
"L’histoire de la petite fille qui se trouvait trop petite dans un monde trop grand"
Durée: 8m29s
Date de sortie: 07/07/2021
durée : 00:08:29 - Une histoire et... Oli - Faïza Guène aime à donner le goût de la lecture, voire de l’écriture. Comme l'héroïne de son histoire, pour OLI, l'auteure a de grands yeux noirs, elle est malicieuse et a surtout beaucoup d'imagination.
Prends-vous un père.
C'est Oli. O-L-U-O-C.
La bibli, les petits.
Je suis pas petit.
Je suis grand.
Bonjour, je suis Faizaghen.
Et moi, je suis Asya.
Et on va vous raconter l'histoire de la petite fille qui se trouvait trop petite dans un nom trop grand.
La petite fille
Comme chaque jour, Asya, une petite fille au grand yeux noir, se réveille dans son grand lit douillet.
Oh oh oh.
Elle repousse d'un geste sa grande couette encore chaude de sommeil, puis se redresse.
Quoi ? Déjà le matin ?
Alors que les bruits de la grande ville commencent doucement à se faire entendre,
elle se frotte les yeux en baillant.
Car Asya habite une grande ville, une très grande ville,
dans une grande tour, une très grande tour, elle-même entourée par d'autres très grandes tours.
Derrière leur grande fenêtre, des milliers de petites filles comme elles se réveillent au même instant.
C'est la rentrée des classes.
Il est tôt, mais dehors, on peut déjà deviner des klaxons de voitures énervées.
Le passage du grand camion qui clignote et qui ramasse les poubelles dans la rue.
Et les adultes pressés, qui râlent et qui hurlent dans leur téléphone.
On entend même au loin le raffut des trains qui passent à toute vitesse.
Et puis, au milieu de ce vacarme, quelques oiseaux courageux qui essaient de chanter tant bien que mal.
Les pauvres, on les entend à peine.
Asya aimerait pouvoir leur donner un micro et éteindre tous les autres bruits de la ville.
Si les oiseaux n'étaient pas si petits, on les écouterait sûrement davantage.
Heureusement, dans les rêves d'Asya, les oiseaux sont gigantesques, joyeux.
Ils respirent de l'air pur et chantent librement, sans que leur mélodie soit étouffée par de vilains bruits.
Asya peut s'accrocher à leur plume lacrée et faire avec eux le tour du monde en moins de 10 minutes.
Parce qu'elle aussi, elle est grande dans ses rêves.
Elle a de longues jambes pour sauter et de longs bras qui attrapent le soleil.
Asya adore rêver, même quand la nuit est terminée.
Elle peut tout inventer.
Dans ses rêves, elle est capable de rebondir sur des nuages géants de toutes les couleurs et de toutes les formes.
Elle peut cueillir des bonbons acidulés dans les arbres
ou aller à l'école à dos d'éléphant si ça lui chante.
C'est bien les rêves.
Parfois, elle aimerait vivre à l'intérieur.
Asya a ce qu'on appelle de l'imagination.
C'est comme un nouveau pays dans sa tête.
Un endroit magique où elle peut faire ce qui lui plaît
et transformer les choses désagréables en merveille.
Asya fait de grands pas pour traverser sa grande chambre,
puis longe le grand couloir de l'appartement.
Elle entend la voix de sa maman et celle de son beau-père.
Ils sont en train de discuter entre grands.
Ils parlent vite, ils s'agitent, ils avalent leur café debout
et voient à peine Asya qui arrive dans le grand salon
et s'approche de la grande table.
Maman demande à beau-papa.
C'est toi qui va récupérer la petite à l'école ce soir ?
Asya fronce les sourcils.
Elle en a ras le bol qu'on parle d'elle comme ça.
Je ne suis pas petite.
Beau-papa la regarde amusée.
Il lui sourit.
Bah Mappus, tu es déjà réveillé.
On t'a même pas vu arriver.
Tu t'es faux filé comme une souris.
Comment ça on ne m'a pas vu arriver ?
Je suis si minuscule que ça.
Une pousse, une souris, c'est vraiment tout petit.
Maman embrasse tendrement Asya sur le front
et l'installe sur la grande chaise,
qui est si haute qu'elle n'arrive pas à s'asseoir dessus toute seule.
Il faudrait une échelle en chocolat exprès pour moi.
Il y a une dirèvre qui me soulèverait avec ses deux petites cornes
pour m'aider à prendre un petit déjeuner.
Asya est contrariée.
