Le bruit de pas sur le parquet, l'odeur du café qui se prépare, cette lumière particulière
qui traverse votre salon, il existe mille façons de se sentir bien chez soi.
Je suis au Roor et dans Home Beauty, conversation sur nos intérieurs, nous allons explorer
ensemble ce qui transforme quatre murs en véritable refuge.
Avec moi aujourd'hui, l'architecte d'intérieur et designer, Édouard Gaugard.
Avec Édouard, nous allons plonger au cœur de son métier, mais aussi de vos maisons pour vous donner
les clés d'un chez soi qui fonctionne vraiment. Parce que bien vivre chez soi, ça s'apprend et
c'est beaucoup plus facile quand on est bien accompagné.
Bonjour Édouard. Bonjour.
Est-ce que pour commencer cet épisode du podcast, vous pouvez vous présenter s'il vous plaît ?
Oui, alors j'ai 36 ans, je suis mariée, j'ai deux enfants, je suis installée à Nantes depuis 6 ans.
J'habitais avant à Paris, j'ai commencé mon activité en tant qu'indépendant en 2013,
à la suite de mes études d'architecture d'intérieur et design, avec un parcours plutôt classique,
une année préparatoire en a répliqué, et après 5 ans d'architecture d'intérieur et design à Paris.
Et alors est-ce que vous pouvez nous expliquer la différence entre un architecte classique, je dirais,
et un architecte d'intérieur ?
L'architecte, il va travailler sur l'enveloppe, sur une forme plus globale,
et l'architecte d'intérieur va travailler sur l'intérieur, sur le contenu.
Il va avoir une réflexion un peu plus intimiste, un peu plus précise,
notamment sur la circulation, sur les jeux de lumière, de matière, d'espace, de volume.
Donc on peut dire un peu que l'architecte va travailler sur le contenant
et l'architecte d'intérieur sur le contenu.
Et vous parlez de circulation, c'est une notion, un concept important pour vous, vous pouvez nous l'expliquer ?
Ouais, on appelle la circulation, c'est le déplacement des personnes dans un habitat.
On peut parler de circulation verticale, donc entre des niveaux,
une circulation horizontale sur un mĂŞme plateau, un mĂŞme niveau.
En architecture, on essaie d'avoir un parcours,
donc on essaie pas d'aller d'un point Ă un point B.
On veut créer des émotions, on veut essayer de créer un espace sensoriel.
C'est pour ça qu'on travaille sur la circulation pour essayer de s'indé,
mais aussi à apporter quelque chose de différent et d'intime entre ymer sur la circulation, sur les volumes intérieurs.
Et on a bien compris la différence entre architecte d'intérieur,
vous avez aussi la casquette designer, en quoi ce sont des notions qui se complètent ?
Elles se complètent parce qu'on va d'abord travailler sur l'enveloppe,
après sur l'intérieur, et puis le designer va venir travailler tout autour de l'architecture d'intérieur,
il va essayer d'avoir une approche plus ergonomique sur le déplacement de la personne, sur l'assis, sur le confort.
Mais en fait, ces trois étapes d'architecte, d'architecte d'intérieur et design,
sont liées puisqu'il y a une mise en valeur à chaque fois du métier de l'autre.
Donc on va dire que c'est la fin, l'architecte sera un peu d'intérieur, il va être au milieu,
et puis le designer va finir un petit peu le coup de crayon d'un espace.
Et qu'est-ce qui vous a donné vous envie de devenir architecte d'intérieur et designer ?
C'est la relation plus intimiste.
On vient vraiment se similer dans la vie de nos clients,
parce qu'on analyse un petit peu leur besoin, leur façon de vivre.
Donc on est vraiment dans l'intime, plus que dans l'architecture,
où il y a un côté un peu plus trop egoiste.
Plus egoiste, vous pouvez nous expliquer ?
L'architecte, il va d'abord penser Ă une forme globale,
donc il va se faire plaisir sur une forme assez pure ou avec des ornements un peu plus compliqués.
L'architecte d'intérêt, ça revient un peu à la notion de circulation,
il va avant tout que le projet...
Il va mettre l'habitant au coeur du projet, au coeur de son travail.
Si on revient justement un peu sur cet habitant, ce client, designer, architecte d'intérieur, même architecte,
ce sont des métiers qui peuvent paraître loin, parfois élitistes, qu'est-ce que vous en pensez ?
Il faut casser ces idées reçues, faire appel à nos compétences,
c'est avoir un regard professionnel, c'est leur faire bénéficier de relations privilégiées avec nos artisans.
C'est aussi une approche budgétaire, parce qu'on est là pour rentrer dans un budget prédéfinie en amont,
puis on essaye aussi d'apporter quelque chose de différent, on fait appel à un architecte d'intérieur ou un designer,
pour ne pas avoir l'intérieur de notre voisin, donc on va essayer de...
de, par des matériaux, par des innovations, dessiner un intérieur qui nous ressemble, qui ressemble au client.
Alors ce sont des métiers accessibles à tous, on l'a compris, si on va plus en détail, vous, dans votre métier.
Par quoi vous commencez un projet de rénovation ou un projet de construction ? Comment ça se passe ? Quelle est la méthode ?
On commence toujours par l'analyse du bâti existant.
Donc on va faire une analyse sur les contraintes fonctionnelles, structurelles.
On va aussi regarder comment rentre la lumière, on va analyser la circulation verticale, horizontale.
Une fois qu'on a posé, entre guillemets, une analyse assez approfondie, on va s'orienter vers le client qu'on appelle le maître d'ouvrage, dans notre jargon.
On va lui demander un listing de ses souhaits, ce qu'on appelle le programme, qui va détailler ce qui ne va pas, ce qu'il faut améliorer, sa façon de vivre.
