Radio classique présente des histoires en musique avec Elodie Fondacci.
Taises-toi ! Taises-toi ! Taises-toi ! Est-ce que je peux avoir une histoire s'il te plait ?
Tu me racontes une histoire ?
Encore une histoire ? Bon d'accord.
Tu te souviens que pendant une noce, père avait rencontré la douce Solveig ?
Mais elle n'avait pas voulu danser avec lui.
Comme tout le monde le traité de menteur, père s'était enfui vers la montagne.
Eh bien, voici ce qui arriva.
Chapitre 3 Le Roi des Trolls
Furieux, père Guint s'enfonça dans la montagne.
Il traversa les verbes à tureages ou des vaches dormées dans les boutons d'or.
Il laissa derrière lui le grand lac immobile dont les eaux bleutées reflètaient la nuage.
Et, gravissant des chemins escarpés, il arriva bientôt sur les pluies au sommet.
Ceux où les aigles font leur nuit et où les neiges sont éternels.
La nuit tombait et le vent soufflait à ses oreilles.
Autour de lui, la forêt s'épaisissait et d'étranges lueurs dansaient dans les grands sapins noirs.
La nuit s'est arrêtée et l'on s'est arrêté.
Soudain, au détour d'un sentier, il aperçut une femme vêtue d'une robe somptueuse, brodée d'émeraudes.
Elle était fort laide.
Non, extrêmement laide.
Si laide même, que Perguine se demanda si elle était femme ou cochon.
Sa peau était verte comme celle d'une grenouille.
Ses lèvres ressemblaient à deux grosses limaces gluantes et son nez avait l'air d'un groin.
Elle avait d'énormes pieds velus et griffus que ses jolis escarpins ne parvenaient pas à gâcher.
Perlaella.
Qui es-tu femme ? Toi que je vois seul dans cette montagne, à la tombée de la nuit.
La jeune fille le regarda avec ses gros yeux globuleux.
Je suis la fille du roi d'étrole qui règne sur la montagne.
Qui es-tu, toi, étranger, pour t'adresser à moi avec un tel appel ?
Saloo.
Se dit Perguine.
Une princesse ?
Voilà ma chance.
Si je l'épouse, je serai ton croix.
Bon, elle est un peu verte à mon goût, mais je serai bien mon accommodé.
Je suis fils de roi moi aussi.
Menti Perguine, en s'inclinant profondément devant elle.
Ma mère, elle arène ase.
N'en as-tu jamais entendu parler ?
Elle commande au vent et elle déclenche les tempêtes par sa seule volonté.
Quand mon père se met en colère, la terre tremble.
Rétorque à la princesse.
Nous étions faits pour nous rencontrer.
Dis Perguine, t'avais qu'à plomb et il se jetait à ses pieds.
Oh, ma colombe, quand je vous ai vu sur ce chemin, j'ai su que nous étions faits l'un pour l'autre.
Éposez-moi, je vous en prie.
Je suis foudre d'amour pour vous.
Vous êtes tellement...
Euh... Adorable.
Oh, vous vous trouvez.
Minoda, la princesse troll.
Et votre parfum est tellement...
Euh... Tellement entêtant.
Dis Perguine, qui luttait pour ne pas s'évanouir, car la princesse dégagait une forte odeur de poubelle.
Ah, c'est un parfum qui vient de Paris.
Un mélange très rare, grotte de bic et pipi de souris.
Rougis la princesse en glissant comme une oie.
Je veux bien vous épouser, charmant d'humain.
Mais il faut demander ma main à mon père.
Et disant ses mots, elle siffla de toutes ses forces
et un gros cochon irsuit des pleins de baves apparue.
Je vous présente, mon fidèle destrier.
Dit-elle, quel noble monture, dit Perguine, et il monta derrière elle.
Le cochon se mit à trotter de sa démarche pataude,
et il les mena jusqu'au plus étrange palais que père ait jamais vu.
C'était une caverne sombre et humide,
où ne filtrait pas un seul rayon de lumière.
Une abominable odeur des goûts flottait dans l'air.
« Que va-la ? » demanda une voix caverneuse.
Dans l'obscurité, Perguine distingua le roi de la montagne.
Il était à Vachy sur son trône comme un gros krapou visqueux,
et de gros se mouche bourdonnait autour de lui.
Une couronne de diamants est inslée sur son crâne.
Il était entouré de trolls idées,
qui regardaient père avec gourmandise, en se lechant les babines.
« Rannuma ! Y a... Y a... »
« Pour nous ne dévourer, nous pourrions en faire un ragout ! »
« Nous pourrions le retir ! »
« Une soope ! »
« Je vais chercher une marmite ! »
« Je te... »
« Taisez-vous, les enfants ? »
« Laissez-le parler ! »
dit le roi.
« Alors, avortons... Tu veux ma fille ? »
« Je veux ta fille et ton royaume en héritage, » dit Perguine.
« Je veux bien te l'attonner, mais... »
« Il faut que tu acceptes de vivre comme un troll ! »
dit le roi, en gobonne une mouche.
« Il faut d'abord que tu aies une queue ! »
Perguine réfléchit.
Si c'est le prix à payer pour devenir roi,
oh, finalement, ce n'est pas si cher.
« Bon, d'accord ! » dit Perguine.
Et dans l'instant, on fixa sur son derrière
une queue molle comme celle d'un rat.
« Très bien ! » dit le roi.
« Il faut que tu saches manger seulement ! »
« Oh, ça, c'est facile ! » dit Perguine.
« Troisième chose ! »
« Tu sais que les trolls ne supportent pas
la lumière du soleil humain ! »
« Oui, des Perguines ! »
« Il faut donc qu'on te crève les yeux ! »
« Quoi ? » s'écrée de Perguine.
« Mais vous êtes faux ! »
Et bousculant tout sur son passage,
il se ruera hors de la caverne.
« Jamais ! Vous m'entendez ? Jamais ! »
Et une horde de trolls se lança à la poursuite du garçon.
« Rattrape-le ! » crée le roi des trolls.
Mais Perguine était déjà loin.
« Tu veux connaître la suite de l'histoire ?
Je te la raconterai plus tard tes promis.
À bientôt ! »
C'était Perguine,
une histoire écrite et racontée par Iludi Fondaci
sur la musique de Grig d'après la pièce d'Ibsen.
Retrouvez la suite du compte en podcast sur radioclassique.fr
« Radioclassique des histoires aux musiques »