"Madeleine et les mots qui fâchent"

Durée: 10m48s

Date de sortie: 30/11/2020

durée : 00:10:48 - Une histoire et... Oli - Des mots qui fâchent ? Mais lesquels ? La réponse vous est racontée par Mazarine Pingeot et Léonie Pingeot dans Oli.

Prends-moi un père.
C'est Oli.
O-L-I-O-S.
La bibli des petits.
Je suis pas petit.
Je crois.
Bonjour, je suis Mazarin Pingeau.
Et je suis Léonie Pingeau.
Et nous allons vous raconter l'histoire de Madeleine et les mots qui fâchent.
Ma de Léne est une petite fille très, mais très gentille.
Si douce, si sage, toujours à l'écoute de ses parents.
Elle a appris à parler très tôt et les adultes l'applaudissent quand ils l'entendent faire des phrases compliquées
avec des mots aussi savants que réciproquement, quotidien ou solennelle.
Un jour, elle a même dit hypothèse.
Pourtant, elle ne sait pas quoi répondre quand un matin, ses parents lui annoncent.
Ma chérie, tu vas avoir une petite sœur.
Une petite sœur ? Oui, bon, et alors ? Et puis, c'est dans longtemps.
Mais Madeleine est intelligente.
Elle sait que ses parents attendent d'elle quelque chose.
Alors, pour leur faire plaisir, elle leur dit.
Oh, je suis si heureuse.
Oh, une petite sœur, c'est merveilleux.
Neuf mois plus tard, alors que Madeleine prend son petit déjeuner.
La maman s'écrit tout à coup.
Aïe, ouille, elle frappe.
C'est maintenant, on doit partir.
Le papa rend chéri.
Vite, à la maternité, soit tu restes là et tu attends ta grand-mère.
En refermant la porte, la maman ajoute.
Et surtout, n'ouvre à personne.
Madeleine se retrouve toute seule à la maison devant son bol de céréales.
Elle n'a plus faim, tout à coup.
Heureusement, elle entend la porte d'entrée grincée.
Elle a cours pour se réfugier dans les bras tendres de sa grand-mère.
Mais ce n'est pas du tout sa grand-mère.
Comment cette vieille femme toute frippée,
avec un gros bouton poilu sur le nez et un œil en moins,
a-t-elle fait pour entrer ?
Bouh, qu'elle sent mauvais.
Madeleine recule.
La vieille ouvre une bouche édentée.
Bon, il est où le nouveau-né ?
Mais vous êtes qui ?
Ben, je suis la méchante sorcière qui vient jeter des sors.
Vous vous trompez, madame. Il n'y a pas de nouveau-né ici.
Je suis seule et j'attends ma grand-mère. Alors partez.
Vexez ? La sorcière rangehérie.
Si tu crois que je me déplace pour rien, sale bestial, tu te trompes.
Si je peux me permettre ?
Eh ben non, tu peux pas te permettre et on va pas y passer la journée.
Euh, pardon, mais vous n'auriez pas mangé de l'ail, pas à chance,
parce que, ouh, dis donc insolente.
Puisqu'il n'y a pas de nouveau-né, c'est sur toi que le sort va tomber.
Je vois que tu te débrouilles pas mal avec les mots.
J'ai ma petite idée.
Oh, c'est mon sort, véritable.
Le numéro 33.
Que dirais-tu d'être condamné à dire ?
Contraire de ce que tu souhaites dire.
La sorcière jette sur le visage de Madeleine son alène fêtide.
Madeleine ferme les yeux et croise évanouir.
Mais au lieu de cela, elle répond.
Oh oui, belle fêt qui sentait si bon. J'en serai très heureuse.
Madeleine est sidérée par la phrase qui vient de sortir d'elle,
alors qu'elle voulait dire...
Pas question, sale sorcière. T'as pas intérêt.
Et en plus du pu.
Je vois que le sort fonctionne.
On se réjouit la sorcière.
Au revoir, ma petite.
Mais avant, une chose.
Si tu veux un jour être délivré de ce sort,
il te faudra rencontrer la personne qui est reçue le même sort que toi.
Il n'y en a pas beaucoup.
Comme dans le Mémory. Quand un couple se forme.
Je l'enlève du jeu.
Et elle repart par la porte d'entrée,
non sans avoir ponctué son discours d'un énorme rohalaï.
C'est alors qu'une seconde fois,
la porte d'entrée s'ouvre.
Mais Madeleine a peur.
Elle court se cacher sous la table de la cuisine.
Une voix familière retentie.
Ouf, sa grand-mère.
Comment lui cacher la malédiction ?
Desespérée, elle s'englote.
Oh, ma petite chérie.
Que se passe-t-il ?
Tu es angoissée par l'arrivée de ta petite soeur.
N'ét'inquiète pas, tout va bien se passer.
Il faudra juste lui faire une petite place.
Jamais.
Et le seul mot que Madeleine arrive à articuler.
Horrifiée par ce qu'elle vient de dire.
Quand les parents reviennent avec un nourrisson dans un sac,
Madeleine se précipite pour les embrasser.
Maman lui présente constance, sa petite soeur.
Madeleine se penche sur elle,
un grand sourire au lèvres et lâche.
Mais que tu es moche, espèce de grosse horreur.
Papa la reprend.
Madeleine, tu ne peux pas lui parler comme ça.
Papa, pardon mon papa.
Je la déteste déjà et j'essaierai d'être toujours méchante avec elle.
Les parents se regardent, interloqués.
Ça ne ressemble pas à leur petite Madeleine.
Que s'est-il donc passé ?
Madeleine court dans sa chambre pour s'enfermer.
La malédiction de la sorcière est horrible.
