Ça, c'est Nico qui pensait il y a encore 6 mois qu'il ne serait jamais proprio.
Ça, c'est Nico dans son appartement qui a découvert que grâce à Nexity,
on peut être proprio à partir de 534,17€ par mois pendant les 3 premières années.
Loup mon lapin, c'est maman, tu m'ouvres !
Et ça, c'est Odile, la maman de Nico qui l'a aidé à devenir proprio.
Mais bon, qui a quand même un peu de mal à couper le cordon.
Le montant de 534,17€ par mois est une estimation de l'effort d'épargne nécessaire
pendant la durée de l'offre de remboursement de 3 ans.
Voie condition complète sur Nexity.fr.
Alors, je vais à pour ce dernier JT avant l'an 2000.
L'équipement électronique en Vogue chez les adolescents, les MP3.
Il y a ça, là-bas.
3, 2, 1, stop the game !
Ok, c'est le but en l'ordre !
Et il est signé, très aigué !
Il y a des entreprises dont personne ne connaît le nom.
Et qui ont pourtant changé la phase du monde.
J'aime plus en faisant partie.
Le leader mondial de la fabrication des cartes à puses était français.
Marc Lassus, on est le fondateur.
Et ce soir-là, tout lui sourit.
Il vient de signer le contrat qui va changer sa vie, et celle de son entreprise.
Il vient de signer son entrée sur le marché américain.
La technologie développée chez GEM+,
équipe déjà plus de 400 millions de cartes SIM à travers le monde.
Les cartes bancaires, les passports, les systèmes de communication chiffrés.
Et avec ce contrat, j'aime plus qu'on trollera bientôt les secrets du monde entier.
Mais quelque chose ne tourne pas rond.
D'abord, ce sont des petites choses.
Des détails qui n'en sont pas tout à fait.
Quelqu'un l'observe.
Quelqu'un l'écoute.
Et si Marc Lassus avait sans le vouloir fait entrer une entité qu'il aurait préférée ne jamais croiser.
Et s'il n'avait pas laissé entrer le loup dans la perjerie.
Le français a besoin de défendre ses entreprises, parce que je ne sais pas au capitaux de l'équipement réel.
Oh non, mais je n'en ai pas.
Vous avez été embauché par le fonds pensions TP Jannard, avec mon éteint sur Américains.
Sans rien avoir eu une mission, c'est tout à fait compétible.
Parce que c'est le fonds car a acheté GEM+, qui était une technologie française.
Pour comprendre cette histoire, il faut remonter en 2000.
Alors que les Etats-Unis et le Japon s'affrontent dans une guerre économique sans merci pour la maîtrise des nouvelles technologies,
la France compte aussi quelques pépites d'ingénieries.
Parmi ces fleurons, il y a une pépite qu'on a un peu oubliée.
Une entreprise qui a changé le quotidien de milliards de personnes, sans que personne ne connaisse vraiment son nom.
GEM+.
Vous en avez peut-être jamais entendu parler, et pourtant, il y a de fortes chances que vous ayez un bout de GEM+,
dans votre poche en ce moment même.
Parce que, dans ce monde pas si lointain, où il n'y avait pas encore de GPS dans les voitures,
pas de smartphones ni d'ordinateurs portables,
il y a fait déjà un objet qui avait envahi la planète, la carte à puce.
C'est grâce à cette petite puce dorée que nos cartes peuvent se comporter comme de véritables micro-ordinateurs.
Elles peuvent chiffrer et déchiffrer des données, les communiquer sous certaines conditions,
et se bloquer si quelqu'un tente de les pirater.
Elles sont prisées dans tous les secteurs qui demandent de l'authentification sécurisée.
Télévision cryptée, banque, état, abonnement téléphonique.
Et ces cartes, les premiers à en fabriquer, c'est GEM+.
C'est l'histoire d'une PME créée en 1988, qui dix ans plus tard emploie 6 000 personnes dans le monde,
et réalise 200 millions d'euros de chiffre d'affaires.
GEM+. vend 3 millions de cartes à puce par mois en Europe.
Depuis 1988, l'entreprise a une croissance de 50% par an.
A l'époque déjà, on pensait Europe, on pensait marché global.
Dans leur laboratoire ultra-sécurisé de Marseille,
l'entreprise a réussi à rassembler certains des meilleurs ingénieurs du monde
pour développer des logiciels de chiffrement pour Zepus.
Elles sont réputées inviolables.
Le seul moyen de les débloquer, ce sont les fameuses clés de chiffrement.
C'est le sain-gral du renseignement.
Avec ces clés, on peut, dans le cas d'une carte SIM, lire en clair toutes les communications entre un téléphone et le réseau.
Ces clés sont donc infiniment précieuses, et GEM+. les gardent jalousement dans leur labo.
A l'origine de ce fleuron qui porte cette lourde responsabilité, il y a un homme.
Si vous cherchez le profil typique du capitaine d'industrie qui va bâtir un empire technologique, vous allez être déçu.
Marc Lassus, c'est un fils d'instituteur béernet.
Pendant 20 ans, il a travaillé dans l'électronique.
Gravis les échelons un par un a pris le métier sur le terrain.
D'abord chez Boul, où il participe au développement de la première carte à pus industriel,
et c'est là que commence son obsession pour cette petite puse dorée.
