📣 DANS PARANORMAL l Au Japon, après les catastrophes de 2011, des âmes hantent encore la région de Tohoku... Écoutez l'épisode 👇

Durée: 25m9s

Date de sortie: 10/01/2026

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En mars 2011, un tsunami massif déferle sur la côte Nord-Est du Japon, ravageant les régions de Fukushima, Iwate, et Miyagi. Lorsque l’eau se retire, le paysage est cauchemardesque. Les infrastructures sont en ruines, les routes, ponts et chemins de fers hors d’état. La vague a réclamé un lourd tribut : plus de 20 000 personnes ont perdu la vie. En 2016, le Japon commémore ce bien sinistre anniversaire. Les télévisions du monde entier se rendent sur place, à l’image de la version anglophone de France 24. Caméra au poing, on rejoint la périphérie de Sengai, la capitale de la région de Miyagi, pour y retrouver un chauffeur de taxi. Cinq ans plus tôt, le jeune homme extirpait des corps des décombres. Désormais, il raconte de curieuses expériences : il en est convaincu, l’âme des défunts n’a pas quitté les lieux.


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CRÉDITS

Narration et script : Hélyette Arnault



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En mars 2011, un tsunami massif déferle sur la côte nord-est du Japon,
ravagant les régions de Fukushima, Iwate et Miyagi.
Lorsque l'eau se retire, le paysage est cauchemardesque.
Les infrastructures sont en ruine, les routes, ponts et chemins de fer hors d'État.
La vague a réclamé un lourd tribut.
Plus de 20 000 personnes ont perdu la vie.
En 2016, le Japon commé mort ce bien sinistre anniversaire.
Les télévisions du monde entier se rendent sur place à l'image de la version anglophone de France 24.
Caméra au point, il rejoigne la périphérie de Sandaï,
la capitale de la région de Miyagi, pour y retrouver un chauffeur de taxi.
Cinquant plus tôt, le jeune homme extirpait des cordes et des combres.
Désormais, il raconte de curieux expériences.
Quand la nuit tombe et que la lumière a disparu, des fantômes herrent dans cette zone.
Malheureusement, je suis capable de les voir.
J'ai des mots de tête et mon cœur s'alourdie.
Je sens une sorte de piquotement qui part de mon cou et descend jusqu'au bas de mon dos.
Il en est convaincu.
L'âme des défins n'a pas quitté les lieux.
Bonjour, je suis Eliette Arnaud et vous écoutez Paranormal, Histoire Vraie.
Les âmes hérantes du séisme de Tōoku.
11 mars 2011.
Un peu avant 15 heures, heure locale, les sismomètres placés au large des côtes japonaises s'affolent.
La région, située à la jonction de trois plaques tectoniques, est habituée des tremblements de terre.
Mais ce jour-là, les chiffres grimpent, grimpent et semblent ne jamais s'arrêter.
C'est un séisme d'une magnitude de 9,1 sur l'échelle de Richter,
qui éclate dans les bafons du Pacifique.
Pour vous donner une idée, il s'agit de l'un des trois séismes les plus puissants depuis 1900.
Dans un premier temps, un tremblement de terre impressionnant se diffuse à travers tout le Japon.
L'épicentre se trouve à environ 130 km de Sandaï, ou 300 km au nord-est de Tokyo.
Dans la capitale, les immeubles tanguent violemment.
Le tout dure entre deux et trois minutes, un temps très long pour un séisme
et qui paraît des heures pour les habitants terrifiés de l'archipel.
Les images d'archives de l'événement font froid dans le dos.
Depuis des bureaux, des maisons, des magasins ou à même la rue,
les Japonais assistent, impuissants, à la chute de meubles d'objets en tout genre, de pierres
et à l'effondrement pur et simple de nombreuses infrastructures.
Lorsque la Terre cesse enfin de trembler, les habitants des côtes du nord-est du pays
n'ont pas le temps de reprendre leurs esprits.
Avec effroi, ils voient rapidement s'approcher une vague à l'horizon.
Une vague immense.
Selon les points d'impact, elle atteindra entre quatre et 39 mètres de haut.
Le Tsunami atteint sa première côte en une dizaine de minutes et détruit tout sur son passage.
L'eau s'engouffra grande vitesse dans les rues, surpasse les immeubles, engloutit les maisons.