Sa vie est finie.
Dans le salon, elle entend les parents chuchoter.
Non mais c'est pas possible.
Je suis pas possible.
C'est pas possible.
Mais malédiction.
Il doit y avoir un concilia boule,
un concilia balle,
un concilia bulle.
Voilà que dans l'émotion,
elle est en train de perdre ses mots rares.
Alors elle les reconte.
Solanel, réciproque, hypothèse,
concilia bulle, quotidien, en revanche...
Non, voilà, ils sont bien là.
Au moins n'a-t-elle pas perdu son trésor.
Mais à quoi va-t-il pouvoir servir si elle dit le contraire de ce qu'elle voudrait dire ?
Sa maman rentre dans la chambre sur la pointe des pieds.
Tu es triste à cause de l'arrivée de Constance ?
Oui, elle hurle et me gâche la vie.
Je comprends, c'est normal ma chérie, de réagir comme ça.
Mais tu verras, c'est chouette d'avoir quelqu'un avec qui jouer.
Non, c'est atroce.
Je suis si malheureuse, et je pense que vous l'êtes aussi.
Notre vie est gâchée.
Pleure Madeleine.
Le lendemain, à l'école, la maîtresse est consternée.
Madeleine a d'abord marché sur le pied d'un camarade et refusait de s'excuser.
J'ai fait exprès, pas pardon.
Je ne suis tellement pas désolée.
Jamais je ne m'excuserais, car je ne t'ai pas fait mal.
Puis, à la cantine ?
Ces boulettes sont infectes. Je refuse d'en manger.
Tout en finissant son plat jusqu'à la dernière goutte de sauce.
Enfin, quand la maîtresse lui a demandé de réciter sa poésie, le dormeur du Val, elle a dit...
Non, pas question. Je déteste ce stupide poème.
Mais c'est levé et l'a parfaitement récité.
Le soir même, alors que Madeleine joue au-dessus du berceau de Constance, elle s'exclame.
Ça sent délicieusement bon. Je voudrais en manger avec des fraises et de la chantilly.
Son père s'approche alors du berceau.
Tout provient une odeur épouvantable.
Constance a fait un énorme caca.
Les parents vont consulter les médecins les plus fameux.
Rien n'est fait.
On se résout alors à faire appel à une aide remboursée par la Sécurité sociale.
C'est une jeune fille, du nom de Léontine, qui accompagne partout Madeleine pour traduire sa pensée.
Ainsi, lorsque Madeleine veut faire un compliment...
Espèce de perruche poilue aux yeux globuleux.
Léontine traduit...
Tu es très jolie avec tes longs cheveux et tes yeux en amende.
À la maison, les relations avec Constance s'améliorent.
Quand Madeleine l'appelle...
Oh, mon gros bébé cadom plein de vomi et de morve que je déteste tellement.
Léontine traduit...
Oh, mon joli bébé jouflut qui sent si bon. Je t'aime tellement.
Le temps passe et Madeleine devient une ravissante jeune fille.
Depuis que Constance est née, elle lui a pris peu à peu tout son vocabulaire.
Ainsi, Constance fait des phrases comme...
Avec ses terres solennales et quotidiens, je fais en revanche l'hypothèse que les parents sont réciproques.
Madeleine sait que ça ne veut pas dire grand chose.
Mais au moins, c'est joli.
Et les adultes applaudissent, comme quand elle était jadis au centre de l'attention.
Les deux soeurs discutent beaucoup toutes les deux.
Elles se comprennent, elles s'en complissent.
Mais en dehors de la maison, Madeleine a décidé de se taire.
Et c'est dur.
Parce qu'elle a remarqué un garçon qui lui plaît vraiment.
Mais alors, vraiment beaucoup.
Il s'appelle Paul.
Et ça soit tout le temps au fond de la classe, comme elle.
Et ne parle à personne comme elle.
Leurs regards se croient souvent.
Un soir, alors que tout le monde est parti,
ils se retrouvent seuls, obligés de se dire au revoir.
Paul lâche alors.
Je te déteste horrible petite bonne femme, au cheveux filace et au visage bouffi.
Madeleine écarquit les yeux.
Ce reste possible ?
Elle lui répond alors, le cœur au bord de l'explosion.
Ah, moi aussi je te ai gros crappes au baveux.
Je te trouve si hideux que je ne veux surtout pas être avec toi.
D'un coup, un souffle chaud et vert sort de sa bouche et de ses narines.
Elle va s'évanouir quand Paul la rattrape in extremis.
Ils hésitent, puis essais timidement, je... je...
Je t'aime.
Moi aussi je t'aime.
Ils prononcent alors en cœur cette phrase.
Notre amour solenel est parfaitement réciproque et ce n'est plus une hypothèse, c'est notre quotidien.
Bien fait pour la sorcière, c'est de la forme d'une paire, la malédiction a été vaincue.
Mais Paul et Madeleine se promettent de toujours se dire au moins une fois par jour,
le contraire de ce qu'ils souhaitent dire.
Et voilà, l'histoire est pas finie.
Et maintenant, Paulie !
Non, une autre.
Oui.

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Oli

Découvrez la série audio France Inter : des contes pour les 5-7 ans, racontés par Delphine de Vigan, Alain Mabanckou, Tatiana de Rosnay, Claude Ponti… Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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