Parce que c'est pas lui qui l'a inventé, c'est Roland Moredo, un autre ingénieur français.
Mais Lassus lui, il a vu ce que personne d'autre ne voyait à l'époque. Le potentiel.
Avec l'avènement du numérique, Marc est persuadé que ces puses dorées
pourraient complètement changer notre rapport à la sécurité, à l'authentification et aux transactions.
A l'époque, tout le monde utilisait encore des cartes magnétiques qu'on pouvait cloner en 5 secondes.
La carte à pus, c'était l'avenir. Sauf qu'en 1988, personne n'y croit encore.
Marc va de boîte en boîte, mais aucune ne veut se lancer dans cette nouvelle technologie.
Là, Marc Lassus a 48 ans.
Un âge où beaucoup de gens pensent à la retraite, à profiter, à ralentir.
Lui, il décide de tout plaquer et lance sa propre entreprise.
Mais il ne part pas seul dans l'aventure. Il part avec 5 ou 6 ingénieurs de sa précédente boîte.
Des types brillants qui partagent sa vision, sa fixette, certains dirais.
Et puis, il y a un truc qu'il faut bien comprendre.
Pour monter une industrie de fabrication de cartes à pus, il faut de l'argent, des lignes de production,
des machines ultra sophistiquées, des brevets, des usines.
C'est pas une start-up logicielle qu'on peut lancer depuis un garage.
Alors dès le début, Marc Lassus fait un tour de table.
Il réussit à convaincre France Telecom d'entrer au capital.
À l'époque, France Telecom perdait des millions de francs à cause des fraudes liées aux cartes à bande magnétique.
Ils sont donc très intéressés à l'idée d'avoir une carte inviolable.
Roland Moreno, l'inventeur de la puse, prend des parts aussi.
Les autres ingénieurs fondateurs en prennent.
Et Marc Lassus, lui, garde environ 20% de sa boîte.
20%. Retenez bien ce chiffre.
Parce que ça veut dire que dès le départ, Marc Lassus n'est pas seul maître à bord.
Il est le premier actionnaire, certes, le président, le fondateur,
mais il n'a pas le contrôle absolu. Il devra compter avec les autres.
À partir de là, Marc Lassus va tout donner pour sa société.
Il dort dans les avions, enchaîne les rendez-vous du matin au soir,
parcourt le globe pour décrocher des contrats.
Il recrute des ingénieurs par dizaines, puis par centaines.
Si bien qu'en quelques années, la petite entreprise de Geménos devient leader incontesté de la carte à puse.
Et équipe la planète entière.
L'Europe, l'Asie, l'Amérique latine, l'Afrique, partout.
La première licorne française est née.
Partout, sauf aux États-Unis.
Pour Marc Lassus, c'est insupportable.
Parce que les États-Unis, ça n'est pas juste un marché de plus.
C'est le marché.
Celui qui valide votre statut de leader mondial.
Celui sans lequel vous restez un acteur régional.
Peu importe votre taille.
Le problème, c'est que les Américains ne veulent pas de carte à puse.
D'abord, parce qu'ils n'utilisent pas la norme GSM pour leur réseau mobile,
ils ont leur propre standard qui n'ont pas besoin de carte SIM.
Ensuite, leur carte bancaire et leur télécarte fonctionnent encore avec des bandes magnétiques.
Et pour eux, investir dans une nouvelle technologie étrangère,
c'est trop cher, trop risqué, et ça, un gros défaut.
Ce n'est pas Américain.
Marc Lassus sait qu'il n'y a qu'une seule solution pour débloquer la situation.
S'associer à une entreprise américaine.
Faire rentrer GEM+, par la grande porte, avec un partenaire local qui a les connexions et qui connaît le terrain.
Parmi sa liste, il cible DataCard, le leader américain des Terminos de paiement.
Refus sec.
Pas découragé, Marc Lassus passe au plan B.
Il remonte la chaîne.
Il contacte directement l'actionnaire majoritaire de DataCard.
Et cet actionnaire, c'est une famille allemande.
La famille Quant.
Les Quant sont une des plus riches d'ynasties industrielles allemandes.
Des gens discrets et puissants.
Très puissants.
Le genre de famille qui possède BMW, qui a des usines partout en Europe,
et qui a traversé le 20e siècle en accumulant un pouvoir et une richesse considérable.
Cette fois, ça mort.
Les Quant acceptent d'entrer au capital de GEM+.
Et Marc récupère au passage la branche Carte de DataCard.
Et une usine à fila d'elfi.
Sur le papier, c'est un coup de maître.
Sauf que, dans les faits, ça ne change rien.
Marc Lassus espérait qu'avoir une usine sur le sol américain
suffirait à ouvrir les portes.
Mais non, personne là-bas ne veut d'une technologie française.
J'ai un plus et dans une impasse.
Le GEM+.
1999. Marc Lassus a quitté la direction opérationnelle de GEM+.
Il garde la présidence du conseil d'administration,
mais c'est Daniel Logal, un des co-fondateurs qui dirige au quotidien.
Exilé à Londres pour des raisons fiscales, Marc se concentre sur la stratégie long terme.
Et ce qui est maintenant son obsession, ouvrir le marché américain.
Et ce, sans succès pour l'instant.
Jusqu'à ce coup de fil.
Marc, je peux te parler 5 minutes ?
Oui, oui, tu vois.
Bon, en fait, j'en peux gêner.
