"Le grand concours"

Durée: 9m56s

Date de sortie: 10/04/2023

durée : 00:09:56 - Une histoire et... Oli - Pour Oli, Jul, connu pour son humour grinçant et son trait libre, a gardé le même esprit pour raconter l’histoire de cette institutrice rigolote et très originale.

Bonjour, je suis Jules et je vais vous raconter l'histoire du grand concours de l'art et de pénaltes.
Ce matin-là, devant l'école, les élèves de la classe de Mme Bertinotti arboraient des mines de conspirateur.
Chacun d'entre eux semblait protéger un précieux trésor, serré dans une poche, caché dans un sac à dos,
ou soigneusement emballé dans une boîte à chaussures.
Car ce matin-là, dans la classe de Mme Bertinotti, avait lieu le grand concours de l'art et de pénaltes,
qui tenait l'école tout entière en haleine depuis maintenant trois semaines.
L'idée de ce concours avait été lancée lors d'un exposé sur la mythologie grecque et romaine.
Mme Bertinotti était une passionnée de mythologie.
Elle faisait partie de ces gens qui croyaient encore que les dieux grecs existaient toujours,
mais qu'ils avaient décidé de ne plus se montrer aux humains, car ils étaient mécontents de leur comportement.
On racontait qu'elle avait, quelques années auparavant, débarqué en classe, enroulé dans le drap de son lit,
parce qu'elle trouvait que ça lui donnait un air de déesse de l'Olympe.
Ce jour-là, la leçon portait sur les larves et les pénaltes.
Connaissez-vous les larves et les pénaltes ?
Ces petites divinités domestiques que les grecs et les romains adoraient
et qui étaient chargées à l'époque du bon fonctionnement du foyer ?
D'un côté, il y avait Zeus, Athena, Artemis, ces dieux et ces déesses célèbres
qui impressionnaient toute l'antiquité, et de l'autre, ces esprits minuscules
qui logeaient dans la cuisine, dans les chambres à coucher
et qui veillaient à ce que tout se passe bien dans la maison.
Les familles de l'époque avaient un très très grand respect pour ces créatures
qui les protégeaient dans leur vie quotidienne.
Mme Bertinotti, particulièrement exaltée ce jour-là, avait lancé un défi aux élèves de sa classe.
Celui ou celle qui serait capable de retrouver un larve ou une pénate chez lui,
aujourd'hui, au XXIe siècle, gagnerait le droit de choisir son prof de l'année suivante.
Devant une telle promesse, tous les élèves de la classe étaient rentrés chez eux surexcités
avec la ferme intention de mettre la main sur l'une de ces divinités.
Quelqu'un avait-il été capable de capturer chez lui une pénate ?
Mme Bertinotti se tenait droite derrière son bureau,
et scrutait maintenant ses élèves les yeux brillants.
Un premier bras se leva au milieu de la classe.
Wacilla, qui habitait rue Schölscher derrière le monoprix,
posa sur sa table un tube de chips qu'elle avait rescochée dans son cartable.
Tous les regards se tournèrent vers elle.
Doucement, elle retourna le tube et fit glisser un petit tête couchouteux
qui se mit instantanément à protester de son kidnapping.
Mme Bertinotti bâti des mains et félicite à chaleureusement Wacilla.
Le petit personnage marron qu'elle avait trouvé dans la cuisine de sa mère
n'était autre que le bonhomme du frigo,
celui la même qui était chargée d'allumer et d'éteindre la lumière
quand on ouvrait la porte pour prendre à manger.
Un mur mûre d'admiration parcouru la classe.
Pour calmer les protestations du larre du frigo,
Mme Bertinotti lui y adressa quelques excuses en grec ancien.
Ce qui eut pour effet immédiat d'apaiser la petite divinité.
Mais un autre bras s'était levé.
Nathan, l'un des élèves les plus dissipés,
déposa une petite boîte à biscuits sur le bureau de sa professeur.
Sous le vent le couvercle,
il découvrait une mignonissime souris vétune une blouse blanche d'orthodontiste
qui semble à soulager de sortir enfin de sa captivité.
C'était la célèbre petite souris en personne
que Nathan était parvenu à piéger sous son oreiller en faisant semblant de dormir.
Cette petite plaisanterie ne semblait pas tellement amusée la jeune rongeuse.
Elle n'avait pas que ça à faire en vérité.
Plusieurs enfants du quartier attendaient son passage depuis la veille
pour échanger leur dent contre une pièce ou un cadeau.
Et voilà maintenant qu'elle avait pris un retard très contrariant.
Mme Bertinotti lui promit de rédiger un mot d'excuse pour les enfants
et la laisser filer entre les chaîses.
