Dans la campagne autour de Bourrobet, c'est un village fabuleux mais caché, uniquement
peuplé d'animaux.
D'où son nom ? Bourrobet.
Je ne peux pas vous dire où c'est, ça me fait de la paix mais c'est interdit aux
humaines.
Dans la campagne autour de Bourrobet, donc, il y a un vieux papy très très grognant,
Georges Ibou.
Mais il est tellement grognant que les enfants du coin l'appellent Georges Gribou ou Georges
Grognon ou même, le plus souvent, Georges Gribouillon.
Georges Gribouillon est un ibou grognant depuis toujours.
Quand il était petit déjà, il voulait dormir la nuit et vivre le jour alors que,
paraît-il, les ibous sont censés faire l'inverse et vivre la nuit et dormir le jour et ça,
ça le rendait grognant.
Quand il était ado, il voulait rester chez lui, lire des livres, quand les autres sortaient
courir dehors et voler dans les arbres.
Allez Georges, viens avec nous ! Non ! Et ça, ça le rendait grognant.
Quand il était adulte, il ne voulait pas travailler car il trouvait ça trop fatigant.
Mais apparemment, c'est obligé et ça, ça le rendait grognant.
Et maintenant que c'est un vieux papy, il habite dans une maison, dans la campagne,
autour de Bourrobet et il a un plaisir, c'est se faire un thé tous les matins avec l'eau
de son puits et le boire gorgé, après gorgé, assis à sa table dans son jardin.
Mais tous les voisins, mais toutes les voisines qui passent insistent pour lui dire bonjour
et ça, ça le rend grognant.
Parfois, c'est Theresa l'Ajumand qui passe.
Bonjour Georges Gribouillon.
Bonjour Georges Gribouillon.
Parfois, c'est Éric le Hérisson, le facteur qui passe.
Bonjour Georges Gribouillon.
Bonjour Georges Gribouillon.
Parfois, c'est Emmeret, le bébé chèvre qui passe.
Bonjour monsieur Gribouillon.
Bonjour monsieur Gribouillon.
Bref, vous l'avez compris, Georges Gribouillon est un vieux ébou, très grognant.
Mais le matin où commence mon histoire, Georges Gribouillon, comme à son habitude,
se rend à son puits pour se faire un thé.
Il descend le saut,
il remonte le lourd saut plein d'eau,
il fait chauffer l'eau,
il prépare son thé,
il en prend une gorgée,
mais,
mais,
mais,
qui a fait pipi
dans mon puits ?
Et maintenant, son thé a goût de pipi !
Alors ça, ça le rend plus grognon que tout !
Il prend ses bretelles, sa casquette et sa canne et sort de chez lui pour trouver qui a fait ça.
Il arrive chez Theresa, l'ajument qui était en train de faire du yoga dans son jardin.
Qui a fait pipi dans mon puits ?
Euh... Est-ce que c'est toi ?
Mais, mais non.
Euh... Est-ce que c'est toi ?
Mais non, je t'ai dit.
Hum...
Euh... Est-ce que c'est toi ?
Genre je gris bouillon, je t'ai dit non.
Hum...
Hum...
Et pas un pardon, pas un au revoir, le hibou s'en va.
Il arrive chez Marie-Pierre Lacastor, qui était en train d'affuter ses dents.
Qui a fait pipi dans mon puits ?
Euh... Est-ce que c'est toi ?
Mais, mais non.
Euh... Est-ce que c'est toi ?
Mais, mais...
Hum...
Euh... Est-ce que c'est toi ?
Genre je gris bouillon, je t'ai dit non.
Hum...
Pas un pardon, pas un au revoir, le hibou s'en va.
Il rentre chez lui, passe la journée à nettoyer l'eau de son puits,
et construit des protections tout autour pour ne pas que ça recommence.
Il construit des grandes barrières tout autour, avec une porte et un gros verrou.
Hum... Ça devrait faire l'affaire.
Et il va se coucher, grognon, mais épuisé.
Le lendemain, Georges Gris Bouillon, comme à son habitude,
se rend à son puits pour se faire un thé.
Il faut déverrouiller la serrure, clippe, claque,
pousser le lourd bâtan,
et il arrive à son puits.
Il descend le saut,
et il remonte le lource au plein d'eau.
Il fait chauffer l'eau.
Il prépare son thé.
Il en prend une gorgée.
Mais...
Mais...
Mais...
Qui a fait pipi dans mon puits ?
Quelqu'un a encore fait pipi dans son puits,
et son thé a encore goût de pipi.
Alors ça, ça le rend plus grognon que tout.
Il prend ses bretelles, sa casquette, sa canne,
et une fourchette, tiens,
et sort de chez lui pour trouver qui a fait ça.
Il arrive chez Petite Truffes, l'ours,
qui était en train de sentir le parfum des fleurs.
Qui a fait pipi dans mon puits ?
Est-ce que c'est toi ?
Mais...
Mais non.
Hum...
Est-ce que c'est toi ?
Mais non, je te dis.
Hum...
Est-ce que c'est toi ?
Genre je gris bouillon, je t'ai dit non.
Pas un pardon, pas un au revoir, le hibou s'en va.
Il arrive chez Alban, l'escare gaugéant,
qui était en train de...
Bah on ne sait pas trop, mais il le faisait lentement.
Qui a fait pipi dans mon puits ?
Est-ce que c'est toi ?
Mais...
Mais non.
Est-ce que c'est toi ?
Mais non, je...
Hum...
Est-ce que c'est toi ?
Genre je gris bouillon,
je...
C'est...
Hum...
Pas un pardon, pas un au revoir, le hibou s'en va.