Logal, t'as pas de tout dit ce matin à la réunion.
Hier soir, on a reçu la troisième mope de TPG.
Mais de quelle âge tu me parles ?
Bah, un Texas Pacific Group, Marc.
Enfin, Daniel, il en a dû refuser 2.
Et on en a reçu une troisième, hier soir.
De 550 000.
TPG, c'est un mastodonte américain qui gère des dizaines d'entreprises à travers le monde.
Qui a les connexions, le réseau, l'accès au marché américain.
550 millions de dollars.
Et Daniel Logal a refusé, sans même en parler à Marc.
Légitimement, ça le met hors de lui.
TPG, c'est un fonds spécialisé dans les LBO.
Les rachats par effet de levier.
Leur modèle est simple.
Ils rachètent des entreprises, de préférence en difficulté,
les restructures et les revendent avec une plus-value.
Parfois en les sauvant, parfois en les découpant.
À la tête de TPG, il y a un avocat brillant.
David Bonderman.
Milliardaire Texan, collectionneur d'art et de deal audacieux.
Il a notamment un ranch dans le Colorado.
Wildcat Ranch.
19 chambres, un lac privé et une vue imprenable sur les rocheuses.
Et Soga s'est fait sèchement recaler.
Marc Lassus est furieux.
Comment Logal a-t-il pu refuser ça sans le consulter ?
Est-ce qu'il est devenu fou ?
En fait, non. Il est méfiant.
Et non seulement il a de bonnes raisons,
mais les co-fondateurs de Marc et les actionnaires historiques
sont plutôt de son avis.
Il y a quelque chose qui ne va pas dans les offres de TPG.
Des éléments qui bout à bout laissent une impression étrange.
Déjà, avec les 40% de croissance annuelle,
j'aime plus et tout l'inverse d'une boîte en difficulté.
Puis TPG n'est pas un fond spécialisé dans la tech.
Et enfin, il y a le montant.
550 millions de dollars.
C'est simple, c'est le cadre-ruple de ce qu'investit TPG en général.
C'est presque que trop.
Tous ces éléments auraient pu suffire,
mais il y a encore une autre raison.
Une raison plus profonde que ça.
TPG demande 33% du capital.
Ce qui est loin d'être un audat.
33% c'est ce qu'on appelle la minorité de blocage.
La part du gâteau qui suffit pour bloquer toutes les décisions importantes.
Pour le GAL et ses collègues,
c'est presque que leur donner les clés de la barraque.
Or, on l'a déjà montré,
ils développent des technologies extrêmement sensibles.
Et pour eux, les secrets qu'ils détiennent
ne doivent surtout pas tomber entre de mauvaises mains.
Même si les US sont des alliés,
c'est une question de principe.
J'aime plus de rester ce contrôle français.
Mais voilà, pour Marc Lassus,
qui se donne corps et âme pour enfants
accéder à ce foutu marché américain,
la pilule a du mal à passer.
Il est conscient des risques,
mais il a déjà tout essayé et tout à échouer.
Alors, il se sent trahi.
En colère, il décide de prendre immédiatement le dossi en main.
David Bonderman accueille Marc dans son wrench comme un roi.
Il commence à lui ouvrir des perspectives inespérées.
Il raconte qu'il est proche d'Hillary Clinton,
la femme du président à leur ministre de la Santé,
que toutes les cartes vitales vont passer à la technologie de la cartapuce,
que les 200 millions de permis de conduire vont suivre dans l'infoulet.
Bref, un véritable boulevard vers la conquête des US.
Marc Lassus tient enfin son marché.
Il en a des dollars dans les yeux,
et il n'en revient pas d'avoir failli passer à côté de ça.
Il rentre convaincu.
Mais, à GEM+, c'est la guerre.
Les co-fondateurs sont catégoriques.
TPG, c'est non.
Trop risqué, trop d'incertitude, ils ont pas besoin d'eux.
Le Gall et les autres traitent Marc de Naïf.
Ils disent qu'il est aveuglé.
Marc, lui, les trouve peureux.
Ils sont en train de laisser passer la chance de leur vie.
Là, Marc, il a deux possibilités.
La première, c'est de leur faire changer d'avis
pour qu'il valide l'opération lors du conseil d'administration.
Pas vraiment une option, donc.
La deuxième, c'est de monter encore d'un niveau
et de faire valider la décision directement par les actionnaires.
Et ça, c'est beaucoup plus simple.
Notamment, car parmi les actionnaires,
Marc Lassus peut compter sur un allié de taille.
Les Allemands de la famille Comte.
Bizarrement, eux semblent très enthousiastes
à l'idée d'accueillir les Américains.
Marc réussit à négocier avec TPG
une entrée au capital à hauteur de 26%.
Mais leur conseil de droit de nommer le directeur général
est 5 des neuf sièges du conseil d'administration.
En tout cas, le deal se fait.
Enfin.
Et pour Marc, c'est la libération.
Tout lui sourit enfin.
Les portes des États-Unis s'ouvrent finalement.
Il a du batailler un peu pour s'assurer de garder le contrôle de sa boîte.
Mais vu les 550 millions qu'investit TPG,
il paraît évident que ces nouveaux alliés Américains
ont intérêt à ce que l'entreprise se porte bien.
J'aime plus va pouvoir continuer sa percée
et s'asseoir comme le géant mondial de la carte à pousse.
