"Le Lapin Shérif"

Durée: 10m21s

Date de sortie: 17/12/2019

durée : 00:10:21 - Une histoire et... Oli - Vos enfants et petits-enfants sont friands de lecture ? La série audio de France Inter "Oli" est faite pour eux : les auteurs ont écrit l'histoire et la raconte.

Prends-moi un père.
C'est Oli.
O-L-I-O-C.
La bibli les petits.
Je suis pas petit.
Je crois.
Bonjour, je m'appelle Olivier Norek et je vais vous raconter l'histoire du lapin
chérif.
Je m'appelle Olivier.
La première lettre de mon prénom est un O.
Et ma maman me dit souvent que c'est parce que je suis O comme 3 pommes.
Est-ce que tu m'entends quand je te parle ?
Je préfère demander parce que j'ai toujours l'impression qu'on ne m'entend jamais.
J'ai aussi toujours l'impression qu'on ne me voit jamais.
C'est peut-être ça d'être un enfant O comme 3 pommes.
On est presque invisible.
Dans la cour de récréation de l'école, je suis souvent tout seul.
J'ai peur que les autres ne me trouvent pas drôles, ou pas sympas, ou pas intéressants.
Alors je préfère rester presque invisible.
Je lis un livre où je joue dans ma tête.
A la cantine, comme je suis presque invisible, je préfère manger seul.
Et pendant les cours de sport, quand on fait des équipes pour jouer au foot ou à la balle au prisonnier,
je reste avec les cartables et les manteaux.
Même sur la photo de classe, on ne me voit pas.
Mais là, c'est ma faute.
En fait, ce jour-là, j'étais allé aux toilettes et personne n'a remarqué mon absence.
Ni le photographe, ni ma maîtresse, même pas les autres élèves.
Alors cette année, sur la photo de classe, il manque un Olivier, avec un O comme 3 pommes.
Dans le bus, pour aller à l'école, les autres enfants jouent, crient, chantent et s'amusent.
Et moi, je voudrais bien les accompagner, mais je n'ose pas.
Si j'avais du courage, j'irai même m'asseoir à côté de Julie.
Julie, elle porte toujours un joli nœud dans ses cheveux.
Elle est belle, et quand elle sourit, ça appuie sur mon cœur.
Je crois que je suis un peu amoureux de Julie.
Seulement, elle non plus, elle ne me voit pas.
Quand je rentre le soir à la maison, je retrouve mon papa et ma maman.
Heureusement qu'ils sont là, parce qu'avec eux, je ne suis jamais invisible.
Je crois que mon endroit préféré au monde, c'est ma maison.
Et mon moment préféré au monde, c'est Noël.
Les guirlandes, les chansons, les illuminations dans les rues, les cadeaux, des tonnes de câlin.
Bon, tu connais ça par cœur.
Mais attention, j'aime Noël, mais j'aime pas toutes les fêtes.
Par exemple, le mardi gras. Le mardi gras, c'est tout pourri.
Tu connais le mardi gras quand on doit se déguiser pour aller à l'école ?
Ma maman, pour les déguisements, elle a toujours des idées complètement bizarres.
Une fois, elle m'a déguisé en robot dans un costume fait tout entièrement avec des boîtes de conserves.
Ça faisait bling, bling, bling, bling, bling.
Quand je marchais, c'était trop la honte.
Une autre fois, elle m'a déguisé en monstre dans un costume fait rien qu'avec des sacs poubelles et des guirlandes de couleur.
Et là aussi, c'était trop la honte.
Si je t'en parle, c'est que mardi gras, c'est demain.
Et ma maman a encore eu une idée affreuse.
Elle veut m'habiller en lapin.
Sérieux, en lapin, elle m'a fait des oreilles gigantesques qui me tombent devant les yeux et une queue super longue.
Ce déguisement, c'est n'importe quoi.
Les vrais lapins, ils ont un petit pompon en bas du dos, tout blanc et tout doux.
Ils n'ont pas de longues que. Tout le monde va rire de moi, ça va être affreux.
Pour une fois, c'est sûr qu'on va me voir.