Il rentre chez lui, passe la journée à nettoyer l'eau de son puits
et construit des protections pour ne pas que ça recommence.
Il construit des grandes barrières, avec une porte et un gros verrou,
ça c'est déjà en place,
et des grands trous profonds, avec des pièges à loups au fond.
Comme ça, si quelqu'un s'approche,
il tombe dedans.
Hum, ça devrait faire l'affaire.
Et il va se coucher, grognant, mais épuisé.
Le lendemain,
Georges gris bouillon, comme à son habitude,
se rend à son puits pour se faire un thé.
Il faut...
déverrouiller la serrure,
clic, clac,
pousser le lourd bâtan,
éviter les trous profonds avec les pièges à loups au fond,
voilà,
et il arrive à son puits.
Il descend le saut,
fiiii,
plouf.
Il remonte le lourd saut plein d'eau,
il fait chauffer l'eau,
il prépare son thé,
il en prend une gorgée,
mais...
mais...
mais...
Qui a fait pipi ?
Dans mon puits !
Quelqu'un a encore encore fait pipi dans son puits,
et son thé a encore encore goût de pipi.
Alors ça, ça le rend plus grognant que tout !
Il prend ses bretelles, sa casquette, sa canne, sa fourchette,
et euh... un batteur à oeuf.
Tiens,
et sort de chez lui pour trouver qui a fait ça.
Il arrive devant la famille lapin,
qui était en train de faire une promenade dominicale tous les 81.
Oui, ils sont nombreux, la famille lapin.
Qui avait pipi ?
Dans mon puits !
Euh...
Est-ce que c'est vous ?
Mais...
Mais non !
Hum...
Euh...
Est-ce que c'est vous ?
Mais...
Mais non !
Mais non !
Hum...
Euh...
Est-ce que c'est vous ?
George Gris Bouillon,
on t'a dit non.
Hum...
Hum...
Pas un pardon, pas un au revoir,
le hibou s'en va.
Il arrive chez la famille sanglier,
avec sa femme la lait Nina,
et leur fille, Carole Marcassin.
Qui avait pipi ?
Dans mon puits !
Euh...
Est-ce que c'est vous ?
Mais...
Mais non !
Euh...
Est-ce que c'est vous ?
Mais...
Non, on t'a dit...
Hum...
Euh...
Est-ce que c'est vous ?
George Gris Bouillon,
on t'a dit non.
Hum...
Hum...
Pas un pardon,
pas un au revoir,
le hibou s'en va.
Il rentre chez lui,
passe la journée,
à nettoyer l'eau de son puits,
et construit des protections tout autour
pour ne pas que ça recommence.
Il construit des grandes barrières,
avec une porte et un gros verrou,
ça, c'est déjà en place.
Des grands trous profonds,
avec des pièges à loup au fond,
ça, c'est déjà en place.
Et il installe aussi,
un grand filet au-dessus,
comme un plafond,
pour éviter les arrivées par les airs,
une dalle de béton,
pour éviter les arrivées par le sol,
un lecteur d'emprunte plumitale,
c'est comme les empreintes digitales,
mais pour les plumes,
et même des caméras de surveillance.
Hum...
Ça devrait faire l'affaire.
Et il va se coucher,
grognon,
mais épuisé.
Le lendemain,
George Gris Bouillon,
comme à son habitude,
se rend à son puits
pour se faire un thé.
Il faut
déverrouiller la serrure,
cliqu...
clac !
Pousser le lourd bâtan.
Uuuh...
Il faut éviter les trous profonds
avec les pièges à loup au fond.
Hop...
Hop...
Il faut passer sa plume
dans le lecteur d'emprunte plumitale.
Brrrrr...
Pepepepepe...
C'est bon.
Et il arrive à son puits.
Il descend le saut.
Fiiiiiiii...
Plouf.
Il remonte le lourd saut plein d'eau,
Il fait chauffer l'eau.
Il prépare son thé.
Il en prend une gorge.
Mais...
Mais...
Mais...
Qui a fait pipi ?
Dans mon puits !
Quelqu'un a encore, encore, encore fait pipi dans son puits !
Et son thé a encore, encore, encore goût de pipi !
Mais cette fois-ci, il a les caméras de surveillance.
Il peut savoir qui a fait pipi dans son puits.
Il rentre chez lui en récanant.
Arrive dans la salle de vidéo surveillance avec des écrans partout.
Et lance la vidéo d'hier soir.
Alors, alors, alors.
Qui a fait pipi ?
Dans mon puits.
Et...
Est-ce que c'est...
moi ?
Sur la vidéo, aucun doute possible.
On voit le vieux papy, Georges Gribouillon,
les bras tendus devant lui et les yeux fermés,
descendre de son lit,
sortir de la maison,
ouvrir la porte sécurisée avec son empreinte plumitale,
contourner les trous et les pièges à loups,
et...
faire pipi dans le puits.
Georges Gribouillon est somme d'ambul.
Et il marche en dormant.
Oh !
Il faut croire que les hibous ont bel et bien envie de vivre la nuit.
Et comme il a toujours habité seul,
personne ne lui avait dit qu'il était somme d'ambul.
Oups.
Alors, il a nettoyé son puits,
enlevé toutes les protections et simplement mis une petite clochette sur son pyjama
pour le réveiller s'il repart à l'aventure au milieu de la nuit.
Et il a fait une énorme fournée de cookies
pour en distribuer à tous les voisins
et pour s'excuser de les avoir accusés à tort.
Et maintenant,
quand on lui dit bonjour le matin,
il est toujours un peu grognant,
mais au moins, il répond.
Et ainsi couler la vie à bourbet.
Où est ce village, je vous le dirai bien,
mais c'est interdit aux humains.