"Idriss et le secret du poulpe"

Durée: 11m12s

Date de sortie: 22/11/2022

durée : 00:11:12 - Une histoire et... Oli - Simon Johannin est un écrivain qui a gardé son âme d'enfant et continue à aimer, imaginer des histoires comme pour Oli avec cette jolie histoire d'un petit garçon aux pouvoirs magiques.

Tu vas écouter Oli ? Tu aimes donc les histoires.
Mais est-ce que tu connais Tudou ?
Tudou est un podcast pour les enfants à partir de deux ans.
Des histoires pour jouer avec les sons et le langage.
A très bientôt sur la plire radio France et franceinter.fr
Bonjour, je suis Simon Joannin et je vais vous raconter l'histoire d'Hydriss et le secret du pool.
C'est le premier jour des vacances et le petit Hydriss accompagne sa maman au marché au poisson sur le vieux port de Marseille.
Sur l'eau calme, les bateaux flottent tout doucement comme endormie par le percement des vagues.
Hydriss n'est pas rassuré par tout ce monde venu profiter du soleil et se promener sur les quais,
alors pour ne pas se perdre, il ne lâche pas la robe de maman.
Il sait que tant qu'il tient dans sa main gauche un peu du tissu doux, il ne risque rien
et encore moins de se perdre au milieu de toutes ses longues jambes, de toutes ses grandes personnes
qui forment comme une forêt devant lui, une drôle de forêt qui n'arrête pas de bouger.
Il peut laisser aller son nez aux auteurs de la mer et des petites charrettes des vendeurs de boissons fraîches et d'otés à la menthe.
Autour de lui des femmes regardent où, propose de faire des tresses à celles qui passent devant elles,
et Hydriss se dit que s'il avait des cheveux longs, il aimerait bien lui aussi avoir des tresses.
Mais il se rappelle bien vite que quand sa grande-sœur Yasmin se fait des tresses, ça prend beaucoup de temps.
Or, Hydriss est impatient et ne tient jamais en place.
Alors, il oublie bien vite cette idée et continue à avancer, enivrée par le ciel bleu, la mer et ses couleurs,
en direction des étales des pêcheurs.
Il rêve à son corps au bord de l'eau pendant que sa maman choisit de belle dorade pour le repas du midi.
Il est tout occupé à observer une tache d'huile entre deux barques, quand il entend un bruit étrange.
Tiens, mais qu'est-ce que c'est ?
Se demande Hydriss en tournant la tête vers l'étale de la poissonnière.
Hydriss est tout petit, et ne voit pas qu'au-dessus de l'étale, pourtant devant lui, quelque chose pan et semble bouger.
Hydriss lâche l'Europe de sa maman, se rapproche et observe intrigué.
On dirait une hierne un peu visqueuse qui te ressaut de temps en temps.
Curieux comme le sont les enfants, il approche sa main sans réfléchir et tire dessus.
Il regarde vers le haut et voit du bord de l'étale une forme molle bondir devant le soleil, avant de lui tomber sur la tête,
puis dans les bras, dans un drôle de splotch.
Hydriss en voit se rencontre que ce qu'il avait pris pour une plante est en fait le tentacule d'un poulep,
qui l'a maintenant tout entier dans les bras.
Heureusement, Hydriss est tout petit, alors personne n'a vu qu'il a fait une bêtise.
Ce glissant sous l'étale, il regarde l'animal qui tout à coup se réveille et le regarde à son tour.
Hydriss n'en croit pas ses yeux, le poulep est vivant et il lui fait un clin d'œil.
Hydriss est boujbé et fait de grands urons. Vraiment, la vie est pleine de surprises.
Le poulep semble vouloir lui dire quelque chose, mais Hydriss ne comprend pas.
Il le regarde faire tout un tas de gestes étranges et rigolos avec ses tentacules, des ronds et des carrés,
des vagues, des vagues et encore des vagues.
Mais oui, bien sûr, ça y est, il comprend tout.
Le poulep peut lui demander tout simplement de le remettre à l'eau maintenant qu'il est sauvé du marché.
Hydriss se prend pour un agent secret. Il glisse le poulep sous son t-shirt
et marche comme s'il ne rien était vers le bord du quai.
Il soulève le tissu et fait semblant déternuer un grand coup pour couvrir le bruit que fait le poulep lorsqu'il le jette dans l'eau.
Hydriss se penche au-dessus du bord mais ne le voit plus. Il a tout à coup un doute.
Peut-être qu'il a mal compris. Peut-être qu'en fait c'est un poulep qui ne s'est pas nager et qu'il est en train de se noyer.
Mais Hydriss n'a pas le temps d'avoir peur bien longtemps car il voit tout doucement les yeux du poulep qui remontent à la surface
et lui font à nouveau un grand clandoy avant de redescendre dans l'obscurité des eaux du port.
Hydriss est soulagé et se rend compte qu'en sauvant le poule sa bêtise est devenue une bonne action.
Il se retourne satisfait d'avoir accompli sa mission pour retrouver l'étal de la marchande.
Mais sa maman a disparu et la marchande remballe toutes ses affaires. Le marché est fini.