Ce soir-là, il rentre chez lui l'esprit léger.
Enfin, pas tout à fait.
Marc, pour réaliser ce que vous faites.
Ça, c'est Nico qui pensait il y a encore 6 mois qu'il ne serait jamais proprio.
Ça, c'est Nico dans son appartement
qui a découvert que grâce à Nexity,
on peut être proprio à partir de 534,17 euros par mois
pendant les 3 premières années.
Ouh mon lapin, c'est maman, tu m'ouvres !
Et ça, c'est Odile, la maman de Nico,
qui l'a aidé à devenir proprio.
Mais bon, qui a quand même un peu de mal à couper le cordon.
Le montant de 534,17 euros par mois
est une estimation de l'effort d'épargne nécessaire
pendant la durée de l'offre de remboursement de 3 ans.
Voix conditions complètes sur Nexity.fr
Est-ce que vous êtes pas en train de les laisser faire faire ?
De nous dans la bergerie.
C'était exactement ça.
Début 2001.
6 mois après l'arrivée de TPG,
l'ambiance change à Gen Plus.
Ben ils envoient des jeunes,
moins jeunes, mais qui sont pas mal,
qui veulent participer aux dégions stratégiques,
qui se cultivent,
qui...
Ça se passe assez bien.
Dans les couloirs de l'entreprise,
on commence à voir arriver des américains partout.
Un nouveau directeur général, Antonio Perez,
un nouveau directeur financier,
puis, un par un,
toute l'équipe dirigeante historique se fait remplacer.
Pour autant, la croissance de Gen Plus continue.
L'arrivée sur le marché américain est un succès.
La première alerte, c'est Antonio Perez,
le nouveau directeur qui multiplie les communiqués mal à droit
aux investisseurs.
Et ça tombe au pire moment.
Grande de fébrielité sur les marchés financiers
avec l'ombre d'un craque boursé
après la dégrain de la Da Woll Street hier
et du Nasdaq et du Don Jones,
ce qui accuse une chute historique
pour la seule journée de vendredi.
Marc Lassus voit horrifié
le cours de Gen Plus baissé en bourse,
une première depuis sa création.
Sauf que les décisions absurdes ne s'arrêtent pas là.
Là, Marc Montocrénault. Il s'y oppose de toutes ses forces,
et parvient à faire revenir Antonio Perez sur sa décision.
Mais quelques mois plus tard,
le DG va à nouveau faire un move très étrange.
Il faut savoir qu'au fil du temps,
Marc avait fait plusieurs acquisitions stratégiques
de Pépites technologiques.
Parmi elles, ski data, qui ouvrait à Gen Plus
l'accès au marché très juteux des terminaux de parking.
Et pour des raisons obscures,
cette Pépite, Antonio Perez, vient de la revendre.
Il y avait des trucs vicieux qui se passaient.
Mais désormais, ces objections
ne se heurtenent plus seulement à des décisions internes.
Elles déclenchent des réactions.
D'abord, discrètes.
Discrètement inquiétantes.
Et en dimanche, je travaillais tout le matin,
et nos poubelles étaient sur le terrain juste à côté.
D'images matin, il y a un mec qui est dans les poubelles.
Bizarre, enfin bon.
Je sors, qu'est-ce que je vois ?
Je vois le chef des gardiens, le manager,
c'est super élégant.
Il était en train de fouiller dans ma poubelle.
Et je lui dis qu'est-ce que tu fais-tu là ?
Il me dit oui, c'est à dire que, mais c'est une histoire bidon.
Il y avait des odeurs, etc.
J'ai dit mais c'est des papiers, c'est pour ça que je me sens les papiers.
Bon, tu les prends en fin de grande,
mais qu'est-ce que tu peux faire ?
Au fur et à mesure que la situation devait t'emmener avec tes PG,
il y a eu des signes inquiétants.
Et c'est là que j'ai découvert,
ou on m'a signalé que j'étais suivi.
Il se trouve que c'était un turc marchand de smartphone
de l'autre côté de la rue, dans un quartier assez huppé de Londres,
qui dit à ma femme,
« Vous savez, votre mari est même vous,
quand vous sortez chez vous,
il y a des gens qui vous suivent.
Ils commencent par se panquer dans la cabine téléphonique,
et après ils vous suivent.
»
On me le dit,
et c'est vrai que je constate que c'est le cas.
À ce moment, comme pour confirmer ses premiers doutes,
J'aime plus va recevoir un coup de fil.
Il provient d'une autre société technologique
qui s'appelle l'Indice & Gear,
et ce qu'ils vont dire est particulièrement troublant.
Faites attention, on s'est fait racheter par tes PG il y a 3 ans,
maintenant la boîte est en faillite, ils ont tout liquidé.
D'ailleurs, parmi les actifs qui se sont en train de brader,
il y a une filiale couverte de dettes qui sont en train de vouloir vous refiler.
Quelques semaines plus tard, Marc découvre stupéfait
qu'Antonio Pérez rachète effectivement cette filiale de l'Indice & Gear,
une entreprise mourante, criblée de dettes, qui sert à rien.
TPG est en train de se débarrasser de ses poubelles
en les vendant à J'aime plus.
Pour Marc Lassus, c'est le déclic.
L'action J'aime plus continue de s'effondrer.
Les investisseurs paniquent, les analystes s'alarment,
le champion français est en crise.
