"Le jour où Betty fait disparaître sa petite sœur Wanda"

Durée: 9m40s

Date de sortie: 29/06/2022

durée : 00:09:40 - Une histoire et... Oli - Cet été, parmi les nombreuses activités pour occuper vos chers enfants, Oli saura les rendre sages comme des images avec cette histoire de l'écrivaine Lolita Pille, au titre très mystérieux. Suprise !

Prends-moi un père.
C'est Oli. O-L-U-O-C.
La bibli, les petits.
Je suis pas petit.
Je crois.
Bonjour, je suis Loli Tapile, et je vais vous raconter l'histoire de Betty,
l'apprenti sorcière qui a fait disparaître sa petite soeur.
Vendat
Un peu avant les vacances, Betty a eu 10 ans.
Elle avait l'intention de consacrer tout son été à la sorcellerie,
mais un matin, exceptionnellement,
sa mère lui a demandé de garder sa petite soeur Vendat.
Betty avait dit oui à contre-coeur.
Vendat faisait beaucoup de bêtises,
et la sorcellerie est un art de la concentration.
Avant de partir, la mère de Betty lui a rappelé les règles.
Ne pas jouer avec les plaques,
faire un peu ce que vous les venda, pas uniquement ce que vous les bêtis,
ne pas emmener Vendat à la rivière.
Si lui arriver quelque chose, Betty serait responsable.
Betty a demandé à Vendat ce qu'elle voulait faire.
Aller à la rivière.
Non, interdit a répondu Betty.
Tango, alors.
Ok.
Betty a appuyé sur le bouton de livre musical,
et la joie a envahi Vendat.
Le livre entre les bras, elle a couru au milieu du salon,
et agitait sa tête et ses jambes super vite.
Betty a dansé avec elle.
C'est ennuyé, et montée sur une chaise, et allumée la plaque électrique.
On va te fabriquer un ami Vendat.
Comment ça ?
Betty a crayonné un garçon sur une feuille,
et l'a passé à Vendat qui lui a gribouillé une bouche avec son feutre.
Ensuite, Betty a découpé l'ami de Vendat,
et l'a installé dans une casserole.
Pour qu'il ait une âme, il lui faut un nom.
Comment veux-tu l'appeler ? a demandé Betty à sa petite sœur.
Vendito.
Betty s'est concentrée.
Venditus.
Rien ne s'est passé qu'une odeur de lait brûlée.
Découragé, Betty a dit à Vendat de rester sage,
tandis qu'elle allait chercher son journal intime de sorcière.
Vendat s'est mis à chanter à tue-tête,
et Betty s'est bouchée les oreilles pour se concentrer.
Elle écrivit
« L'art de la sorcellerie par Betty Gray.
La sorcellerie est l'art de transformer les gens en changeant leur nom.
Si je crie à Vendat,
bouton d'or,
sirène,

