
Esmeralda la petite ogresse, par Leonor de Recondo
Durée: 10m48s
Date de sortie: 20/12/2023
durée : 00:10:48 - Une histoire et... Oli - Il était une fois, une historie d'ogres, ou plutôt celle d'une petite ogresse en voyage. Vous n'avez jamais vu d'ogres ? C'est normal, il n'apparaissent qu'un instant, juste avant de dévorer un enfant ! Écoutez "Esmeralda la petite ogresse", une histoire qui fait peur racontée par Leonor de Recondo.
Bonjour ! Je suis Léonore de Récondos et je vais vous raconter l'histoire des Sméralda, la petite adresse.
En ce temps là, tout était à la fois pareil et différent. Le ciel et la mer ressemblaient à ce que
nous voient aujourd'hui, la campagne aussi avec ses prêts riverts, avec les vaches et les chevaux
qui les parcourent dans un sens et dans l'autre, qui broutent l'herbe et qui vont boire à la rivière.
Les écureuils qui filent avec une noisette fraîche pour la cacher avant de la manger l'hiver suivant,
on aurait pu croire en regardant de loin que tout était identique.
Mais en se rapprochant des montagnes et des volcans, en prétend attention à leur forme,
en regardant le paysage autrement qu'une image, en le regardant comme quelque chose de vivant
qui grandit et qui respire, alors on comprenait qu'en ce temps là, tout était différent,
car en ce temps là, les montagnes abritaient des ogres.
Des familles entières y vivaient. Quand elles décidaient de partir pour s'installer ailleurs,
leur départ formait un trou dans la montagne, un trou qu'on nomme communément Crater.
Vous voyez les volcans ? Et bien ce sont les maisons abandonnées par des ogres.
Quand ils s'en allaient, souvent la terre grondait et le Crater laissait jaillir ce qu'il cachait au fond de lui, du magma.
Ça ressemblait à un feu d'artifice géant célébrant leur nouvelle vie,
une belle coulée de lave rouge, orange, brûlante, incandescente.
Aujourd'hui, justement, une famille d'ogresses s'en va.
Elles quittent les montagnes du centre de la France pour laisser deux beaux volcans à la place.
De maman et leur petite fille Esmeralda vont plus au sud.
On leur a parlé d'un pays où la mer bordait la terre. Elles n'ont jamais vu la mer, elles en rêvent.
On leur a dit qu'elles pourraient se baigner dans une masse bleue et liquide,
qu'il les délacerait et les vivifierait à la fois.
En ce monde-là, leur attendit, l'horizon est sans fin.
Vous n'avez jamais vu d'ogre ou de grèce ? C'est normal. Elles sont invisibles.
Elles apparaissent un bref instant avant de manger un enfant.
C'est comme ça que les deux mamans et Esmeralda ont pu traverser la France sans être remarqués.
Malgré leur taille immense, malgré le fait qu'elles cachent à L3
une bonne partie du soleil aux automobilistes qui rejoignent eux aussi le sud.
Pour elles, ce sont seulement quelques heures de marche.
Et les voilà toutes les trois qui arrivent vers Marseille.
Dès qu'elles aperçoivent la mer, elles s'arrêtent et poussent tout flé.
Esmeralda, montée sur les épaules de lundelle, s'exclame.
Comme c'est beau, les yeux écarquillés, remplis du bleu du ciel et de la mer.
Elle crie sa joie. C'est beau, on y va, on va se baigner.
Alors, elles ont pressé le pas.
Et bientôt les voici dans une calanque.
C'est la fin de la journée.
La petite plage est éloignée du centre-ville. Elles sont presque seules.
Quelques familles se baignent.
Elles préfèrent, pour l'instant, s'asseoir sur un grand rocher qui surplombe l'horizon.
Elles regardent au loin et merveillent.
Le ventre d'Esmeralda gargouille. Elle a faim.
C'est que ça creuse tout ce chemin.
Ses mamans observent les petits enfants qui se baignent à proximité.
Oh, elles ont faim, elles aussi.
Hum, on va se régler.
Elles se demandent si les enfants près de la mer
ont un autre goût que ceux des montagnes.
Il est temps de se faire un avis.
Habituellement, les enfants ont le goût de ce qu'ils viennent de manger.
Du poisson, goût de poisson, des épinards, goût d'épinard.
Elles remarquent une petite guérite qui vend des chichis et de la barba papa.
Plein d'enfants sont attroupés.
C'est l'heure du goûter.
On les entend rire en attendant leur tour.
Hum, quelle délicie.
