Nouvelle séroïne.
Elle est une nouvelle héroïne qui s'appelle Mielle.
Et avant d'être une fille courageuse, avant d'être une survivante,
elle était juste une fille tranquille,
chill comme elle dirait aujourd'hui.
Une fille qui aimait bouger, clé, rire,
et qui regardait le monde avec de grands yeux qui voulaient tout comprendre.
Nouvelle séroïne.
Salut toi ! Je suis Céline Steyer,
celle qui murmure à tes oreilles des récits d'aventures insolites,
de dépassements de soie et de destin extraordinaire,
à travers des histoires vraies, de femmes qui ont osé faire de leur rêve une réalité.
Des histoires potées d'agrandir en confiance et trouver ton propre chemin.
Bienvenue dans le monde surprenant des nouvelles séroïnes.
Mielle est née en 2007.
L'année où les réseaux sociaux commençaient à envahir nos vies,
sans qu'on sache encore combien, ils allaient nous changer.
C'était le temps où l'on se créait des comptes sur Facebook en cachette des parents,
où l'on échangait des chansons MP3 comme des secrets précieux.
Dans les chambres d'ados, les posters de High School Musical
se mélangaient aux morceaux de Christophe May,
qui passaient en boucle à la radio.
On sortait du cinéma, les yeux encore brillants après avoir vu Ratatouille,
où Harry Potter est l'ordre du phénix.
C'est dans cette ambiance-là que Mielle est arrivée,
dans un monde qui apprenait à vivre connecté,
où chaque nouveauté paraissait immense
et où les histoires d'amour commençaient parfois
par un simple message envoyé trop tard le soir.
Mielle grandit dans cette lumière,
un peu naïve, entourée de mélodies qui marquaient les étés de premiers clics,
qui semblaient ouvrir des portes vers des univers infinis.
Le temps de souffler ces cinq premières bougies
est d'un battement de cils, Mielle s'envole pour San Diego,
là où le soleil brille si fort que les nuages semblent eux aussi partir en vacances.
À six ans, changer de pays s'est un peu comme passer au niveau suivant d'un jeu vidéo.
Tu perds, t'es repère d'un coup,
tu dois apprivoiser de nouveaux visages,
et au début, tout sonne un peu trop vite et un peu trop fort.
Mais Mielle, elle, garde ses yeux grands ouverts.
Elle écoute, elle sourit, elle s'adapte,
et l'angle est glisse dans sa tête,
comme une chanson confinie par connaître par cœur,
sans même s'en rendre compte.
À cet âge-là, on apprend super vite, racontre à tel plus tard.
Elle devient sans même y penser une fille bilingue
qui glisse d'un bye-bye à un thank you
comme d'autres enchaînent des cabrioles.
Parfois, elle mélange tout,
et ça donne des phrases étranges que seules les enfants et les poètes peuvent comprendre.
Et puis, il y a ses deux grands-frères.
Pour elles, ce sont des héros, des complices.
L'école américaine, c'est simple comme une équation.
7 heures tuées en classe, et à 14 heures, déjà dehors.
Après cette heure-là, Mielle passe son temps à rebondir d'un sport à l'autre.
Pout, gym, basket, activité en pagaille.
On dirait parfois un petit ressort en basket.
Elle saute, elle court, elle roule par terre,
puis éclate de rire, comme si le monde était un trampoline géant.
Elle est heureuse, elle est libre, elle est tranquille.
Plus tard, si on lui demande de résumer ces années-là,
elle dira tranquille, détente, cool,
trois mots, un sourire, et tout est dit.
Là-bas, elle adopte un chien,
puis se le fait voler.
Oui, voler, comme dans un mauvais film, pas cool du tout.
Heureusement, Daisy arrive ensuite
avec ses yeux doux et son air de comprendre tout.
Elle deviendra l'ombre fidèle de Mielle,
sa gardienne, son secret bienveillant,
une présence qui ne disparaîtra jamais, elle.
C'est autour de ces dix ans que tout s'allume.
Mielle découvre YouTube, puis Enjoy Phoenix,
l'atelier de Roxane, et soudain, un univers entier s'ouvre comme une fenêtre
qu'on n'avait jamais pensé pousser.
Elle comprend qu'on peut poster ses propres vidéos.
Puis elle découvre le slime,
et elle a sa vie change de couleur.
Elle fabrique du slime rose-bonbon,
du slime vert extraterrestre,
du slime qui fait un bruit étrange quand on appuie dessus.
Elle tente le butter slime,
ratte, recommence, en mai partout,
rie encore plus fort.
Et surtout, elle filme tout, absolument tout.
Elle adore l'idée qu'un jour peut-être,
tout le monde pourrait l'aimer.
Elle idéalise les YouTubeurs,
elle veut leur ressembler.
Dans sa tête, elle peut même devenir présidente de la République.
Après tout, pourquoi pas ?
