
La princesse qui tombait amoureuse tout le temps, par Maud Ventura.
Durée: 12m18s
Date de sortie: 20/12/2023
durée : 00:12:18 - Une histoire et... Oli - Il était une fois l'histoire d'une jeune princesse qui se posait des questions sur le prince charmant. Le problème est qu'elle trouvait tous les princes très charmants, et parfois les princesses. Écoutez Maud Ventura raconter l'histoire de "La princesse qui tombait amoureuse tout le temps".
Bonjour, je suis Maud Ventura et je vais vous raconter l'histoire de la princesse qui tombait amoureuse tout le temps.
Il était une fois dans un royaume lointain, un roi et une reine.
Ils étaient très amoureux et ils avaient eu quatre filles.
Célia était l'aînée.
C'était une petite fille rusée et vive.
Elle aimait faire la roue dans les couloirs du palais et construire d'ingénieuses machines,
comme une machine à gratter le dos ou une machine à faire mousselot du banc.
La princesse grandissait avec bonheur entourée de ses parents, le roi et la reine,
de ses trois soeurs et bien sûr de tous ses amis.
Un soir, le roi entra dans la chambre de Célia pour lire une histoire à sa fille adorée.
Il ouvrit un vieux livre, un livre dont les pages étaient cornées et jaunies d'avoir été tant tournées.
Célia le connaissait par coeur.
La princesse tombe amoureuse de son prince charmant et à la fin,
il vécure heureux et hurre beaucoup d'enfants, nya nya nya.
D'ailleurs, Célia songea que ce conte ressemblait beaucoup à l'histoire de ses parents
et à celle de leurs parents avant eux et de leurs parents avant eux encore.
Son père et sa mère s'étaient rencontrés, ils s'étaient mariés, ils avaient eu des enfants, tout simplement.
Assi, sur son lit, Célia écoutait l'histoire en silence,
mais à l'été est préoccupée et contrariée, car la princesse avait un gros souci, un très gros souci même.
Pfff, c'est bien beau ces histoires, se dit Célia,
mais comment est-ce que je suis censée trouver mon prince charmant le seul, l'unique ?
Célia a un véritable cœur d'artichaut, elle ne pouvait pas s'en empêcher,
son cœur était extensible comme de la pata modelée.
Célia tombait amoureuse comme on change de robe, de chaussettes ou de pantalon.
Mais cette fois, elle était bien décidée à trouver le prince charmant, celui des contes,
celui auprès duquel elle passerait toutes ses viens entières.
Le lendemain matin, la princesse rendit visite au prince du royaume d'à côté.
Denis était un prince farceur et fantasque, avec une outpête renversante et un crocodile à privoiser.
Ce jour-là, Célia et Denis firent un concours de poiriers,
et quand Célia avait la tête en bas, Denis faisait plein de petits proutes pour la déconcentrer.
Malgré tout, la princesse gagna la compétition, et Denis l'applaudit des deux mains.
Convint l'heure du goûter, Célia proposa « une purée de crottes de nez pour le prince ?
Et pourquoi pas une soupe de boulettes de pied ? » répondit Denis.
Leur rire raisonnée dans tout le château, et Célia ne vit pas le temps passé.
Le prince était décidément un chouette compagnon.
Alors notre princesse pensa, « Avec Denis, j'ai trouvé l'homme de ma vie.
C'est sûr, c'est lui, mon prince charmant. »
Célia rentra chez elle le cœur léger. Elle était amoureuse, elle avait trouvé le bon, l'histoire était réglée.
Mais une fois arrivée au palais, la princesse croisât le fils du jardinier.
Avec lui, pas de proutes ni de crottes de nez, Maxence était très distinguée.
« Bonjour, princesse Célia, comment allez-vous ? »
Maxence lui fit découvrir ses plantes préférées.
Rosier, Dalia, Laurier, Azalée, Magnolia, Vigne, Grimpante,
et, au fond du jardin, au détour d'un bosquet, un petit tortanciable bleu.
Maxence a pris aussi à Célia reconnaître le chant des oiseaux.
Si c'est une mélodie bien nette et aigu, sifflé par un oiseau-chanteur, aucun doute, c'est un merle.
Mais si ce sont des triles, des notes rapides et répétitives qui ressemblent à des ricanements, alors ce sont des pieds.
Maxence était époustouflant.
Les mains dans la terre ou debout sur un escabeau, il avait toujours une histoire à raconter.
Et tout le monde l'écoutait attentivement, merle, pieds, hérissons, mouflons et jument.
Le soir venu, Célia montra à Maxence les plantes d'une machine qu'elle avait inventée pour désherber le potager,
et d'une autre pour tailler les buies en forme d'escalier.
Maxence était ravi.
Alors notre princesse pensa, avec Maxence je vis une vraie romance.
Je me suis trompée, c'est lui mon véritable prince charmant.
Le jour suivant, Célia sortit se promener et cueillir des champignons.
Dans la forêt, elle croisait à une cavalière hors-père.
Mireille montait à cheval comme personne, habile, rapide.
Elle sautait tous les obstacles qui se dressaient sur son passage.
Faucée, tronc d'arbres, torrent, rien ne la stoppait dans son élan.
Mais Mireille était aussi généreuse, dévouée, loyal.
Elle lui expliqua qu'un jour, elle serait faite chevalresse.
Mireille combattrait avec une lance, un bouclier et une armure.