Oh non, se dit Hydriss. J'ai perdu ma maman comme elle va être inquiète et moi je suis tout seul.
Hydriss sait qu'il va pleurer lorsqu'il sent tout à coup quelques gouttes lui asperger la nuque.
Il se retourne en direction de l'eau mais ne voit rien.
Il s'avance un peu et c'est le poulep qui est là et lui fait des clandoy.
Hydriss est désemparé aussi dans sa tristesse liée au poulep.
J'ai perdu ma maman. Le poulep reste silencieux et continue ses clandoyes malicieux.
Il fait même un cœur avec deux de ses tentacules pour assurer Hydriss et en fait marcher deux autres sur l'eau
comme quand on fait un bonhomme avec ses doigts pour lui dire de le suivre.
Un peu rassuré, Hydriss suit le poulep le long du quai.
Pendant qu'à côté, le petit animal nage paisiblement dans l'eau.
Il a l'air si insouciant en dansant dans les clappotis du port qu'Hydriss en oublie un peu son chagrin
et lui qui avait si peur tout à l'heure de perdre sa maman se dit que si aujourd'hui il a pu sauver un poulep
il devrait pouvoir la retrouver sans trop de soucis, surtout avec l'aide de son nouvel ami.
D'ailleurs, ce coquin de poulep n'en est pas à sa dernière surprise
puisque sans prévenir le volac qui saute hors de l'eau pour atterrir sur les épaules d'Hydriss
et se cacher dans son col en un éclair.
Il tapote sur les épaules d'Hydriss pour le guider.
C'est facile. Un coup sur les pôles droites pour aller à droite
et un coup sur les pôles gauches pour aller à gauche.
Hydriss se laisse faire mais voit bien que le poulep lui fait faire de drôles de zigzag
et que les gens commencent à le regarder bizarrement.
Allons, petit poulep, arrête de faire des blagues
et aide-moi à retrouver ma maman avant qu'on se doute de quelque chose autour de nous.
Je suis chouette, Hydriss.
Alors le poulep prend son air le plus sérieux
et dirige Hydriss 3 sur la Grande Roue tout au bout du quai.
Il appuie sur la tête d'Hydriss avec un tentacule pour lui dire de se baisser
et les voilà qui se faufient ni vu ni connu
dans une des cabines de la Grande Roue qui se met à décoller.
Oh là là, c'est haut ce dîl Hydriss qui est un peu le vertige.
Et puis d'abord, qu'est-ce qu'on fait là ?
Son trosé regardait ailleurs que ses pieds.
Le poulep lui place délicatement un tentacule sous le menton
pour qu'il redresse la tête.
Et c'est tout le paysage de la mer, de la ville et des collines qui s'étalent à ses pieds.
Comme c'est beau, comme c'est grand ce dîl Hydriss.
Regarde, on voit même la bonne mer tout en haut de la basilique qui brille au soleil.
Elle tient son enfant dans les bras.
Tu penses que ça veut dire que je vais retrouver ma maman, petit poulep ?
Le poulep lui refait un de ses incorrigibles clins d'oeil
et invite Hydriss à descendre son regard sur le port.
C'est maman !
Hydriss saute de joie dans la cabine en attendant qu'elle ne descend.
Et une fois en bas, il s'empresse de courir vers elle.
Hydriss, tu m'as fait une peur bleue ou était-tu passé ?
lui dit sa maman le prenant dans ses bras.
Maman, j'étais sur la Grande Roue.
J'ai vu toute la ville et je t'ai vu en bas.
Si j'ai pu te retrouver, c'est grâce au poulep.
C'était son idée.
Au poulep ?
Mais de quoi tu parles ?
Réponds sa mère dans un sourire de soulagement.
Mais oui, le poulep, il est là, regarde.
Ah bah ça alors ?
Il a disparu ?
Il était dans mon t-shirt mais il s'est envolé.
Un poulep qui s'envole, tu es vraiment un magicien, Hydriss.
Réponds sa maman rigolant.
Allons, arrête de raconter des bêtises.
Et s'il te plaît, la prochaine fois, ne t'évoigne pas comme ça.
Il est temps de rentrer à la maison.
Longant une dernière fois le quai,
Hydriss se demande s'il n'a pas rêvé toute cette histoire
et s'il a bien sauvé ce poulep qu'il a aidé en retour à retrouver son chemin.
Non mais vraiment, se dit Hydriss,
Yasmine ma grande soeur à raison, j'ai bien trop d'imagination.
Mais pile quand il croyait avoir tout inventé,
Hydriss, sans quelques gouttes, venait à du bord du quai et la rosée.
Il tourne la tête et voit le poulep lui faire coucou avec son tentacule.
Ce n'était donc pas un rêve ?
Toute cette histoire est réelle.
Peu lui importe maintenant qu'on le croit au nom,
Hydriss sait que son imagination est aussi vraie que les bonbons.
Et voilà, l'histoire est finie et maintenant, au lit.
Non, il n'a autre.
Au lit.

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Oli

Découvrez la série audio France Inter : des contes pour les 5-7 ans, racontés par Delphine de Vigan, Alain Mabanckou, Tatiana de Rosnay, Claude Ponti… Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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