Radio classique présente des histoires en musique avec Elodie Fondacci.
Des histoires, des histoires, des histoires ! Est-ce que je peux avoir une histoire, Phil, que vous me racontez une histoire ?
Encore une histoire ? Vous avez été sages, vous êtes sûr ?
Bon d'accord, je vais vous raconter l'histoire de Damiver.
Vous êtes prêts ? Vous êtes bien installés ?
Alors, chut ! Plus de bruit ? Parce que l'histoire va commencer ?
Le plus grand édition
Il était une fois, une veuve, qui avait deux filles.
L'une jolie et courageuse, l'autre paresseuse et l'aide.
Pourtant, c'était à la seconde qu'elle donnait sa préférence.
Parce que cette fille l'aide et paresseuse était sa propre fille, alors que l'autre ne l'était pas.
Et la petite soeur avait tout le travail à faire dans cette maison, comme si elle était une servante.
Elle devait chaque jour aller sur la grande route.
S'asseoir près du puits et filer la laine, filer tellement que les doigts lui enseignaient.
Un jour donc, que sa canouille était toute poisseuse et tâchée de sang,
la malheureuse se penchât sur le puits pour la laver.
Mais la canouille lui échappe à des mains et tombe à tout au fond du puits.
En pleurant, elle courut raconter son malheur à sa marâtre, qui lui cria dessus.
Puisque tu as laissé tomber ta canouille, tu n'as qu'à aller toi-même la chercher.
La pauvre enfant retourna près du puits, en se demandant comment faire.
Et pour finir, dans son affolement, elle sauta elle-même dans le puits pour en rapporter la canouille.
En tombant, elle s'évanouit.
Lorsqu'elle se réveilla et reprit ses sens, elle était dans une belle prairie, sous le brillant soleil.
Et il y avait autour d'elle des milliers et des milliers de fleurs.
Elle s'avance à dans cette prairie et arriva devant un four à pain,
ou cuisait une fournée.
Et voilà que soudain, les pains, à l'intérieur, se mirent à l'appeler.
Retire-moi, retire-moi, sinon je vais brûler.
Je suis déjà bien cuit et plus que cuit.
La jeune fille Iala s'asie la longue pelle du four et sortit, un à un, tous les pommes jusqu'au dernier.
Puis, elle poursuivit sa marche et arriva près d'un pomme-nier, qui était chargé de pommes en quantité énorme.
Et là aussi, elle entendit une voix qu'il appelait.
Sacou-moi, sacou-moi, nous les pommes, nous sommes toutes mûres.
Compatissante, la jeune fille secoua l'arbre et les pommes tombèrent comme s'il en pleuvait.
Et elle le secoua jusqu'à ce qu'il n'en reste plus une sur l'arbre.
Puis, elle mit les pommes soigneusement en tas avant de se remettre en route.
Pour finir, elle arriva près d'une petite maison, ou une vieille femme regardée par la fenêtre.
Mais cette vieille femme avait de si longues dents que la fillette dans sa peur voulu se sauver à toute jambe.
Pourquoi, t'effrayes-tu ma chère enfant ? lui dit la vieille dame, reste avec moi.
Et si tu fais bien ton travail, si tu me tiens la maison bien en ordre, tout n'en ira que mieux pour toi.
Surtout, tu dois veiller à bien faire mon lit et à secouer soigneusement les drodons pour en faire voler les plumes.
Parce qu'alors, il neige sur le monde. Je suis dame hiver.
Le temps aimable et les bonnes paroles de la vieille dame réconforter le cœur de la jeune fille et lui rendir son courage.
Elle accepta son offre et entra à son service.
Ça qui tend de sa tâche à la grande satisfaction de Damiver.
Bâtan et secouant son aide-roudon jusqu'à faire voler les plumes de tout côté, légère et dansante, comme des flocons de neige.
En retour, elle avait une bonne vie chez elle.
Jamais un mot méchant et tous les jours du bouillon et du roti.
Mais quand elle fut restée quelque temps chez Damiver, la jeune fille devint triste, sans trop savoir pourquoi, ni ce qui lui pesait si fort sur le cœur.
Et enfin, elle se rendit compte qu'elle avait tout simplement le mal du pays.
Elle savait bien pourtant qu'elle était mille fois mieux traité ici que chez elle.
Mais elle n'en l'anguissait pas moins de revoir sa maison.
Je m'ennuie de chez moi, finit-elle par dire à Damiver.
