
OLI en concert : "Les Jumellomanes" par Alex Vizorek
Durée: 22m24s
Date de sortie: 07/02/2024
durée : 00:22:24 - Une histoire et... Oli - De nouveaux contes musicaux pour Oli qui s’est échappé des ondes pour s’installer sur la scène de la Maison de la
Radio et de la Musique. Alex Vizorek nous invite à une introduction à la musique dans le cadre familier de la maison.
C'est Oli, en concert, avec des vrais musiciens.
La bibliothèque des petits.
Je suis pas petit.
Bonjour, c'est Alex Visorek et je vais vous raconter l'histoire des jumelles homales.
Maman, c'est le piano.
Maman s'appelle Clara, en hommage à Clara Schumann, la grande pianiste.
Sa mère à la naissance l'a longuement observé, puis a décidé qu'elle avait une tête à jouer du piano.
Et lui donna donc son prénom, Clara.
Cette mère s'appelait Ginette, car sa mère à elle, à la naissance, l'avait longuement observé aussi,
puis avait décidé qu'elle avait une tête à jouer du violon.
Son prénom fut choisi, en hommage à Ginette Neveu, la grande violiniste.
Mami Ginette, c'était le violon.
La prédestination est une grande tradition familiale,
commencée involontairement à la naissance de la mère de Mami, grand Mami Berthe.
Grand Mami Berthe, son prénom avait été choisi avant sa naissance, mais en l'observant une fois posé dans son premier coup fin,
on se rendit compte qu'elle avait un grand pied, comme la mère de Charlemagne, Berthe.
Depuis cet événement saugrenu, on prit la décision de choisir le prénom après l'accouchement et de le relier à la grande histoire de la musique.
Et ça va arriver bientôt, car maman a appris qu'elle était enceinte.
Le docteur l'a convoqué pour lui dire,
« Madame, j'ai une bonne et une bonne nouvelle à vous annoncer. »
Sachez, madame, que vous êtes enceinte.
Ah, et la bonne, alors ?
Sachez, madame, que vous êtes enceinte.
Secrètement, Clara espérait qu'il est bégeillé.
Mais non, elle attendait des jumelles.
Quelques mois plus tard, maman arriva à l'hôpital pour son accouchement,
et le docteur s'écria dans un sourire,
« Est-ce qu'elles ont déjà un prénom, ces petites filles ? »
Maman fut choquée.
Enfin, on ne donne pas un prénom au bébé sans savoir de quel instrument ils jouent.
Le docteur était très déstabilisé.
Ah, d'accord, vous allez donc les appeler jumelles 1 et jumelles 2,
en attendant qu'elles choisissent un instrument ?
Il n'avait rien compris.
Clara savait très bien quand les observant attentivement à la naissance,
elle aurait la réponse.
Quand le premier bébé sortit,
au plus grand étonnement de tous, s'écrit était mélodieux,
strident, certes, mais gracieux et virtuose.
...
Jacqueline c'était le violon sain.
Jacqueline Dupré était une célébrissime violon sédiste du XXe siècle,
élégante, sensible et appliquée,
tout comme semblait l'être, au premier coup d'œil, la première petite personne.
La seconde arriva.
Les filles étaient ce qu'on appelle des fausses jumelles,
ou plus scientifiquement, des jumelles d'hizygote.
Donc, elles sont de la même famille, du même ventre,
elles arrivent ensemble, mais elles ne sont pas identiques.
Et ces deux-là ne l'étaient pas du tout.
Déjà, la nouvelle arrivée était plus grande et plus ronde.
Et ça, maman s'en souvient bien.
Quand elle s'écrit à elle, il me sonnait également juste,
mais plus grave et semblait venir de plus loin.
...
Charlie, c'était la contrebasse.
Charlie Mingus, était un des plus grands contrebassistes de l'histoire qui, par chance,
portait un prénom mixte.
Energiques, souriants et un peu colériques,
le caractère de Mingus laissait présager de belles années
à la mère et à la soeur de Charlie si elle en héritait.
Et ce fut le cas.
Dès l'enfance, quand les filles ont commencé,
chacune a joué de leur instrument choisi,
chaque fois que Jacqueline répétait minutieusement ses gâmes,
Charlie débarquait avec sa bonomie pour improviser les ciels.
La complémentarité du violoncelle et de la contrebasse n'était pas une évidence.
À l'oreille, et tout le monde du bien admettre que Jacqueline avait plus de prédisposition.
Elle était déjà virtuose, notamment dans les sonates de Bach.
...
...
...
...
...
Que c'est jolie Bach, et elle excellait tellement.
Sa petite main élégante volait autour des cordes de son instrument,
et les notes qui en sortaient rendaient sa famille si fière.
Soyons clairs, elle était plus mise en avant, elle était la chouchoute.
