L'hostique et Farfelix se présentent !
La zonzière aux oiseaux, Monsieur Grime ! Elle est refvenue !
Vous l'avez déjà dit, Hans, mot pour mot, et sur le même ton, en plus.
C'est très irritant.
Vous pourriez varier, par exemple, tenez.
Végétatif.
Moi, monsieur, si j'avais une telle ennemie, je tremblerais comme une feuille de salade
entre deux pains de mille.
Palpitatif.
Mon cœur saute comme un ressort.
Je ne suis pas sûr d'avoir un heureux sort.
Consultatif.
Dites-moi ce que vous en pensez, et si nous trâchons un cercle de protection ?
Ça, c'est une idée censée.
Qui me rapporte des crées ?
Moi, monsieur.
Non, moi.
Lâche.
Donne.
Ça suffit, les enfants.
On ne se bat pas pour des crées, enfin.
Donne ça.
Je l'ai pris en premier.
Du calme, les enfants.
Les douelles sont interdits par des crées.
Je vais m'en occuper.
Qui veut me tenir la règle ?
Moi, monsieur.
Comment tu t'appelles, toi ?
Roger.
Ah, je suis désolé, alors.
Ça ne va pas être possible.
Pourquoi ?
Parce qu'il ne faut pas déroger à la règle.
J'avais tout fait tout seul, comme d'habitude.
Je suis grim.
Ansel grim.
Je suis humblement de loin le plus grand
des classeurs de crime.
Je suis un grim grim grim grim grim grim grim.
Oui, mon nom, à moi, c'est bien grimande,
c'est le grim grim.
Quoi qu'il arrive,
vous ne sortez pas du cercle, les enfants.
Je vais maintenant allumer des chenilles chandelles.
Ce sont des bougies magiques.
Elles vont serpenter en suivant les lignes
et créer un champ magnétique,
une boule d'énergie invisible,
qui va nous protéger.
J'ai peur, monsieur.
Tu as raison, c'est inquiétant.
On ne sait pas ce qui va nous arriver.
Mais il ne faut pas laisser la peur t'envahir.
Tu dois t'en servir comme d'un carburant
pour être prêt à affronter le danger.
Avoir peur, c'est comme avaler un glaçon.
Ça vous gèle d'un coup,
le ventre, la chair et les eaux.
Mais si vous restez calmes,
le glaçon va fondre, c'est obligé.
Il va se transformer en eau fraîche
et vous donner des forces.
Vous aviez peur, vous, quand vous étiez petit ?
Non.
J'ai eu peur quand je suis devenu grand.
Quand j'étais petit,
j'ignorais tout du monde et des ennuis.
Je ne faisais aucun travail à la maison.
Ma grande-sœur Gretel se chargait de tout à ma place.
Elle nettoyait notre chambre, elle mettait la table.
Elle allait même pécher du poisson à la rivière.
Elle n'avait que deux ans de plus que moi,
mais comme j'étais le dernier,
ma maman m'appelait son petit bébé.
Elle ne voulait pas me voir grandir.
Je n'avais pas à fournir le moindre effort.
On me servait.
On exossait tous mes désirs.
Je n'avais même pas besoin de réfléchir.
Je n'étais pas très du gourdi,
mais je n'avais peur de rien.
Je vivais dans un monde parfait, plein de douceur.
Je croyais que les méchants et les voleurs
n'existaient que dans les histoires.
J'étais loin d'imaginer que l'eau pouvait en croiser dans la rue.
Je ne dépassais jamais la clôture du jardin.
Un jour, pourtant, il a bien fallu.
Mon papa, tout content, nous a amené passer la nuit
dans un château qui faisait hôtel et restaurant.
Il y avait une promotion.
Toutes les chambres à moins 90%.
Il fallait en profiter.
La raison pour laquelle ce n'était pas du tout cher,
c'est que le château possédait un grand mystère.
Il était hanté.
Mon père, lui, était vraiment hanté.
Attends, un château s'a fait rêver sur le papier.
Mais en réalité, c'était presque d'héroïne.
Le toit du donjon avait perdu la moitié de ses tuiles.
On voyait les grandes poutres en bois de la charpente
se tordrent comme des vieilles racines.
Elles menaçaient de s'écrouler.
Ce n'était pas très chic.
Les lustres au plafond étaient enroulés dans de grandes toiles d'araignées.
Par contre, il y avait de beaux tableaux sur les murs gris.
Des portraits de messieurs et de dames richement vêtus,
mais qui semblaient flotter dans l'ombre.
Ils ne nous quittaient pas du regard,
comme si nous étions des intrus.
Nous avons été accueillis par un petit bonhomme chaud
vos oreilles pointues.
Il était très souriant.
Il lui restait trois dents jaunes dans la bouche
et il les montrait tout le temps.
Mais il ne parlait pas.
Il nous indiquait les choses avec ses doigts.
Par là, la salle a mangé pour le repas.
Une soupe aux orties froides et du pain dur pour tremper dedans.
En haut du grand escalier en marbre, les chambres.
Une pour papa et maman, une pour grétel et une pour moi.