Le courant arrache les bâtiments, emporte les voitures et les trains.
Des dizaines de villes sont rasées en une fraction de seconde
et l'inondation s'enfonce jusqu'à plus de 10 km dans les terres.
En mars 2025, courrier international rapporte le montant pharaonique
de 247 milliards d'euros de frais de reconstruction de la région touchée par la vague.
Un bilan allourdi par une catastrophe secondaire, l'accident de Fukushima.
Une vague de 15 mètres de haut touche la centrale nucléaire de la ville
et met hors service le système de refroidissement des réacteurs.
Une grande quantité de rejets radioactifs sont alors libérés dans l'air et dans l'océan.
C'est l'incident nucléaire le plus grave depuis celui de Chernobyl en avril 1986.
160 000 personnes doivent alors fuir la région pour plusieurs mois, voire années selon les zones.
Pour se figurer le cataclysme géologique que vient de subir le Japon,
quelques chiffres sont particulièrement impressionnants.
A la suite du séisme, l'île principale de l'archipel s'est déplacée d'environ 2,4 mètres vers l'Est.
Ce mouvement brutal a causé un changement, léger mais réel,
de la vitesse de rotation de la Terre autour de son axe.
Mais le plus grand traumatisme reste à venir.
Une fois les eaux évacuées et une série de plus petits séismes passés,
le temps est venu pour les Japonais de recenser les victimes humaines de la catastrophe.
Et les chiffres sont terrifiants.
22 228 personnes ont trouvé la mort et 2 520 sont encore aujourd'hui considérés comme portées disparues.
Les victimes sont principalement issues de la région de Tooku au nord-est du pays.
Les préfectures diwate, Fukushima et Miyagi, la plus touchée de toutes,
comptent sans fin leur mort.
Quelques mois passent.
Les survivants s'habituent à un nouveau quotidien,
rythmé par le deuil et la reconstruction.
Peu à peu, des phénomènes étranges vont commencer à se manifester aux alentours des zones sinistrées.
De petits détails, imperceptibles d'abord, mais les témoignages s'enchaînent bientôt,
de plus en plus récurrents, précis et glaçants.
Les premiers à rapporter ces anomalies sont les chauffeurs de taxi.
Beaucoup ont participé à la récupération des corps dans les décombres
et reprennent lentement leur activité, même au sein des ruines.
Cinq ans après le tsundami, l'étudiant en sociologie japonaise Yuka Kudo
récolte leurs témoignages dans le cadre de sa thèse.
L'un des plus anciens remonte à quelques mois seulement après la catastrophe.
Nous sommes à l'été 2011.
Un chauffeur de taxi tourne dans les rues Dishinomaki,
une ville côtière de la région de Toku.
Elle a été très durement touchée par le tsundami du mois de mars précédent.
Sur cette commune seule, on dénombre plus de 4.926 victimes du désastre.
Ici, de nombreux quartiers sont désertés
et le conducteur ne croise pas grand monde sur sa route.
Pour tromper le deuil, il continue néanmoins d'y cheminer parfois.
Imaginez son étonnement, alors, lorsqu'il aperçoit ce jour-là une jeune femme,
le élan au loin.
À mesure qu'il s'approche d'elle, il constate plusieurs détails troublants.
Malgré la chaleur estivale, elle porte un manteau d'hiver épais.
Son visage et ses cheveux sont trempés, comme s'il venait de pleuvoir.
Le conducteur n'y pense pas sur le moment,
mais il n'y avait pourtant pas eu une goutte de pluie depuis des jours.
La jeune femme s'installe à l'arrière du véhicule
et demande au conducteur, d'une voix faible, de l'amener dans le district de Minamisoma.
Le chauffeur tique. La zone est largement abandonnée depuis le rade marée.
Presque aucun bâtiment n'a résisté à la vague.
C'est presque vite par là-bas. Est-ce que vous êtes sûr ?
S'enquiert-il auprès de sa passagère.
Long silence.
La voix tremblante, elle pose alors une question qui résonnera longtemps dans l'esprit du taxi.
Est-ce que... Est-ce que je suis morte ?
Thérifié, le conducteur se retourne brusquement vers les sièges arrières,
alors qu'il pensait dévisager la femme. Rien. L'apparition s'est volatilisée.
