
"Coline la chaussette orpheline"
Durée: 10m12s
Date de sortie: 05/02/2021
durée : 00:10:12 - Une histoire et... Oli - Pour OLI, La Grande Sophie a gardé son âme d'enfant et en donne la preuve avec une jolie histoire, celle d'une paire de chaussettes, toutes mignonnes. Une histoire qui finit bien heureusement. Mais chut !
Prends-vous un père.
C'est Oli. O-L-I-O-S.
La bibli des petits.
Je suis pas petit.
Je crois.
Bonjour, je suis la grande Sophie.
Je vais vous raconter l'histoire de Colline, la chaussette orpheline.
Colline, viens jouer avec moi.
Répétez, Sally.
C'est génial. Le parquet vient d'être tiré.
Ça sent bon et ça glisse.
On peut traverser le couloir comme sur de la glace.
J'adore, j'adore.
Allez, dépêche, viens.
Colline et Sally étaient deux petites chaussettes roses en laine très douce.
À elle, deux, elle formait une paire de taille vingt-huit,
brodée de petits coeurs rouges.
Comme de vrais sœurs jumelles, elle ne se quittait pas.
L'une, Sally, avait la forme du pied droit.
L'autre, Colline, celle du pied gauche.
Elles avaient été offertes à une petite fille de cinq ans
qu'on surnommait ma grande et qui n'enlevait jamais ses chaussettes,
même pour dormir.
Elles étaient si douces que ma grande les adorait.
Elle en avait baptisé une Colline,
car le deuxième orteil de son pied gauche faisait une bosse sur sa chaussette.
Et l'autre, Sally, parce que son pied droit avait toujours une tâche.
La jolie paire de chaussettes vivait au premier étage de la commode de ma grande,
qui, elle aussi, avait son lit au premier étage, mais sur la mécanine.
Chaque soir, à 20h précise, ma grande devait aller sous la couette rejoindre ses plus jolies rêves.
Certains soirs, maman devait insister, alors la petite fille lui répondait.
J'espère que je serai bientôt grande pour faire tout ce que je veux.
Sur le chemin de sa chambre, elle répétait.
Et quand je serai grande, je mettrai une chaussette bleue sur un pied
et une chaussette jaune sur l'autre.
Ce sera trop beau, trop bien, trop moins.
Mais la petite fille et sa maman ne se doutaient absolument pas
que les chaussettes avaient une toute autre vie la nuit.
Quand il n'y avait plus un bruit dans la maison,
que seule la lune éclairait la chambre de ma grande,
voilà ce qu'il se passait.
Ma grande rêvait tellement fort qu'elle frétillait comme une anguille sous ses draps,
si bien qu'elle avait chaud de la tête au pied.
Dans un demi-sommeil, elle avait pour habitude de mettre en boule ses chaussettes
et de les balancer du haut de la mécanine,
sans même se soucier de l'endroit où elles allaient atterrir.
Colline et Sally appréhendaient cet instant, mais c'était aussi leur moment de liberté.
Sally, la plus téméraire, n'avait pas le vertige.
Et ce soir-là, elle fut la première à décoller.
Elle souriait pendant son vol plané,
jusqu'à ce que la chute la somme quelques secondes.
Dès qu'elle reprit ses esprits, elle se mit à chanter.
Puis, traîna dans les coins et recoins de la maison.
La tête poussiéreuse, elle appela sa soeur au pied de la mécanine.
Colline, tu viens, ça fait dix fois que je t'appelle, dépêche-toi enfin !
Colline attendait juste que ma grande la retire de son pied.
Elle n'eut pas longtemps à attendre.
La fillette d'un geste rapide éjecta Colline, qui s'élança dans l'air, comme une fusée.
Après leur atterrissage brutal, les deux soeurs complices devinent deux éclats de rire
et se mirent à faire des longueurs sur le parquet du couloir.
Elle glissait, elle riait et s'est lancée à enuser leur laine si douce.
Plus elle recommençait, plus le parquet brillait et devenait encore plus glissant.
La soirée aurait pu être merveilleuse si elle n'avait pas eu le malheur de réveiller Pantouffle,
le gros chat angora de la famille.
Pantouffle arriva en courant dans le couloir, se réjouissant déjà d'attraper avec ses griffes,
au moins une des deux chaussettes.
Mais le sol était devenu si glissant qu'il s'étala de tous ses poils
et fonça sans aucun contrôle dans le pot de fleurs placé au bout du couloir.
On entendit.
Et boom !
Il y avait de la terre partout et le pot de fleurs était en mille morceaux sur le parquet tout sale.
Maman se réveillait en sursaut.
Mais qu'est-ce qu'il se passe dans cette maison ?
Oh non, c'est pas vrai ! C'est Pantouffle ! Qu'a la brutille ce chat ?
Pantouffle en entendit de toutes les couleurs.
Il s'éloigna du couloir en rasant les murs, peu fiers de ce fiasco.
Maman remit tout en orde en deux coups de balais.
