Radio classique présente des histoires en musique avec Elodie Fondacci.
Tais-e-toire, tais-e-toire, tais-e-toire !
Est-ce que je peux avoir une histoire s'il te plait ?
Tu me racontes une histoire ?
Encore une histoire ? Vous avez eu deux sages, vous êtes sûr ?
Bon d'accord. Je vais vous raconter l'histoire de la princesse au petit poids.
Vous êtes prêts ? Vous êtes bien matelés ?
Alors, chut ! Plus de bruit ? Parce que l'histoire va commencer ?
Il était une fois un prince qui voulait épouser une princesse,
mais attention, pas n'importe laquelle, une princesse véritable.
Des princesse, il n'en manquait pas de parlement, mais étaient-elles des vraies princesse ? C'était difficile à dire ?
Le prince fit le tour de la terre pour en trouver une qui souhaite à son goût.
Mais il y avait toujours quelque chose qui clochait.
L'une n'était pas assez polie, l'autre n'était pas assez douce, la dernière pas assez élégante.
Or, une véritable princesse, vous serez d'accord avec moi, devait être absolument parfaite, n'est-ce pas ?
Le prince rentra chez lui tout triste et déconfi.
Il aurait tellement voulu épouser une véritable princesse.
Un soir, un orage éclata.
Un orage terrible.
Le tonnerre grondait si fort qu'il faisait trembler les arbres.
Les éclairs les ardaient le ciel et une grosse pluie tambourinait sur les tuiles du toit.
Tout à coup, on frappa à la porte.
Qui peut bien frapper à cette heure ?
Cette onale à Reine.
Et le vieux roi, en filant ses pantoufles, se leva lui-même pour aller ouvrir.
Une jeune fille était sur le seuil, ruisse lente de pluie.
L'eau coulait de ses cheveux et dégoulinait sur ses épaules.
Sa robe était trempée, même ses chaussures avaient pris l'eau.
Bonsoir, dit timidement la jeune fille.
Je suis la princesse du royaume voisin.
J'ai été surprise par l'orage, pouvez-vous m'accueillir pendant la nuit ?
La Reine l'invita à entrer et lui tendit une serviette pour sécher ses cheveux.
Mais en elle-même, elle se disait...
Une princesse ? Dans cet état ?
Pfff ! C'est ce qu'elle prétend, mais cela m'étonnerait.
Nous allons bien voir.
Et la vieille Reine alla alors préparer une chambre à coucher.
Sans verre de bruit, elle retira le matelas du lit et elle posa au fond un tout petit petit poids.
Elle prie ensuite 20 matelas qu'elle empilat sur le petit poids.
Et par-dessus, elle mit encore 20 édredons en plumes, 20 couettes et 20 couvertures.
A la fin, le lit était tellement haut qu'il falluait à la princesse une échelle pour y grimper.
Mais la princesse était tellement fatiguée qu'elle ne fit aucune remarque.
Elle se contenta de remercier le roi et la Reine de bien vouloir l'accueillir
et, se faux filant dans son lit, elle s'endormit aussitôt.
Au matin, comme si de rien n'était, la Reine demanda à la princesse si elle avait bien dormi.
« Oh non ! » répondit la princesse qui avait de grandes cernes sous les yeux.
« Ah, freusement mal ! Je n'ai presque pas fermé l'œil de la nuit.
Je ne sais pas ce qu'il y avait dans ce lit, mais je n'ai jamais dormi sur quelque chose d'aussi dur.
Regardez, j'en ai des bleus sur tout le corps.
En entendant ces mots, la Reine sue immédiatement que la jeune fille était une vraie princesse.
Puisqu'à travers les 20 matelas, les 20 édredons en plumes, les 20 couettes et les 20 couvertures,
elle avait senti le petit poids.
Une peau aussi sensible ne pouvait être que celle d'une authentique princesse.
Tout heureux, le prince l'a pris pour femme, sur à présent d'avoir trouvé une princesse véritable.
Et le petit poids ?
Eh bien, le petit poids fait exposer dans le cabinet des trésors,
où l'on peut encore le voir si personne ne l'a emporté.
C'était la princesse au petit poids.
Un conte d'Andersen, raconté par Elodie Fondaci sur le tombeau de Couprein de Maurice Ravel.
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