On commence à entendre parler de licenciement
dans une boîte qui cartonnait depuis 10 ans et c'est surréaliste.
Alors, la colère monte parmi les salariés,
des syndicats se montent et parmi les rumeurs qui circulent,
il y en a une de particulièrement explosive.
Antonio Pérez aurait des liens avec les services de renseignement américain.
Tout ce qui arrive ne serait donc pas le fruit du hasard.
A l'époque, ça ressemble à une théorie du complot,
un truc qu'on sort parce qu'il faut trouver un coupable.
Marc Lassus, lui, il y croit pas du tout.
Pour lui, le problème, c'est que Antonio Pérez est un incompétent
et qu'il faut le remplacer.
Or, justement, quelques jours plus tard,
Marc reçoit une convoquation à Wildcat Ranch.
David Bonderman veut le voir avec Antonio Pérez.
Marc part pour le Colorado,
persuadé qu'il ne sera pas difficile de convaincre Bonderman
de l'incompétence de Pérez.
Mais cette fois, pas de tapis rouge, pas de champagne avec vue sur les montagnes,
David Bonderman les reçoit froidement.
Il leur dit qu'ils sont tous les deux responsables de la crise que traverse Jemplus.
Bonderman, ça n'approche John Wayne, qui fait pire,
un cowboy nous a donné une bonne branlée, une bonne leçon,
en nous disant que si on n'était pas capable de bousser ensemble,
ils nous viraient tous les deux.
Alors Pérez, évidemment, yes sir, yes sir.
De toute façon, ils étaient très bien payés,
puis ils savaient très bien que Bonderman,
il y avait une complicité évidente.
C'était pour me calmer à moi.
Mais bon.
Marc rentre à Londres, désemparé.
Il commence à réaliser qu'il n'a plus le soutien de TPG.
Mais il refuse encore de faire le lien.
Il se dit, Bonderman protège son directeur général.
C'est normal.
TPG veut juste que Jemplus réussisse.
C'était quand même dans le métro.
Un mec avait le salu gueulé.
C'était...
Comment on appelle ça ?
Le mélange des Indiens et des Africains,
les malabars,
lesquels les mecs, ils sont plus grands que toi,
mais ils ont de ses gueules.
Toi t'es beau à côté.
Non mais, t'es inquiétant.
Mais alors là, je trouvais que les mecs
qui font ce métier, ils sont vachement forts.
Parce que je prenais le métro,
je constatais que j'étais suivi,
je descendais de la rame du métro,
je montais immédiatement au derrière,
au moins dans une autre.
Et il m'avait réussi.
Ensuite, je change carrément de ligne.
Je monte dans un autre métro,
je vais à toute vitesse, etc.
Putain, le mec, il est dans la cabine d'à côté,
dans le wagon d'à côté,
en train de me regarder.
Incroyable.
J'ai jamais pu le semer.
Il est cambriolé 3 fois en 6 mois.
Il déménage, on le recambriole.
Chaque fois, rien de volé.
Mais toute sa maison s'accagait.
Bon.
On a eu, avec ma femme,
on vient à France, on part trop 4 jours.
On revient, cambriolage, tout...
Et les flits qui sont venus,
ils ont dit on ne comprend pas.
Parce que le cambriole,
le cambriolage, la porte, elle était cassée de l'intérieur.
Donc c'est des mecs qui étaient rentrés naturellement,
mais qui ont voulu montrer qu'il y avait un cambriolage,
mais en fait, au lieu de presser la porte
de l'extérieur, comme ça, ils ont cassé de l'intérieur.
Donc c'était bidon, quoi.
Et pendant ce temps, autour de lui,
tout s'effondre.
Les comptes quittent le conseil,
son service juridique se retourne contre lui,
bon dormand, le lâche,
même certains de ses ingénieurs historiques
l'abandonnent.
Débordé, sous surveillance,
trahi de toute part, Marc décide
de prendre du recul.
Il part donc pour Roatan,
une petite île des Caraïbes
où il a acheté une propriété pour sa retraite.
Pas de téléphone, pas d'internet,
juste un vieux fax.
Marc souffle enfin,
jusqu'à ce qu'elle reçoive un message.
Bon, déjà,
je ne connais jamais de vacances,
et j'ai acheté une île
de merde, mais une petite île
au rond du race.
Et comme par hasard,
chaque fois que je partais en vacances,
très peu,
il y avait des grandes réunions
décidées à Washington et etc.
J'arrive, à peine j'arrive là-bas,
un fax, parce que le fax marchait.
On ne pouvait pas communiquer par internet,
et la radio, le téléphone portable,
Marc ne s'est pas du tout, il fallait aller
un peu au large, en bateau,
pour arriver à entendre.
Et là on me dit,
quand ça est une administration
extrêmement urgente, en Washington,
quand je suis sur le bateau,
ils apprennent que j'arrive à avoir
une communication.
Évidemment, le réseau marche
et il m'appelle tous,
quand je suis sur le bateau,
c'est une barque.
Donc j'ai eu 5-6 communications
importantes, et j'ai même
un Stéphane Kwan, qui m'appelle,
qui m'appelait jamais.
Donc j'ai eu une communication
avec Stéphane Kwan,
qui me dit Marc, il faut absolument
que tu viennes.
Donc intervention,
Takedin,
c'est un des mecs qui me...