Pourtant, elle refusait qu'on la sépare de sa sœur.
Jacqueline demandait régulièrement à Charlie de l'accompagner.
Même mieux, elle lui enseignait comment bien tenir son archais,
et surtout, comment rendre sa contrebasse plus classique.
Maman était très heureuse d'avoir ses deux filles au diapason.
À trois, elle s'accordait merveilleusement.
Clara avait donc bien précisé au médecin qu'elle ne souhaitait plus d'autres enfants.
Mais c'est la vie qui décide.
Un jour, elle se sentait un peu bizarre, et elle alla lui rendre visite.
Le docteur prie un air ennuyé.
Mme, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle à vous annoncer.
Évidemment, maman s'inquiéta et l'attendait la suite.
Sachez, madame, que vous êtes enceinte.
Ah, d'accord docteur.
Et la bonne, demanda-t-elle.
La bonne, madame, il est tout seul.
Quelques mois plus tard, toute la famille se retrouve à réunis
pour l'arrivée du petit dernier, un garçon.
Le bébé sorti et là, ce fut la consternation.
Il poussait décris, mais alors décris, décris,
dont même un compositeur de musique contemporaine n'aurait pas su quoi faire.
Tout le monde se bouche à les oreilles,
de peur de devenir sourd,
si bien qu'on croit que maman allait l'appeler Ludwig.
De plus, il s'agitait étrangement,
bougeant ses bras et ses jambes sans aucune logique,
on aurait dit un automate défaillant.
Clara, Hubo le regardait, le regardait longuement, très longuement,
le Benjamin de la famille ne lui inspira aucun instrument de musique.
Un instrument de cuisine, oui, ça oui,
puisqu'il était bruyant et hyperactif,
mais bon, comment lui trouver un prénom ?
Vous en connaissez beaucoup, vous ?
Des virtuoses du robot-mixeur ?
Eh ben elle non plus.
Un peu dépité, elle décida de le prénommer Rémi.
Cela assurera au moins aux gamins une petite forme de musicalité,
puisque ce prénom est formé de deux notes.
...
Évidemment, le petit Rémi devint très vite la mascotte préférée de ses grandes soeurs,
et lui, il les adorait, il les admirait,
il pouvait passer des heures à les regarder jouer de la musique,
toujours dans la même configuration.
Les filles installaient confortablement au milieu des peluches et des poupées
tournées vers leur pupitre.
Toute cette improbable bande était le premier public de nos jumelles.
Le concert pouvait commencer.
Rémi devait les écouter, son hochet à la main.
Alors oui, oui, il les écoutait.
Mais pas que.
Évidemment, le petit voulait participer,
agitant un peu maladroitement son jouet.
Et ce n'était qu'un début.
Plus les années passèrent, plus les filles progressèrent et plus Rémi,
en grandissant, pu mettre la main sur d'autres objets qui l'entouraient
et qui seraient ses instruments de fortune.
Ces petites voitures en bois.
Le radiateur du salon.
Et le pire, les casseroles de cuisine.
Comme il faisait beaucoup de bruit,
il a été décidé que Rémi irait chez sa grand-mère plus souvent
pour laisser les filles travailler.
Et même là-bas, il a trouvé le moyen de faire du son
avec le dentier de Ginette.
Jacqueline et Charlie étaient maintenant de grandes filles,
des adolescentes, belles et émancipées qui commençaient à sortir.
La plus intéressée des deux, par ces virées nocturnes,
était la contrebassiste.
Elle adorait fréquenter les cafés-concerts.
Des endroits bien mal nommés,
puisqu'on y boit assez peu de café.
Dans ces lieux, elle découvrit des musiciens originaux,
elle découvrit des publics plus détendus,
elle découvrit surtout des facettes insoupçonnées de son instrument.
Bref, elle découvrit le jazz.
Quel plaisir de jouer en pizzicato, c'est-à-dire sans archais.
Ça donne du style et ça fait raisonner les corps d'autres mens.
Charlie était devenu, à son tour, une chouchoute,
la chouchoute des boîtes de jazz.
Jacqueline, de son côté plus timide,
continuait à répéter ses gammes à la maison.
Elle n'avait pas la folie de sa sœur.
Elle aurait aimé sortir aussi, mais elle croyait, à tort,
que ce n'était pas pour elle et son violon celle.
« Viens avec moi ce soir, lui proposa Charlie.
Je te présenterai mes nouveaux amis.
Non, non, je vais rester à la maison, j'ai encore beaucoup de travail.
Répondit-elle la voix un peu serrée.
Charlie détestait voir sa jumelle malheureuse.
Alors, une idée lui vint.
Avant de faire semblant de partir,
cachait l'archer du violon celle.
