
L'histoire du rêve de l'enfant bleu
Durée: 8m53s
Date de sortie: 28/06/2023
durée : 00:08:53 - Une histoire et... Oli - Mais quel est donc le rêve de l'enfant bleu ? La réponse est dans l'histoire imaginée, et même racontée par Baptiste Beaulieu pour Oli. - invités : Baptiste Beaulieu - Baptiste Beaulieu : Médecin
Bonjour, je suis Baptiste Beaulieu et je vais vous raconter l'histoire du rêve de l'enfant bleu.
C'est H, O, L, I !
Un jour, il y a très longtemps, bien avant les hommes d'aujourd'hui, avant les voitures,
avant les gratte-ciels, les métros, avant les télévisions et les ordinateurs, avant
même que les hommes quittent les grottes où ils vivaient, ils régnaient sur terre un des
ordres inimaginables.
Un touhibouille immense, mais sans couleur, sans odeur, sans bruit et sans goût.
C'était une époque terrible où il n'y avait ni jour ni nuit, donc ni passé ni présent,
ni futur, rien sur quoi le temps pouvait passer.
Ni chat ni chien ni oiseau ni plante ni joie ni tristesse, une époque sans maman sans papa.
D'ailleurs il n'y avait même pas de couleur.
Imagine-t-on ce qu'un monde, son couleur signifie ? L'espace n'était ni noir ni
bleu ni blanc ou jaune, non, il n'était rien, ni gris, juste rien du tout.
Imagine-t-on ce qu'est cette couleur, le rien du tout ?
Au milieu de ce touhibouille n'a qu'un enfant, tout petit, minuscule, à la peau bleue.
Et nous ne savait comment il était arrivé là, qu'il avait enfanté.
Il n'y avait rien et après il y avait un enfant et une couleur, le bleu.
Comme quand on donne un coup à une pierre avec une autre pierre et qu'une est un sale
appareil.
Ainsi était né l'enfant minuscule.
Et peut-être même était-il né de ce touhibouille lui-même ?
Oui, ce gigantesque touhibouille qui avait rêvé un jour d'un petit enfant à la peau bleue.
L'enfant avait grandis seul et parfois il se demandait à quoi pouvait servir tout
cet espace vide, si vide.
Il sentait au fond de lui qu'il aurait aimé le décorer cet espace, le décorer de couleur,
même s'il ne savait pas ce que c'était les couleurs.
Le décorer de bruit, même s'il ne savait pas ce qu'était le bruit ou le silence,
le décorer de saveur, même s'il ne savait pas ce que c'était que manger.
Il hérait sans fin, sans but, essayant de se cacher du touhibouille qui dévorait tout.
Dès que les choses étaient sur le point d'exister, le grand touhibouille arrivait et le faisait
tomber dans un immense trou sombre.
Alors une fois, sans vraiment le faire exprès, l'enfant a rachat de ce touhibouille un petit morceau
de quelque chose qui était à la fois très sombre mais tout piqueté de points lumineux,
miniature.
A la fois très silencieux mais qui brussait de son feutré, des petits bruits de porte qui
grincent alors qu'il n'y avait pas de porte, de parquets qui craquent, de vent dans les
arbres, de petits bruits de bêtes effrayantes alors qu'il n'y avait ni bêtes ni peur
en ce temps là du monde qui n'existait même pas encore vraiment.
L'enfant le tourna dans sa main dans tous les sens et décida de l'appeler nuit.
Puis comme il ne savait pas quoi en faire, il essaya de le porter sur son dos comme un sac
mais ça n'y a aucun effet, d'ailleurs il n'avait rien à mettre dedans.
Il le cala sous son bras mais sans plus d'effet.
Alors finalement, ce petit morceau de nuit, il le posa sur son regard et le noix autour
de sa tête même que ça faisait tout le tour de son crâne et bouchait ses oreilles.
Alors pour la première fois, l'enfant connu se quittait le sommeil et pour la première
fois il découvrit ce qu'était les rêves.
C'est donc ça, dit-il, on ne peut rêver sans avoir la nuit de son côté.
Et dans son premier rêve, l'enfant rêva d'un monde plein de rouge et de vert et
de jaune et de mauve.