On parle de...
Takedin, non, je le voyais,
on se voyait, mais Stéphane Kwan,
on se parlait quasiment jamais
au téléphone.
Il m'appelle ce con.
Un homérémie de tonnage
qui s'occupait de marketing chez nous,
qui était un peu un magouilleur,
m'appelle aussi, c'était incroyable,
tout le monde très pignan,
même Takedin me disant, Marc,
il faut absolument que tu viennes,
tu peux pas, c'est trop important.
C'est un meuf des mers,
de faire des pieds et des mains
pour trouver un avion pour l'extra.
Et j'ai eu un point,
jamais pas de costard,
c'était un vacance.
Donc c'est un point, c'est quand même
au Washington, et là,
c'était le Stratonat.
La situation est lunaire.
Déjà, c'est Marc Lassus,
le président du Conseil d'administration.
Normalement, c'est lui qui a l'origine
de la Convocation du Conseil d'administration.
Donc là, tout ça est organisé
à Onzeki.
Et tout ça au Washington,
pour quoi au Washington ?
Jamais d'avion avait de la
Conseil d'administration
en or de l'Europe,
mais il faisait ça au cul-de-l'eau.
Tout le Conseil d'administration
est présent, mais pas seulement.
Et je vois que tout le monde,
y compris les directeurs de J'aime Plus,
ils devaient pas venir à ce Conseil d'administration.
Ils avaient aucun rôle à jouer,
mais c'était tout ça.
Une agence de communication,
des avocats, des piles de débauche de documents,
des imprimantes qui tournent à plein régime,
et puis surtout un homme.
Il est là, il gère tout.
La gestion du Conseil d'administration,
ils avaient tout organisé,
des communiqués de presse qui auraient, etc.
Ils avaient un bureau de presse incroyable,
ils avaient tout leur logistique prête
à l'Américaine.
Il avait aucun rôle officiel.
Il s'est imposé, et tout le monde s'est crasé.
Le mystérieux directeur de TPG,
le tout-puissant, David Bonderman.
Bonderman avait organisé le show,
et moi je débarque bronzer des Honduras.
Marc comprend que le scénario de la réunion
est déjà écrit d'avance.
Parmi les documents imprimés,
il y a même deux ébauches de protocoles de révocation.
Ces protocoles contiennent les conditions de fin de mandat
de deux dirigeants de l'entreprise.
Leurs noms sont déjà écrits.
Antonio Perez,
et Marc Lassus.
Pour Marc, c'est le choc.
Lui, le fondateur de l'entreprise,
forcé par son propre Conseil d'administration,
a démissionné.
Marc peut rester au Conseil d'administration,
mais il perd tout autorité.
Il n'a plus le droit de communiquer avec le personnel
plus de pouvoir, plus rien.
Écurrer et épuiser.
Marc Lassus signe sa démission.
Il vient de perdre Jean Plus.
Mais ce qu'il ne savait pas,
c'est que ça n'est que le début.
Il ne s'agissait pas d'une guerre d'actionnaire,
ni d'une crise de management.
Marc avait été la cible d'une opération,
une opération menée par la plus puissante machine
de renseignement du monde.
C'est quoi ton état d'esprit par rapport à...
à ce moment-là, par rapport à TPG ?
Et là, on peut l'onter.
Oh, mais que ça, ce sont des anomies.
Ce sont des anomies, c'est la CIA, c'est sûr.
En France, l'éviction de Marc Lassus va faire scandale.
Mais l'actualité sociale aujourd'hui
est dominée par ce nouveau plan de suppression d'emplois
chez JEM Plus, numéro 1 mondial de la carte Apus,
1000 postes concernés.
Les salariés manifestent.
Les syndicats dénoncent des télocalisations de laboratoires
vers les États-Unis, des fuites de brevet.
La technologie française est en train de partir.
C'est devenu une affaire d'État.
Un symbole.
Fin 2001, TPG semble avoir pris le contrôle total de JEM Plus.
David Bonderman obtient un siège au Conseil d'administration.
Il est nommé vice-président.
Pourtant, la partie n'est pas terminée.
Marc Lassus a encore des cartes à jouer.
Pendant ces dernières années,
il a rencontré des personnalités haute en couleur,
comme le sulfureux Zia Takiedin
et l'incorruptible fumeur de Havan, Thierry Dassault.
Les deux hommes sont actionnaires de JEM Plus
et sont prêts à le soutenir face aux Américains.
Un front français se constitue.
Pour la première fois depuis des mois, Marc Lassus n'est plus seul.
Au printemps 2002, ils enchaînent les victoires.
Takiedin et Dassault sont tous les deux élus au Conseil d'administration
et ils obtiennent de faire passer le Conseil à 13 sièges,
ce qui dilue le pouvoir de TPG.
Ils arrivent même à faire élire un nouveau président du Conseil,
Dominique Vignon, qui lui est français.
Mais ils sont déjà en retard
et surtout ils vont bientôt découvrir contre qui ils jouent
parce que la première mission du nouveau Conseil
c'est de nommer un nouveau directeur général
pour remplacer Antonio Perez.
Il fallait nommer un directeur général.
Donc il y a des interviews en cours
et il y avait, j'avais trouvé un mec de ses textes en français,
formé aux États-Unis, parfait, le moule parfait,
et un français.
On ne pouvait pas dire qu'il n'était pas bon.
