Pourquoi dit-on “travailler pour des prunes” et “un choix cornélien” ?

Durée: 2m23s

Date de sortie: 01/09/2025

L’expression « travailler pour des prunes » signifie « travailler pour rien », « sans résultat » ou « sans être payé ».


L’explication la plus répandue situe l’origine de l’expression au XIIe siècle, après la Deuxième Croisade (1147–1149). À cette époque, les Croisés européens, en particulier les Français, sont partis en Terre sainte pour libérer Jérusalem. L’expédition fut un échec militaire retentissant. Mais les Croisés ne sont pas revenus totalement les mains vides : ils ont rapporté avec eux, entre autres, des pruniers de Damas, un fruit jusque-là inconnu en Occident. C’est ainsi que la prune de Damas, ou prune damassine, est introduite en France.


Or, ramener des pruniers alors qu’on visait la conquête de lieux saints fut vite tourné en dérision : on disait qu’ils avaient « fait la guerre pour des prunes », autrement dit, pour pas grand-chose. L’expression est donc née sur un fond d’échec militaire, mais elle a peu à peu glissé vers un usage plus général : faire quelque chose pour rien, sans profit.


« Travailler pour des prunes » vient donc d’une moquerie lancée contre les Croisés revenus bredouilles de Damas.


Deuxième expression.


L’expression « un choix cornélien » désigne une décision extrêmement difficile à prendre, où chaque option implique un sacrifice ou un dilemme moral. Elle vient directement du nom du dramaturge Pierre Corneille (1606–1684), l’un des grands auteurs du théâtre classique français.


Une origine littéraire : les tragédies de Corneille

Pierre Corneille est célèbre pour ses tragédies dans lesquelles les personnages sont confrontés à des conflits déchirants entre le devoir et les sentiments, entre l’honneur et l’amour, ou encore entre la fidélité à sa patrie et ses liens personnels.


Le meilleur exemple est sa pièce Le Cid (1637), où le héros, Rodrigue, doit venger l’honneur de son père en tuant le père de la femme qu’il aime, Chimène. Ce choix impossible — devoir filial ou amour passionné — incarne ce qu’on appelle désormais un choix cornélien.


Caractéristiques d’un choix cornélien

Un vrai choix cornélien se distingue par :


L’absence de « bonne » solution : chaque issue entraîne une perte importante.


Un conflit moral ou affectif profond.


Une tension dramatique : le personnage est tiraillé entre deux valeurs nobles (et non entre le bien et le mal).


C’est donc le poids de la grandeur d’âme ou de l’héroïsme qui rend le choix cornélien particulièrement cruel.


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Pourquoi dit-on « Travailler pour des prunes » et « Un choix cornelien » ?
Bon d'abord vous le savez, l'expression « Travailler pour des prunes » signifie « Travailler pour rien »
sans résultat ou sans être payé.
Et l'explication la plus répandue situe l'origine de cette expression au XIIe siècle.
Oui, ça ne date pas d'hier.
En fait, après la deuxième croisade, à cette époque, les croisés européens, en particulier les Français,
sont partis en terre sainte pour libérer Jérusalem.
Problème, l'expédition est un échec militaire retentissant,
ce qui n'empêche pas les croisés de revenir les mains pleines.
En tout cas, de rapporter avec eux, entre autres, des pruniers de Damas,
un fruit qui était jusque-là inconnu en Occident.
C'est de cette façon que la prune de Damas est introduite en France.
Or, rânait des prunes et des pruniers alors qu'on vise la conquête de lieux saints,
et vite tournés en dérision à l'époque.
On disait qu'ils avaient fait la guerre pour des prunes, autrement dit, pour pas grand chose.
Voilà donc comment cette expression est née sur un fond d'échec militaire,
et ensuite à progressivement glisser vers un usage plus général,
à savoir faire quelque chose pour rien, sans profit.
Voilà, travailler pour des prunes vient donc d'une moquerie lancée contre les croisés revenus bredouille de Damas.
Passons maintenant à la deuxième expression, un choix cornelien.
Elvis, vous le savez, une décision extrêmement difficile à prendre,
où chaque option implique un sacrifice, ou un dilemme moral.
D'où vient-elle, et bien directement du nom du dramaturge Pierre Corneille,
qui vécut au 17ème, et qui est l'un des grands auteurs du théâtre classique français.
Or, Corneille est célèbre pour ses tragédies dans lesquelles les personnages
sont confrontés à des conflits déchirants, entre le devoir et les sentiments,
entre l'honneur et l'amour, ou encore entre la fidélité à sa patrie et ses liens personnels.
Là on peut prendre un exemple dans la pièce Le Cid,
le héros, Rodrigue, doit venger l'honneur de son père,
en tuant le père de la femme qu'il aime, Chimène.
Et c'est bien sûr un choix impossible, un choix entre le devoir filial ou l'amour passionné.
Et cela incarne parfaitement ce qu'on appelle désormais un choix cornelien.
Donc vous l'avez compris, un vrai choix cornelien se distingue par l'absence de bonne solution.
Chaque issue entraîne une perte importante.
Et puis il y a aussi un conflit moral ou affectif, et enfin une tension dramatique.
Et le personnage doit être tirayé entre deux valeurs nobles, et non entre le bien et le mal.
Car là, il n'y a plus de choix cornelien, il n'y a plus de choix difficile.

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