Pourquoi nous sous-estimons certains dangers ?

Durée: 1m56s

Date de sortie: 04/02/2026

Imaginez qu’une ville investisse massivement dans des digues contre les inondations. Pendant vingt ans, aucune crue majeure ne survient. Peu à peu, certains habitants commencent à dire : « Tout cet argent a été gaspillé. Il n’y a jamais d’inondations ici. »

C’est précisément cela, le paradoxe de la prévention.

Ce paradoxe repose sur une idée simple : lorsqu’une prévention fonctionne, elle rend invisible le danger qu’elle combat. Et plus ce danger devient invisible, plus les mesures préventives paraissent inutiles.

Dans notre esprit, nous avons tendance à évaluer l’utilité d’une action à partir de ce que nous voyons. Or, la prévention agit surtout sur ce qui n’arrive pas. Pas d’accident, pas d’épidémie, pas de catastrophe. Mais comme ces événements n’ont pas lieu, nous n’en attribuons pas le mérite aux mesures mises en place.

Prenons un exemple médical. Les vaccins préviennent certaines maladies. Quand ces maladies disparaissent presque totalement, certains en concluent que la vaccination n’est plus nécessaire. Pourtant, si la vaccination cesse, la maladie peut revenir. Le succès même de la prévention devient alors la cause de sa remise en question.

Ce mécanisme existe dans de nombreux domaines :

En sécurité routière : ceintures, limitations de vitesse, airbags.

En santé publique : hygiène, dépistages, campagnes de prévention.

En environnement : normes antipollution, protection des forêts, réduction des risques industriels.

Dans tous les cas, plus ces dispositifs fonctionnent, moins ils sont visibles.

Le paradoxe s’explique aussi par un biais psychologique : nous percevons mieux les coûts immédiats que les bénéfices différés. Installer des détecteurs de fumée coûte de l’argent. L’incendie évité, lui, reste abstrait. Notre cerveau a du mal à valoriser un événement qui ne s’est pas produit.

Ce phénomène peut conduire à des décisions dangereuses. Lorsque les budgets de prévention sont réduits, les risques augmentent progressivement, jusqu’au moment où une catastrophe survient. Et ce n’est qu’après coup que l’on réalise l’importance de ce qui avait été supprimé.

Le paradoxe de la prévention nous enseigne donc une leçon essentielle : l’absence de problème ne signifie pas absence de menace. Bien souvent, elle signifie simplement que quelqu’un, quelque part, fait correctement son travail.

Comprendre ce paradoxe, c’est accepter que certaines des politiques les plus efficaces sont aussi les moins spectaculaires. Et que le véritable succès, en matière de prévention, n’est pas ce que l’on voit… mais précisément ce que l’on ne voit jamais.


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Pourquoi nous sous-estimons certains dangers ?
Alors aujourd'hui, je vais vous parler d'un paradoxe qui s'appelle le paradoxe de la prévention.
Il repose sur une idée simple. Lorsqu'une prévention fonctionne, elle rend invisible le danger qu'elle combat.
Et plus ce danger devient invisible, plus les mesures préventives paraissent inutiles.
Alors élabourons un peu quand même dans notre esprit, nous avons tendance à évaluer l'utilité d'une action à partir de ce que nous voyons.
Or vous le savez, la prévention agit surtout sur ceux qui n'arrivent pas.
Pas d'accidents, pas d'épidémie ou pas de catastrophe.
Mais comme ces événements n'ont pas lieu, nous n'en attribuons pas le mérite aux mesures mises en place, aux mesures préventives.
Prenons peut-être un exemple, un exemple médical en l'occurrence.
Les vaccins, ils préviennent certaines maladies.
Mais quand ces maladies disparaissent presque totalement, certains ont conclu que la vaccination n'est plus nécessaire.
Pourtant si la vaccination cesse, eh bien la maladie peut revenir.
C'est donc le succès même de la prévention qui devient la cause de sa remise en question.
Et ce même mécanisme joue dans de très nombreux domaines.
Par exemple en sécurité routière, le port de la ceinture, ou les limitations de vitesse,
ou dans l'environnement, avec la protection des forêts.
Dans tous ces cas, plus les dispositifs de prévention fonctionnent, moins ils sont visibles.
Et plus ils paraissent inutiles.
Il faut savoir qu'on explique aussi ce paradoxe par un biais psychologique.
Nous percevons mieux les coûts immédiats que les bénéfices différés.
Oui, par exemple installer des détecteurs de fumée écoute de l'argent.
Par contre l'incendie qui est évité, ça reste abstrait.
Donc notre cerveau a du mal à valoriser un événement qui ne s'est pas produit.
Voilà donc ce paradoxe nous enseigne une leçon essentielle, je trouve.
L'absence de problème ne signifie pas l'absence de menaces.
Et en fait bien souvent, elle signifie simplement que quelqu'un, quelque part,
a fait correctement son travail de prévention.

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