
"La grotte des couleurs"
Durée: 12m34s
Date de sortie: 10/04/2023
durée : 00:12:34 - Une histoire et... Oli - Pour Cloé Korman, la forêt est l'univers du conte, le chemin qu'il faut retrouver, et pour Oli, elle a choisi de nous y emmener pour nous raconter l'histoire d'un petit garçon déterminé et surtout très courageux.
Bonjour, je suis Chloé Corman et je vais vous raconter l'histoire de la grotte des couleurs.
Dans les Sévènes, il y avait un petit gardien de chèvre qui s'appelait Ulisse. Sa bergerie se
trouvait aux pieds de la montagne et tous les jours, il conduisait ses chèvres par un sentier
pierreux entre les buits et les chênes jusqu'au sommet où elles aimaient particulièrement brouter et
se prélasser. Ulisse aussi aimait rester longtemps là-haut. Il pouvait voir le contour des collines
et repenser aux forêts qu'ils avaient traversées. C'est agréable les forêts parce que c'est calme.
Il pensait aux animaux qu'il avait vu, des mésanges, des renards, des sangliers. Il sortait un
crayon et des feuilles et pendant des heures, il faisait des dessins de tout ce qu'il avait vu.
Et c'est vrai que ça le rendait un peu distrait. Pendant qu'il dessinait, il arrivait qu'une chèvre
aillit brouter trop loin et qu'il mette des heures à la retrouver. Il arrivait aussi que le jour
commence à tomber sans qu'il s'en rende compte et alors il fallait se dépêcher de rentrer. Une fois
chez lui, il accrochait ses dessins sur les murs, il se faisait un petit diner de pâte avec du fromage
et il s'endormait. Un jour qu'il rentrait avec son troupeau, il fut surpris par un orage.
Ulysses aurait dû se méfier. Ça se voyait depuis tout à l'heure que les nuages arrivaient, mais il
était tellement occupé à dessiner qu'il était resté sans entendre ses chèvres qui s'étaient mises
à se rassembler et à béler. Le ciel était gris, on aurait dit que les arbres étaient en fer.
Le vent les faisait trembler. Sur le chemin, Ulysses accélérait en criant à ses bêtes d'avancer.
La nuit tombait et bientôt personne ne verrait plus où il mettraient les pieds ou les sabots.
Heureusement, les sentiers passaient par un tunnel creusé dans la montagne,
où le petit garçon et ses chèvres purent se mettre à l'abri.
Ulysses leur dit de s'arrêter là. Il leur dit, on va attendre le matin pour se remettre en route.
Par l'entrée du tunnel, il voyait l'air qui devenait de plus en plus noir. Bientôt,
à l'intérieur, ils ne verraient plus rien. Les chèvres se serraient les unes contre les autres.
Ils voyaient leur joli figure avec leurs lèvres qui tremblaient et leurs grands yeux mouillés.
Ils voyaient les mamans qui donnaient des coups de langue à leurs enfants pour les rassurer.
Ils voyaient les tâches de leur pelage. Ils voyaient, ils voyaient, ils voyaient tout son troupeau,
en fait, et chaque trait de ces chèvres chéris. Ils auraient pu compter leurs cornes et même
compter leurs poils tellement ils voyaient bien. Que se passait-il ? Dehors, ils faisaient un noir
profond. Mais ici, les cornes des chèvres brillaient, reflétées par les parois du tunnel.
Ulysses s'avança au milieu du troupeau. Plus il avançait, plus la lumière était vive.
C'était une lumière blanche, un peu léneuse. Une des chèvres le regardait. On aurait dit qu'elle
souriait et son pelage était entièrement lumineux. C'est elle qui éclairait le tunnel et toutes ces
camarades chèvres avec ses poils de lune blanc et brillant. Ulysses caressait la chèvre et la remercia.
Grâce à sa lumière rassurante, tout le troupeau était calme. Il se couchère les uns
près des autres et dormit jusqu'au matin. Après, il se fit un changement dans la vie de la bergerie.
Les gens du village remarquaient qu'Ulysses revenait de plus en plus tard. Il n'était plus jamais là
pour le dîner. Il restait le plus longtemps possible là-haut à faire ses dessins. Il s'apportait un
pique-nique et quand il faisait bien nuit, il rentrait avec son troupeau en suivant la chèvre
lumineuse qui faisait comme un morceau de joues autour d'eux sur le chemin. Impossible de se
manger son pique-nique, il s'endormit. Quand il se réveilla, c'était le milieu de la nuit. Il n'y
avait pas d'étoiles et autour de lui, catastrophes. Il ne voyait rien. Le noir. Les chèvres se serraient
les unes contre les autres. Ils entendaient leur bellement emmêler. Ils fient plusieurs pas dans
l'obscurité. Il applaudit plusieurs fois sa chèvre lumineuse. Rien. C'était-elle en fuie ? C'était-elle
endormie quelque part, elle aussi, loin du troupeau ? Il faisait froid et lui s'assit au milieu du
troupeau. Il dit à ses chèvres de se coucher et se coucha avec elle. Il dormit et le lendemain,
il était désespéré par la paire de sa chèvre. Il retourna dans la montagne. Il la chercha.