Elle était surtout soulagée que tout ce bazar n'ait pas réveillé sa petite fille.
Elle ramassa Colline et Sally, qui ressemblaient à deux vieux chiffons boueux
et les déposa dans la machine à laver qu'elle mit en route avant d'aller se recoucher.
Colline et Sally se retrouvèrent toutes les deux à faire des tours et des tours
dans le tambour de la machine jusqu'à en perdre la tête.
Au petit matin, quand le soleil pointe à son nez,
ma grande arrive à pied nu et bougonne devant son grand bol de chocolat chaud.
J'ai froid, j'ai froid au pied. Je trouve plus mes chaussettes préférées.
Maman lui fit deux gros bisous.
Tu as bien dormi ma chérie.
dit-elle en bayant.
Pour tes chaussettes, tu demanderas à ton chat de te raconter sa grosse bêtise.
J'ai dû les mettre directement à la machine.
Pantoufle restait planquée sous le canapé.
Allez ma grande, va te laver les dents, j'étends le linge et après on file à l'école.
Ajoute à maman.
Plus tard, ce jour-là, Colline était tendue sur le fil toute froissée.
Elle attendait, humide et encore étourdie après sa terrible nuit passée sous l'eau,
dans la mousse projetée sur les parois de la machine à laver durant le séchage.
Elle réalisa soudain que sa soeur Sally ne se trouvait pas à ses côtés.
Sally ? Sally ? Où es-tu ? Sally répond.
Plus de Sally.
Après cette nuit-là, les journées devaient un bien triste et monotone pour Colline.
Elle ne sortait plus de la commode et était devenue ce que l'on appelle une chaussette orpheline.
Ça voulait dire qu'elle avait perdu sa semblable, sa soeur jumelle
et que désormais elle n'était plus utile et risquait de finir en chiffon pour les tâches ménagères.
Les semaines passèrent et le temps effaça peu à peu la perte de Sally.
Ma grande se consolait avec d'autres paires de chaussettes et transforma Colline l'orpheline en trousse toute douce
pour y mettre ses stylos. Elle avait un peu grandi aussi et aimait parler comme les plus grands.
Trop stylée, trop dément, ma trousse.
Un jour, alors que maman était en train de changer les dras du lit, elle s'écria dans toute la maison.
« Oh, ma chérie, viens voir, regarde ce que je viens de retrouver ! »
La petite fille a couru.
« Tiens, ma grande, c'est ta chaussette rose en laine si douce qu'on ne retrouvait plus. »
Sally était de retour après trois ou quatre semaines d'absence.
Ma grande arrachait la chaussette des mains de sa maman et courut toute heureuse dans sa chambre.
Colline, les larmes aux yeux s'écria.
« Sally, Sally, c'est toi ? »
« Oui, ma Colline, je suis de retour.
« Mais où étais-tu passée ? » demanda Colline. Sally explica.
« Tu sais, quand la machine allait à démarrer, j'ai été prise dans un tourbillon qui m'a coincée à l'intérieur de la housse de couette.
Je me débattais, je buvais la tasse, la mousse ne piquait les yeux et je n'avais plus de force.
Impossible de sortir de là ! J'ai passé ces dernières semaines dans une pile de draps.
J'étais écrasée tout au fond. J'avais beau appeler, tu ne pouvais pas m'entendre.
Puis, la couette a été rangée dans l'armoire. J'étais toujours dedans en boule. Je me suis endormie.
J'ai eu une sacrée chance aujourd'hui que la maman secoue la couette et me fasse tomber par terre avant de changer le lit.
Elle m'a reconnu tout de suite, alors que je ne ressemblais plus à rien.
Elle m'a secouée sans attente, tu parles d'une réanimation.
Si tu savais comme je suis contente de te retrouver ma sœur, je pensais qu'on ne me retrouverait jamais.
« Tu m'as tant manqué ? Toi aussi, tu m'as manqué, Sally » répondit Colline.
J'étais devenue une vulgaire trousse avec des styles au plein d'encre qui tâchait ma laine rose et mes coeurs rouges brodées.
Sans plus tarder, ma grande retira ses chaussettes pour remettre Sally à son pied droit.
Puis, elle envaille les stylos et enfie la colline sur son pied gauche.
Colline et Sally forment à nouveau une jolie paire de chaussettes roses et douces
et les pieds de ma grande se réchauffaient de joie pendant que ces deux mains ne cessaient de caresser ses pieds tout doux.
Et voilà, l'histoire est finie.
Et maintenant, Oli ?
Non, une autre.
Oli.
Oli, c'est aussi une collection de livres illustrés à retrouver en librairie.
Episode suivant:
Les infos glanées
Oli
Découvrez la série audio France Inter : des contes pour les 5-7 ans, racontés par Delphine de Vigan, Alain Mabanckou, Tatiana de Rosnay, Claude Ponti… Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Tags
Card title
[{'term': 'Kids & Family', 'label': None, 'scheme': 'http://www.itunes.com/'}]
Go somewhere
"La fourmi et le croque-monsieur"