J'avais un lit immense pour moi tout seul.
J'ai sauté dessus comme un foufou.
Et de la poussière avolée partout.
Et plein de petites bêtes avec plein de petites pattes
sont sorties des oreillées et sont partis se cacher
sous l'armoire en merisier.
Je trouvais ça mignon.
Je n'avais pas peur du tout.
Le repas n'était pas bon, mais j'avais apporté un paquet de bonbons.
Pour moi, c'était parfait.
Ma sœur, elle, s'inquiétait.
Elle se rongait les ongles.
Elle voulait partir, elle n'allait pas bien du tout.
Papa et maman ne s'occupaient pas de nous
et se faisaient plein de bisous.
Ça, c'était dégoutant.
Eh...
Quand je me suis couché, la nuit était calme.
Il n'y avait aucun bruit.
Mais tout à coup,
le lit s'est mis à se tiller et à marcher comme une gigantesque araignée.
Il a descendu l'escalier et s'est arrêté devant la cheminée du salon.
Il voulait sûrement se réchauffer.
Ensuite, j'ai entendu mioler dans le couloir.
J'ai ouvert les portes à deux battants.
Il y avait un, deux, trois,
une, quinze,
plus un, deux, un...
Oula !
Je ne savais pas compter jusque-là.
Des tas et des tas de chanoires qui réclamaient à manger.
Il y avait des insectes colorés dans des vitrines posés sur des petits clous.
Je les ai décrochés et donnés au minou.
Après, j'ai vu des fantômes qui traversaient les murs à la queue Leleux.
C'était comme un défilé de carnaval.
Je trépignais sur le lit.
Et le lit sautait lui aussi.
On applaudissait chaque nouveau fantôme qui passait.
Ils étaient étonnés, mais ils nous saluaient en penchant la tête quand ils en avaient une.
Sinon, ils faisaient coucou avec leurs mains ou leurs poignets.
Ils leur manquaient souvent des petits bouts.
Soudain, j'ai senti qu'on me donnait un coup derrière la tête.
Au-dessus de moi, il y avait un monsieur pendu à une corde.
Il était tout pâle.
Il n'avait pas l'herbien du tout.
J'ai tiré pour le décrocher et je les glissais sous la couverture pour le réchauffer.
À ce moment-là, il s'est réveillé et il a voulu me faire un gros câlin.
Il a serré ses mains autour de mon cou.
Je ne pouvais plus le respirer.
C'était pas vraiment un câlin.
Heureusement, ma sœur est arrivée.
Elle l'a pris par la peau du coup et elle l'a jeté dans la cheminée.
Mais après, elle m'a disputé.
Elle m'a dit que j'étais inconscient et que je ne faisais pas attention.
Pas ma fâcher.
J'ai lui dit que moi, je n'avais peur de rien et que c'était elle qui voyait le mal partout.
On a boudé chacun dans un coin du lit, mais on ne s'est plus quitté de la nuit.
Quand on est revenu chez nous, j'étais heureux de retrouver mon lit et j'ai dormi comme un bébé.
Mais le matin, ma sœur m'a réveillé en me jetant un saudot glacé avec des poissons vivants.
Il y en avait partout dans mes bras.
J'ai eu très peur. J'ai couru dans tous les sens en criant...
Et puis j'ai compris.
Alors, j'ai embrassé ma sœur et je lui ai dit merci.
Grâce à elle, je connaissais la peur, ce qui m'a servi pour la suite,
car très vite, nous allions rencontrer notre première sorcière.
Mais c'était méchant de vous lancer un saudot avec des poissons dedans ?
Non. C'était désagréable seulement.
Écoutez bien cette leçon.
Pour nous aider à nous rendre compte de nos problèmes,
les gens qui nous aiment peuvent se montrer désagréables.
Mais au bout du compte, cela sera quand même quelque chose de profitable.
La voilà.
J'ai envie de faire pipi, monsieur.
Noël, ce n'est pas le moment.
Coucou mes petites cailles.
Tu ne peux rien contre nous. Nous avons tracé un cercle de protection.
Nous avons pris du thé, des petits gâteaux.
On peut te dire un moment comme ça.
Mais moi, monsieur, j'ai vraiment envie de faire pipi.
Arrête de t'agiter ou tu vas sortir du...
Je t'ai dit.
Lâchez-moi, madame.
Je t'emmène avec moi.
J'avais justement une petite faim.
Lâche-le. Tu ne l'emporteras pas au paradis.
Non, mais peut-être en enfer.
Qu'est-ce qu'on fait, monsieur ?
On réfléchit.
On boit du thé avec des petits gâteaux.
Et puis, nous allons sauver votre petit camarade.
Allez, c'est reparti.
Je reprends les armes.
C'est toujours un de ces drimes.
Qui doit rompre les charmes ?
J'ai tout écrabouillé.
Dragon sorcier.
Y'a pas de repos pour les héros.
L'histoire n'est jamais finie.
L'agrime académie.
C'est de la folie.
Y'a pas de repos pour les héros.
L'histoire n'est jamais...
Finie.