Harriet Tubman : une héroïne de la liberté

Durée: 16m3s

Date de sortie: 15/07/2025

durée : 00:16:03 - Les Odyssées - par : Laure Grandbesançon. - Née dans les fers, Harriet Tubman s’évade des plantations du Sud, aux États-Unis. Enfin libre, elle se démènera pour aider 300 esclaves à s’évader. Elle n’agira pas seule, mais avec l’appui d’un mystérieux réseau d’évasion "L’underground Railroad", le chemin de fer clandestin ! Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.

Les nuines sont jamais silencieuses dans l'état du Marislandre, sur la côté des États-Unis.
Là, une ombre se fofille à travers les chaînes et les maniognas.
Soudain ?
Débat !
C'est un roda.
Arrête-toi mal, j'aime être à courir le plus loin possible en suivant l'étoile polaire.
Si les maîtres me rattrapent, ils me tueront.
Nous sommes en 1849.
Arrête Tubman est esclave.
Comme la plupart des Noirs américains, sa vie appartient à un maître blanc, à qui il faut obéir sans broncher.
Les maîtres blancs disent souvent...
Un esclave, c'est comme du bétail. Une bête de plus dans un chactel.
Alors Arrête s'est enfuie seule dans la nuit.
Soudain, musée, wéidane inédit plaire.
Devenue libre, elle sauvera son tour, 300 esclaves de l'enfer.
Alors que sa tête est mise après, elle conduira à travers les forêts et les rivières, 19 envois de fugitifs, jusqu'à la frontière avec le Canada, bravant les chasseurs d'esclaves et ni l'autre danger.
Impossible d'être libre si les autres ne le sont pas.
S'renommez la Moïse Noire. Voici l'odyssée de l'incroyable, la prodigieuse, la tenace, la force de la nature.
Arrête Tubman, une femme de courage et d'exploit, une lumière dans les ténèbres de l'histoire.
On ne sait pas exactement quand est-ce qu'on est Arrête Tubman.
Peut-être en 1820, peut-être en 1822 ? Comment savoir ?
On ne continue pas vraiment les naissances à l'époque, et certainement pas celles de nouveaux esclaves.
Aux États-Unis, en ce temps-là, la plupart des femmes et des hommes blancs considèrent que les Noirs leur sont inférieurs.
Alors ils les privent de leur droit et les exploitent sans état d'âme, jusqu'à l'épuisement.
Jeudié-moi ça ! Vitez bien !
Dans l'état du Marislande, les esclaves cultivent le coton dans les plantations, ou bien ils travaillent dans la maison de leur maître.
Arrête Tubman a cinq ans, haute comme trois pommes, le fond haut, le regard vif.
Elle ne s'appelle pas encore Arrête, mais Mintier.
La petite ne va pas à l'école. Elle n'apprend ni à lire, ni à écrire.
Non ! Son maître, Édouard Brodès, vient de la louer à un autre propriétaire.
Louer ? Oui, oui, comme une charrette, ou bien un âle.
Séparez de sa famille, Mintier travaille désormais pour Miss Susan.
Montre-moi tes ombres. Et tes dents ? Tire la langue.
Tu n'es pas mal, adorant.
Non, Miss Susan.
Le jour, Mintier écure la maison du sol au plafond, et lorsque la nuit tombe,
elle doit encore bercer le bébé de sa maîtresse jusqu'à l'eau.
Je ne veux pas l'entendre pleurer. C'est compris ?
Le problème, c'est qu'à six ou huit mois, un enfant, quoi qu'on fasse, ça se réveille et s'accrée.
Une nuit, Mintier est battu cinq fois avant le petit déjeuner.
La petite, sans son cœur brûlé de rage,
cette même rage qu'elle a vu tant de fois dans les yeux de sa mère.
Comme elle, Mintier ne baisse jamais le regard.
Baisse les yeux !
Même quand les blancs l'exigent.
Baisse les yeux !
La petite, qui a la réputation d'être revêche, passe d'un propriétaire à un autre.
Idiote !
Idiote, bonnariens !
Bonnariens, c'est pas possible d'être incapable.
Capable ?
Idiote.
L'enfant a huit, dix, quinze ans.
On lui fait faire toutes sortes de travaux.
Tisser des vêtements, couper du bois, garder les beaux,
ou même attraper des ramusqués dans la rivière.
Seul, dans la forêt, au bord de l'eau, elle observe, elle écoute.
Mintier a des sortes de vision, comme des rêves.
Tout a commencé il y a quelques mois,
lorsqu'un contre-mètre l'a envoyé val d'un gaipartel.
À deux doigts du passé, sa tête lui joue depuis de drôles de tours.
Mintier s'évanouit un peu partout, son criéga.
Parfois, son corps se met même à tromper.