Décidément, le monde est trop grand pour elle.
A force de devoir regarder en l'air,
elle a la tête coincée dans les nuages.
Poupapa l'aide à enfiler son grand cartable tout-neuf
pour aller dans sa nouvelle école de grands.
Dans le ventre d'Asya,
il y a un embouteillage de gargouille et des nœuds dans tous les sens.
Elle se sent tout emmêlée à l'intérieur.
Tout ce qui est nouveau lui fait peur.
Elle était bien cette petite école maternelle
avec ses petites chaise et ses petits cerfaux,
ses petits vélos et ses petites marailles.
Sur la route de la grande école,
elle sert très fort l'immense main de beau papa.
Lui aussi est très grand.
C'est presque un géant.
Il a le haut du crâne qui frôle le ciel.
Parfois, il a même des morceaux de nuages
qui lui restent dans les cheveux,
comme des bouts de coton ou de la barbe à papa.
Tous les deux traversent la ville avec ses bruits
et ses grandes rues, ses grands boulevards
et ses grands autocars.
Asya est très inquiète.
Et si j'étais la plus petite de l'école
et si on ne me remarquait même pas ?
Beau papa la rassure.
Il lui promet que tout va bien se passer.
Il marche encore un peu.
Lui avec ses grands pas dans ses grandes chaussures
et elle qui essaie de le suivre
avec ses tout petits pas dans ses toutes petites ballerines.
On dirait qu'elle flotte ou qu'elle s'en vole
comme une patineuse artistique qui glisse sur la glace.
Voilà, enfin l'école et son très grand portail.
C'est impressionnant.
Ça ressemble à un château fort.
Asya se demande alors.
Est-ce qu'il y a des dragons à l'intérieur ?
Des dragons ? Quelle drôle d'idée !
Beau papa emmène Asya jusqu'à sa nouvelle classe.
D'autres enfants sont déjà là.
Ils sont tous plus grands que moi.
Le sourire de la maîtresse arrive le premier.
Il vient accueillir Asya.
Qui est le joli sourire ?
Suivi par la maîtresse elle-même.
Quelle a l'air gentille cette maîtresse.
Les millions de minuscules bouclebrunes de la maîtresse
se mettent alors à danser en rythme sur sa tête.
Elles font la fête.
Cela amuse Asya.
Tiens, la maîtresse elle est même cheveux que moi.
Quelle belle accueil.
Les embouteillages dans le ventre d'Asya se calment un peu.
Beau papa lui souhaite bon courage
pour cette première journée à l'école des grands.
Allez bon courage !
Il est persuadé qu'elle va se débrouiller comme une championne.
Asya aurait aimé qu'il reste plus longtemps.
Au milieu de cette classe de grands, elle se sent perdue.
Comme une petite fourmi au milieu d'un troupeau d'éléphans.
Pendant que la maîtresse et son sourire
font entrer les autres enfants et rassurent leurs parents.
Asya a une pensée pour les êtres minuscules.
Moi je fais toujours attention à ne pas écraser les petits insectes au parc.
C'est le rôle des grands de protéger les tout petits.
Un très long garçon assis âgement
regarde Asya avec des yeux écarchiers et ronds
qui ressemblent à des billes pour jouer.
Il a une tête rigolote qui lui plaît bien.
Tout à coup, le long garçon se lève
et on dirait qu'il se déplie.
Il est grand, très grand.
Sa petite tête rigolote est posée sur un long cou.
Il avance vers Asya avec ses longs bras et lui tend la main.
Tu veux t'asseoir à côté de moi ?
Je suis toujours le plus grand en moi.
J'en ai marre d'être grand.
Asya est très étonnée.
Moi j'en ai marre d'être petite.
Le garçon a l'air étonné lui aussi.
Asya lui donne la main et lui demande.
Comment tu t'appelles ?
Le long garçon répond.
Antoine Asya a une idée.
Elle est toute petite
et son nouveau copain Antoine est très grand.
Il n'on qu'à aller tous les deux dans son imagination
parce que là bas, la taille, ça n'existe pas.
Voilà le début de ce qui s'appelle
Une grande, grande, très grande amitié.
Et voilà, l'histoire est finie.
Et maintenant,
Oli.
Non, une autre.
Oli.
Episode suivant:
Les infos glanées
Oli
Découvrez la série audio France Inter : des contes pour les 5-7 ans, racontés par Delphine de Vigan, Alain Mabanckou, Tatiana de Rosnay, Claude Ponti… Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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