Pourquoi parle-t-on de “bouc-émissaire” ?

Durée: 2m31s

Date de sortie: 14/11/2025

L’expression « bouc émissaire » a une origine à la fois biblique, religieuse et symbolique, remontant à plus de trois mille ans. Aujourd’hui, elle désigne une personne injustement accusée et punie à la place des véritables responsables — mais son sens premier était beaucoup plus concret et rituel.


Tout commence dans l’Ancien Testament, dans le Livre du Lévitique (chapitre 16), texte fondamental de la tradition juive. À l’époque, les Hébreux célébraient chaque année le Yom Kippour, le grand jour de l’expiation. Ce jour-là, le grand prêtre d’Israël accomplissait un rituel destiné à purifier le peuple de ses fautes. Deux boucs étaient choisis : l’un était sacrifié à Dieu, l’autre devenait le bouc émissaire. Le prêtre posait symboliquement les mains sur sa tête et transférait sur lui les péchés de toute la communauté. Puis l’animal, chargé de ces fautes, était chassé dans le désert, vers un lieu inhabité appelé « Azazel ». Il emportait ainsi les péchés du peuple loin du camp.


Ce rite très ancien visait à purifier la collectivité en rejetant symboliquement le mal hors d’elle. L’expression hébraïque originelle, ‘azazel, a longtemps prêté à confusion : on ne savait pas s’il s’agissait d’un lieu, d’un démon du désert ou du nom donné au bouc lui-même. Les premières traductions de la Bible en grec, puis en latin, ont choisi de rendre le terme par « bouc pour l’éloignement » (caper emissarius), d’où vient notre expression française « bouc émissaire ».


Au fil des siècles, la dimension religieuse a disparu, mais l’image est restée puissante. Le bouc émissaire est devenu une métaphore sociale et psychologique. Dans toute société, lorsqu’un groupe traverse une crise — guerre, famine, épidémie, échec politique — il cherche souvent un responsable unique, un individu ou une minorité sur qui reporter la faute collective. C’est ce mécanisme que le philosophe et anthropologue René Girard a théorisé au XXe siècle : selon lui, les sociétés humaines maintiennent leur cohésion en désignant une victime expiatoire, qu’on exclut ou qu’on sacrifie pour apaiser les tensions internes.


Ainsi, le « bouc émissaire » d’aujourd’hui — qu’il soit un collègue, un groupe social ou un peuple — n’est que l’héritier moderne du rituel antique : une manière de se débarrasser du mal ou du conflit en le projetant sur un autre. L’expression rappelle à quel point le besoin de désigner un coupable est ancré dans nos mécanismes les plus anciens de survie et de cohésion collective.


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Pourquoi parle-t-on de bouc émissaire ?
Alors cette formule qui, de prime abord comme ça, parait assez étrange,
a une origine qui remonte à plus de 3 millions.
Dans son sens qu'elle est-il d'abord, eh bien elle désigne
une personne injustement accusée et punie même à la place des véritables responsables.
Mais d'où vient-elle ?
Bien tout commence dans l'Ancien Testament,
plus exactement dans le livre du Lévitique.
C'est un texte fondamental de la tradition juive.
A l'époque, le peuple hébreu célébrait chaque année le Yom Kippur.
Le grand jour de l'expiation.
Et ce jour-là, le grand prêtre d'Israël accomplissait un rituel
destiné à purifier le peuple de ses fautes.
Lors de celui-ci, deux boucs étaient choisis.
L'un était sacrifié à Dieu et l'autre devenait le bouc émissaire.
Le prêtre posait symboliquement les mains sur sa tête
et transférait sur lui les péchés de toute la communauté.
Puis l'animal chargé de ses fautes était chassé dans le désert
vers un lieu inhabité appelé Azazel.
Il emportait donc avec lui les péchés du peuple loin du camp.
Vous le voyez, c'est un rite très ancien qui visait à purifier la collectivité,
en rejetant symboliquement le mal hors d'elle.
L'expression hébreu et originelle Azazel a longtemps prêté à confusion.
On ne savait pas s'il s'agissait d'un lieu, d'un démon du désert
ou du nom donné au bouc lui-même.
Mais les premières traductions de la Bible en grec,
plus en latin, ont choisi de rendre le terme par bouc pour l'éloignement.
En latin, capèr émissarius.
Et c'est de là que vient notre expression française bouc émissaire, capèr émissarius.
Ensuite, au fil des siècles, la dimension religieuse a disparu.
Mais l'image est restée puissante.
Le bouc émissaire est devenu une métaphore sociale et psychologique.
Dans toute société, lorsqu'un groupe traverse une crise comme une guerre ou une famine,
il cherche souvent un responsable unique,
un individu ou une minorité sur qui reportait la faute collective.
C'est ce mécanisme que le philosophe et anthropologue René Girard a théorisé au XXe siècle.
Selon lui, les sociétés humaines maintiennent leur cohésion
en désignant une victime expiatoire qu'on exclut ou qu'on sacrifie
pour apaiser les tensions internes.
Ainsi, le bouc émissaire d'aujourd'hui, qu'il soit un collègue,
un groupe social ou un peuple, n'est que l'hérité moderne du rituel antique.
Une manière de se débarrasser du mal ou du conflit en le projettant sur un autre.

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