OLI - Les histoires de Noel 2 : "Le Sapin de Saint-Etienne"

Durée: 11m54s

Date de sortie: 30/11/2020

durée : 00:11:54 - Une histoire et... Oli - Un titre bien mystérieux pour une nouvelle histoire d'Oli, et c'est Mathias Malzieu accompagné par Daria Nelson qui l'a trouvé. Ensemble, le duo l'a aussi imaginée et va la raconter. Vos enfants vont se régaler. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.

Prends-moi un père.
C'est Oli. O-L-U-R-I.
La bibli des petits.
Je suis pas petit.
Je crois.
Bonjour, je suis Mathias Malzieu et je vais vous raconter l'histoire du sapin de Saint-Etienne.
Je m'appelle Hugo et j'ai 7 ans depuis tellement longtemps que j'en aurais bientôt 8.
J'aime une fille depuis la rentrée de septembre, ce qui, d'après mes calculs, équivaut à peu près à l'éternité.
Elle s'appelle Jan et ses tresses ont, on dirait, des chouros.
Parfois, elle les attache pour se transformer en prêtezelle.
Dès que je la perçois, j'ai faim, même quand je viens de finir de manger.
Ses yeux ressemblent à des châtaignes.
Je pense que quand elle pleure, ça fait de la crème de marron.
Elle porte des bottes de pluie rouge, même quand il fait beau.
Et dès que je la regarde plus de 10 secondes d'affilée, je me mets à respirer n'importe comment.
Elle est si jolie qu'elle me donne de l'asme.
Asme imaginaire, avait dit le docteur Godbou à la maîtresse qui m'avait embarqué à l'infirmerie.
C'est ce jour-là que j'ai compris que l'imaginaire, ça existait en vrai.
Parce que vraiment, je n'arrivais plus à respirer.
Un dragon miniature bleu nuit, avec pelage en ciel étoilé et des yeux qui voient à travers les murs,
venaient me parler à la récré.
C'est celui de ton amie.
Étant un garçon bien élevé, je lui répondais.
Les copains se foutaient bien de moi.
Ils m'ont dit que j'étais trop vieux pour avoir un ami imaginaire
et que si je parlais avec un dragon, il m'aurait déjà cramé la face.
Ils crachent du feu qui brûle pas et je répostais.
Ils réchauffent mon thermos de chocolat, pas plus.
Tout le monde dit que c'est mon imagination, alors que c'est aussi vrai que la crise d'asme.
Du coup, j'ai décidé d'oublier, d'oublier, Léon, le dragon.
Je crois qu'il dort dans ma trousse.
Ça lui fait un sac de couchage.
Il se nourrit de gommes et de bouchons de stylo.
La plupart du temps, nous parlons de football.
L'autre partie du temps, de Jeanne.
Il revient tout le temps quand je m'en eut à cause des mathématiques.
Léon, le dragon, a fait tomber mon cahier d'exorciste, la règle et tout.
Je me suis fait en guirlandais, mais puisque c'est bientôt Noël,
je me suis dit, cette saison.
En parlant de guirlande, Léon et moi avons décidé de tenter d'approcher Jeanne
et ses bottes de pluie rouge.
Allez, tu vas aller lui parler maintenant.
Quand la maîtresse nous a demandé à chacun ce qu'on préférait à Noël, Jeanne a répondu.
Défaire le sapin.
Ça me rend triste, mais j'adore te remettre bien dans sa boîte
pour que cela puisse recommencer l'année d'après.
J'ai eu envie de me transformer en sapin et de la prendre entre mes branches, là, exactement maintenant.
J'en ai parlé à Léon, le dragon, tout le long du cours de mathématiques.
Mais j'ai pas trop féminité.
Il m'a encouragé, comme l'entraîneur de foot à la mi-temps, quand on perd, mais qu'il pense qu'on peut encore gagner.
Mais il faut trouver un trucur.
Vas-y, vas-y, vas-y.
Sans lui, je n'aurais jamais osé le truc de dingue que je vais vous raconter.
Cette nuit, alors que tout le monde dormait, je suis allé fouiller dans le carton à décoration de Noël.
Il est toujours rangé sur la même étagère, dans le garage.
Ensuite, j'ai filé dans la pinette qui fait peur la nuit, avec les e-bouts qui font les fous dans les branches et tout.
Heureusement, Léon, le dragon, veillait.
Là, j'ai arraché quelques branches au pain par a sol.
Il en a tellement, c'était comme lui faire une coupe de cheveux.
De retour dans ma chambre, j'ai enfilé mon survêtement vert des vers de Saint-Etienne, notre équipe de foot préféré, à Léon, le dragon et moi.
J'ai collé les branches sur les manches et les jambes avec de la superglue 3.
Ça n'a pas marché et je m'en suis foutu plein les doigts.
J'ai mis une demi-heure pour décoller mon pouce du survêtement.
Du coup, j'ai opté pour le scotch. Allez hop, scotch, comme disent les magiciens.
J'ai ajouté les guirlandes scintillantes, les boules de toutes les couleurs, les petits anges chelous et la grande guirlande électrique à pile qui me faisait clignoter.
J'ai fait un triangle au-dessus de ma tête avec mes bras et je me suis regardé dans la glace.
