
Le Requin Joe, par Mathieu Palain
Durée: 11m0s
Date de sortie: 20/12/2023
durée : 00:11:00 - Une histoire et... Oli - Il était fois au large de l'Australie, vers la barrière de corail, un grand requin, Joe, qui s'amusait à faire peur aux poissons. Il faut dire qu'il était balaise le squale, il faut dire aussi qu'il faisait de la muscu chaque matins. Écoutez Le Requin Joe, une histoire racontée par Mathieu Palain.
Bonjour, je suis Mathieu Palin et je vais vous raconter l'histoire du requin de Joe.
C'est O, L, I.
Sur la grande barrière de Korra et au large de l'Australie,
il y avait un gros requin qui s'appelait Joe.
Un requin de 6 mètres de long, blanc quand on le regardait par en dessous
et gris quand on le voyait dans l'eau.
Ce qui impressionnait chez Joe, en plus des dents immenses qui dépassaient de chaque côté de sa gueule,
c'était ses muscles.
Chaque matin, Joe étalait un tapis au pied de son lit et faisait des pompes et des abdos.
Il passait la matinée à s'entraîner, puis il avalait d'énormes quantités de protéines en guise de collation
et, reporté à Trospivau au fond de la mer en souvent les plus gros cailloux,
on l'isait si profondément qu'il ne bougeait plus depuis des milliers d'années.
Après sa séance, les muscles encore tout congestionnés,
le requin de Joe vérifiait son reflet dans son miroir en coquille 8.
Il contractait les muscles de son ventre, de son dos, il variait les postures en se disant
« Regardez-moi cette merveille ! »
Avez-vous déjà rencontré quelqu'un d'aussi séduisant ?
Par-delà les sept mères, je jure qu'il n'existe personne d'aussi beau, d'aussi grand,
d'aussi fort et d'aussi terrifiant que moi.
C'est bien simple ? Je suis le roi de l'océan.
Pourtant, il arrivait au requin de Joe d'avoir des coups de mou.
Ces jours-là, les jours où il ne se sentait pas la force de nager jusqu'à la salle de musculation,
il restait chez lui, allongé de toute la longueur de ses 6 mètres sur le canapé.
Il se demandait s'il aurait un ami, un Joe, quelqu'un avec qui partageait sa passion pour la musculation.
Et pour chasser les larmes qui lui montaient aux yeux, il se répétait
« Je suis le plus costaud, le plus grand des requins, et les requins, ça ne blure pas. »
Pour finir de se convaincre, il sortait de chez lui et se mettait en quête d'une proie à terroriser.
C'était une passion pour Joe, ça, faire peur au plus petit.
Une nager fièrement dans l'océan, faisant rouler ses musculés normes le long de sa colonne vertéorale,
vous encrissait les 800 dents qui s'alignaient dans sa mâchoire,
et dès qu'il croisait une pierre, une étoile de mer, un hippocam,
il se glissait dans son dos,
et en un coup de nageoire, il j'aie cette venu avec son énorme gueule en nulant.
Quand Joe, on avait assez de joie avec les poissons, il remontait vers la lumière
et faisait le coup un oiseau, un pédicant ou un corps moran qui se repose en surface,
fatigué d'avoir trop volé.
Il arrivait par en dessous,
procheait l'oiseau dans les airs en faisant plaquer son iratroce.
Un matin, il se réveillait
et tirasse ses 6 mètres de long,
avala un solide petit déjeuner,
et après avoir fini ses pompes et ses tractions,
il partit en quête d'un plus petit que lui à terroriser.
« Tiens, se dit-il, je me ferai bien un poisson clown.
C'est tout petit, un poisson clown.
Ces jaunes et rouges, ça passe sa vie dans les anémones.
Quel ridicule petit animal !
Mais Joe avait beau survoler le champ d'anémones,
il ne voyait personne.
Aucun poisson clown à l'horizon.
Ce n'est pas grave, pensat Joe.
Je vais t'y tient un bon poisson.
De ton, tiens, sa vie en colonie, ça ne s'est pas prendre de décision.
C'est bête comme ses pieds, en ton.
Ça mérite de se faire terroriser.
Mais là encore, Joe avait beau chercher du côté de l'épave espagnole
et de la carcasse d'avion.
Il ne rencontrait personne.
Pas même un poisson pilote pour venir lui nettoyer le flanc.
Rien, rien à se mettre sous la dame.
Mais, où sont-ils donc tous passés ?
Se demandaient-ils en vérifiant les grottes et les cavités formées par le corail.
De façon inexplicée, l'océan s'était vidé.
C'est à cet instant qu'une ombre énorme, gigantesque, aussi vaste qu'un paquebot,
recouvrit le requin de Joe.