Il rêva d'un petit chien et d'un petit chat puis d'autres chiens et d'autres
chats par milliers, que joignir bientôt d'autres animaux, des lions, des hippopotames, des
aigles, des baleines immenses, des singes et les premiers hommes.
Il rêva du jour et du temps qui passe surtout.
Bref, pour la première fois il rêva d'un monde plein de chauves.
Il se réveillait en sursaut.
Devant lui, immense, zide, sans commencement, sans fin, se tenait le taux hubeau, le néant
absolu qui avale tout et fait tout disparaître.
Je suis taux hubeau, mais on m'appelle aussi néant.
Mon rôle est de néantiser, tout avaler et tout faire disparaître.
Je suis le rien qui est tout, tu m'as volé un petit morceau de nuit qui ne devrait pas
exister.
Rends le moi.
Alors, l'enfant qui tremblait de peur mais qui était rempli de courage, se t'indroit
et cria.
Je te le rendrai si tu réponds à une question.
Il savait que la situation était délicate, dangereuse, mais il avait encore l'esprit
rempli de ce rêve immense, et se sentait dans l'obligation d'aider tout ce qui n'était
pas encore, mais qu'il avait vu en rêve, à exister enfin.
Posse ta question et après je t'avalerai tout cru, toi et le morceau de nuit que tu
m'as subsidisé.
Alors l'enfant serra ses petits points et demanda.
Tu prétends être le grand rien ? C'est cela.
Mais alors si tu es, tu ne peux pas être rien ? Si, cria le grand rien.
Si, si, si, je suis le grand néant qui néantise.
Prouve-le moi.
Comment ?
Néantise-toi toi-même.
Détruis le grand rien.
Détruis de front en comble, va au bout de ta mission.
Néantise le néant qui est toi.
Je parie que tu n'en es pas capable.
Alors devant les yeux hallucinés de l'enfant, le touhubouu gonflat gonflat, et d'un seul
coup, comme pour prouver à l'enfant l'immensité de son pouvoir, il donna les étoiles, les
planètes, les galaxies et l'univers tout entier.
Et chaque fois qu'il donnait quelque chose, où il n'y avait rien juste avant, il détruisait
un petit peu plus ce qu'il était, le rien.
Il donna les rivières et les lacs, les poissons qui nagent dedans, il donna les plaines et
les collines, les animaux qui courent dessus, il donna le ciel et les nuages et tous les
oiseaux qui y volent.
Ainsi le grand rien devint-il le grand touh, en allant tout simplement au bout de sa logique,
en détruisant tout même le rien, surtout le rien, rien que le rien.
L'enfant bleu marcha dans le monde tout nouveau, il trouva que cela était beau, et bon, et bien.
Il n'attrape pas un morceau de vérité et le porta à l'oreille, comme on écoute la
mer dans un coquillage.
Et la vérité lui raconta comment ce nouveau monde allait croître et prospérer, prospérer
même très longtemps, et finir par décroître et disparaitre sans laisser de traces, jusqu'à
ce qu'il ne reste plus que lui, l'enfant bleu, devenu un vieil homme, condamné à
marcher parmi les décombres, et rend de ruines en ruines dans un silence total.
Un vieil homme avalant les couleurs, les chiens, les chats, les villes, les métros, les grâtes
ciels et tout ce qui existe, jusqu'à ce qu'un jour, il rêva d'un petit enfant
à la peau bleu et que ce petit garçon se mit à exister.
Il posa le petit morceau de vérité et souris sans avoir peur, ni de la vie, ni de la
destinée, ni de la nuit.
Si c'est ainsi que les choses sont, alors qu'il en soit ainsi, j'en suis bien content.
Et au moment où il pense à cela, il vit un petit garçon dans son lit qui avait peur
de s'endormir à cause du noir qu'il fait la nuit.
C'est grâce à la nuit qu'on peut dormir, et c'est grâce aux sommeils qu'on peut rêver
et prendre au grand rien de grands morceaux de tout.
N'oublie jamais l'histoire de l'enfant à la peau bleue qui fit tout exister, les
hommes, les voitures, les grâtes ciels, les métros, les ordinateurs, et n'oublie
jamais qu'il y parvint grâce à un petit morceau de nuit arraché au néant.
Et voilà, l'histoire est finie et maintenant, au lit.
Non, une autre.
Oli est un podcast original de France en Terre.
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