Un autre conducteur de taxi raconte une histoire similaire à Yuka Kudo.
Un jour, il récupère un jeune homme d'une vingtaine d'années, l'air un peu confus.
Lorsque le chauffeur lui demande sa direction, il se contente de pointer du doigt devant lui sans maudir.
Après quelques minutes, il souffle simplement Iyoriyama.
Il s'agit du parc d'une montagne, le long de la côte, tout proche de la ville d'Ishinomaki.
Le taxi s'exécute. Le trajet est assez long et s'effectue dans un silence pesant.
Par moment, le chauffeur jette de petits coups d'œil dans le rétroviseur, s'assurant que le passager des orientés va bien.
Arrivé sur place, il se garde sur un plateau proche du sommet.
Il éteint la voiture, coupe son GPS, se retourne pour récolter sa paix, et soudain, il se fige.
L'impossible vient de se produire.
Les portes sont toujours closes, mais il n'y a plus personne sur le siège arrière de la voiture.
En août 2013, un autre taxi rapporte des faits semblables.
En pleine nuit, il aperçoit une petite fille d'une dizaine d'années sur le bord d'une route.
Inquiète, il s'arrête et la rejoint.
Elle aussi étant tenue d'hiver, porte un lourd manteau, des bottes, un bonnet et une écharpe.
Un accoutrement improbable pour la saison.
Il balaie cette pensée, estimant que la fillette est perdue ou a peut-être fugue.
« Petite, où son ton papa est à maman ? » lui demande-t-il.
« Je suis seule, » s'englottent-elle en retour.
Il se met en quête de la raccompagner chez elle.
La fillette lui donne une adresse à laquelle le conducteur la dépose.
Elle fait deux pas, puis se retourne vers l'homme.
« Merci, monsieur » sourit-elle, avant de s'évaporer devant les yeux du taxi, transit de peur.
Dans sa thèse, Kudo recense des dizaines de témoignages similaires.
Elle s'étonne d'ailleurs des preuves concrètes que lui fournissent les chauffeurs.
Enregistrement des taximètres, suivi radio télégraphique des véhicules lors de ses trajets impossibles.
La sociologue souligne aussi la réaction de ces télégrapheurs.

Ils sont effrayés, mais expliquent avoir ressenti un profond respect pour ces entités,
et se voire comme privilégiés d'avoir pu partager un instant avec ces âmes disparues.
Leur surprise initiale se transforme très vite en une forme de différence.
L'un de lui décrit en ces termes.
« Le jour même de ma rencontre avec cette personne, je me suis retenue d'en parler à quelqu'un d'autre.
Et maintenant, je suis résolu à la garder secrète.
Car si les autres pensent que je mens, leur existence se régnait. »
Mais avant, un mot de nos sponsors.
Les conducteurs de taxi ne sont cependant pas les seuls à témoigner de la hantise de la région durement endeuillée de Tōhoku.
À l'été 2013, une chaîne de télévision japonaise diffuse par exemple une émission dédiée à la communication avec les morts après le tsunami.
Revoir un des fins dans la région sinistrée le troisième été après le désastre.
Quatre survivants témoignent dans une série de reportages.
Tous affirment avoir entendu la voix de leurs proches décéder lors du rade marée,
voire les avoir aperçus chez eux dans les mois suivants la catastrophe.
Une femme raconte.
Un soir, j'ai vu entrer, toute transparente, dans ma chambre depuis le jardin,
ma belle-mère que j'avais vue de mes propres yeux s'enfoncer dans la mer.
Une mère endeuillée explique.
Mon enfant disparu, écrasé sous un bâtiment de l'école maternelle,
cette tâssie devant son hôtel boutique en me regardant.
Un père de famille a même pu échanger quelques mots avec les fantômes de ses proches.
J'ai perdu ma femme et deux fils à cause du séisme.
Un jour, ces deux fils se sont tenus debout dans une chambre,
main dans la main avec une fille mystérieuse.
Ils s'en sont allés en me disant,
« Pas de problème, bye bye ».
L'ouvrage Les fantômes du Tsunami de Richard Lloyd-Parris
retranscrit encore d'autres récits troublants.
Dans la petite ville de Tagajo, située sur la côte près de Sandai,
une caserne de pompiers a été confrontée à un phénomène mystérieux.
Durant plusieurs semaines après le drame,
le téléphone de la station sonne à toute heure du jour
et de la chambre de la chambre.