Leva les yeux vers la surface
et réalisa que cette ombre immense n'était pas celle d'un pétrolier
ni d'un bateau de croisière plein à craquer de vacanciers.
Non.
Cette ombre appartenait à une baleine.
Une baleine bleue.
30 mètres.
150 tonnes sur la balance.
Elle avait 97 ans
et des rites qui lui faisaient, comme des lunettes, autour des yeux.
Elle était magnifique.
Joe l'a suivi du regard, en silence.
Il n'avait jamais vu un animal aussi grand,
aussi gros, aussi beau que cette vieille baleine bleue.
Bonjour, dit la baleine en remarquant sa présence.
Une dizaine de mètres sous son ventre.
Bonjour, répondit Joe.
Dites-moi, peut-être pourriez-vous m'aider, je cherche un grand requin, très costaud.
Un requin très musclé, qui s'appelle Joe.
Musclé comme vous, en fait.
Ce ne serait pas vous, par hasard.
Moi, demande à Joe,
vous le cherchez pour une raison, en particulier ?
Eh bien, disons que lui et moi pourriez en voir une petite discussion.
Ah, une petite discussion.
Et...
À quel propos ?
Écoutez, dit la baleine.
Il se trouve que j'ai reçu des plaintes, concernant son requin Joe.
Il s'amuse à effrayer mes amis.
Vous le connaissez peut-être ?
Monsieur ?
Monsieur ?
Euh, moi ?
Je...
Jean-Jacques.
Oui, c'est moi ça.
Jean-Jacques.
Le requin Jean-Jacques.
Enchanté, Monsieur Jean-Jacques.
Alors comme ça, vous connaissez le requin Joe ?
Je le connais, je le connais.
C'est un bien grand mot.
Disons qu'il m'est arrivé de le croiser dans le quartier.
Entre requins ?
Oui.
Bonjour, bonsoir.
Pas de quoi fouetter un calamar, non plus.
La baleine s'était immobilisée en âge stationnaire au-dessus du requin.
Joe l'a regardé en contre-plongée.
Et sous ses tangles, elle lui paraissait aussi irréelle qu'un animal préhistorique.
Un dinosaure, penses-t-il ?
On dirait un dinosaure.
Écoutez Jean-Jacques, reprit la baleine.
Si vous croisez Joe à nouveau,
dit-lui que Moby le cherche.
Qu'il ne s'inquiète pas, je ne veux pas le manger.
Je veux juste comprendre pourquoi il s'acharne à terroriser les plus petits que lui.
Vous pouvez compter sur moi, Mme Moby.
Je lui dirais.
La baleine se remit en route.
Elle s'est été éloignée d'une dizaine de mètres quand le requin l'interpelle.
Madame Moby, vous savez, je le connais pas bien ce Joe.
Mais je crois pas que ce soit un méchant.
Ah mais je suis même certaine que c'est un chique-type, reprit la baleine.
Si vous voulez mon avis, Jean-Jacques,
je pense qu'il cherche à se faire des amis.
C'est juste qu'il ne sait pas si prendre.
Les muscles du requin se détendirent.
Joe l'essaie échapper à se soupir.
Je crois que vous avez raison, Mme Moby.
Joe aimerait bien avoir un ami.
Rien qu'un seul, avec qui rigoler de temps en temps
et faire un peu de musculation.
Ça lui ferait du bien.
Dans ce cas, dites-lui de passer me voir, conclut la baleine.
Des amis, moi, j'en ai plein à lui présenter.
Le requin promit.
Puis il suivit du regard à la masse sombre
qui plongeait lentement vers les abysses.
La baleine disparut aussi soudainement qu'elle était apparue.
Joe reste à seul en l'instant.
Puis il entendit quelqu'un qui appelait son nom.
Il fit un tour sur lui-même.
La voix provenait d'une boîte de concert.
À moitié enfouie dans le sang.
Joe s'approcha.
C'est alors qu'un Bernard Lermitt
déploya ses pattes hors de la boîte en métal.
L'animal fait signer à Joe d'approcher.
Encore, encore.
Et à son oreille
de sa toute petite voix de mollusque,
il me murmera.
Tu vois, Jean-Jacques,
il ne faut pas embêter les gens.
Parce que même musclé,
on trouve toujours plus gros que soi,
dans l'océan.
Et voilà, l'histoire est finie.
Et maintenant,
Oli.
Non, une autre.
Oli est un podcast
original de France en Terre.
Episode suivant:
Les infos glanées
Oli
Découvrez la série audio France Inter : des contes pour les 5-7 ans, racontés par Delphine de Vigan, Alain Mabanckou, Tatiana de Rosnay, Claude Ponti… Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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