
Le grand voyage de Christophe Colomb : 1492, la découverte de l’Amérique (2e épisode)
Durée: 11m28s
Date de sortie: 23/06/2019
durée : 00:11:28 - Les Odyssées - Guillaume Meurice interprète Christophe Colomb dans ce podcast sur la découverte de l’Amérique, une aventure non dénuée d’embûches et de difficultés que le navigateur a su déjouer avec panache.
...
En bateau, quand on a quitté la terre ferme pour de bon
et qu'on arrive en haute mer, tout change.
...
Ce qu'on voit, l'air qu'on respire, la façon de manger,
de dormir, de se tenir debout, tout devient très différent.
...
Même le temps ne passe pas de la même façon.
...
C'est un peu comme basculer dans un tout nouveau monde
entièrement rempli de bleu.
...
Il y a la mer, il y a le ciel et rien d'autre.
Même pas de moite, même pas d'oiseau.
Seulement le bruit des cordes qui frottent contre le basse tinge.
Le roulis du navire qu'on entend au fond de la cale
est le murmur de la coque qui fait en l'eau.
...
Christophe Collomb est un navigateur hors-père.
Il a choisi le meilleur chemin pour faire son grand voyage.
Poussé par le vent à l'isée, ces trois navires, la nigne, la pinta
et la Santa Maria avancent à Bonnallure.
...
A bord, chaque emprunt s'est marque.
Comme lors de chaque traversée, les marins organisent leur vie en quart.
Cela veut dire qu'ils travaillent quatre heures
puis qu'ils se reposent quatre heures.
Tu conviendras que c'est rudement pratique.
Ainsi, il y a toujours quelqu'un sur le pont,
paré à manœuvrer.
Une fois tout est à jacquempli, c'est détente.
On joue aux cartes, on fait des parties de dé,
on pêche, on se raconte des histoires,
ou bien, on fait un peu de musique.
...
Entre eux, les marins utilisent de drôles de mots comme
bonnette, trinquette, sivadière, misaine et artimou.
Ce sont les noms de toutes les voies alcoolices hauts,
très hauts, pour prendre bien le vent.
...
De son côté, Christophe Colombe a du mal à tenir en place.
Sur le pont du matin en soir, il trépigne d'impatience,
il regarde devant, il regarde à droite, il regarde à gauche.
Une seule pensée l'habite.
...
...
Pour se repérer au milieu de l'océan,
il a emporté avec lui quelques précieux instruments de navigation.
Une boussole, pour savoir où se trouve le nord,
le sud, l'est et l'ouest.
Un portulon, c'est une carte pour repérer les côtes,
les routes maritimer les ports,
et un sablier, avec lequel il peut calculer la position des bateaux
en fonction de leur vitesse.
Tu ne sais peut-être pas, mais à l'époque,
il n'existe ni montre ni horloge.
...
En mer, le seul outil pour mesurer le temps, c'est donc le sablier.
...
Les semaines passent,
les semaines repassent,
et toujours aucune terre en vue.
L'équipage commence à s'inquiéter.
Au fond des cales, on compte les tonneaux.
L'eau potable bientôt viendra à manquer.
Et puis, très franchement, il commence à trouver le temps long.
Alors Christophe leur ment.
Oui, c'est vrai, tu as raison, ce n'est vraiment pas très honnête de sa part,
mais il trafique ses calculs, et il raconte parfois un peu n'importe quoi
sur les distances parcourues.
Mais là, il n'y avait pas du tout, vous rigolez, on n'a pas d'avancé.
N'empêche, les marins voient tout rouge, et ils doivent amadouer certaines fortes têtes.
Lorsque le soleil se couche, le vendredi 12 octobre, la nuit est claire,
et la mer est calme.
Vers les 2h du matin, une voie s'élève de la pinta.
Terre ! Terre en vue !
On tire un grand coup de canons.
Le lendemain, les hommes débarquent.
Pense Christophe Tuba.
Ils étaient dans mai, depuis 36 jours.
Les navires viennent d'acoster sur la petite île de Guannahani, dans les bas Hamas.
Cela, Christophe Collon l'ignore.
Il est persuadé d'être arrivé quelque part entre la Chine et le Japon.
Et oui, ces calculs étaient faux, et ils n'avaient surtout pas prévu l'existence d'une terre,
en fait, un continent entier, à l'Ouest, entre l'Europe et l'Asie.
Christophe est subjugé par la beauté des lieux.
L'île est tellement belle qu'on se croirait au paradis.
Les arbres sont immenses et de mille espèces différentes.
Certains, avec leur long branche de plus de 700 ans, peuvent toucher les étoiles.
Derrière les plages, il y a des prêts et des champs qui s'étendent à perte de vue.
Dans la forêt, ils découvrent tout un tas de nouveaux animaux
assez étonnants.
Pour la première fois, ils goûtent le maïs, la nana, le piment et le tabac.
Christophe prend possession de cette nouvelle terre au nom de la reine et du roi d'Espagne.
Il l'abattise Sainte Salvador, ce qui, quand on y pense, est plutôt culotté
étant donné qu'il y a déjà des habitants.
D'ailleurs, il fait très rapidement leur connaissance.
Sur ces terres paradisiaques, vivent les taïnos.
Les taïnos sont la peau matte et leur cheveux sont noirs.
Leur mode de vie est très différent de celui des nouveaux arrivants.