Ils sonnent, sonnent, sonnent et personne ne se manifeste à l'autre bout du fil.
L'indicateur des numéros laisse à penser que les appels proviennent tous de la zone sinistrée.
Les pompiers montent alors une petite expédition dans les ruines.
Ils prient pour les âmes des morts, les implorant de cesser leurs appels.
Étrangement, la technique fonctionne
et les appels en provenance de la zone cessent à compter de ce jour.
Un peu plus loin, une maison de réfugiés Dona Gawa,
un village de pêcheurs au nord de la zone,
abrite une hantiste persistante depuis le Tsunami.
On raconte que le spectre d'une vieille dame s'y promène régulièrement.
Elle s'assoit à table comme si elle s'apprêtait à partager un thé avec les habitants.
Le coussin sur lequel elle se pose est, paraît-il,
toujours trempé d'eau de mer après ses passages.
Mais les fantômes du rade marée semblent aussi capables
d'avoir un impact beaucoup plus concret sur la vie des populations locales.
Dans le cadre de son enquête, Paris rencontre aussi le prêtre boutique Taïo Kaneda.
Ce dernier lui raconte la méaventure d'un survivant de sa région, Takashi Onno.
Les deux hommes viennent tous les deux d'une des zones les plus touchées de Tohoku,
à quelques kilomètres de la côte.
Au moment du drame, Onno parvient à fuir les lieux
et ne revient vers chez lui que plusieurs mois plus tard.
Il marche longtemps le long des berges,
constatant avec horreur l'ampleur de la dévastation.
Ce soir-là, il rentre bouleversé.
Il dine avec sa femme et ses enfants, qui remarquent tout de suite son mutisme.
Mais le plus étrange reste à venir.
Avant même la fin du repas, il sort dans le jardin familial
et, comme enragé, se jette au sol.
Il roule dans la boue, criant des mots incompréhensible avec un ton très agressif.
Après de longues minutes, ses proches parviennent à le placer dans son lit.
Le lendemain matin, il ne se souvient de rien.
Kaneda est donc appelée à l'aide.
Onno a été possédé par une amérante.
D'après Paris, ces fantômes sont une manifestation de la souffrance
et de la douleur des survivants.
Ça ne change pas grand-chose que vous croyez ou non au revenant.
Les fantômes, pour certains, sont plus tolérables que le vide créé par la mort.
Cette idée résonne particulièrement dans le contexte japonais.
L'archipel a un rapport très fusionnel avec ses défins et les arcs à Andelot de là.
Sur France Culture, l'auteur Stéphane du Menildo résume.
En Occident, les cimetières sont protégés par des murs.
Ils sont enclavés, fermés à double tour.
Au Japon, le cimetière est un quartier dans la ville.
L'imaginaire local est rempli de yokai,
entités bien différentes de celles qui parcourent le folklore occidental.
Sous l'étiquette de yokai, sont réunies quantités de monstres,
esprits errants et phénomènes mystérieux.
Des divinités aux démons farceurs, des âmes tourmentées à celles vangeresses.
Leur matérialité n'est pas évanécente, invisible,
ou à panache d'un autre plan de l'existence,
comme on peut parfois l'imaginer par chez nous.
Les yokai sont palpables et font partie intégrantes du monde réel.
Dans le cas des hantisses de la région sinistrée de Tooku,
les fantômes des victimes sont tout à fait expliqués dans les croyances.
Il s'agit à n'en pas douter de yurei.
Dans la culture populaire, on raconte que l'âme du défi se détache normalement de son corps
et rejoint les ancêtres pour devenir un gardien bienveillant de ses descendants.
Mais lorsque la personne décède d'une mort violente
et laisse derrière elle des chagrins colères et regrets irrésolus,
ou encore si le rituel funéraire n'a pas pu se dérouler correctement,
elle reste parfois bloquée sur terre sous la forme d'un yurei.
Dans le cadre du tsuna mi, ses éléments sont souvent réunis.
La représentation classique de ses entités est celle d'une personne jeune,
souvent une femme aux cheveux longs et noirs.
Elle porte une robe blanche et n'a pas de pied, voire de jambes,
comme pour symboliser son incapacité à marcher au milieu des vivants.
Les yureis sont attestés dans l'imaginaire japonais depuis le Moyen-Âge.