Pendant deux jours, il revint et explora tous les coins de la montagne qu'il connaissait,
tous les chemins et les bois. Toujours rien. En pensant à ce qui avait pu arriver à sa chèvre,
Ulis était terrifié. Il se disait, en fait peut-être qu'elle est tombée dans un ravin.
Mais les chèvres griment très bien. Elles sont d'excellentes acrobates. Donc ça ne pouvait pas
être ça. Ou bien, en fait peut-être qu'un loup l'a mangé. Mais alors il repensait à son pelage
lumineux. Il se disait qu'un loup ne pouvait pas dévorer une chèvre aussi éblouissante. Ou alors,
en fait peut-être qu'elle a été abattue par un chasseur. Il restait avec cette idée. Ça le rendait
très triste. Jamais il ne retrouverait une chèvre qui serait aussi belle qu'une étoile sur terre. Elle lui manquait.
Au bout du troisième jour, Ulis chercha tellement, tellement qu'il revint très tard. Il commençait à
faire sombre quand il entendit un son tremblant, qu'il connaissait bien, qu'il lui donnait beaucoup
d'espoir. Un bellement. Ce bellement semblait venir de sous la terre. Le soleil avait tout à fait
disparu. Mais Ulis était guidé par le bellement souterrain quand soudain, soudain, il sentit la terre
qui s'ouvrait sous ses pieds. Un trou immense et il tomba. Il tomba si fort qu'il s'évanouit.
Quand il ouvrit les yeux, il crut qu'il rêvait encore. Devant lui et au-dessus de sa tête,
il voyait des animaux de toutes sortes. Des animaux qu'il connaissait, des sangliers,
des chevaux, des loups. Mais il y avait aussi des sortes d'éléphants énormes, très poilus,
qui avaient l'air de secouer leur fourrure. Des vaches, avec des cornes beaucoup plus grandes
que celles qu'il connaissait, aussi hautes que leur corps. Ulis se mit sur ses jambes et poussa un
cri de douleur. Il était tombé sur son coude, qu'il faisait horriblement mal. Il leva les yeux et
vit le trou par lequel il était tombé. Et la nuit profonde là-haut. Il se sentit très seul et eu peur.
Il se mit à pleurer. Autour de lui, les animaux peints se mettaient à bouger,
à frissonner, à beller. A beller ? Non, ce n'était pas possible. D'où venait ce bruit ?
Il se retourna. Au fond de la grotte se trouvait sa chèvre lumineuse. C'est elle qui éclairait
toute la grotte dans la nuit. Elle s'approcha pour se serrer contre Ulis et le réchauffer avec sa fourrure.
Ulis avait toujours aussi mal au coude, mais il était rassuré. Il passait le reste de la nuit à
contempler les peintures de la grotte. Il avait entendu parler des humains qui avaient vécu dans
la montagne il y a très longtemps. Il y a des dizaines de milliers d'années. Et maintenant,
il découvrait leur dessin. Des chèvres étaient aussi peintes sur le mur, en rouge et en blanc.
Elles ressemblaient beaucoup à ces chèvres à lui. La petite chèvre lumineuse avait voulu montrer à
Ulis ses troupeaux et ses animaux sur la paroi. C'est pour ça qu'elle l'avait attendu et attiré ici.
Elle était tombée, elle aussi l'autre jour, et depuis, grâce à son pelage,
elle avait réussi à explorer la grotte. Elle guida Ulis jusqu'à un petit tunnel qui était tout
au fond et qui leur permit de trouver la sortie. Ulis avait toujours très mal. Il allait avoir le
docteur qui lui fit une radio et vit qu'il avait le coup de cassée. Il lui met un plâtre et pendant
quatre semaines, Ulis du garder le bras en écharpe, le pauvre, il ne pouvait plus dessiner.
Ça le rendait un peu triste, mais ce n'était pas grave. Il se reposa et pendant tous ses jours,
il pensa au dessin dans la grotte que des humains avaient fait il y a très très longtemps. Il essaya de
se rappeler tout ce qu'il avait vu. Et dès que ce fut possible, il retourna avec ses chèvres dans
la montagne ainsi qu'avec ses crayons et ses feuilles. Et dès qu'il fut là-haut, il se remit à dessiner.
Il dessina des sangliers, il dessina des chevaux, des chèvres et des loups. Mais il dessina aussi des
bêtes étranges, des sortes d'éléphants très poilus ou des vaches avec des cornes immenses comme on
n'en avait jamais vu par ici. Les gens qui venaient voir ces dessins dans sa bergerie lui disaient
que ces animaux n'existaient pas, mais Elise ne faisait pas attention à ces remarques. Et de temps
en temps, il retournait les voir dans la grotte en compagnie de sa chèvre lumineuse.
Et voilà, l'histoire est finie et maintenant, Oli.
Non, une autre. Oli est un podcast original de France Inter.
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Les infos glanées
Oli
Découvrez la série audio France Inter : des contes pour les 5-7 ans, racontés par Delphine de Vigan, Alain Mabanckou, Tatiana de Rosnay, Claude Ponti… Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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"La terrible histoire d’un petit géant qui n’était pas à la hauteur"