"La libellule et le bison, ou la fable de l'ouest américain"

Durée: 9m35s

Date de sortie: 22/11/2022

durée : 00:09:35 - Une histoire et... Oli - Lorsque l'on a demandé pour Oli, aux journalistes, Mickael Thebault, Florence Paracuellos, et Nicolas Demorand de prêter leur voix, sur un texte écrit et imaginé par Emma Ferey, ils ne sont pas fait priés. À ne pas rater et à découvrir bien sûr ! - invités : Emma Férey - Emma Férey : Attachée de production

Tu vas écouter Oli ? Tu aimes donc les histoires.
Mais est-ce que tu connais Tudou ?
Tudou est un podcast pour les enfants à partir de deux ans.
Des histoires pour jouer avec les sons et le langage.
A très bientôt sur la plire radio France et franceinter.fr
Bonjour, nous sommes Florence, Emma, Michael, Nicolas
et nous allons vous raconter une fable de l'ouest américain.
La libellule est le bison.
Il faut oser ou bien se résigner à tout.
C'est l'histoire que nous enseignent la rencontre improbable
entre un bison et une libellule.
Nous sommes dans les grandes plaines de l'ouest américain
au début du XXe siècle.
Et ce que vous entendez là,
c'est le plus gros mammifère terrestre des États-Unis,
le bison.
Sa vie, c'est manger, nettoyer son poil épais
et migrer, toujours en groupe, en suivant le chef de famille.
Jusqu'ici, une vie plutôt simple, me direz-vous.
Simple, simple, sauf que...
On est en 1907.
L'année où les colons décident d'enfermer les bisons
dans les réserves, comme les Indiens, pour les protéger.
Enfin ça, c'est d'après la version officielle.
Mais alors que le troupeau prend la direction indiquée par les hommes,
un bison traîne la pâte.
Suivre sa famille comme les autres
est une option sûre, confortable et rassurante.
Sauf que la destination ne convient pas du tout
aux jeunes bovidets rebelles.
Lui, il aimerait continuer à découvrir les immenses steppes
dans lesquels il a grandi, brouté et joué.
Le cœur lourd, le bison prend quand même la route
aux côtés des siens.
Sa vision est plutôt mauvaise,
mais ça ne l'empêche pas de distinguer un groupe d'Indiens
qui marche eux aussi vers une nouvelle réserve.
Une tribu de Cheyenne, leur chant est si beau,
mais si triste.
Profitant d'un art et du troupeau,
notre jeune bison décide de boire un coup
pour réfléchir.
L'âme en peine est pleine d'incertitudes.
Je n'ai aucune, mais alors aucune envie d'aller là-bas.
Mais si je ne vais pas avec eux, que vais-je devenir ?
Se demande notre bison.
Et puis non, j'ai des envies d'ailleurs, moi.
Sauf que je l'aime, mon troupeau.
Et puis qui suivre, si je suis tout seul, comment trouver ma route ?
En proie à ces hésitations,
notre bison ne voit pas la petite créature qu'il observe,
quelques centimètres au-dessus de la surface de l'eau.
Ben alors, t'en fais une drôle de grosse tête.
Mouah !
Une libellule.
Un peu moqueuse, mais surtout très curieuse.
L'insecte insiste.
Et puis pourquoi t'es tout seul d'abord ?
Ça n'arrive jamais chez les gros bisons comme toi.
Mais parce que je veux pas les suivre dans la réserve,
mais je sais pas non plus où aller.
On m'a toujours appris à regarder droit devant moi
et à suivre le troupeau.
Alors là, tu vois, je suis un peu perdu.
Droits devant soi.
Quelle drôle d'idée.
Tu as déjà essayé de regarder à côté de toi ?
Ah non, la règle, c'est toujours plus loin,
toujours plus droit.
La règle.
Déjà, ça commence mal ton affaire.
Et si tu es essayé d'être un tout petit peu plus souple ?
Regarde.
Tu fais vraiment n'importe quoi,
tu penses aller où comme ça ?
Aller où ? Mais aller partout,
changer les tinnéraires prévus, risquer de prendre un autre chemin.
Pourquoi suivre si la destination ne te va pas ?
Ça manque quand même un peu de pragmatisme.
Bon, arrête de ronchonner dans tes poils et fais comme moi.
On assiste alors à une scène qui fait rire toute la plaine.
Une toute petite libellule virvolte dans tous les sens
et derrière elle, un énorme bison situant essaye de limiter.
Ah mais non, pas derrière moi.
Marche à mes côtés.
En se rapprochant, le bison écoute la libellule,
lui décrire toutes les possibilités qui les entourent.
Le champ de vision, enfin libre.
C'est vrai qu'on y voit quand même plus clair maintenant.
C'est donc ça que voit le chef de troupeau, vachement mieux.
Et si tu veux changer des directions, regarde, tu peux.
Ah non, ça se fait pas.
Ouse !
Et il osa à l'inverse de tout ce qu'on lui avait toujours appris.
Voilà le bison qui bifurque pour quitter la plaine
et rentrer dans le sous-bois en guidant la libellule.