Leur apparence se fixe à l'époque Edo, entre le XVII et le XIXe siècle,
notamment par le biais du théâtre Kabuki, qui l'émet régulièrement en scène.
Il ne s'agit pas d'esprit vangeur.
Il émane de ses êtres une profonde nostalgie,
une mélancolie qui les pousse à demeurer un peu plus longtemps auprès des vivants.
Cet d'eux, ces caractéristiques, que naît la volonté pour les survivants
de communiquer avec ses esprits errants.
Le traumatisme du tsuna mi a ravivé des traditions anciennes,
visant à rétablir et maintenir le contact entre les vivants et les morts.
Dans une tribune pour le journal Le Monde, l'enseignant-chercheur François Lachaud
raconte l'un de ses voyages sur les traces des yureis du Radmaré.
Il suit une de ses amis japonaises ayant perdu sa fille dans les flots déchaînés
et qui lui propose d'aller entendre la voix des disparus.
Elle le guide notamment dans un sanctuaire centenaire du Mont-Aussor,
dont la fréquentation a fortement augmenté depuis 2011.
Ici, des femmes aveugles et itinérantes, les Itako,
possèdent la capacité de faire parler les morts par leur bouche.
Ils se glissent aussi dans des oratoires couverts de statuettes représentant des enfants
passés de l'autre côté du voile, et auxquels les familles
continuent à faire des offrandes pour le repos de leurs âmes.
Il interroge dans ce cadre une professeure de sociologie japonaises, Jinko Kawano,
qui appuie sur l'importance de ses rituels dans la région.
La seule religion qui vaille dans tout le taux au cou,
c'est celle qui permet de dialoguer avec les morts.
Le bouddhisme des gens d'en bas est rabessé par le mot populaire,
en réalité, il est privé.
Les japonaises andeuillés renouent ainsi le lien avec leurs défins,
une façon aussi de survivre malgré le traumatisme
et le deuil collectif inimaginable qui a déferlé sur le pays.
Ces histoires sont peut-être une façon de rendre un visage,
une voix, à des victimes souvent effacées sous le poids des chiffres.
Il est difficile d'appréhender un nombre aussi incommensurable,
plus de vingt mille défins.
À travers les récits de fantômes, quelques noms,
quelques humanités se détachent de la généralisation.
Ces morts ne sont plus de simples souvenirs, des réminiscences.
Ils sont présents, palpables dans le quotidien des survivants.
Ils ont leur place dans les mémoires de la tragédie.
Un refus aussi de tourner entièrement la page.
La chercheuse en littérature Saeko Kimura a étudié les fantômes
qui hantent les ouvrages japonais depuis le 11 mars 2011.
Dans Anthologie, avec un H, de la littérature après Fukushima,
elle résume ce qu'elle retire de ses lectures.
Ce ne sont pas les morts que la présence des fantômes ressuscite.
C'est la mémoire des vivants.
Dès lors, maintenant, on ne cesse de raconter des histoires
afin de ne pas laisser échapper ce que racontent les morts de cette catastrophe,
tout en refusant le travail du deuil normal pour rester dans la mélancolie anthologique.
À Tooku, alors, on est sans doute loin d'avoir entendu les derniers récits de Hontiz.
Des quartiers reconstruits de Sandaï, au village de Pécheur laminé par le rat de Maré,
des abords encore contaminés de la centrale de Fukushima,
aux banquettes arrières des taxis d'Ishinomaki.
Près de 15 ans après le drame, les japonais ont retrouvé un quotidien.
Mais un quotidien bien différent de celui qu'ils ont laissé en 2011.
Ils poursuivent leur route apprenant à coexister avec leur mort.
En mémoire, bien sûr, mais peut-être aussi en présence.
Alors, si un jour vous aventurez dans le nord-est de l'archipel,
tendez bien l'oreille.
Là-bas, dit-on, certaines âmes n'ont jamais cessé de marcher parmi les vivants.
Peut-être même croiserez-vous le chemin de l'une d'entre elles.
Paranormal Histoire Vraie est un podcast produit par Minuit, écrit et narré par Eliette Arnaud.
Si vous êtes pressés, découvrez notre podcast Minuit Express,
des histoires passionnantes en moins de 10 minutes.
Merci pour votre fidélité et à bientôt.

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