Ce fut ensuite le tour de Bettina Betty,
la correspondante anglaise de Nina, qui suivait les cours de l'école depuis la rentrée,
de sortir de la poche de sa doudoune un pot de confiture
dans lequel une minuscule jeune fille battait des ailes
en tambourinant contre la parois de verre.
A peine le couvercle soulevé,
la fée s'envola à travers la classe,
à la poursuite de la petite souris,
en lançant des jurons en anglais avec l'accent de Glasgow
que l'on ne peut traduire ici tant ils étaient grossiers.
C'était la fée des dents, la tooth fairy,
cousine britannique de la petite souris
qui était chargée de s'occuper des dents des enfants anglophones à travers le monde.
Mme Bertinotti félicita Bettina Betty pour sa trouvaille so british.
Ce n'était pas fini.
Ali fit glisser vers sa professeure un étui à lunettes
qui semblait lui aussi contenir quelque chose.
En l'ouvrant,
l'on découvrit un être chevelu et débraillé,
on est pointu, qui tenta aussitôt de filer
mais se pris les pieds dans ses lacets défaits
et s'étala contre la troupe d'un de ses cibles.
Ce petit être irsut que personne ne parvenait jamais à apercevoir
n'était autre que l'emmêleur de Phil
dont les mêfets étaient universelment ressentis dans chaque foyer.
C'était lui, nous a pris Mme Bertinotti,
qui était chargé d'emmerlificoter les câbles des écouteurs,
des portables et des ordinateurs,
de manière particulièrement diabolique
sans que quiconque n'y ait pourtant touché.
Vous vous doutez que cela refit vraiment sensation dans la classe.
Victor avait capturé le gardien des moutons.
Un tout petit vieux barbu qui rassemblait les boules de poussière
en forme de moutons sous les lits et derrière les meubles les plus inaccessibles.
Lara avait, quant à elle, mis la main sur Syrie et Alexa,
deux pénates jumelles dont on connaissait tous la voie
car elle répondait aux demandes des parents
quand il fallait faire une recherche sur Internet
ou quand il fallait baisser le chauffage à distance.
Mme Bertinotti elle-même parut surprise
car elle croyait qu'il s'agissait d'intelligence artificielle
fabriquée par des grandes compagnies
et non pas de véritable divinité du foyer
descendante direct de la mythologie grécolatine.
À la fin du cours,
alors que la classe était agitée par les gesticulations
de dizaines de petites créatures circulant
dans tous les sens entre les tables,
la professeure croisa le regard d'ombeline,
aussitôt rougissante
et se douta que la plus timide de ses élèves
avait, elle aussi, une découverte à faire partager.
Elle savant ça vers la jeune fille
qui tenait serrée dans sa main
une petite boule humide.
Lorsqu'elle ouvrit doucement ses doigts,
la boule humide qui ressemblait à un morceau de serpillère
savera être en réalité
une petite bonne femme rondouillarde
à l'air passablement aurie.
Bravo ! déclara Mme Bertinotti.
Hombeline, continue à telle à l'intention de la classe,
a découvert la fée des chaussettes,
une pénate à l'origine de toutes les disparitions de chaussettes
lors des passages en machine à laver,
alors même qu'il n'y a pas de trou assez grand pour les escamoter.
C'est très rare, je suis vraiment impressionné
par toutes ces pénates et tous ces larres
que vous avez réussi à débusquer en à peine 3 semaines.
La cloche de la récréation retentit alors,
mais personne cette fois-ci ne voulu se précipiter dans la cour.
Le grand concours de l'art et de pénates
avait dépassé toutes les espérances
et chacun était impressionné et fier
d'avoir fait réapparaître toutes ces divinités de la mythologie.
Mme Bertinotti déclara solennellement
que dans ses conditions, les élèves pourraient bien sûr
choisir eux-mêmes leurs professeurs
jusqu'à la fin de la scolarité à l'école.
Elle enfila son manteau de laine dorée,
enfourcha son cheval volant
et décolla en suivant l'avenue du général Gallieni
car elle résidait en bon lieu.
Bien évidemment, l'année suivante,
tous les élèves de la classe choisir d'avoir comme professeur
Mme Bertinotti.
Et voilà, l'histoire est finie et maintenant,
Oli !
Non, une autre.
Oli est un podcast original de France Inter.

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Découvrez la série audio France Inter : des contes pour les 5-7 ans, racontés par Delphine de Vigan, Alain Mabanckou, Tatiana de Rosnay, Claude Ponti… Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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