Est-ce qu'il a besoin de une chambre, plusieurs chambres ? Maintenant on parle de télétravail, donc est-ce qu'il y a un espace à penser au sein de l'habitation ?
Est-ce qu'ils aiment une cuisine ouverte fermée ? Voilà , tout ça, c'est hyper important, ça va nous permettre à la fois de...
de savoir si tout peut rentrer dans le projet, et à la fois ça nous permet aussi d'aborder la partie budgétaire,
parce que rajouter des pièces, rajouter de la fonctionnalité, c'est un coup.
Donc on essaye de les orienter dès le début pour ne pas partir dans tous les sens.
Et pour vous, qu'est-ce qui fait à la fin que c'est un projet qui est réussi, que c'est une réussite ?
Alors il y a deux choses, il y a la partie du client, un client satisfait, c'est un projet réussi, ça c'est indispensable.
Nous on ne va pas vivre dans cet habitat, donc il faut qu'il se sente bien, il faut que ça soit un lieu pour moi intemporel avec une petite touche de personnel.
Ça je pense que c'est quelque chose qui peut rester dans le temps, donc ça c'est un projet réussi.
Et puis on parle de fonctionnalité, si le projet est réussi dans sa circulation, dans son approche du mouvement, du déplacement,
c'est réussi la partie décorative, pour moi les subjectives, c'est un peu comme là , chacun ses goûts et ses couleurs.
On peut essayer d'orienter mais souvent on est rattrapé par une mauvaise petite touche entre guillemets d'un client.
Il faut avant tout que le logement soit fonctionnel, pratique.
Ça c'est indispensable.
Quels sont les demandes qui reviennent le plus souvent chez vos clients ?
Ce qui est rien souvent, c'est un habitat lumineux, c'est des volumes plus épurés.
On a aussi une sensibilisation sur les correspondabilités.
Aujourd'hui on utilise des matériaux biosourcés par des l'isolant, en chanvre, en l'un.
C'est vraiment une demande qui est forte puisque on a un confort en été comme en hiver
et avec le réchauffement climatique ça c'est assez important et on le prend de plus en plus en considération.
C'est aussi un moyen d'avoir un intérieur propre entre guillemets parce qu'on utilise des matériaux de proximité.
On est sensible au bilan carbone de nos échanges de nos matériaux, de notre approvisionnement.
C'est un habitat durable et agréable.
Tout Ă fait.
Vous parliez de lumière.
Est-ce que vous avez des petites trucs, des petites astuces à nous donner si on veut plus de lumière dans notre chez nous ?
Il y a les effets de matière.
On peut utiliser des matériaux brillants, la pierre, la céramique poly qui veut venir refléter la lumière.
Le miroir, si on met un miroir face à une fenêtre ou à côté, ça va agrandir la pièce.
On peut travailler sur des teintes plus douces type pastel qui va atténuer un petit peu le contraste dans une pièce.
Il y a plein de choses.
On peut aussi travailler de façon monochrome.
Ce qui va intensifier le volume.
C'est-à -dire travailler de manière monochrome ?
Avec une seule teinte.
Partout ?
Partout.
Sur tous les murs ?
Sur le fer des espèces de boîtes.
Ça, c'est intensifié.
Ça permet aussi de mettre en avant un objet, de mettre en avant un mobilier.
Si on s'arrête un instant sur votre chez vous, votre coco à vous, est-ce qu'il y a une pièce particulière,
dans laquelle vous avez l'impression que vous avez mis toutes les bonnes pratiques que vous conseillez Ă vos clients ?
Les bonnes pratiques, je ne sais pas.
Mais en tout cas, je dirais mon bureau.
C'est l'espace oĂą je passe le plus de temps.
C'est vraiment mon coco.
C'est une pièce qui est baignée de lumière.
J'ai une grande ouverture vers l'extérieur.
Une verrière en phase de mon bureau.
À côté, j'ai tout un panne-mure avec une bibliothèque sur mesure, où j'ai tout ma matériothèque, des livres d'art.
Donc dès que je cherche l'inspiration, ça me donne envie de reprendre un crayon et de dessiner.
Et puis, il y a un mélange de style.
J'ai un meuble type Napoléon III, boule, qui est assez marqué en marquetterie.
J'ai une radio vinile des années 70, donc je me sens bien dans ce mélange des genres.
On va déplacer le curseur après la pièce.
Quel est l'objet ? C'est notre dernière question fétiche dans ce podcast.
Quel est votre objet préféré chez vous ?
Il y en a plusieurs, mais je dirais une chaise.
J'ai une chaise diamonne du designer et sculpteur à Ribertuia des années 50.
Vous parlez des spécialistes ?
C'est une chaise qui est en tige de fer, soudée, qui ressemble à un loge-zange, qui est une ergonomie folle.
On s'assoit, on n'a pas de coussin, il n'y a rien, la matière est brute.
Et on se sent hyper bien.
J'adore, il passait du temps, après une bonne journée de boulot au coin du feu.
Et en bouquine, dans ces cas-là , on en précise ?
On boulot, en bouquine, on médite, on discute de sa journée, en tout cas on est bien.
On passe un bon moment comme ici.
Tout Ă fait.
Merci beaucoup Edouard.
Merci, Edouard.
Et voilĂ , peut-ĂŞtre qu'Edouard vient de vous donner l'envie de repenser votre chez vous.
Lumière, circulation, fonctionnalité, vous avez désormais les clés pour analyser votre intérieur.
Vous écoutez Home Beauty, conversations sur nos intérieurs.
Je suis Aurora et j'ai hâte de vous retrouver pour un troisième épisode qui s'annonce très gourmand.
Ă€ bientĂ´t.