Et pour filmer, elle prend l'iPad familiale,
ou le téléphone qui donne une image civilem,
qu'on croirait un camiscope de 1998.
Mais elle, elle s'en moque.
Elle poste ses premières créations sur YouTube.
Qui regarde, quatre abonnés,
son père, sa mère, ses frères, fin de la liste.
Mais Mielle est convaincue qu'elle révolutionne le monde du slime.
Oh, au pire, qu'elle fait un tuto pas trop nul.
Alors, elle se met en scène,
une petite boule d'énergie de 10 ans bilingue,
mélangeant colle et moussarrasée,
comme si elle préparait une potion secrète
destinée à sauver l'humanité.
Et quand elle regarde Squeezie Cyprien en Joy Phoenix,
elle murmure dans sa tête.
Un jour, ce sera mon tour.
Ça peut sembler naïf.
En réalité, c'est un rêve d'enfant
qui veut être aimé du monde entier.
Un rêve doux, un rêve lumineux.
Quand elle a 11 ans, tout s'arrête.
Elle rentre en France.
Définitivement cette fois.
Et là, c'est le crash.
Elle connaît le système américain, pas le français.
Elle avait ses copines là-bas.
Ici, elle n'a personne.
Elle raconte qu'elle avait énormément de mal à se faire des amis.
C'était ma galère, et ça l'est encore aujourd'hui.
À cet âge-là, être isolé, c'est dur.
Très dur.
On commence à penser qu'on est bizarres,
ou pas assez, ou trop.
Et petit à petit,
même si elle a de bonnes notes
et qu'elle avait sauté une classe au CE2
de l'autre côté de l'Atlantique,
elle perd confiance.
Elle s'ennuie à l'école.
Elle n'en comprend plus le sens.
Elle lève la main pour demander
à quoi ça sert une équation,
et en lui répond,
ne pose pas trop de questions.
Pour une fille qui a vécu au soleil,
dans le sport, dans la liberté, dans la créativité,
c'est comme si on l'enfermait
dans une boîte en carton.
Depuis toujours, elle imagine des scénarios dans sa tête.
Président de la République,
YouTubeuse célèbre.
Fille que tout le monde aime.
Elle ne rêvait pas de luxe,
elle rêvait d'être importante pour quelqu'un.
Pour une fille qui change souvent d'école,
de pays, de langue,
c'est normal de vouloir être repérée.
On cherche un fil
qui nous attache quelque part.
Ce fil pour Mielle,
c'était ses vidéos.
Même bricolée, même moche.
Elle disait,
« Hé, je suis là, regardez-moi un tout petit peu ».
C'était la preuve que Mielle avait inétentielle,
une envie de créer du lien.
Une façon de dire,
« Je suis petite, mais j'ai quelque chose à partager ».
Elle ne savait pas encore que,
quelques années plus tard,
cette lumière-là
deviendrait vitale.
Pour elle,
et pour d'autres.
À 12 ans, quelque chose change.
Ce n'est pas arrivé d'un coup.
C'est venu doucement,
comme une ombre qui s'allonge.
Mielle, qui était une enfant vive et créative,
commence à se sentir mal dans sa peau.
Personne ne le voit vraiment.
Elle sourit toujours.
Elle travaille bien à l'école.
Elle fait comme si.
Mais dans sa chambre,
quand la porte se referme,
ses pensées tournent comme une machine à lavetre chargée.
Elle commence à se faire du mal.
Les adultes ne le remarquent pas tout de suite.
Elles pensent que peut-être,
c'est sa manière à elles de reprendre le contrôle.
À 12 ans, on n'a pas les bons mots.
Et parfois, on n'a même pas les bons outils.
Ces parents finissent par découvrir ce qu'elle fait.
Ils s'inquiètent,
tentent de la raisonner,
mais ils ne comprennent pas encore ce qui bouillonne à l'intérieur.
Pendant le confinement,
les choses ampirent.
Mielle se met à détester son corps.
Elle trouve sa boitrine trop ceci,
son poids trop cela.
Elle cache ses formes sous de grands t-shirts.
La nourriture à l'écœur,
les chiffres sur la balance deviennent une obsession.
Et surtout,
il y a les réseaux.
Ce qu'elle aimait,
ceux qui l'avaient fait rêver quand elle postait Sam LeSlime.
Ce qui lui avait donné l'impression d'exister.
Mais à 13 ans,
les réseaux peuvent aussi se transformer
en loupes qui grossit toutes les angoisses.
Un garçon de sa classe lui parle.
Puis il lui demande des photos.
Puis il insiste.
Beaucoup.
Trop.
Elle ne sait pas dire non.
Elle ne sait pas encore qu'elle a le droit de dire non.
Alors elle envoie.
Et un jour, les photos tournent.
De téléphone en téléphone.
De couloir en couloir.