Ce croyant seul, Jacqueline s'approche un peu d'épiter
de son instrument pour venir iloger sa mélancolie.
« Bah, ça, alors, mon archer !
Oh, le sort s'acharne, pensa-t-elle,
quelle mort enne soirée !
Et c'est là que le plan de sa jumelle a fonctionné.
Un peu instinctivement,
elle tenta quelque chose avec ses doigts.
Sa sœur, cachée derrière la porte,
voyant que Jacqueline s'amusait la rejoins.
Aïe, aïe, aïe !
Oh, Rémi, trop enthousiaste !
En voyant l'improvisation de ses soeurs chéries,
a voulu s'y ajouter avec un nouvel instrument
très créatif, le vaisselli.
Maman n'était pas contente !
Ça, maman n'était pas contente !
Maman n'était pas contente du tout.
La vaisselle était en morceaux.
Clara, en chef d'orchestre et en chef de famille,
envoya tout le monde réfléchir dans sa chambre.
Rémi était le plus triste des trois.
D'une tristesse d'enfant qui rend capable de tout.
C'était lui le seul coupable,
le piètre musicien qui brisait la carrière de ses soeurs
et les assiettes de sa mère.
Ils se sentaient inutiles et de trop.
Sa décision était prise.
Le lendemain matin,
le petit garçon est parti en fugue.
Quand la maison se réveilla, c'était la stupeur.
Ou est Rémi, impossible de mettre la main dessus.
Il s'était cassé comme la vaisselle.
Tout le monde fut réquisitionné
pour partir à sa recherche dans le bois voisin,
malgré la verse.
Assez vite, la famille le repéra,
attirée par un drôle de Tintamar.
Il tapait avec des branches sur des troncs
et chaque arbre faisait un bruit différent
et il riait en créant sa propre musique sous la pluie.
Voyant ça, maman prit une grande décision.
Ne pas contrarié, une vocation Rémi
fut inscrite au conservatoire de musique au cours de percussion.
N'avait-il pas au fond le même prénom que M. Brica ?
Rémi Brica, l'homme orchestre avec des tambours dans le dos,
des symboles à ses chevilles et des gros loups à ses poignets.
Le petit était ravi,
car lui aussi avait maintenant son instrument.
Enfin, c'est...
instrument.
Ce petit garçon, c'était moi.
Et si j'ai voulu vous raconter cette histoire,
c'est parce que j'ai compris des choses.
J'ai répondu à des questions que vous vous posez peut-être.
Mais là, je suis heureux avec ma grand-mère,
ma mère, mes sœurs et la musique.
Toutes les musiques, les classiques, les jazis,
les contemporaines, les joyeuses, les tristes,
celles qui nous rappellent des souvenirs, celles qui donnent envie de danser
et celles qui m'obliment à parler plus fort pour que vous m'entendiez.
Toutes ces musiques sont différentes,
mais toutes ont besoin de percussion.
Alors, je frappe, je frotte, je frôle,
tout ce qui me passe sous la main et qui crée un son.
Je suis un musicien !
Et je sais maintenant qu'un violoncelle n'est pas une contrebasse.
Les humaines l'avaient vite compris, elle.
Je sais qu'un piano n'est pas plus noble qu'un violon,
même si Clara et Ginette ne sont pas d'accord à ce sujet.
Et enfin, je sais qu'une maracasque n'est pas un triangle,
qu'il n'est pas une symbole, qu'il n'est pas un woodblock,
qui n'a rien à voir avec un vibraslap,
qui est très différent d'un chime ou d'un bâton de pluie.
J'ai mis du temps à trouver ma place,
à exister dans cet héritage de virtuose,
mais je n'ai jamais lâché.
Je savais que, dans une famille, comme dans un orchestre,
il ne faut pas chercher à concurrencer les autres.
Il faut chercher comment être complémentaire des autres.
Personne n'est inutile et personne ne sait tout faire.
Mais surtout, ce qu'il faut retenir, c'est que,
seuls, on peut jouer, mais ensemble, on peut s'amuser.
Et voilà, l'histoire est finie.
Et maintenant, Oli !
Non, une autre.
Oli, un concert.
Avec les muséciens de l'orchestre philharmonique de Radio France.
Louise Grindel, Mathilde Glin,
joue du violon.
Elodie Guillaud, joue de l'alto.
Karine Jean-Baptiste, joue du violon-sel.
Géraldine Dutronzi, joue du piano.
Et c'est Élise Bertrand, qui a composé la musique de cette histoire.
Musique chien, metteur en onde et tienne pipar.
Prise de son, Jean-Louis de Longue.
France production, Xavier Lévec.
Sur une idée de Cécile Couffre Manegre,
producteur délégué,
Léonard Bio.
Réalisation, Le Lac Constantiné.
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