Chaque fois, elle est persuadée que c'est Dieu qui lui parle.
Alors, elle lui demande...
Seigneur, donne-moi la force de me battre.
Fierce, c'est le moment de la victoire.
Plusieurs révoltes d'esclaves ont déjà eu lieu dans le passé.
Certains ont même réussi à s'escaper,
seuls au nord du pays,
où l'esclavage est désormais interdit.
Chacun d'entre eux a risqué sa vie
et déployé des trésors d'imagination.
Qui s'est grémé en homme blanc ?
Qui s'est cassé dans la cale d'un bâton ?
Qui s'est fait envoyer par la poste
dans une boîte jusqu'à la vie libre de Philadelphie ?
Ces femmes et ces hommes ont parfois parcouru des milliers de kilomètres,
sans cartes, sans boussole.
Au sud, dans les états esclavagistes, comme le Maryland,
les maîtres affrocient parfois leurs esclaves.
C'est d'ailleurs ce qui est arrivé au père de Mintier.
On peut être noir et vivre libre.
Mon Dieu, si tu m'as sauvé, c'est pour une raison.
Alors montre-moi le chemin.
En ces années, les États-Unis découvrent et merveillent
les premiers trains à vapeur qui sillonnent tous les stades du pays.
Mais il existe depuis peu
un autre chemin de fer,
plus souterrain, plus secret,
et qui a des esclaves à se sauver ?
L'underground Railroad, le chemin de fer clandestin.
Ce nom, ce murmure à bois basse, d'initiaire en initiaire,
jusqu'aux oreilles de celles et ceux qui veulent être libérées.
Ce réseau d'évasion, mis en place par des femmes et des hommes noirs,
mais aussi des blancs très religieux qu'on appelle des quakers,
utilise tout un langage codé.
Un conducteur guide les esclaves, appelé les passagers,
de cachette en cachette, renommé GAR pour l'occasion.
Ainsi, les fugitifs sont accompagnés
depuis les États esclavagistes du Sud jusqu'au Terre promise de la liberté.
En peine, Sylvanie, dans les Lélenois ou le Massachussettes,
tous ces États abolitionnistes,
où la vie des Noirs vaut autant que celle des blancs.
Mais les esclaves qui s'enfuient n'arrivent pas toujours à atteindre le Nord.
Des chasseurs d'esclaves, grassement pédés,
si on les voit pour les retraper.
Un esclave qu'on retrouve ne fait jamais de vieux os.
Fauché, Andrew Brodes,
le propriétaire de Minty, décide de la vendre pour de bons.
T'as boussé comme tu es, tout le temps à pioncer.
Je ne peux même plus louer ta vieille carcasse.
Alors chaque nuit, Minty prie.
Mais son maître s'obstine.
Minty transforme sa prière.
Seigneur, si tu ne peux pas doucir son cœur, fais le disparaître.
Quelques jours plus tard, Andrew Brodes meurt.
Minty n'est pas libre pour autant.
Une esclave, ça se transmet en héritage,
comme une maison ou un cheval.
Je sais ce qu'il va m'arriver.
Nous sommes en 1849.
Minty a 26 ou 28 ans.
Ce soir, protégé par la nuit,
elle va risquer sa vie pour la liberté.
Le soleil vient de se coucher.
Rien ne doit trahir sa fuite.
C'est proche.
Elle ne peut même pas leur dire au revoir.
Chèlement les avertis.
En passant près des bicoques ou dorment les esclaves,
elle se met à chanter.
Quand ce vieux chat reviendra,
je vous quitterai.
Je suis en route pour la terre promis,
ma prête à vous quitter.
Minty s'approche de la clôture.
Son cœur tambourine dans sa poitrine.
Elle soulève la barrière en tremblant.
Un pas,
deux pas.
Seigneur, la voici dehors,
hors de la plantation de son maître.
Ou aller exactement, elle l'ignore.
Elle sait seulement une chose que son père lui a apprise.
Pour me rendre nord, je dois suivre l'étoile polaire.
Alors elle marche jusqu'à l'eau.
Une femme croqueur lui a indiqué une adresse avant de partir.
Minty frappe à la porte.
Entrevite ma sœur.
C'est sa première gare,
sur le fameux chemin de fer clandestin.
De cache en cache, Minty progresse vers le nord.
Après deux semaines de voyage,
et 150 km à pied,
elle traverse enfin sa toline miraculeuse,
qui sépare les esclaves de la liberté.
Et soudain,
le soleil se lève.
Je suis libre, je suis libre.
Mon Dieu, tu réponds de l'or à travers les arbres et les champs.
Je suis enfin au paradis.
Alors, elle se choisit un nouveau prénom.
Ariette, comme ma mère.
Ariette, tu es ma mère.
Ariette, tu es ma mère.
