Qui sont les deux seules personnes à avoir refusé un prix Nobel ?

Durée: 2m21s

Date de sortie: 04/12/2025

Dans toute l’histoire du prix Nobel, deux hommes seulement ont pris la décision — libre, assumée, publique — de refuser l’une des distinctions les plus prestigieuses au monde : Jean-Paul Sartre en 1964 et Lê Duc Tho en 1973. Deux refus très différents, mais qui disent chacun quelque chose d’essentiel sur leur époque et sur leurs convictions.


Le premier à franchir ce pas radical est Jean-Paul Sartre, philosophe et écrivain français, figure majeure de l’existentialisme. En 1964, l’Académie suédoise lui décerne le prix Nobel de littérature pour l’ensemble de son œuvre. La réaction de Sartre est immédiate : il refuse le prix. Non par modestie, mais par principe. Sartre a toujours refusé les distinctions officielles, estimant que l’écrivain doit rester libre, non récupéré par le pouvoir, les institutions ou la notoriété. Pour lui, accepter un prix comme le Nobel reviendrait à « devenir une institution », ce qui contredisait son engagement politique et intellectuel.


Il avait d’ailleurs prévenu l’Académie, avant même l’annonce, qu’il ne souhaitait pas être nommé. Cela ne change rien : il est proclamé lauréat malgré lui. Sartre refuse alors publiquement, dans un geste retentissant. Ce refus est souvent perçu comme l’expression ultime d’une cohérence : l’écrivain engagé qui refuse d’être couronné. Ce geste, unique dans l’histoire de la littérature, marque durablement la réputation du philosophe, admiré ou critiqué pour son intransigeance.


Neuf ans plus tard, c’est au tour de Lê Duc Tho, dirigeant vietnamien et négociateur lors des Accords de Paris, de refuser le prix Nobel de la paix. Le prix lui est attribué conjointement avec l’Américain Henry Kissinger pour les négociations qui auraient dû mettre fin à la guerre du Vietnam. Mais pour Lê Duc Tho, il n’y a pas de paix à célébrer. Les hostilités se poursuivent, les bombardements aussi. Refuser le Nobel devient alors un acte politique : il déclare ne pouvoir accepter un prix de la paix tant que la paix n’est pas réellement obtenue.


Contrairement à Sartre, son refus n’est pas motivé par un principe personnel, mais par une analyse de la situation géopolitique. Son geste est moins philosophique que stratégique, mais tout aussi historique. Il reste le seul lauréat de la paix à avoir décliné le prix.


Ces deux refus, rares et spectaculaires, rappellent que le prix Nobel, pourtant considéré comme l’une des plus hautes distinctions humaines, peut devenir un terrain d’expression politique ou morale. Sartre par conviction, Lê Duc Tho par cohérence historique : deux gestes, deux époques, deux refus qui ont marqué l’histoire du prix.



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qui sont les deux seuls personnes à avoir refusé un prix Nobel.
Alors d'abord oui, dans toute l'histoire des prix Nobel, il y a uniquement deux personnes qui ont pris cette décision.
En tout cas de façon libre, assumée et publique.
Celle de refuser l'une des distinctions les plus prestigieuses au monde.
Qui sont-ils ?
Le premier fut Jean-Paul Sartre en 1964,
et le second, le Ducto en 1973.
Deux refus, vous allez voir, qui sont très différents.
Commençons par Jean-Paul Sartre.
Vous le savez, bien sûr, un philosophe et un écrivain français figure majeur de l'existentialisme.
D'ailleurs si vous voulez en savoir plus sur Jean-Paul Sartre, j'ai publié un épisode dédié, cet homme, sur le podcast La Base.
En 1964, l'académie suédoise des Nobles
lui desserne le prix Nobel de littérature pour l'ensemble de son œuvre.
Et la réaction de Sartre est immédiate, il refuse le prix.
Non par modestie, mais par principe.
Sartre a toujours refusé les distinctions officielles.
Il estime qu'un écrivain doit rester libre, non récupéré par le pouvoir.
Les institutions, même la notoriété.
Or pour lui, accepter un prix comme le Nobel reviendrait à devenir une institution.
Ce qui contredirait son engagement politique et intellectuel.
Attention, il avait prévenu l'académie avant même l'annonce.
Mais cela n'a rien changé.
Il est quand même proclamé l'Orea malgré lui.
Il refuse ce prix publiquement dans un geste retentissant.
Ensuite, nevant plus tard, c'est au tour de Le Ducto.
Un dirigeant vietnamien et négociateur lors des accords de Paris.
Il va refuser le prix Nobel de la Paix.
Ce prix est attribué conjointement avec l'Américain Enrique Singer.
Pour les négociations qui auraient dû mettre fin à la guerre du Vietnam.
Mais il n'y a pas de paix à célébrer.
Les hostilités se poursuivent et les bombardements aussi.
Alors refuser le Nobel devient un acte politique.
Il dit ne pouvoir accepter un prix de la Paix tant que la Paix n'est pas obtenue.
Donc vous le voyez, contrairement à Sartre,
son refus n'est pas motivé par un principe personnel.
Mais par une analyse froide de la situation géopolitique.
Son geste est donc moins philosophique que stratégique.
Mais tout aussi historique.
Il reste encore à ce jour le seul l'Orea de la Paix à avoir décliné le prix.

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