RTS
On a crée la lettre au Père Noël. On décore le sapin.
On prépare les biscuits. Oui, les biscuits !
On a perdu la femme des Noëls.
Au petit matin, la maison du Père Noël s'embond le thé, les tartines grillées et la bonne humeur.
Comfortablement installée à la table du petit déjeuner, Bricolo, Grignetin, Satine et Brie n'arrêtent pas de rigoler.
Ils sont maintenant devenus les meilleurs amis du monde.
Ça met du beau moqueur du Père Noël et de la Mère Noël.
J'adore voir mes petits lutins unis comme les quatre doigts de la main.
Oui, mais on a cinq doigts sur une main et eux, ils sont quatre.
Donc la comparaison marche moyen.
Mais oui, tu as raison, ton amie.
Alors disons que nos quatre petits lutins sont unis comme les quatre saisons
ou comme les quatre battements de mon cœur quand je te regarde.
Tu t'es bien rattrapé.
Une fois le petit déjeuner terminé, tout le monde se met en chemin pour voir si la flamme...
Enfin comme d'habitude quoi.
Père Noël, Mère Noël et les lutins avancent sans grand espoir.
Ils marchent d'un pas lent en soupirant.
Et alors que personne ne s'y attend,
Miracle, une mini étincelle est apparue.
Bien sûr, elle n'est pas bien grande, pas de quoi s'enflammer non plus.
Mais c'est un bon début.
Avec moi, on va faire la tournée des maisons du village pour prévenir tout le monde.
Brise rédit.
Je crois que je vais plutôt vous attendre à la maison.
Les gens ne m'apprécient pas trop.
Il n'en est pas question.
Tu viens avec nous.
Tu ne fais partie de la famille et du village de Noël.
Les gens n'ont pas pris le temps de te connaître.
Ils n'ont pas su voir la merveilleuse lutine que tu es.
Mais maintenant, ils vont ouvrir les yeux.
Crois-moi.
Alors, on y va ensemble.
Quand ils aperçoivent le cortège des lutins avec la mer et le père Noël,
les habitants rouvrent porte-sais fenêtres pour entendre la bonne nouvelle.
Une petite étincelle.
Oui, il y a une petite étincelle.
Les gens se mettent à sortir de chez eux, à se saluer à nouveau,
à se sourire, à se prendre dans les bras,
à s'embrasser, à se parler, à rigoler.
Et ça leur fait un bien fou.
Dans un joyeux brouah, la foule se dirige vers la flamme.
Une fois sur place, on retient son souffle.
On se met sur la pointe des pieds.
La flamme est là.
Elle commence à vaciller et devient de plus en plus vive.
La température se réchauffe petit à petit, tout comme les coeurs.
Un villageois s'écrit.
C'est le moment de faire une grande répétition générale de la fête de Noël.
Mais brille aussitôt s'avance.
Je crois que ce n'est pas la peine.
De toute façon, on n'a plus vraiment le temps.
Je sais que vous ne m'aimez pas trop.
Mais s'il vous plaît, écoutez-moi.
Nous arrivons à l'avant-dernière-nuie-Flochon.
Il faut que la flamme de Noël soit grande et belle avant que le dernier Flochon ne tombe.
C'est notre seule chance pour fêter Noël.
Nous, on veut bien, mais concrètement, on fait quoi ?
On doit retrouver l'esprit de Noël.
Un Noël simple et chaleureux.
Ce n'est pas évident à expliquer.
Je... Enfin...
Comment je pourrais vous expliquer ?
Alors qu'elle se perd dans ses explications,
Lorraine Tonnerre, qui vient de se réveiller, vole à son secours.
Ce n'est pourtant pas compliqué à comprendre.
Faut faire un Noël sans chichi, sans rififi,
un Noël cool, raoul, tranquille à chile, sans prise de tête, poilette.
C'est clair ?
Lorraine Cupidon, qui lui aussi se lève à l'instant, tient à compléter cette description.
Mais oui mes amis, il nous faut un Noël, d'où comme un roux-du-dou.
Un Noël où on se fait des compliments tout le temps.
Un Noël, tout m'y met avec la famille réunie, et aussi les cousins, les voisins, les amis,
et les amis de nos amis, et les amis de nos amis, de nos amis, de nos goosies-goosies-goosies-goosies.
C'est bon, Cupidon-Chonchon, on a compris.
Alors, c'est parti ?
Oui, oui, oui, goosies-goosies-goosies-goosies-goosies.
Dans les heures qui suivent, la joie et l'amour se diffusent à nouveau dans le village de Noël.
Ça donne envie aux enfants de chanter pour les personnes âgées,
à certaines familles de partager leur repas avec celles et ceux qui se sentent seuls,
à d'autres d'accueillir des amis.
On rallonge les tables, on ajoute des chaises,
on bricole ensemble des étoiles en papier créponds pour la décoration
et des sapins en bois de récupération.
Ah tiens, va demander à Papy s'il a de la farine.
On se parle, on se regarde, on se sourit, on cuisine ensemble, on s'entraide,
et ça fait beaucoup de bien.
Quant au lutin, ils se reposent et s'amusent entre eux, ils en ont assez fait.
En lieu et place des bûches qui mesuraient des kilomètres,
ils ont découpé des petites bûches à partager.
Les lumières clignotantes et phosphorescentes ont été remplacées par de petites bougies trop minies.
Les paquets sont prêts.
Le père Noël les distribuera dans le monde entier en les répartissant à part égale.
Chaque enfant recevra un cadeau.
Oh là là, mais attention !
C'est déjà la 23e nuit flocon.
Tout le monde retient sa respiration.
Les villageois ont les traitendus et le visage crispé.
L'avant dernier flocon se met à tomber.
Telle une plume, il volait des tourbillones.
Au dodo, et cuit cuit mes petits oiseaux.