Son blazon serait respecté dans tout le royaume.
Car elle avait à cœur plus que tout de défendre tous ceux qui en avaient besoin.
D'ailleurs, une fois, elle avait déjà affronté un tigre, à tant de sabres.
Célia était éblouie et réciproquement.
Mireille savait la princesse intrépide et stratège.
Ensemble, rien ne les arrêterait.
Alors notre princesse pensa, avec Mireille c'est sans pareil.
Oh, je crois que je suis encore tombée amoureuse.
Le lendemain, alors qu'elle se rendait au village,
Célia fit un détour par les écuries pour revoir Mireille
et tomba néanée avec le fils du palphe-ronnier.
Jean-Gérôme était un garçon timide.
Lorsqu'elle s'approcha, elle vissait jouissant pour près du menton jusqu'aux oreilles.
Jean-Gérôme perdit l'équilibre et glissa sur du crotin de cheval.
Oh là là, princesse Célia, comme je suis maladroit.
Célia et Jean-Gérôme passèrent la matinée tous les deux.
Ils furent des tresses à la crinière des chevaux,
nettoyèrent les boxes, rangèrent les selles, les arnais, les brides.
Ce faisant, Jean-Gérôme confia à Célia ses doutes et ses rêves.
Plus tard, il serait hors logé.
A son tour, Célia livra tous ses secrets à son nouvel ami,
des secrets qu'elle n'avait jamais dit à personne.
Sa langue se déliait et Jean-Gérôme était l'oreille la plus attentive qui soit.
Une nouvelle fois, Célia sentit son cœur battre la chamade.
Alors notre princesse pensa, avec Jean-Gérôme, j'ai trouvé mon binôme.
Et voilà, un rebeulote, je suis amoureuse.
En quittant les écuries, Célia prit une grande résolution.
Elle décida qu'aujourd'hui, elle ne tomberait plus amoureuse.
Ah, terminée !
À partir de maintenant, cœur de pierre et barricade.
Personne ne passe.
Après le déjeuner, la princesse retrouva ses deux meilleurs aimes.
Zoé et Jafar.
Ensemble, ils construisirent une machine.
Une machine pour aller dans l'espace.
Célia a la chercher une corde, des poulies, des cadrans.
Zoé découpa le carton avec application.
Jafar, quant à lui, suggérera d'ajouter une machine dans la machine
qui transformera les météorites en bombons.
Un peu plus tard, les soeurs de la princesse vinrent même prêter main forte
au joyeux groupe d'inventeurs.
Occuper à ses importants travaux, Célia en oublia de tomber amoureuse.
Mais au moment d'aller se coucher, notre princesse pensa.
« Je suis une princesse, je ne peux pas aimer personne.
Une princesse doit être amoureuse. »
Ce soir-là, sa mère, la reine, toqua la porte de sa chambre
et proposa de lui lire un compte.
« Ah non, pas d'histoire de princesse et de princes charmants ! »
Ruspeta, Célia, agacée.
Sa mère s'installa à côté d'elle.
Elle avait compris que quelque chose n'allait pas.
Et Célia partagea ce qu'elle avait sur le cœur.
« Mère, je ne suis pas une vraie princesse.
Je tombe amoureuse à longueur de journée,
ou alors je ne tombe plus amoureuse du tout.
Et puis je n'y comprends plus rien.
Le lundi, je tombe amoureuse de Denis,
et le mardi, je tombe amoureuse de Mireille.
Je croyais chercher un prince charmant,
et je tombe sur une princesse charmante.
Pour toi, mère, c'était facile.
Tu as rencontré papa, et hop, c'était réglé.
Vous êtes amoureux depuis au moins, pfff, l'éternité !
Moi, je n'arriverai jamais à trouver mon prince charmant.
Alors, la reine éclata de rire.
Oui, un rire franc, massive, jouissif, solaire, spectaculaire !
Oh, mes mâches chères petites, j'ai eu une vie avant ton père.
J'ai été amoureuse plusieurs fois avant de rencontrer le roi.
Il faut embrasser beaucoup de grenouilles pour trouver son prince.
C'est normal de changer d'amoureux.
Ou d'amoureuse.
C'est normal aussi d'avoir des moments sans être amoureuse du tout.
Et toi, tu es encore petite pour trouver ton prince ou ta princesse pour toute la vie.
Cette nuit-là, Célia dormit sur ses deux oreilles.
La jeune princesse était enfin apaisée.
Elle pouvait aimer ou ne pas aimer,
sans se préoccuper ni se précipiter.
Et c'est ainsi que Célia continue à, encore longtemps,
longtemps, longtemps à être la princesse qui tombe amoureuse tout le temps.
Après 2 nids, le prince, Maxence, le jardinier, Mireille, la cavalière et Jean-Gérôme, le futur orlogé,
il y eut donc Noah, le brancardier, Serge, le dresser de crocodile,
Anastasia, la cantatrice, Karim, le funambule.
Jusqu'au jour où la princesse rencontra Paul, le conducteur de train.
Mais ça, c'est une autre histoire.
Et voilà, l'histoire est finie.
Et maintenant, Oli.
Non, une autre.
Oli est un podcast original de France Inter.
Episode suivant:
Les infos glanées
Oli
Découvrez la série audio France Inter : des contes pour les 5-7 ans, racontés par Delphine de Vigan, Alain Mabanckou, Tatiana de Rosnay, Claude Ponti… Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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