Les aventuriers du grand froid : l'expédition d'Ernest Shackleton.

Durée: 13m38s

Date de sortie: 23/06/2019

durée : 00:13:38 - Les Odyssées - Une expédition navale aux milles rebondissements et à la fin joyeuse : écoutez le podcast de la folle aventure d’Ernest Shackleton et de son équipage à la découverte de l’Antarctique.

Voici l'histoire d'une folle expédition.
L'histoire d'un explorateur qui n'a jamais réussi à aller au bout de son voyage.
Mais doit-on pour autant le juger ?
Est-ce que tu aurais pu, toi, comme lui, survivre plusieurs années au milieu des glaces ?
Cet homme a tenté l'impossible et il a échoué.
Pourtant, c'était l'un des plus grands et des plus courageux explorateurs de son temps.
A toi maintenant d'écouter ses aventures.
Quoi que tu en penses, souviens-toi d'être clément.
Car dans ces territoires perdus où il a osé s'aventurer,
nombreux sont ceux qui ont perdu la tête.
D'ailleurs, est-ce que tu es bien certain de vouloir embarquer avec moi ?
Si oui, n'oublie pas de prendre une bonne paire de moufles.
Crois-moi, tu en auras très certainement besoin.
Dans certains livres très anciens,
les géographes parlent d'une terre blanche et glacée,
situées tout au sud de notre monde.
Ce territoire s'appelle l'Antarctique.
Si le figure aujourd'hui, sur les cartes de tes manuels d'histoire géographie,
c'est grâce au courage et à l'obstination de certains hommes intrépides.
Lord Shackleton est l'un d'eux.
En 1914, il a essayé de traverser l'Antarctique d'un bout à l'autre,
en passant par le pôle sud.
Personne avant lui, n'avait tenté cette aventure.
L'analyse de Shackleton
Ernest Shackleton est irlandais.
A l'école, à part les cours de poésie qu'il adore,
il s'ennuie ferme.
Alors, à l'âge de 16 ans, il décide de tout quitter pour embarquer sur un bateau.
Je ne sais pas si tu as remarqué, mais ça commence souvent comme ça,
la vie des grands explorateurs.
En 1914, il peut enfin réaliser son rêve,
traverser l'immense continent Antarctique.
Pour cela, il a un bateau, du beau matériel et un super équipage,
27 hommes,
parmi lesquels des marins, des scientifiques,
en pompiers,
un artiste,
un chirurgien,
un photograph,
et pour faire mijoter et de délicieux soupchaudes,
un cuisinier.
A cet équipage de chocs,
il faut ajouter 69 chiens,
qui arrivent tout droit du Canada.
Ils seront d'indispensables alliés dans l'aventure.
D'abord, ils peuvent tirer des poids très lourds,
ensuite, ils ne craignent pas le froid.
Enfin, ils sont capables de parcourir 30 km,
en une seule journée.
Autant dire que ce genre d'expédition,
franchement, ça leur fait pas peur.
Pas vrai les chiens ?
Le bateau s'appelle l'endurance,
et tu vas voir qu'il porte bien son nom.
C'est un 3-mah particulièrement robuste.
La coque a été renforcée,
et à l'avant, la proupe brisée des couches de glace,
extrêmement dures.
L'ordre Sackleton et son équipage
s'apprêtent à parcourir 2900 km.
Le voyage sera long et périlleux.
Le froid,
la glace,
la nuit,
sans compter les manchots,
qui ne sont pas toujours gentils.
Ils vont au-devant de bien des dangers.
Sont-ils fous,
ou peut-être seulement inconscients ?
Et surtout, vont-ils y arriver ?
L'endurance
L'endurance quitte les côtes anglaises
le 8 août 1914.
L'expédition marque une première étape
sur l'île de Géorgie du Sud
pour terminer les derniers préparatifs.
Tu sais, il faut beaucoup de choses
pour mener une si grande expédition.
Des provisions, bien sûr,
mais également énormément de matériel de pointe,
comme des traîneaux,
des skis,
des chaînes,
une ancre à glace,
des pioches,
des piques,
et de gigantesques ciseaux
pour attaquer la banquise.
Le 5 décembre 1914,
tout est enfin prêt.
Lord Shackleton donne l'ordre
de mettre le cap vers l'Antarctique.
Comme les saisons sont inversées
dans l'hémisphère Sud,
c'est le début de l'été.
Le paysage a beaucoup changé
depuis qu'ils ont quitté les côtes anglaises.
L'eau est tante au vert,
tante au bleu,
tante au gris.
Une brume épaisse vient parfois
leur rendre visite
et il neige régulièrement
à gros flocons.
Shackleton adore s'installer
dans le nitpis.
C'est le petit panier
tout en haut du grand-mât.
Là, il a assez de hauteur
pour voir à des kilomètres
à la ronde,
même sans ses jumelles.
Et parfois,
lorsqu'il aperçoit un goéland,
il lui récite l'un de ses pires