J'avais une dégaine de sapin de Noël, mais de sapin de Noël mort vivant.
Je me suis fait super peur dans le miroir. J'aurais pas aimé me croiser dans le couloir pour aller aux toilettes. Vraiment pas.
Ma grande soeur a eu beaucoup, beaucoup moins peur que moi, vu le fourrir qu'elle a piqué en me voyant.
Je lui ai fait promettre de ne pas dire aux parents que Léon le dragon était revenu et que je me déguisais en sapin de Saint-Etienne pendant la nuit.
Tous les soirs suivants, aidés par Léon le dragon, il réchauffait le bout de mes doigts gelés en se glissant dans mes moufles.
Je partais chercher d'autres branches pour me transformer en un sapin plus vivant.
Je complétais les décorations avec des pernos-el en chocolat piqués sur le sapin officiel dans la salle à manger.
Je me suis même entraîné à bouger sur des patins à rouvettes.
Aujourd'hui, c'est le dernier jour d'école avant les vacances. Le grand jour.
J'ai enfoncé mon costume de sapin de noël dans mon sac de sport et je suis parti en patins à rouvettes.
Léon le dragon était très excité. Il chantait, il criait.
On aurait dit le public du stade Geoffroy-Guichard à lui tout seul.
A la récrie, je suis parti me transformer aux toilettes.
La dernière fois que mon cœur avait battu si vite, c'est quand le chien Lou des voisins m'avait hurlé dessus,
alors que je discutais tranquillement avec Léon le dragon.
Je me suis regardé dans la glace, tout mon corps tremblé.
Dans les vestiaires, on aurait dit du vent.
Allez, te dégonfle pas, vas-y, me soufflez, Léon le dragon.
Moi, finalement, je commençais à me demander ce que je foutais là,
avec toutes ces branches et ses guirlandes clignotantes collèmes en survêtte,
alors que je pourrais être tranquille à jouer au foot avec les copains.
Fonce, allez, fonce ! Insister mon ami pas si imaginaire que ça.
J'ai fini par me lancer. J'ai traversé la cour au ralenti sur mes patins à roulette.
J'ai pris la direction des bottes de pluie rouge de Jeanne,
et je me suis mis à tourner autour d'elle, de plus en plus vite,
toujours plus vite, encore plus vite, plus vite, plus vite, plus vite, plus vite, plus vite,
jusqu'à ce qu'un caillou coince la roue de mon patin gauche,
et que je m'aplatisse comme une crêpe à ses pieds.
Là, j'ai tenté de dire la phrase que j'avais mis des semaines à écrire avec Léon le dragon.
Je suis un sapin, et tu peux enlever mes décorations et les ranger pour recommencer l'année prochaine.
Je saignais du genou, mais je ne m'en suis pas trop mal sorti d'après Léon le dragon.
Tu peux manger les pernoels en chocolat, c'est fait pour, et je cru bon d'ajouter.
Jeanne a souri.
Je me voyais déjà lui dire que je l'aimais depuis l'éternité de la rentrée,
qu'elle me donnait de l'asme amoureux et tout.
J'allais le présenter Léon le dragon quand elle a tourné l'étal.
Un sourire, mais pas un mot.
Quelques secondes plus tard, ces bottes de pluie rouge gambadées de l'autre côté de la cour.
Je suis resté planté dans le bitume.
J'ai clignoté un peu, et je suis rentré me changer.
J'ai passé le noël le plus triste de l'éternité et de loin.
Pourtant, j'avais reçu le vélo-cross dont je rêvais depuis avant ma naissance.
Mais rien n'y faisait. Seule les discussions avec Léon le dragon me consolaient.
Les vacances ont fini par se terminer et j'ai dû retourner à l'école, déguisé en moi-même.
J'ai déjà aperçu les bottes rouges, je me suis débrouillé pour filer à l'autre bout de la cour.
J'avais l'impression qu'elle sera prochée. Même Léon le dragon s'en était rendu compte.
Bonjour Hugo.
Matel dit d'une jolie petite voix.
Bonjour, Jeanne. J'ai répondu.
J'ai eu une petite surprise pour toi.
Elle m'a tendu une boîte en carton, grande comme deux boîtes à chaussures d'adultes.
Je l'ai secouée, ça faisait des petits bruits de greloux.
Elle souriait si fort que ça me faisait mal aux oreilles du coiffre.
Ouvre.
J'ai ouvert.
Et j'ai trouvé tout un tas de décorations pour sa peintre noël.
Boules multicolores, flocons de neige, fait l'utein guirland d'un vrai trésor.
C'est pour toi remerci. Et comme ça l'année prochaine, tu pourras te retransformer en sapin de Santétienne.
Et voilà, l'histoire est finie et maintenant, au lit.
Non, il n'y a pas d'eau.
Et joyeux noël.

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Oli

Découvrez la série audio France Inter : des contes pour les 5-7 ans, racontés par Delphine de Vigan, Alain Mabanckou, Tatiana de Rosnay, Claude Ponti… Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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