N'est plus une esclave.
Un filet de fil où elle s'installe,
Ariette travaille dans des hôtels.
Cette argence, c'est pour moi ?
Waouh !
C'est le tout premier salaire que je gagne dans ma vie !
Ici, comme à New York ou Chicago,
les Noirs peuvent vivre à leur guise.
Certains publient même des livres et des journaux.
Ariette fréquente des militants abolitionnistes,
Noirs et blancs qui luttent contre l'esclavage.
Chaque jour qui passe, elle pense à ses amis et à sa famille.
Ma mère, mes sœurs, mes frères,
comment être libre si vous ne l'êtes pas ?
Je dois repartir dans le maris-lande et vous libérer tous.
Chaque centime que je gagnerai, chaque seconde de ma vie,
servira à briser vos chaînes.
Repartir ? C'est de la folie !
Qu'importe ! Ariette entre dans la résistance,
elle devient conductrice de train.
Et quelle conductrice !
Elle est faite tuer une vingtaine de voyages,
des plantations du sud jusqu'au nord du pays et au Canada.
Chaque périple est un incroyable risque.
Ariette développe des techniques infaillibles.
Fuir le samedi soir.
Les esclaves sont de repos le dimanche.
Les maîtres ne découvriront leur absence que le nundi matin.
Ne jamais voyager deux jours mais la nuit.
Et traverser les rivières pour se mener les chiens.
Et ça marche !
Les hommes disparaissent mis sérieusement des plantations.
Rapidement, sa tête est mise après.
Dans le maris-lande, les propriétaires blancs remuscient les terres
pour retrouver celle pour ce nom désormais, la Moïse Noire.
Moïse ?
Oui, comme ses personnages de la Bible
qui auraient guidé les Juifs hors de l'Egypte
ou Pharaon les avait réduits en esclavage.
Ariette n'a pas son paraille pour brouiller les pistes.
Son visage est dessiné sur des avis de recherche placardés dans tout le maris-lande.
Cache l'unitiel ! Elle se déguise en paysanne, en femme du monde ou en homme.
Et elle chante pour transmettre des messages secrets,
annoncer aux esclaves une prochaine évasion ou prévenir d'un danger.
We're down in Egypt land.
Chanter lentement signifie qu'il faut ralentir.
Si Ariette accélère le rythme, alors...
La voix est libre !
We're down in Egypt land.
Can't hold a arrow to let my people go.
Grâce au chemin de fer clandestin, près de 100 000 esclaves sont libérés.
Mais des millions sont encore dans les fers.
L'esclavage déchire le pays.
Les États du Nord veulent forcer le Sud à l'interdit.
En 1861, c'est le début de la guerre de sécession.
S'il faut se battre pour libérer les miens, alors je le ferai.
D'abord, infirmière, Ariette prend très vite les armes aux côtés des soldats du Nord.
Les généraux sont épatés par son endurance, sa détermination et surtout sa connaissance du terrain.
Ariette sert d'Espionne et de Guide avant de commander elle-même une grande opération militaire.
Le 2 juin 1863, Ariette est chargée d'attaquer les plantations de la rivière Kombayi en Caroline du Sud.
J'en ai traversé plein des rivières comme celle-ci. Je les connais comme ma poche.
Dans la nuit noire, elle guide 3 bactones transportant 3 sans soldat.
L'aube se lève. Ariette lance l'attaque.
Suivez le généraux Kombayi !
Des dizaines de plantations brûlent.
750 esclaves sont libérés ce jour-là.
En 1865, les États du Nord gagnent la guerre de ses sessions.
Le 18 décembre de cette même année, l'esclavage est enfin aboli dans tout le pays.
Ainsi vécue l'incroyable Ariette Tubman,
la femme que rien ne pouvait arrêter et qui, avec l'aide du Chaman de Ferclan Destin,
a libéré 300 esclaves de leur chaîne.
Sans vouloir me vanter, je n'ai jamais déraillé, ni perdu un seul passager.
Derrière cet audicier, Ilia, Nicolas de Pagras, Almyro, Chantal de Montagnier,
Basil Bocair, et moi, Lorre, Grand Bozhan Sou, et moi, Alina Fanoukomi.
...
...
Ariette Tubman est absolument éternelle, d'autant qu'elle est devenue un corps céleste.
Depuis 2010, un astéro y porte son nom.
Ma foi, c'est bien la moindre des choses.
...
Les Audiciers est un podcast original de France Inter.
Les Audiciers, de leur grand besoin sourd, une coédition France Inter.
Un must !

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