Et bien que je sois beaucoup mieux ici que chez moi, je voudrais remonter là-haut et retrouver les miens.
Je comprends que tu es envie de rentrer chez toi, dit Damiver.
Et puisque tu m'as servi siffidèlement, je vais te ramener moi-même là-haut.
Elle l'a pris par la main et la conduisit jusque devant un grand portail.
Une porte monumentale dont les bâtons étaient ouvertes.
Au moment où la jeune fille allait passer, une pluie d'or tomba sur elle.
Danse, édrue et tout l'or qui tomba reste sur elle, la couvrant et la recouvrant entièrement.
C'est ce que je te donne pour avoir été si déligente et soigneuse dans ton travail.
Lui dit Damiver, en lui tendant en plus sa canouille qui était tombée tout au fond du puits.
La grande porte se referma alors et la jeune fille se retrouva sur le monde,
non loin de chez sa mère.
Et quand elle entra dans la cour, le coq, perché sur le puits, se mit à chanter.
Coq, coq, coo, la demoiselle d'or est ici de nouveau.
Elle arriva ensuite chez sa mère.
Et là, parce qu'elle était couverte de temps en d'or, elle reçut bon accueil,
aussi bien de sa mère que de sa demi-sœur.
La jeune fille leur raconta naïvement tout ce qui lui était advenu.
En entendant comment cette grande richesse lui était venue,
sa mère voulait assurer un pareil bonheur à son autre fille.
Elle l'obligea donc à s'asseoir sur la margèle du puits et à filer.
Pour que Saquenouille soit poisseuse de sang,
la seconde fille se pique à le doigt et elle s'égratina la main dans les épines.
Ensuite, elle jeta Saquenouille dans le puits et elle sauta elle-même,
comme l'avait fait sa sœur.
Et il lui arriva exactement la même chose qu'à elle.
Elle se retrouva dans la même prairie et emprunta le même chemin.
Elle arriva devant le même four,
où elle entendait de la même façon le pain qui criait.
Retire-moi, retire-moi, sinon je vais brûler.
Je suis déjà bien cuit, plus que cuit.
Mais l'apparaisseuse se contenta de répondre.
Oh, pas question, tiens, comme si je n'aimais salire pour toi.
Et elle passa outre.
Lorsqu'elle arriva un peu plus loin, près du pommier,
l'arbre L'Appela écrit ya.
C'est comme moi, c'est comme moi,
nous les pommes nous sommes toutes mûres.
Mais la vilaine ne se retourna même pas et elle répondit,
ha, fameuse idée, oui, pour qu'il m'en tombe une sur la tête, hors de question.
Et elle continua son chemin.
Lorsqu'elle arriva devant la maison de Dame Hiver,
comme elle avait déjà entendu parler de ses longues dents,
elle n'eut pas peur et elle se mit aussi tout à la servir.
Le premier jour, tout à la bien.
Elle fit du zèle, elle obéit avec empracement et vivacité,
car elle s'engait déjà à tout l'or que cela lui vaudrait bientôt.
Mais, le deuxième jour,
elle commença à paraisser et à traîner.
Et encore plus le troisième jour,
car elle ne voulait même pas se lever ce matin-là.
Elle ne faisait pas non plus le lit de Dame Hiver,
comme elle devait le faire.
Elle négligeait de secouer les drudons et de faire voler les plumes.
Dame Hiver ne tarda pas à se lasser d'une telle négligence
et lui donne à conger.
La fille paresseuse s'en montra ravi,
pensant que venait le moment de la pluie d'or.
Dame Hiver la conduisit aussi elle-même à la grande porte.
Mais, au lieu de l'or,
ce fut une grosse tonne de poids
qui lui tomba dessus quand elle franchit le seuil.
Une pleine bassine de résine et de goudrons de bois tout gluant.
Voilà la récompense que ton mérité des piètre-service.
Lui dit d'Amie Hiver, qui referma aussi tout la grande porte.
Et l'apparaisseuse dure entrée chez elle,
toute couverte de poids, des pieds à la tête.
Le coque, sur le pluie, quand il l'avait rentré, chantant.
Co-co-rico ! Co-co-rico !
La salle de moisel est ici de nouveau.
La méchante fille y est bouffrotée.
La poids qui la couvrait collait si bien que,
de toute sa vie, jamais elle ne pulle en le veut.
C'était, d'Amie Hiver, un conte de grimes raconté sur Pelléas et Mélissande de Claude de Bussi.
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