,
et fit là vers le grand bassin,
sans passer par le pédi-luvre, ce qui est mal,
mais ce palme était très propre.
Il n'avait pas non plus de bonnet obligatoire pour les enfants,
mais il avait une excuse, les canards n'ont pas de cheveux.
Bref, il plongeait.
Mais soudain, son attention fut attirée par un bruit,
un bruit de reniflement, de soupir et de larmes.
Un tout petit garçon pleurait, recroquevillé dans l'auverte.
Sa petite figure crispée se rattatinait même,
sous le coup de la peur.
Il buvait la tasse à chaque sanglot,
des bouées rouges trop gonflées,
serrait ses petits bras et lui faisait une ceinture de bibin d'homme.
C'était un petit garçon roux,
avec de grands yeux bleus, des joupales,
une bouche rond des roses et un corps minuscule d'anciens bébés.
Au-dessus de lui, un gros et grand adulte,
meni d'une immense bouche pleine de dents,
de petits yeux noirs furieux et d'immenses oreilles pointues et poilus,
criait des gros mots, d'une voix méchante en agitant ses longs bras.
Il s'en prenait à l'enfant tellement moins fort que lui.
Tu vas obéir, oui, c'est pas possible d'être le père d'un mollation pareille,
mais quelle empotée, mais tu n'es qu'un verre de terre trouillard,
je t'ai dit de faire tes mouvements, c'est pas la mère à boire,
et tu vas les faire, non de Dieu, tu vas nager sale petite imbécile,
et c'est moi qui te le dis.
Orsecana, John, vous vous en souvenez ?
Il était un canard orphelin,
qui avait été maltraité du temps,
où il était encore canton.
Cela l'avait adouci, humanisé, si l'on peut dire,
et ne supportait pas de voir un être vivant pleurer, même un humain.
Les canards ont, vous le savez, des raisons
d'en vouloir à certains humains, et John en avait, en particulier,
surtout un petit humain, il se doutait
que certains petits humains ont peur de l'eau et peur des gros,
alors il s'identifiait immédiatement au petit gars.
Il se jeta sur le père et le frappa à coup de bec,
mais le bec des canards est rond et peu tranchant.
L'homme, lui, était fort et méchant,
et d'un coup de poing il assomma le pauvre John.
Un petit garçon pleurait de plus belle.
Autour de, dans la piscine, personne ne mouffetait.
Flan ne les regardait pas,
ce qui se passait entre un petit enfant, son père et un canard.
Les enfants appartiennent à leurs parents,
et les canards n'ont rien à faire dans les piscines.
John, sonné, réussit pourtant à se remettre
sur ses pattes palmées, et quitta la piscine en volant à tir d'elle,
et lança son appel à l'aide.
Un canard ne peut rien contre un méchant humain,
mais des tas de canards aidés par un troupeau-droit,
une troupe de signe, et une poule brune, et une petite fille.
Chapitre 3
Où l'on voit comment un petit enfant peut être sauvé par plus petit que lui,
et où il est prouvé qu'une piscine
est un endroit qui réserve toujours des surprises,
où l'on comprend enfin pourquoi le canard John
avait besoin de l'aide d'une petite fille.
La caissière de la piscine ne comprit pas ce qui se passait
quand une centaine de bestioles aînés passèrent devant son comptoir,
un nuage de plumes semblables à un orage blanc.
Elle voulait saisir le téléphone,
mais d'un coup de bec, une noix en avait coupé le fil.
Les canards, les signes, les flamands roses
qui peut-être étaient des hibis, et les oiseaux vages
envahir le bassin en poussant des crées d'hiver.
Le petit garçon, compris tout de suite qu'on venait le sauver.
Avant que qui que ce soit a eu le temps de dire ouf,
Olga était entrée dans l'eau,
avait pris la main de l'enfant,
et l'avait entraîné au dehors.
Elle avait compris au premier coup d'œil ce qui se passait,
ayant souffert elle aussi de l'apprentissage de la natation.
Elle avait compris aussi la raison
pour laquelle le canard lui avait demandé son nom,
pour qu'on aide.
Il fallait que quelqu'un prie la main du petit garçon.
Or, les canards n'ont pas de main.
De son côté, rouge de fureur, impuissant,
et que la boussée de toute part,
le père était bloqué par des signes menaçants,
et ne pouvait bouger de son bassin.
La volée d'oiseaux sortit du bâtiment
comme un nuage énorme, pépient de joie.
Olga et Nils, c'était le nom de l'enfant,
un nom prédestiné pour qu'il va voyager sur le dos d'oie sauvage,
furent bientôt confortablement installés
sur un matelas d'aile de canard et d'oie cendrée.
Nils se tremblait bien encore un peu dans ses bras sarmouillés.
Olga les jeta part de subort.
Ce c'est chat et c'est chat l'enfant,
grâce aux douze plumes des oies,
cotoneuses et soyeuses.
On dirait qu'on se sèche avec des bouts de ciel,
pensa-t-elle.
Il volait maintenant au-dessus de la campagne,
loin d'écris, loin de la piscine.
Où dessous d'eux, des carrés de chants de bleu et des coquelicots,
des églantiers, faisaient un tissu de couleur magnifique.
On va où ? demanda Nils.
On vous emmène en voyage, d'aile canard, toi et Olga.
On s'est dit que si tu n'aimais pas nager,
tu aimerais sûrement voler.
Youpi, dit la petite poule brune,
qui volait maintenant sur le dos.
Pas à un instant Olga ne regretta son livre,
ni son cerisier.
Et voilà, l'histoire est finie,
et maintenant, au lit.
Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org
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