Donc Takiedin, Dassault, etc. ont interviewé ce mec.
Et le mec de texte d'instrument, il venait en numéro 1.
Il venait de vivre le plus enjeu dans les États-Unis,
il rentrait en France, il était d'accord pour prendre le job
et il était très très bien.
Et bien, au dernier moment,
Bonderman informe tout le monde,
il dit qu'on s'est fait, j'ai trouvé le mec.
Et il cite Alex Mandel.
Un homme imposé par TPG.
Un homme dont personne ne sait vraiment rien.
Un homme qui va tout faire basculer.
J'ai dit oui mais on l'a pas vu.
Bon non mais tout vous allez le voir.
Alors donc j'ai interviewé Alex Mandel à Paris.
Mais est-ce que j'avais le pouvoir de dire non ou pas ?
Simplement, bon, je l'ai vu.
Il me sent un bruit propre sur lui.
Il avait quand même sacré Pédigrés.
C'était un autrichien qui avait trajeté chez Bel.
Bel, l'accompagnée américaine de Telecom, etc.
Il avait un très bon Pédigrés.
Et bon, pourquoi pas ?
Ce qu'on savait pas, c'était la suite.
A ce moment de l'histoire, il y a un autre personnage inattendu qui entre en scène.
Un journaliste à la tribune, le quotidien économique.
Depuis le début de la crise GEMPLUS, il suit l'affaire de près.
Ça le fascine, cette histoire d'entreprise française au sommet,
qui s'effondre en quelques mois avec des décisions complètement adhérentes.
Il sent qu'il y a quelque chose de plus gros.
Et puis, la tribune supprime des postes régionaux,
donc il se retrouve sans emploi.
Mais avec un maintien de salaire pendant quelques mois, il a du temps.
Beaucoup de temps.
Alors, il décide de creuser.
Et c'est là qu'il tombe sur un nom qui l'intraînait.
Alex Mindl.
Ce type avait été imposé de nulle part par Bondorman.
Ça lui paraissait bizarre.
Alors, il a fait ce que tout journaliste aurait dû faire.
Il a tapé Alex Mindl sur Google.
En 2002, Google n'a que quatre ans.
Et faire une recherche sur quelqu'un, ça n'était pas encore un réflexe.
Et visiblement, chez GEMPLUS, personne ne l'avait fait.
Parce que, au milieu des résultats, il voit un nom.
Un nom qui change tout.
Inqutel.
C'est un fonds d'investissement très officiel,
créé par l'Agence centrale de renseignements américaines
pour permettre à la CIA d'investir dans les nouvelles technologies.
La cryptographie, cybersecurity, intelligence artificielle,
tout ce qui touche au renseignement du futur.
Et Alex Mindl, le nouveau directeur général de GEMPLUS,
siège au Conseil d'administration d'Inqutel.
Alors, le journaliste relit trois fois.
Il n'arrive pas à y croire.
Le mec qui vient d'être nommé pour diriger GEMPLUS,
travaillait pour la CIA.
Il continue.
Et plus il cherche, plus les connexions apparaissent.
Alex Mindl ne travaille pas que pour Inqutel.
Il fait partie du BENS, Business Executives for National Security.
Un think-tank américain qui promue les intérêts économiques et sécuritaires des États-Unis.
David Bonderman, le patron de TPG, a travaillé au cabinet d'avocat Arnold Enporter.
Le même cabinet qui conseille Inqutel.
TPG, Inqutel, le BENS, Arnold Enporter.
Tout ce beau monde, gravite dans les mêmes cercles, les mêmes clubs, les mêmes intérêts.
Quand Marc apprend ça, il refuse d'abord d'y croire.
Et puis tout s'éclaire.
TPG qui débarque avec 550 millions.
Antonio Perez et ses décisions absurdes.
La télécarte abandonnée.
Les tiffes pourries rachetées.
Les cambriolages à répetition.
Le cabinet d'Inqutel.
John Dorman qui est orchestre de Vire de Saint-Pierre.
Repre-entreprise.
Et enfin, Alex Mindl.
L'homme de la CIA, placé à la tête de GEMPLUS.
Depuis le début, il avait été la cible d'une opération de renseignement.
Une opération menée par la CIA pour prendre le contrôle de GEMPLUS.
Et il avait ouvert la porte lui-même.
Mais pourquoi ?
Pourquoi la CIA voulait-elle être GEMPLUS à ce point ?
Pour comprendre, il faut revenir à ce que contiennent les cartes à puce.
A l'intérieur de chaque carte SIM, il existe une clé cryptographique secrète.
Connue uniquement de la carte et de l'opérateur.
Elle ne quitte jamais la puce.
Et grâce à cette clé, le réseau authentifie le téléphone
et génère les clés de chiffrement qui protègent vos communications.
Celui qui contrôle cette clé, plus tout entendre.
Et GEMPLUS dans ses laboratoires ultra sécurisés,
stockent toutes ces clés.
Des centaines de millions de clés.
En 2000, GEMPLUS équipe plus de 400 millions de cartes SIM.
Plus les cartes bancaires, plus les passeports électroniques qui commencent à arriver.
GEMPLUS détenait les clés du monde.
Et c'était une entreprise française.
Pour les États-Unis, c'était intolérable.
Les Américains ont toujours considéré que la cryptographie,
c'était un enjeu de sécurité nationale.