poèmes préférés,
juste pour lui faire plaisir.
Chez hommes trouvent un peu fantasques,
c'est vrai, mais
c'est un excellent chef d'expédition,
alors il l'apprécie.
Tous l'appellent le boss.
Sur la route,
l'endurance croise de nombreux animaux,
plusieurs sortes de baleines,
des focs,
des manchots,
des éléphants de maire
et même,
quelques albatrons.
Plus ils s'approchent de l'Antarctique,
plus ils peuvent sentir l'odeur de la glace.
Très vite,
ils croissent des icebergs.
Chacaldone est très surpris.
Il ne pensait pas en rencontrer si tôt.
Le 11 décembre,
ils entrent dans le pack.
Autant que tu le saches tout de suite,
le pack, c'est très dangereux.
C'est comme un immense puzzle de glace,
donné pièces sont séparées
par de très étroits couloirs d'eau
dans lesquels il faut essayer de se faux filer.
L'endurance a beaucoup de mal à avancer.
Pas facile de se frayer un chemin
à travers ces grandes plaques gelées.
Et plus ils avancent,
plus la glace est compacte,
dure et épaisse.
Le 31 décembre,
à 11h du soir,
ils dépassent le cercle polaire sud.
Cette nuit-là,
le soleil ne se couche pas.
Ils ont déjà parcouru plus de 1000 km
lorsque,
catastrophe,
l'endurance est fait prisonnier par la banquise,
impossible d'avancer,
impossible de reculer,
encerclé de tout côté par la glace,
l'équipage est pris au piège.
Chacalton donne l'ordre de stopper le navire.
Quand la nature est trop hostile,
il faut savoir arrêter de lutter,
surtout quand on n'a pas le choix.
Et là,
très honnêtement,
il n'y a plus rien d'autre à faire
qu'attendre.
Attendre.
Attendre que la température augmente,
attendre que la glace commence à fondre.
Vu le thermomètre qui affiche
dans les moins 50 degrés,
pour l'instant,
c'est plutôt mal parti.
Combien de temps vont-ils rester coincés
au milieu de ce gigantesque labyrinthe gelé ?
Le secret pour chasser les idées noires
c'est de bien occuper ces journées.
Chaque membre de l'équipage trouve une activité.
Les scientifiques observent la glace
et prennent des mesures,
les marins pêchent, chassent et entraînent les chiens
à tirer les traîneaux.
Ils jouent aussi souvent au football,
ou au caisse.
Le soir, on sort les banjos, on chante,
bref, on fait un peu la fête.
Le moral est bon,
mais les conditions climatiques ne s'améliorent pas.
C'est même le contraire.
Un blizzard terrible se met à souffler
sur la banquise.
Et il y a plus un quétin.
La glace continue de s'épécir.
Elle exerce une forte pression
sur la coque de l'endurance.
Les plaques de classe bouge
y poussent tellement fort les unes
contre les autres
qu'elles finissent par soulever le navire.
La coque se fissure,
le bois craque.
Ça fait des bruits,
vraiment très bizarres.
Le 27 octobre,
l'endurance est entièrement broyée
par la glace.
Il coule un mois plus tard,
le 21 novembre 1915.
Sans bateau,
perdu au milieu de nulle part,
Chacalton et ses hommes
se sentent vraiment seuls au monde.
Plus question désormais
de traverser l'Antarctique.
Il faut survivre
et rentrer tous,
sains et saufs.
Les températures sont maintenant
plus douces, mais
c'est là un autre danger.
La banquise est plus fine
et menace de se rompre
à tout instant.
Il faut partir, et vite.
Le 23 décembre,
l'équipage commence une longue
marche qui va durer plusieurs
jours.
Les hommes allaient chiantir les
traîneaux
et trois canaux de sauvetage
qui sont très lourds.
C'est franchement épuisant.
Heureusement, Chacalton a un plan.
Rejoindre en canaux la terre
ferme la plus proche,
l'élément de l'éléphant
situé à 300 km.
La traversée est difficile.
