Radio classique présente des histoires en musique avec Elodie Fondacci.
Taises-e toi ! Taises-e toi ! Taises-e toi ! Est-ce que je peux avoir une histoire s'il te plaît ?
Tu me racontes une histoire ?
Encore une histoire ?
Bon d'accord.
Tu t'es souviens que la vieille Asse avait un fils ?
Perguinthe.
Un garnement et un menteur qui passait son temps à inventer des histoires.
Et bien, voici ce qui arrive.
Les mains enfoncées dans les poches ? Perguinthe longait le sentier qui menait au village en bougonnant.
Si il se devrait, ce n'est pas moi qui ai déchiré ma chemise.
Je sais bien que c'était Lorraine, je m'en souviens.
Tant pis si on ne me croit pas, je sais bien moi que c'est la vérité.
Per en était là de ses réflexions ?
Quand tout à coup, il crut entendre les joyeux traits d'un violon.
Ben, de la musique.
Il a eu une fête et on ne m'a pas invité.
Tant pis pour que j'y vais quand même.
Et il s'approcha de la ferme d'où venait le broie.
C'était une noce.
Et des dizaines d'invités se pressaient autour des mariais.
On avait dressé les tables au milieu de la cour.
Sur les grandes nappes blanches,
étaient posées des caravres pleines de vin doré,
des poulet-fumand et des corbeilles remplies de fruit murs.
Les joues rougies par l'excitation,
des enfants dansaient la ronde,
sous les guirlandes de l'ampion multicolore.
Debout sur un banc de bois,
un violoniste jouait à perdre à l'aine en tapant du pied
pour marquer la cadence.
Et les garçons faisaient tournoyer les filles dans leurs bras.
Les manches retroussées,
deux servantes apportaient une énorme pièce montée devant la mariée,
rose de bonheur sous sa couronne de fleur.
Vive la mariée !
Vive la mariée !
Vive la mariée !
Vive la mariée !
Vive la mariée !
Cridaient les invités en levant leur verre.
Mais quand père savant ça,
le silence se fit.
Regardez-vous à la paire.
Père le menteur, tu veux dire ?
Tu sais ce qu'il m'a raconté ?
Qu'il possédait un chapeau
qui rend invisible quand on l'a sur la tête.
Oh ! Quel menteur !
Manteur !
Oh, quel menteur !
Moi, il m'a dit qu'il pouvait voler dans les airs
et faire la course avec les nuages.
Encore des inventions.
Manteur !
Manteur !
Bien sûr que si, c'est la vérité.
Cris à père vexé.
D'ailleurs, je suis venue en volant.
Manteur !
On ne te croit pas !
Va attendre ici, Perguin.
On ne veut pas d'un fanfaron comme toi.
Hors de question, dis, Perguin.
Je suis là, je reste.
Qui veut danser avec moi ?
C'est Criatil,
en s'approchant d'un groupe de filles.
Pas moi !
Dis Lune en tournant le dos.
Certainement pas.
Dis d'une autre.
Tempille pour vous, bande de vie, père.
Alors ?
Père Avisa,
une jeune fille
qu'il n'avait encore jamais vu.
Elle était aussi belle qu'un ange.
Et ses longs cheveux blonds
tombaient sur ses épaules.
Elle gardait timidement baisser ses beaux yeux bleus,
transparent comme l'Olympide
d'un lac de montagne.
Comment tu t'appelles toi ?
Je ne te connais pas.
Je n'appelle Searle Vague,
dit-elle.
Et sa voix
était douce comme une caresse.
Tu veux danser toi, Searle Vague ?
Non, Perguin,
car on ne peut pas te faire confiance.
Si, danse avec moi !
Dis, père, en tapant du pied.
Tu es beaucoup plus belle que les autres filles.
Comment pourrais-je te croire, père ?
Tu ne dis jamais la vérité.
Mais si tu arrêtes de m'en dire,
alors je t'aimerais, c'est promis.
Et Searle Vague tourna les talons.
Les garçons s'avancent d'un air menaçant
et entourèrent, père Guint.
Laisse les filles tranquilles, salmanteur.
Où on te casse les figures !
Va t'en, père Guint.
Va te venter ailleurs.
Alors, père Guint se mit à crier.
Je m'en fiche, c'est bien égal,
que vous ne me croyez pas.
Je vais partir a l'aventure.
Je serai célèbre.
Je serai prince, je serai roi,
je serai empereur.
J'aurai un grand manteau de soie,
une couronne d'or et un cheval noir,
couleur d'orage,
qui ira plus vite que le vent.
Et vous serez jaloux.
Ouais, c'est ça, bon débarrin.
Ne remets plus les pieds ici.
Père Guint recula.
Juste avant de s'enfuir,
il se tourna vers Searle Vague d'un air de défi.
Ce jour-là, Searle Vague,
je viendrai te chercher
et tu ne refuseras plus de danser avec moi,
car je ferai de toi une princesse.
C'est ça, Père Guint.
Tu vas tâter du bâton
si tu restes une minute de plus.
Mais Père Guint,
était déjà loin.
Tu veux connaître la suite de l'histoire ?
Je te la raconterai plus tard tes promis.
À bientôt.
C'était Père Guint,
une histoire écrite et racontée
par Iludy Fondaci
sur la musique de Grig,
d'après la pièce d'Ibsen.
Retrouvez la suite du compte
en podcast
sur radioclassique.fr
Radioclassique des histoires aux musiques.