Et mais elle, à 13 ans,
sent le sol s'ouvrir sous ses pieds.
Les mois qui suivent deviennent durs.
Trop durs.
Alors elle pense au pire.
Jusqu'à ce que...
Ce soir-là,
Miel est sauvée.
Mais son cœur, lui, est en miette.
Elle passe les semaines en services psychiatriques.
Au début, elle ne parle pas.
Elle observe, elle écoute.
Elle essaie de comprendre pourquoi elle est là.
Elle rencontre une psychiatre
qui lui parle autrement.
Pas avec de grands discours.
Pas avec des...
Tu dois.
Et des... Il faut.
Avec des mots simples.
Ce que tu ressens est réel.
Ce que tu as vécu
n'est pas ta faute.
Et tu peux t'en sortir.
Et petit à petit, Miel s'apèse.
Un peu.
Juste assez pour respirer.
Juste assez pour se relever.
À ce an, elle poste une vidéo
où elle raconte ses pensées noires.
Ses doutes, ses parcours.
Pas pour attirer l'attention.
Mais pour aider.
Elle découvre que parler, en fait,
c'est tendre la main.
Et que des milliers de jeunes
attrapent cette main.
Sa main.
Les messages arrivent.
Merci. Tu m'as aidé.
Je suis la même chose.
Je me sens moins seule.
Miel comprend alors
quelque chose d'essentiel.
Ce qu'elle a vécu ne la définit pas.
Mais ce qu'elle en fait
peut aider les autres.
Avec son père
et sa psychiatre,
elle imagine un outil.
Quelque chose qui pourrait éviter
à d'autres enfants
de porter leur souffrance seule
comme elle l'a fait.
Quelque chose pour créer un lien
vrai, simple, humain.
Une application ou un ado peut dire
ce qu'elle ressent.
Même quand parler fait trop peur.
Ou un parent peut comprendre sans deviner.
Ou les deux peuvent avancer ensemble
au lieu de se faire face
comme de montagnes.
L'application s'appelle
link et s'écrit L, Y, Y, N, K.
Link comme lien
comme relier, comme
je suis là pour toi.
Et c'est peut-être la plus belle revanche
de Miel. Avoir
transformé ses cicatrices en outils
pour protéger d'autres jeunes.
Miel veut éviter à d'autres de vivre
ce qu'elle a vécu. Et surtout proposer
une autre façon de parler de santé mentale
aux jeunes. Une façon plus vraie,
plus humaine.
Ce projet il aide aussi à donner du sens
à ce qu'elle a traversé.
Miel le fait pour toi
ou encore toi. Mais aussi pour la Miel
de 13 ans qui était hospitalisée.
Et elle le fait avec
son père qui a vu de très près
la souffrance de sa fille.
Aujourd'hui elle a 18 ans
et quand je l'ai rencontrée elle m'a dit
qu'elle voulait aller de l'avant.
Face à moi elle a ri, elle a parlé sans filtre
elle continue de créer, de partager.
Elle n'est pas guérie de tout.
Personne ne guérit
complètement de tout. Mais elle avance
un pas après l'autre.
Comme on remonte une plage après une tempête.
Et surtout
elle prouve à chaque jeune fille
qu'il écoute ceci.
Tu n'es jamais trop cassé
pour te reconstruire.
Tu n'es jamais trop faible
pour demander de l'aide.
Et tu n'es jamais seul à porter ton
histoire.
Nouvelle zéroïne.
Voilà cette est l'histoire
au le début de la grande histoire
de Mielle Havidbal.
J'espère que ça t'a plu
et inspiré. Et que tu te sens
moins seul.
Si tu t'en l'aurais,
tu entendras son message.
Tu es plus forte et capable que tu ne le crois.
Faut arrêter de se dévaloriser
de croire qu'on est nuls,
de croire qu'on vaut pas,
qu'on n'est pas assez, qu'on est trop...
C'est pas vrai.
T'as ta place
et t'es plus forte qu'à comme.
Nouvelle zéroïne.
Nouvelle zéroïne.
Nouvelle zéroïne.
Cette histoire de Nouvelle zéroïne
a été écrite, racontée
et produite par Céline Steyer.
C'est moi.
Et réalisé par les belles fréquences.
Si tu as aimé cette histoire,
n'hésite pas à en parler autour de toi,
à t'abonner, à mettre des étoiles
et des commentaires sur ton application de podcast préférée.
Nouvelle zéroïne.
C'est un podcast indépendant que je fais presque tout seul.
Donc ça m'apporte énormément de soutien
et ça me permet de lancer de super projets
par la suite.
Et bien sûr, bien sûr, bien sûr,
tu peux m'envoyer des messages sur le répondeur
Nouvelle zéroïne
ou un message sur le compte Instagram.
Nouvelle zéroïne.
Nouvelle zéroïne.
Nouvelle zéroïne.
Nouvelle zéroïne.