Les vagues sont violentes.
Il faut ramener durs
pour éviter les orques
et les gros blocs de glace.
Sans compter qu'il fait très froid
à bord,
dans les mois 25 degrés.
Les doigts des marins
commencent à geler.
Pour se donner du courage,
ils font chacun dans leur tête
la liste de leurs plats préférés
et ils s'éteignent
pour se tenir chaud.
Arrivé sur l'île de l'éléphant,
Chacalton compte l'équipage.
25, 26, 27.
Tout le monde est là.
Mais les pauvres ne sont pas
à bout de leur peine.
Aucun bateau ne passe jamais
dans les parages.
Personne n'est là
pour leur porter secours.
Chacalton refuse encore
une fois de céder aux désespoirs.
Tant pis, il ira plus loin
pour trouver de l'aide.
Sa nouvelle idée géniale,
rejoindre l'île de Géorgie du Sud
à 1400 km.
Autant dire que ce n'est pas
une mince affaire.
D'abord, c'est très loin.
En plus, il faut traverser
l'effroyable passage de Drake,
l'un des océans les plus dangereux
du monde.
Entre les vagues géantes,
de 10 mètres de haut
et les courants marins
extrêmement puissants,
c'est un véritable
cauchemar pour les navigateurs.
Mais,
ont-ils vraiment le choix ?
Chacalton embarque avec 5 hommes.
Le reste de l'équipage est trop
faible et doit rester sur place.
Les éléments sont déchaînés.
Ils essuient tant pète sur tant pète
et sont même pris dans un ouragan.
Enfin,
au bout du 16e jour,
presque mort de soif,
ils arrivent à destination.
L'île de Géorgie du Sud.
Mais,
problème.
Ils ont accosté du mauvais côté.
Il n'y a personne sur cette rive.
Pour trouver de l'aide,
ils doivent encore traverser l'île
à pied,
gravir ses montagnes
et franchir ses glaciers.
Sans carte
et sans matériel d'escalade,
Chacalton s'apprête une nouvelle fois
à l'impossible.
Et une nouvelle fois,
il réussit.
Le samedi 20 mai 1916,
vers 3h de l'après-midi,
ils arrivent dans la petite station
balénière de Stromnes.
Épuisée et frigorifiée,
Chacalton regarde ses camarades.
Des larmes coulent sur leurs jours.
C'est tellement étrange.
Après toutes ces aventures,
ils sont enfin,
sauvés.
Pas le temps de se reposer,
il faut maintenant porter ce cours
au reste de l'équipage.
C'est un peu compliqué,
mais ils arrivent à trouver un bateau.
Le 30 août 1916,
2 ans après leur départ de l'Angleterre,
sur l'île de l'éléphant,
au large de l'Antarctique,
quelques marins au bout de leurs forces
voient en avire s'approcher d'eux.
Ils n'en croient pas leurs yeux.
C'est leur capitaine,
l'Ordre Chacalton,
qui vient leur porter ce cours.
L'expédition de l'endurance
achève enfin.
Chacalton, c'est vrai,
n'a jamais réussi
à aller au bout de son voyage,
mais il a ramené tous ses hommes.
Bien des années plus tard,
Chacalton se promène
dans les rues de Londres.
Comme il a 5 minutes
entre deux rendez-vous,
il entre dans un pub
pour boire un petit whisky.
Alors qu'il passe sa commande,
il ne peut s'empêcher
de la buse,
sans Ice Cube, s'il vous plaît.
Après cette folle expédition,
tu dois sûrement te demander
mais pourquoi les manchots
ne sont-ils pas toujours gentils ?
En fait, ils ne sont pas méchants non plus.
Dans l'ensemble,
ils sont même assez sympas.
Mais il ne faut pas leur chercher de noises.
Avec leur long bec pointu,
ils peuvent menacer,
attaquer et blesser leur adversaire.
Personnellement,
je ne me suis jamais faite attaquer
par un manchot.
Mais je suis sûre
qu'ils peuvent faire très mal.
Un conseil,
si tu en croises,
ne prends jamais le risque
de les provoquer.
Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org

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