Ils ne portent pas de vêtements, mais ils se peignent le corps et le visage.
Ils vivent dans des huttes et dorment dans des hamac.
Ils nagent extrêmement bien et se déplacent en pirogues.
Les taïnos sont très accueillants avec cette drôle de Messieurs Barbus
qu'ils pensent tout droit venu du ciel.
Parce qu'ils se croient arriver aux Indes, Christophe les appelle les Indiens.
Christophe Cologne et ses hommes sont aux anges,
mais ils ne sont pas venus pour raison touristique.
Hélas, ils cherchent de l'or et ils en trouvent peu.
En plus, cette île a beau être splendide.
Ils ne le ressemblent pas du tout aux descriptions de Marco Polo
dans son livre des merveilles.
Où sont, par exemple, les palais aux toits d'or ?
Avec des gestes, les taïnos leur font comprendre
qu'ils trouveront le précieux métal et en grande quantité
dans les îles des environs.
Aussitôt dit, aussitôt fait, vite, ils remontent sur leurs bateaux,
l'expédition continue.
Et en effet, ils découvrent plusieurs îles que Christophe bâti
et ils se font comprendre qu'ils se sont mises chaque fois
d'un nouveau nom espagnol.
Santa Maria de la Conception, Fernandina, Isabella.
Lorsque le 28 octobre, ils accostent sur l'île de Cuba
dans les Caraïbes, ils pensent avoir trouvé le Japon.
Le 6 décembre, les navires débarquent sur l'île d'Aiti.
Christophe Cologne est sidéré.
C'est incroyable.
Certains paysages ressemblent à l'Espagne.
C'est tout trouvé, cet île s'appellera Hispagnola.
Un soir, alors qu'il a un peu le mal du pays,
il écrit dans son journal...
La terre plane d'Hispagnola me rappelle les belles campagnes espagnolas.
Les terres cultivées ressemblent aux chambres de bléa,
mais dans les campagnes de cordou.
Espagnola est une grande île.
La plus grande de celle qu'a découvert Christophe.
Et c'est une île qui a un chef, Guacanagari.
Quelques jours après l'arrivée des 3 navires,
il vient se présenter et saluer les Européens.
Sur le cou et les poignets,
il porte des colliers et des bracelets,
faits de coquillages, roses et jaunes.
Sur la tête, il s'est coiffé d'une épaisse couronne d'or,
sculptée en forme d'oiseau.
Tous, sans exception, sont impressionnés par son allure.
En plus, il leur donne de l'or.
La veille de Noël, Christophe et ses hommes avaient peut-être
un peu trop festoyé.
La Santa Maria heurt un rocher et s'échoue dans la lagune.
Avec les quelques planches qu'on réussit à sauver,
on construit une petite forteresse qu'on appelle navidad.
Cela veut dire Noël.
Puis, il vient le temps de retourner en Espagne.
Avec un bateau en moins, tout le monde ne peut pas rentrer.
39 hommes décident de rester sur place.
Ce sont les premiers colons.
Christophe reprend la mer le 4 janvier 1493.
Il promet qu'il sera de retour très vite.
10 semaines plus tard, il arrive en Espagne.
L'arène Isabelle et le roi Ferdinand le reçoivent comme un prince.
Il a ramené avec lui 6 indiens qu'il présente à toute la cour.
Sous les yeux ébaillis des nobles espagnols,
il sort de son sac quelques pierres précieuses,
des masques et des bisous en or.
Il fait goûter le tabac, la nanasse et le maïs.
Et au moment du dessert, il fait voler devant tout le monde
un animal étonnant au plus multicolore.
Tu as reconnu ?
Oui, c'est un perroquet.
Christophe Conon repartira 3 autre fois vers ses îles magiques
qu'il a découverte tout à l'ouest.
Tout sa vie, il reste persuadé d'être arrivé aux Indes.
Il ne saura jamais qu'il a posé le pied sur un nouveau continent.
D'autres explorateurs ont parcouru les océans à la même époque.
Jacques Cartier, Vasco de Gamma, Fernand des Magellans,
mais tout ceci, je te le raconterai, tu le sais bien.
Dans une autre au dissé.
Epilogue
On dit que Christophe Conon a découvert l'Amérique.
En fait, ce n'est pas tout à fait vrai.
Avant lui, les Vikings, ce grand peuple de marins du Nord,
ils avaient déjà posé les pieds.
Sans compter les Taïnos et tous les autres peuples qui y vivaient depuis au moins...
Ben, sans doute depuis toujours, en fait.
Si Mangress là, on continue à dire que Christophe Conon a découvert ce grand continent,
c'est parce que pour les Européens de l'époque, c'est un tout nouveau monde qui s'ouvre à eux.
À partir de là, ils vont en explorer chaque recoin.
Et au fait, tu sais pourquoi l'Amérique s'appelle l'Amérique ?
Quelques années après le grand voyage de Christophe Conon, en 1492,
un autre navigateur comprend enfin que Christophe n'a pas découvert les Indes,
mais un tout nouveau continent.
Cet homme s'appelle Américo Vespucci.
C'est ainsi que l'Amérique a trouvé son nom, Américo Améric.
Si toi aussi tu découvres un jour un nouveau continent, sur une nouvelle planète par exemple,
tu pourras bien évidemment lui donner ton nom.
Les infos glanées
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Le grand voyage de Christophe Colomb : 1492, la découverte de l’Amérique (1er épisode)