cheeseburger,
elle se métamorphosera en l'une de ces choses.
Les formules magiques sont plus puissantes en latin.
Je connais mal cette langue.
D'après mes recherches, il suffit de rajouter des us à la fin des mots.
bouton d'orus,
sirénus,
cheeseburgerus.
Betty soupira et écrivit la suite.
Ce matin,
essayait de fabriquer un ami à Vendat raté.
Betty, soulignée à deux fois,
raté.
Conclusion.
Il faut du pouvoir.
Mais est-ce qu'on est avec,
ou est-ce une question de concentration ?
Bon, je vais m'entraîner avec un caillou.
Pendant que Betty s'efforçait de mieux comprendre l'art de la sorcellerie,
Vendat n'était pas resté sans rien faire.
Elle avait sorti tous les Kleenex de la boîte et les avait posés par terre.
Elle avait déroulé le sopalin
et tous les rouleaux de papier toilette
et emballé le canapé et le chien avec.
Puis, elle avait trouvé un rouleau de film plastique
et s'était approchée de sa grande sœur.
Betty tenta de déplacer un caillou de toutes les forces de son esprit
quand Soudain Vendat grimpe pas sur le canapé
et lui emballe à la tête dans le film plastique.
Vendat, au rouleau !
Betty se retourna et vit que sa petite sœur
avait momifié le chien et l'appartement
dans de longues bandelettes de papier blanc parfumées.
Oh non Vendat, c'est encore moi qui vais devoir t'auranger !
J'en ai marre Vendat, marre, marre, marre !
Je ne veux plus te voir,
disparaît, sors de ma vie Vendat !
Et Soudain, Betty ne vit plus Vendat.
Vendat ?
Mais Vendat n'était plus sur le tabouret.
Du film plastique transparent,
flottait à la hauteur où se trouvaient les mains de la petite fille
une seconde plus tôt et vallsa jusqu'au sol.
Vendat avait disparu.
Betty a hurlé.
Vendat !
Elle a fouillé les placards,
se colpagne à linge et même ouvert la gueule du chien.
Vendat n'était nulle part.
Alors Betty s'est mis à chercher Vendat partout.
Et plus Betty cherchait Vendat,
plus elle pensait à elle.
Car depuis le divorce, Vendat devenait bizarre.
Elle ne voulait plus marcher sur le trottoir
ni porter d'autres vêtements que son maillot de bain.
Au ciné, elle plongait la main dans les pop-cornes des gens
et se servait évidemment sans leur permission,
les traitant de…
quand ils enlevaient sa petite main de leur cornet.
Elle voulait juste aller à la rivière
et continuer le barrage qu'elles avaient commencé ensemble.
Betty l'a promu dans un caddie.
« Tu ne peux pas passer toute ta vie en maillot Vendat.
« C'est ma vie, c'est pas ta vie ! »
lui répondait Vendat.
Un jour, Betty et sa mère avaient perdu Vendat pendant plusieurs heures.
Sans s'aider à la panique, Betty avait marché vers la rivière
et sa petite sœur était là.
Accroupie, son chapeau de paille sur la tête,
Vendat empilait sagesment des galets sur le barrage.
C'était il y a quelques mois.
À ce souvenir, des larmes mouillères les jouent de Betty
tandis qu'elle poussait le caddie en route vers la rivière
ou elle espérait retrouver une nouvelle fois sa petite sœur.
Depuis le divorce de leurs parents, Vendat chantait au lieu de parler.
Les garçons de leur nouvelle école ne jouaient pas avec elles
et Betty essayait sans succès de les transformer en iguanes.
La vérité, c'est que plus grand monde ne faisait attention à Vendat.
On la nourrissait, la baignait, la billait, voilà tout.
Et ça devait faire un moment que Vendat se sentait devenir invisible.
Les parents ne pensaient qu'à la nouvelle organisation du quotidien
et Betty était obnubilée par son envie d'apprendre la magie
pour métamorphoser le petit appartement en belle maison comme avant
pour se faire des amis invisibles.
Et tout le monde disait à Vendat,
chute, sois sage, laisse-moi tranquille.
Alors Vendat s'était mis à faire des bêtises pour ne pas disparaître.
Avec tout ça, Betty n'avait rien mangé.
Qu'est-ce qu'elle avait faim ?
Elle achetait un cornet de pop-corn et garât son cadis sous des arbres.
Elle avait remarqué que les esprits invisibles communiquaient grâce aux arbres,
agitant les feuilles comme des instruments de musique, pour dire,
« Je suis là ! »
Vendat, euh...
Tu m'entends ? demanda Betty.
Pas de réponse.
Mais Betty vit que son pop-corn diminuait à toute vitesse
et entendit mâcher.
Vendat, c'est toi ?
Un rire farceur lui répondit.
Mais ça !
Ouf ! Vendat était quelque part...
invisible.
Betty avait intérêt à la faire réapparaître avant le retour de leur mère.
Sinon, elle devrait lui avouer qu'elle avait fait disparaître sa soeur.
Son premier sort.
Et un vrai mystère car elle n'avait pas utilisé de formules magiques.
Elle s'était juste mise en colère.
Tandis qu'elle descendait à la pente escarpée vers la rivière,
Betty compris le pouvoir des sentiments et des désirs.
C'était les sentiments qui étaient magiques.
Elle avait tellement désiré que Vendat disparaisse,
que c'était arrivé.
Et maintenant, Vendat n'était plus là.
Et la vie sans elle était nulle.
Avec le divorce,
Betty aussi serait devenue transparente,
si elle n'avait pas existé si fort aux yeux de Vendat.
Il y avait les merveilles de la vie,
comme le popcorn, la présence de leur père, la magie.
Et Vendat, qui était l'air que Betty respirait.
Betty se fichait d'avoir réussi un sort.
Elle voulait juste que Vendat revienne,
même si ça voulait dur se laisser emballer dans du film plastique,
ou les algues de la rivière jusqu'à ses 18 ans.
Vendat ?
Vendat !
Vendat !
Applaît doucement Betty.
Elle agrippe à une branche,
lança ses jambes,
et atterrit sur le barrage en forme de presquilles
qu'elles avaient construits ensemble.
Vendat, petite soeur,
tu es la chose la plus merveilleuse qui me soit jamais arrivée.
Vendat !
Vendat !
Vendat !
Répète à telle plusieurs fois comme une formule magique.
Betty, je suis là.
Et là, Betty ne put en croire ses yeux.
Vendat !
Elle était là.
Et voilà, l'histoire est finie.
Et maintenant, au lit.
Non, une autre.
Au lit.

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Oli

Découvrez la série audio France Inter : des contes pour les 5-7 ans, racontés par Delphine de Vigan, Alain Mabanckou, Tatiana de Rosnay, Claude Ponti… Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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