Je voudrais tellement rester caché à la maison toute la journée.
Alors mon papa, pour me consoler, est venu dans ma chambre.
Il avait quelque chose de caché dans sa main comme un secret ou un cadeau précieux.
« Regarde, me dit-il. C'est une étoile de sheriff.
Quand j'étais petit, c'était mon déguisement préféré.
Tu sais ce que c'est qu'un sheriff ? C'est le chef de tous les policiers.
Il arrête les bandits, il protège les enfants et pour qu'on le reconnaisse,
le sheriff porte toujours une étoile dorée sur la poitrine.
Mais je ne suis pas un sheriff, papa. Je suis un lapin.
Un gros lapin tout pourri avec des oreilles d'éléphant et une queue de chats.
Je ne ressemble à rien. Je ne veux pas aller à l'école. Je ne veux pas y aller. Je ne veux pas y aller.
Alors mon papa a accroché l'étoile de sheriff sur ma poitrine et m'a dit,
« Tu es bien plus qu'un lapin. Tu es le roi des lapins.
Et tu es bien plus qu'un sheriff. Tu es le roi des sheriff. Tu es le lapin sheriff. »
Bon, je sais bien que mon papa a inventé cette histoire rien que pour me faire changer d'avis,
mais il me plaît bien, ce lapin sheriff. Alors j'accepte d'aller à l'école,
juste pour voir si mon papa dit vrai.
Pour ce mardi gras, comme je l'ai prévu, les autres élèves ont des déguisements fabuleux.
Il y a un garçon déguisé en dragon tout vert, tellement bien fait qu'on croit qu'il va cracher du feu,
par sa bouche et par ses fesses.
Un autre garçon est déguisé en cosmonaute, tellement bien fait qu'on pense qu'il va filer dans les étoiles.
Il y a aussi Julie, déguisé en princesse, tellement belle qu'on l'imagine vivant dans un magnifique château.
Dans la cour de récréation, les élèves jouent entre eux.
Il y a Sébastien, le bagarreur, et Marco, qui fait toujours des blagues.
Normalement, ils m'intimident trop et je n'ose pas leur parler.
Mais aujourd'hui, je ne suis pas oligé.
Aujourd'hui, je suis le lapin-chérif.
Alors je vais les voir et je répète les mots de mon papa.
Salut, je suis le roi des lapins, le roi des chérifs, je suis le lapin-chérif.
Je peux jouer avec vous ?
Bien sûr me répond Marco.
On avait un garçon en dragon, une fille en princesse, un cosmonaute, une vampire et un magicien.
Mais il nous manquait un lapin.
Bien vu dans les guippes.
Incroyable, je suis accepté, ça marche.
Ce déguisement de lapin doit être magique, c'est certain.
La cloche sonne déjà, c'est l'heure du déjeuner à la cantine,
mais il ne reste qu'une place à la table des films.
Une seule place, tout au milieu et à côté de Julie.
Julie, la fille que j'aime beaucoup, je crois que je t'en ai parlé, non ?
J'ose à peine approcher parce que je suis sûr de rougir.
Pourtant, aujourd'hui, je ne suis pas olivier.
Alors je leur dis salut, je suis le roi des lapins, le roi des chérifs, je suis le lapin-chérif.
Je peux déjeuner avec vous ? Et Julie me répond.
Super, ça tombe bien.
Si t'es un vrai lapin, tu vas pouvoir terminer mes carottes.
Moi, je ne me pas trop ça.
Moi non plus, je ne j'aime pas trop ça, dit une fille.
Moi non plus, je ne j'aime pas trop ça.
Dit une autre, on rigole tous ensemble
et je me retrouve avec une montagne de carottes dans mon assiette.
Bon, je ne j'aime pas trop ça non plus les carottes,
mais je suis à côté de Julie et c'est vraiment, vraiment tout ce qui compte.
De retour à la maison, je garde mes costumes de lapin-chérif.
Je raconte à mes parents mon incroyable journée.
Les nouveaux copains, Marco, Sébastien, mais surtout Julie.
Julie et son joli sourire.
Même à table pour le dîner, je reste habillé en lapin
et même au lit, j'ai le droit de dormir en lapin.