Non, pas les sucreries, mais bien les petits enfants,
juste après leur goûter, ils sentent la friandise.
Qu'ils soient à la mer ou en montagne,
les petits enfants qui viennent de manger leur goûter
sont de loin les meilleurs.
Les ogresses en rafolent.
Elles adorent le sucre et disent toujours à Esmeralda,
on a un bec sucré, c'est comme ça dans la famille.
Même si on n'a jamais vu d'ogresse avec un bec.
L'expression fait rire la petite.
Moi aussi je veux un bec en sucre.
Mais à ce moment-là, elles ont toutes trop faim pour rire.
Et leur faut manger, sinon elles vont tomber dans les pommes
et une ogresse qui s'évanouit, même si on ne la voit pas,
ça fait beaucoup de bruit, surtout dans la mer.
Un grand plouf avec une énorme vague.
Une des maman dit, attendez-moi là.
Elles reviennent quelques minutes plus tard
avec six enfants qui viennent tout juste de finir leurs barbapapas.
Et chaque maman en ont de l'outil trois.
Elles n'en font qu'une seule bouchée.
Quel régale s'exclament-elles
en utilisant les bâtons des barbapapas comme curdents.
Elles se tapotent le ventre, contentes de l'avoir bien remplie.
Puis se retournent vers Esmeralda qui s'est mise à pleurer.
Et moi, vous ne m'avez rien laissé.
Moi aussi j'ai faim.
Dites-elle en pleurant de plus belle.
Et elle s'en va pour boudée.
Ces mamans sont nuls égoïstes.
C'est vrai qu'elle a fait une bonne partie du chemin
sur leurs épaules, mais est-ce que c'est vraiment
une raison pour ne rien lui laisser?
Même pas un bras ou une petite jambe
maigrishone qui lui f'oubliait sa faim?
Elle ne s'éloigne pas trop.
Et va faire un petit tour dans la garige.
Les chemins des collines sont bordés de plantes aromatiques.
Et là, en plein milieu,
il y a une petite fille
en maillot de bain
avec des méduses flûaux au pied
qui ramassent du thym.
Oh, elle est jolie
avec ses cheveux ébouriffés
et son t-shirt à rayures.
Tout à coup, Esmeralda est émue.
Elle aimerait bien voir une amie.
Elle aimerait bien pouvoir se balader
comme ça dans les collines
sans avoir ses mamans sur le dos
qui lui disent toujours quoi faire.
Enfin, surtout ce qu'il ne faut pas faire.
Elle l'observe.
Elle sait bien que la petite fille
ne la voit pas.
Mais tout à coup,
son ventre gargouille à nouveau.
La petite a entendu un bruit.
Un drôle de bruit
qui ressemble à un roulement de tambour.
Elle regarde autour d'elle.
Personne.
C'est bizarre.
Et soudain, devant elle,
apparaît une immense petite fille
au pied nu, habillée avec une robe un peu déchirée.
Il y a dans ses yeux
quelque chose que la petite fille
n'a jamais vu auparavant
et qui lui fait très, très, très, très peur.
Une gourmandise, va-t-il.
Elle a un mouvement de recul.
Trop tard.
Elle est déjà dans la main des Smeralda
dans un grand paume.
Alors elle luitant le petit bouquet de teint
qu'elle vient de cueillir en lui disant
tiens mange ça d'abord.
Tu verras c'est nettement meilleur
que la chair des enfants.
Je te le promets.
Smeralda hésite.
Et puis cette idée de l'amitié
la traverse de nouveau.
Elle a l'air tellement gentille.
La petite voit l'hésitation
alors elle insiste.
Qu'est-ce que tu as à perdre?
Goutte ça d'abord.
Et Smeralda croque le bouquet.
Et soudain une saveur extraordinaire
remplie toute sa bouche.
C'est délicieux.
Ce goût nouveau
envahit tout son corps
et en plus
c'est croustillant.
Elle en a les larmes aux yeux
de cette découverte.
Elle repose la petite fille
qui lui dit
attend je vais t'en donner encore.
Depuis
Smeralda s'est fait
une amie et surtout
elle a décidé de ne manger
plus que des plantes.
C'est tellement meilleur
et vous savez quoi
elle a convaincu ses mamans
de faire pareil.
Et voilà l'histoire est finie
et maintenant
Oli. Non, une autre.
Oli est un podcast
original de France Inter.
Episode suivant:
Les infos glanées
Oli
Découvrez la série audio France Inter : des contes pour les 5-7 ans, racontés par Delphine de Vigan, Alain Mabanckou, Tatiana de Rosnay, Claude Ponti… Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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