Après une longue exploration de leur territoire,
les deux compères décident de faire une pause bien méritée.
Il faut dire qu'ils ont tous les deux très soif.
Le premier euphorique d'avoir osé
et la seconde, fière d'avoir enseigné,
discute joyeusement de tout ce qu'il leur reste à découvrir.
Quand soudain, un râle vient interrompre leurs échanges.
Ah, c'est l'heure de se faire une bonne bouche.
Viens là, toi !
La libellule a à peine le temps de s'envoler,
qu'un gros triton sort sa tête orangée de la marre,
laissant entrevoir une langue épaisse
à laquelle notre insecte échappe de justesse.
Alors pardon, je ne sais pas si c'est encore ma vision qui fait des siennes,
mais serait-il possible de me présenter cette chose ?
Cette chose ! Elle est sérieuse, la vache ?
C'est sexiste, ça, si je puis me permettre.
Je comprends pourquoi on m'a dit de ne pas trop regarder autour de moi
quand je constate ce qu'on peut y trouver.
L'anfibien vexé fait ressortir les couleurs chaudes de son poitrain
et s'approche menaçant de la truve du bovin.
Eh bien figure-toi, mon gros, que si je n'avais pas pitié
ton incompréhensible alliance avec ce qui est d'ordinaire mon casse-croute,
je ne donnerai pas cher de ta peau.
Je suis terrifié, sincèrement.
Figure-toi que tu parles au grand triton rugueux de l'ouest américain,
tarica granulosa qu'on dit chez les savants, même.
Ma peau, certes un peu granuleuse et diablement toxique.
La libellule perchait sur une décorne de son acolyte,
lève ses grands yeux au ciel.
Et puis c'est-tu, monsieur, le buffle que...
Oh, tu m'ennuises.
D'un mouvement de sabots, notre mammifère renvoie le triton dans ses pénates,
le ventre vide d'avoir trop parlé.
Quel arrogant petit triton.
Et rugueux en plus.
Tout à coup, le bison relève le museau.
Un problème ?
Tu ne sens pas ?
Très drôle. Tu peux me dire avec quelle naie je ferai ça ?
Chut, j'entends quelque chose.
Attends, je vais jeter un oeil.
Bien vu, une sacrée caravane là-bas.
Grâce à l'odeur de la poussière,
notre bison a en effet flairé l'une des dernières caravanes de pionniers,
partant pour la grande conquête de l'ouest.
Libellule, ça se rapproche. Par où on va ?
Pour la première fois de sa vie,
personne ne montre au bison le chemin à suivre en cas de danger.
Suis-moi.
Courant tous les deux à travers la plaine,
les deux amis tentent d'échapper aux humains.
Au soudain,
Bison, tu es là ?
Oui, pour le moment, mais ces idiots me tirent dessus.
Ça ne va pas se passer comme ça.
Énervé, la Libellule vole de toutes ses forces,
jusqu'à l'homme armé qui recharge déjà son fusil.
Tournant frénétiquement autour de sa tête,
elle empêche le chasseur de viser correctement.
Ah, ça t'agace, hein ?
Cour bison, je te rejoins plus tard.
Épuisé par cette course folle,
l'insecte, tout est soufflé,
retrouve son compagnon.
Bravo, belle anticipation du danger.
Merci à toi d'avoir fait diversion.
Les deux compères auraient bien essayé de se taper dans la pâte,
mais pour des raisons évidentes, c'est un peu compliqué.
A peine le temps de reprendre leurs esprits,
qu'un orage éclate.
Habitué et protégé par sa fourrure,
le bison s'installe confortablement sous un arbre
et se met rapidement à ronfler,
bercée par nos tonnerres.
Mais un tout petit bruit,
imperceptible à l'oreille humaine,
mais parfaitement audible,
pour Louis du gros mammifère, le réveille.
Ben, petite Libellule,
qu'est-ce que tu fais à t'égiter comme ça ?
Euh, rien du tout, je réfléchis à deux-trois trucs.
Allez, viens près de moi.
Peu naud, la Libellule approche ses ailes mouillées
du souffle chaud du bison.
Tu sais, tu peux aussi admettre
que tu dois te reposer sur quelqu'un de temps en temps.
Ce poser, c'est pas comme oser,
mais ça fait du bien.
Et puis tu as réussi ton coup,
j'ai compris que la liberté n'est pas forcément effrayante
si l'on a quelqu'un pour nous guider.
Et toi gros bison,
tu m'as appris qu'elle était encore plus belle à deux,
cette liberté.
Et voilà, l'histoire est finie.
Et maintenant,
au lit !
Non, et non.
Oui.

Les infos glanées

Je suis une fonctionnalité encore en dévelopement

Signaler une erreur

Oli

Découvrez la série audio France Inter : des contes pour les 5-7 ans, racontés par Delphine de Vigan, Alain Mabanckou, Tatiana de Rosnay, Claude Ponti… Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Tags
Card title

Lien du podcast

[{'term': 'Kids & Family', 'label': None, 'scheme': 'http://www.itunes.com/'}]

Go somewhere