Un déguisement magique, ça ne s'abandonne pas.
Malheureusement, le lendemain, au plus petit déjeuner,
mon papa me demande de l'enlever.
Le mardi gras est fini, on ressortira le lapin l'année prochaine.
Mais alors, les copains de l'école, Marco et Sébastien et Julie,
ils voient bien le lapin-chérif, mais ils ne voient jamais Olivier.
Je vais encore devenir invisible.
Je veux pas redevenir Olivier, je veux rester en lapin-chérif.
Alors ma maman me prend dans ses bras et elle utilise sa voix douce,
celle qu'elle prend pour me consoler ou pour me dire qu'elle-même.
Et elle me dit, tu n'as pas besoin de déguisement pour être formidable.
Dans ton coeur, tu es toujours le roi des lapins, le roi des chérifs.
Tu es merveilleux, intéressant, drôle, intelligent,
mais personne ne le saura si tu ne vas pas vers eux.
Il suffit d'avoir un peu confiance en toi.
Avoir confiance en moi.
Je me répète cette phrase sur tout le chemin de l'école.
Avoir confiance en moi, avoir confiance en moi, avoir confiance en moi.
Quand j'arrive dans la cour de récréation, je vois mes nouveaux copains jouer au ballon
et les mots de maman se mettent à danser dans ma tête.
Tu es merveilleux, intéressant, drôle, intelligent.
Alors, j'arrête d'avoir peur et je vais vers eux.
Je peux jouer avec vous ?
Bah ouais, bien sûr, me dit Marco, on te cherchait, t'avais encore disparu ?
Oui, mais c'est fini maintenant. Je ne disparais plus, je ne suis plus invisible.
Et j'ai passé la plus chouette journée du monde.
On a joué, on s'est couru après, je me suis même cassé la figure,
je me suis éraflé le bras, je me suis fait un bleu à la cuisse
et j'ai déchiré un bout de ma chemise et j'étais trop content.
Quand la journée se termine, je monte dans le bus, ce qui me ramène à la maison
et je vois Julie assise toute seule en train de lire.
Julie, Julie, Julie, j'aime tellement dire son prénom à voix haute.
C'est comme une caresse, Julie.
Lapin chéri fous pas, aujourd'hui je n'hésite plus.
Je suis formidable, je suis merveilleux et j'ai confiance en moi.
Je traverse le bus et je me plante devant elle.
Je peux m'asseoir à côté de toi ?
Julie lave les yeux de son livre, elle me regarde, elle me dit.
Avec plaisir Olivier.
Olivier, elle connaît mon prénom ?
Rhumince, je suis sûr que je commence à rougir.
Les garçons et les filles, quand ils rougissent, c'est soit qu'ils ont fait une bêtise,
soit qu'ils sont très amoureux et moi je suis très amoureux.
Il faut que je lui parle, je ne peux pas rester silencieux, elle va trouver ça bizarre.
Alors je prends mon courage à demain, je respire et je me tourne vers elle.
Tu ne vas pas me croire, mais Julie aussi, elle est devenue toute rouge.
C'est comme dans un rêve, Julie est amoureuse de moi.
Ma maman avait raison, je suis le roi des lapins, je suis le roi des chérifs,
mais je suis d'abord moi-même et c'est bien ça le plus important.
Et toi, dans ton école, il y a plein de garçons et de filles qui ne rêvent que d'une seule chose,
devenir ton copain ou ta copine.
Tu dois juste aller vers eux et avoir confiance en toi.
Tu sais pourquoi ? Parce que toi aussi, tu es unique, incroyable, drôle, intelligent, merveilleux et mignon comme tout.
Comme le lapin chérif.
Et voilà, l'histoire est finie. Et maintenant, Julie.
Non, une autre.
Julie.

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Oli

Découvrez la série audio France Inter : des contes pour les 5-7 ans, racontés par Delphine de Vigan, Alain Mabanckou, Tatiana de Rosnay, Claude Ponti… Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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