Pouvez pas accepter qu'une entreprise étrangère
contrôle l'accès aux communications mondiales.
GEMPLUS devait donc tomber.
Pour Mark Lassus, les conséquences vont être dévastatrices.
Parce qu'au moment de l'introduction en bourse de GEMPLUS,
TPG lui avait fait un prêt de 70 millions de dollars
pour qu'il achète des stock options.
Pour donner un bon signal aux investisseurs.
Sauf qu'avec la crise qu'a traversé l'entreprise,
les actions en question ne valent plus un rond.
Les actions que j'aime plus sont pas seulement baissées.
L'État français était intervenu pour me condamner.
C'est l'AMF, l'autorité marché financier,
prétendant que j'avais trafiqué les cours, etc.
C'est scandaleux, j'étais très mal défendu.
J'ai baissé les bras et en fait,
mes actions ont abandonné ne valaient plus rien.
Mais 16% dans GEMPLUS n'avaient plus aucune valeur.
Quand GEMPLUS demande à Mark Lassus de rembourser les 70 millions,
il est insolvable.
Ces biens sont saisis.
J'en pouvais plus.
Je me suis trouvé ruiné,
on m'a piqué mon bateau et quand ça commence,
donc ça s'est fini.
J'ai touché ma retraite que tard
et elle est imputée encore par l'État français.
Aujourd'hui, Mark Lassus vit modestement.
L'homme qui a créé la première licorne française est endetté, brisé.
Quand à GEMPLUS, l'entreprise est rachetée en 2006 par AXALTO,
un autre fabriquant de cartes.
De nouvelles ensembles s'appellent le GEMALTO.
En 2019, GEMALTO est racheté par TALES,
le géant français de la défense.
GEMPLUS redevient française,
mais trop tard, le mal est déjà fait.
Les américains ont eu 4 ans, de 2002 à 2006,
pour siphonner tout ce qu'ils voulaient.
Les technologies, les clés, les brevets,
c'était l'objectif depuis le début.
10 ans plus tard, en 2013,
un homme va confirmer les pires soupçons.
Édouard Snowden, analyste de la NSA,
réfait le monde l'ampleur de la surveillance américaine.
Des millions de documents classifiés.
Parmi ces documents,
il y a une présentation de la NSA
qui révèle que l'agence a piraté GEMALTO,
le successeur de GEMPLUS.
Aujourd'hui encore,
Il y a des cartes de signe.
Il y a des cartes de signe.
Et Obama a gêné, mais ça continue.
Et Snowden le dit.
Donc, il faut ce qu'il vaut.
La CIA, la NSA, etc.
Il faut ce qu'il vaut.
Marc Lassus, lui, n'a plus de doute.
On ne montre pas une opération de cet ampleur
avec autant de coordination, autant de surveillance,
autant de moyens, juste par hasard.
C'était planifié, orchestré, du début à la fin.
Ce qui est certain, c'est que c'était pas une première.
Dans les années 90, il y a eu d'autres cas similaires.
Des entreprises européennes de cryptographie
qui se sont faits infiltrer, racheter, saboter.
GEMPLUS, c'est juste l'opération la plus aboutie.
Les États-Unis, qui avaient pris du retard
dans les années 90, ont rattrapé.
Bill Clinton inaugure la première carte bancaire
à Pus américaine en 2003,
juste après l'arrivée d'Alex Mandel chez GEMPLUS.
Nous, on croyait encore au libre-échange,
à la loyauté entre alliés.
Mais pendant ce temps, les Américains
protégeaient leurs intérêts par tous les moyens,
y compris le renseignement offensif.
Alors après tout, c'était il y a 25 ans.
Mais qu'est-ce qui a vraiment changé ?
L'affaire GEMPLUS est devenu un cas d'école,
un symbole de la naïveté européenne
face à la guerre économique
que se livrent les grandes puissances.
Aujourd'hui, il est impensable qu'on continue
à se faire vendre la sorte, n'est-ce pas ?
N'est-ce pas ?
Et là, on est en droit de se poser quelques questions.
Si la France a longtemps été une nation indépendante
sur tous les secteurs stratégiques,
qu'en est-il maintenant ?
Qu'en sera-t-il à l'avenir ?
Que se passera-t-il le jour où les États-Unis
décideront que nous ne sommes plus leurs amis ?
Que se passera-t-il le jour où ils estiment
qu'on n'a plus besoin des turbines qui alimentent nos saumas ?
Que se passera-t-il s'ils décident que nous n'avons plus besoin
d'entretenir nos centrales nucléaires ?
Le prochain GEM+, existe peut-être déjà
et développe de liens génératives,
des composants quantiques
ou des puces de nouvelles générations.
Il a des bureaux à Paris,
des investisseurs à San Francisco
et personne ne pose de questions.
Enfin, personne,
sauvons.
...
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Salut, c'est Agate Le Carron du podcast
X, X comme extraordinaire,
sélectionné par Acastre Command.
Dans X, je vous fais entendre des histoires d'amour
qui dépassent tout,
des rencontres qui bouleversent,
des ruptures qui réveillent,
des émotions qui restent longtemps après l'épisode.
Ce sont des récits qui remuent,
qui font sourire, qui serrent le cœur,
et qui prouvent que rien n'est jamais figé
en fait dans une vie.
Alors si vous aimez les histoires vraies,
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